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 The Watchmen. Critique

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Kwitzach

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MessageSujet: The Watchmen. Critique   Jeu Mar 05, 2009 2:14 pm

Je n'ai pas encore vu le film (qui vient de sortir) mais je suis assez étonné de voir un certain nombre de critiques positives (ce qui devrait ravir RyMantys) dont celle-ci signé Mad Movies (revue de geek par excellence!), du coup je suis curieux et impatient de le regarder, moi qui n'y croyait pas :

"Temps Mort, Watchmen de Zack Snyder

Après douze ans de development hell, Watchmen sort enfin dans les salles. Comment Zack Snyder, le réalisateur de L’Armée des morts (assez classe) et 300 (un peu moins classe), allait-il transposer sur grand écran une œuvre réputée « inadaptable » ? En faisant mine de ne pas l’adapter, justement

C’est peu dire que Watchmen, le film, ressemble au bijou d’Alan Moore et Dave Gibbons. Plutôt que de synthétiser l’essence de l’œuvre originale en sélectionnant les personnages, en resserrant les séquences voire en fusionnant les intrigues secondaires, exercice d’équilibriste qui avait fait toute la grandeur du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, Zack Snyder donne ici dans la littéralité, Sin City style. Beaucoup de (voire quasiment toutes les) cases du comic-book se chargent ainsi d’assurer le bon déroulement du long-métrage, souvent dans une démarche similaire à la mise en page de Gibbons. On peut dès lors douter de la présence d’un vrai regard de cinéaste mais à la décharge de Snyder, la formidable fresque uchronique et existentielle créée par Alan Moore, encore moderne et universelle dans ses thématiques vingt ans après sa sortie, n’appelait aucun remaniement en profondeur. Jugez plutôt : dans une 1985 alternative, où l’Amérique de Nixon se prépare à accueillir, toutes ogives dehors, une attaque russe imminente, un super-héros à la retraite, le Comédien, est retrouvé mort au pied de sa tour d’argent. Rorschach, le dernier justicier à braver une loi bannissant les héros masqués du sol de l’Oncle Sam, part en quête de l’assassin de son ancien partenaire. Une croisade qui l’amènera à renouer des liens avec l’équipe des Watchmen, dissoute huit ans plus tôt.

Connu pour son talent de conteur proportionnel au matériau mis à sa disposition (difficile dans ce contexte de tirer un grand film du très surestimé 300 de Frank Miller), celui qui évacuait en 2004 tout discours politique du remake de Zombie se passe bien ici de redéfinir son modèle. Tout au plus réintègre-t-il au cœur même de la narration des éléments de background autrefois inclus en annexes (les saynètes du générique d’ouverture, l’interview d’Ozymandias, etc.). En grande partie intègre, Watchmen renaît toutefois avec une subtilité notable : l’histoire se vit désormais en trois dimensions, en musique et en mouvement.

C’est avant tout dans son changement de médium – donc par accident ? – que l’œuvre peut se targuer de proposer une expérience inédite. S’adressant autant aux convertis de longue date qu’aux profanes (dont faisait partie l’auteur de ces lignes avant la projection), le Watchmen de Snyder s’approprie déjà les cadres de Gibbons pour mieux les traduire en une grammaire purement cinématographique. La verticalité cède la place à un Cinémascope flamboyant et épique qui, de par son gigantisme et sa méticulosité, parvient à transcender une poignée d’images autrefois transitoires, aux dimensions et à la portée réduites par les contraintes mêmes du support BD.

Format oblige, une émotion parfois effleurée chez Gibbons se voit ici révélée, Snyder replaçant l’ensemble de ses tableaux au même niveau d’importance. Au risque de heurter les puristes, outre l’impact renforcé de certaines images-phares du comics (la chute du Comédien depuis le haut d’une tour permettant par exemple de mettre en exergue le gimmick du smiley ensanglanté), quelques scènes sont ainsi beaucoup plus marquantes dans la version cinématographique. On pense notamment à cette tentative de viol d’une brutalité glaçante, où surnage un long et énigmatique gros plan sur le visage à la fois apeuré et transi de la victime ; idée scénique totalement absente du comics. On pense aussi et surtout à la destinée d’un personnage central, pour laquelle la composition en plongée de Snyder, soulignant la forme même de la dépouille, se montre bien plus poignante et conclusive que le cadre original.

Véritable prodige chorégraphique, dont les nombreux ralentis soutiennent l’épée de Damoclès que représente la fuite du Temps (outre le fait que « watch » veut dire « montre », il est intéressant de voir à quel point les personnages se rapprochent ou s’éloignent selon leur perception intime du Temps), Watchmen est, tout comme son modèle, un monstre de science-fiction doublé d’un essai métaphysique aux accents kubrickiens. Il s’agit aussi, date à marquer d’une pierre blanche, du premier film de super-héros destiné exclusivement aux spectateurs adultes. Évacuant les secrets de polichinelle dès son premier acte (oui, le prophète Dr. Manhattan se balade nu comme un ver, et la mise en scène ne rougit pas quant à son anatomie), Snyder entrechoque sexe et violence avec une crudité rarement atteinte dans un film de studio.

Un jusqu'au-boutisme qui, paradoxalement, permet au film de prendre la hauteur nécessaire, de viser plus haut, bien plus haut que la moyenne du genre. Une réussite qui trouve son paroxysme dans une séquence d’une virtuosité sans pareil (chapitre IV de la BD), juxtaposition d’événements, d’émotions et de souvenirs durant laquelle, à l’autre bout de l’univers, un immortel tente de cerner ce qui, quelques décennies plus tôt, faisait de lui un humain. On appelle ça, adaptation d’un comic-book célébrissime ou pas, un très grand moment de Cinéma."




Source : http://www.mad-movies.com/mad/actualite-2395-temps-mort-watchmen-de-zack-snyder.html
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