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 La Birmanie Meurtrie

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Kwitzach

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MessageSujet: La Birmanie Meurtrie   Sam Jan 31, 2009 12:19 pm

Le peuple Karen : un génocide a huis clos ?

La Birmanie sous le feu médiatique

Revenons si vous le voulez bien quelques mois en arrière, plus précisément le 15 aout 2007. Suite a une hausse brutale des prix du gaz naturel et de l’essence, un mouvement de contestation sans égal depuis 1988 traversa la société birmane. Tout le monde a en mémoire les manifestations pacifiques des bonzes du mois de septembre, réprimés dans le sang par la junte birmane, ce qui avait indigné la communauté internationale et les opinions publiques du monde entier. La Birmanie est alors devenu durant quelques jours le centre du monde, le feu médiatique ne cessant que lorsque l’opinion publique fut lassé de ce conflit lointain, éclipsé par des préoccupations plus locales.

Plus prés de nous, le 2 mai 2008, le cyclone Nargis frappa les cotes birmanes, jusqu’au cœur du pays, avec son cortège de destructions et de morts que personne ne peut oublier. Le bilan humain s’éleva à probablement plus de 100.000 morts et disparus, et de nouveau, la Birmanie connut -malheureusement- le feu médiatique.

Nous pouvons donc constater que les médias ne se désintéressent pas de la Birmanie…du moins en apparence. A chaque catastrophe qui touche ce pays, et l’on peut regretter qu’elles soient courantes, les opinions publiques de différents pays se passionnent pour ce petit état loin de toute agitation géopolitique et médiatique chronique. Dès lors, le citoyen moyen a l’impression de tout connaitre de la Birmanie, oubliant qu’une catastrophe encore plus grande et scandaleuse s’y déroule en ce moment même, une catastrophe que l’on peut qualifier de génocide. Oui, un génocide, inconnu de l’opinion publique, ignoré par les médias, oublié de la communauté internationale, en clair, un génocide a huis clos, un génocide perpétré dans l’ombre de la passivité des acteurs médiatiques et politiques, un génocide touchant le peuple Karen, un peuple martyr qui se meurt peu a peu dans l‘indifférence la plus totale.

Le peuple Karen

Pour aborder ce génocide, il convient tout d’abord d’apporter une description succincte de la Birmanie. Petit état du sud-est asiatique, peuplé de cinquante millions d’habitants entouré par l’Inde, le Laos, le Bangladesh, la Thaïlande et la Chine, la Birmanie est un état pluri-ethnique divisé en autant de régions qu’il y a d’ethnies, c’est-à-dire sept. L’ethnie qui nous intéresse ici occupe une position géographique centrale dans l’Etat birman : le peuple Karen.

Le peuple Karen comporte sept millions d’habitants. Il a sa propre langue, sa propre culture, sa propre histoire, au point que l’on peut aisément parler de nation Karen. Cette nation Karen, est un petit peuple relativement isolé, a cause des campagnes de répression birmane, majoritairement composé de petits paysans, qui aspirent a une vie simple, en harmonie avec les autres ethnies birmanes.

Néanmoins, cette liberté, les Karens ne la possèdent point. Historiquement colonisé par les Birmans, eux-mêmes sous la coupe des Britanniques, puis des Japonais en 1942, la Birmanie retrouve son indépendance en 1948, le 4 janvier. Les Karens souhaitaient alors faire valoir pacifiquement leur droit a l’autodétermination, principe fondamental prévue par la charte de l’ONU, mais les Britanniques, puis les Birmans, rejetèrent cette option. C’est ainsi que le peuple Karen pris les armes pour se libérer du joug Birman.

La lutte armée, et la repression contre le peuple Karen

L’Union Nationale Karen (KNU) combat aujourd’hui la junte Birmane. Sans recourir au terrorisme. Sans prendre part non plus au trafic de drogue omniprésent dans la région. Malheureusement, la junte Birmane ne se prive pas de ce genre de méthodes. Ainsi, au rang des griefs attribués a la junte birmane, énumérons :

- la destruction systématique des villages Karens par le feu, le pillage des récoltes, l’abattage du bétail, en somme, la politique de la terre brûlée,

- les exécutions sommaires de sympathisants présumés ou réels du KNU,

- l’esclavage et les travaux forcés accomplis par les Karens pour la junte birmane,

- le déplacement de populations Karens, et les marches forcées,

- le recours au trafic de drogue pour financer la répression,

- les viols répétés de femmes Karens,

- la destruction d’écoles et d’institutions Karens.

Et la liste n’est pas exhaustive, loin s’en faut.

Un génocide a huis clos

Toutes ces méthodes peuvent être qualifiés de crimes de guerres, de crimes contre l’Humanité, et de génocide. Le peuple Karen meurt a petit feu. Aujourd’hui, les Karens ont désertés en partie leurs villages, et vivent dans la jungle presque sans eau et nourriture, ou dans des camps en Thaïlande. Cette article est donc un modeste appel a la mobilisation publique, médiatique et politique. Le peuple Karen meurt dans l’indifférence la plus totale, et il est de notre devoir de citoyen de se mobiliser pour la cause Karen. A ma modeste échelle, je ne peux qu’écrire cet article, mais je compte sur mes lecteurs pour faire jouer de tous les leviers qu’ils disposent afin de faire circuler l’information, car trop de personnes ignorent cette tragédie. Je remercie d’avance mes lecteurs pour l’accueil qu’ils feront a cet article.

Source : http://www.wikio.fr/article/69679665
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Parodie

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MessageSujet: Re: La Birmanie Meurtrie   Sam Jan 31, 2009 1:02 pm

Parodie dit:
Citation :
Merci pour ces posts kwi!!! Wink Wink
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Kwitzach

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MessageSujet: Re: La Birmanie Meurtrie   Sam Jan 31, 2009 5:20 pm

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Kwitzach

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MessageSujet: Re: La Birmanie Meurtrie   Sam Jan 31, 2009 5:39 pm

Un reportage sur les réfugié birmans persécuté par l'armée birmane :
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RyMantys

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MessageSujet: Re: La Birmanie Meurtrie   Sam Jan 31, 2009 6:08 pm

Kwizatch, tu saurais où trouver un lien vers la video des deux touristes qui ont filmé la scène? Celle qu'ils ont montré aux infos sur la 2 hier? Des soldats thaïlandais ont intercepté des boat people rohingya qui fuyaient la Birmanie et les ont battus avant de les abandonner au large sans moteur ni rame ni eau ni nourriture.

edit: il semblerait que la Birmanie ait déclaré la guerre à plusieurs ethnies minoritaires de son territoire (Rohingyas, Karen, Karenni, Shan, Chin, Mon, Kachin, Pao, Palong, etc) et que la Thaïlande, fatiguée de donner asile à des millions de réfugiés, ait décidé de rendre les conditions si difficile pour eux qu'ils soient obligés d'aller voir ailleurs ou de retourner chez eux, où ils sont pratiquement assurés d'être éliminés.

Cela dure depuis 1948...


Dernière édition par RyMantys le Sam Jan 31, 2009 6:37 pm, édité 2 fois
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Kwitzach

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MessageSujet: Re: La Birmanie Meurtrie   Sam Jan 31, 2009 6:35 pm

Je n'étais pas au courant pour cette info, je vais farfouiller le net pour essayer de la retrouver.
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RyMantys

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MessageSujet: Re: La Birmanie Meurtrie   Sam Jan 31, 2009 6:40 pm

www.lagrandeepoque.com

Citation :
Peu d'espoir pour les réfugiés birmans en Thaïlande

Plus de 500 000 Birmans fuyant les opérations militaires agressives de la junte au pouvoir se sont réfugiés dans une région à la frontière de la Thaïlande, créant ainsi un désastre humanitaire.

Les agences d’aide humanitaire soutiennent que l’armée birmane a détruit près de 3000 villages au cours des dix dernières années et qu’une crise sanitaire impossible à gérer se développe dans les camps en Thaïlande qui longent la frontière.

«Dans les zones déplacées, un enfant sur cinq va mourir avant d’avoir atteint l’âge de cinq ans», mentionne la lauréate du prix Nobel de la paix, Dr Cynthia Maung, qui opère un camp médical à la frontière birmano-thaïlandaise.

Environ 140 000 réfugiés birmans, la plupart des minorités ethniques Karen et Karenni, sont garés dans neuf camps dans la jungle le long de la frontière.

Plusieurs réfugiés ont fui les attaques de l’armée après avoir vu leurs villages brûler et avoir été témoins de tortures et de viols. Dans les camps, ils font maintenant face à une crise sanitaire qui s’amplifie et ont peu d’espoir en l’avenir.

Dans la région de Mae Sot seulement, une ville frontalière dans les montagnes au nord de Bangkok, 71 600 réfugiés sont entassés dans des abris improvisés en bois, dont la plupart ont été construits il y a des dizaines d’années pour accommoder la moitié de la population présente du camp. Dans de telles conditions de surpeuplement, des épidémies de malaria et de fièvre dengue sont fréquentes.

La salubrité est mauvaise et les cas de tuberculose, la première cause de mortalité chez les personnes atteintes du VIH, vont en augmentant. Environ 1000 cas de tuberculose sont rapportés annuellement dans la région de Mae Sot. La Birmanie a déjà un des plus haut taux d’infection au VIH dans l’Asie du Sud-Est, avec un Birman sur cent courant le risque d’être atteint du VIH/SIDA. Le taux d’infection est beaucoup plus élevé chez les réfugiés, selon Dr Cynthia Maung et des responsables du Karen Youth Movement.

Des organisations non gouvernementales rapportent un nombre grandissant de cas de dépression chez les réfugiés, dont plusieurs se tournent vers l’alcool pour oublier leur misère.

Le 27 novembre dernier, la Croix-Rouge a indiqué que la junte birmane l’a obligée à fermer cinq bureaux de campagne, mettant ainsi un terme à son travail humanitaire en Birmanie. Les bureaux s’occupaient des réfugiés situés le long de la frontière avec la Thaïlande.

Lorsque les réfugiés des minorités ethniques ont, pour la première fois, commencé à traverser la frontière vers la Thaïlande il y a vingt ans, ils étaient hébergés dans des installations «temporaires», administrées par le gouvernement thaïlandais. Deux décennies plus tard, les réfugiés continuent d’arriver quotidiennement, alors que se poursuivent, dans les régions, les combats des minorités, sans trêve à l’horizon.

La junte militaire birmane, officiellement appelée le Conseil d'État pour la paix et le développement, est au pouvoir depuis les années 80. Le régime est critiqué sévèrement par les militants des droits de l’homme pour sa suppression de l’opposition politique et ses politiques envers les minorités ethniques. Le régime garde en résidence surveillée, depuis onze ans, le Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, chef légitime démocratiquement élue du pays.

En avril dernier, l’armée birmane a lancé la plus grande offensive en dix ans contre le groupe ethnique Karen, forçant des milliers de personnes à trouver refuge dans les pays voisins ou à se déplacer à l’intérieur des frontières.

«Les camps c’est comme être en prison», estime Zoya Phan, qui a traversé des régions de jungle remplies de mines anti-personnel et de pythons pour atteindre un endroit sécuritaire.

«Oui, vous êtes à l’abri des attaques ici, mais il n’y a pas d’espoir. C’est une impasse. Il y a peu de chance d’obtenir une éducation et aucune chance d’avoir un avenir.»

Zoya est l’une des plus chanceuses. Elle a maintenant trouvé asile en Angleterre, où elle étudie et milite pour les droits de l’homme en Birmanie.

Depuis 2004, près de 7000 réfugiés birmans des neuf camps ont été réinstallés à des pays tiers, comme les États-Unis, le Canada et l’Australie. Mais pour ceux qui ont été laissés derrière, l’avenir est triste.

Sous les lois thaïlandaises, les réfugiés n’ont pas le droit de quitter les camps gouvernementaux et peuvent être arrêtés et déportés en Birmanie s’ils le font.

Les politiques administratives restrictives du gouvernement thaïlandais ont été blâmées dans la crise des réfugiés, de même que son silence quant aux atrocités ayant cours en Birmanie.
«Un changement de la politique thaïlandaise de même qu’une volonté à condamner la situation affreuse en Birmanie sont essentiels pour réussir à améliorer la situation des droits de l’homme en Birmanie», croit Brad Adams, directeur Asie chez Human Rights Watch.

Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a récemment établi un dialogue politique avec le régime militaire, certains réfugiés fondent leurs espoirs dans le nouveau premier ministre thaïlandais, Surayud Chulanot.

Surayud Chulanot s’est donné comme principale priorité l’amélioration des conditions de vie dans les camps de réfugiés. Certains habitants des camps espèrent qu’il procèdera à l’émission de pièces d’identité, leur permettant de se déplacer librement à l’extérieur des camps pour trouver du travail.

Dans les camps, ils sont nombreux à ne plus afficher d’espoir. Ils ont été ignorés depuis trop longtemps.
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Kwitzach

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MessageSujet: Re: La Birmanie Meurtrie   Sam Jan 31, 2009 7:31 pm

J'ai retrouvé cette info mais pas de vidéo pour le moment, je continue a chercher :

Citation :
Boat people birmans: l’armée thaïlandaise accusée
Par Sylvie Kauffmann, Le Monde
Des réfugiés échoués sur la côte sont maltraités par les militaires thaïlandais avant d’être rejetés sur leurs bateaux, livrés à eux-mêmes sans vivres ni moteur

Le 26 décembre 2008, un clandestin est interpellé par la police indienne sur l’une des îles Andaman, dans le golfe du Bengale. Il vient du Bangladesh et faisait partie, dit-il, d’un groupe de 412 hommes partis sur un bateau pour émigrer. Leur barge a dérivé, ils n’avaient plus de vivres et lorsqu’ils ont vu la lumière d’un phare, ils ont sauté à l’eau.

L’histoire n’étonne pas les policiers qui, chaque année après la mousson, voient s’échouer des bateaux de malheureux poussés par la misère vers la Thaïlande, d’où ils espèrent gagner la Malaisie et l’Indonésie. Beaucoup sont des Rohingyas, minorité ethnique musulmane persécutée en Birmanie, qui ont d’abord fui au Bangladesh.

Moteur détruit, vivres jetés

Les garde-côtes indiens se mettent à la recherche des 411 autres. Le lendemain, dix hommes sont retrouvés et hospitalisés, épuisés et déshydratés. Le plus jeune a 15 ans. Les jours suivants, des dizaines d’autres sont secourus. Le 1er janvier, les garde-côtes font les comptes: 105 survivants, 307 disparus. Les survivants commencent à parler. Certains racontent que, en route vers la Malaisie, ils ont été interceptés par des Thaïlandais, puis forcés de repartir en mer dans la barge sans moteur. Les policiers indiens, sceptiques, relèvent beaucoup d’incohérences dans leurs récits.

A 800 km de là, le 7 janvier, 193 boat people, repérés par des pêcheurs sur une embarcation, sont secourus près de l’île de Sabang, à la pointe nord de l’archipel indonésien, près de Banda Aceh. Ceux-là disent être partis de Birmanie beaucoup plus nombreux, le 23 décembre, dans quatre petits bateaux. Tous Rohingyas, ils voulaient rejoindre des pays musulmans. Mais, parvenus à la côte thaïlandaise, ils ont été interceptés par des militaires, qui les ont brutalisés et remis dans leurs bateaux. Ils les ont remorqués hors des eaux territoriales, ont détruit leurs moteurs, jeté leurs vivres. Puis les ont abandonnés.

Rumeurs de détention

Ces informations, relayées par le Andaman Chronicle et le Jakarta Post, passent d’abord inaperçues. Mais lorsque, de l’autre côté de la mer de Chine, Ian Young, chef du service international au South China Morning Post, le grand journal de Hongkong, reçoit un courriel de son correspondant à Phuket, évoquant des «rumeurs sur la détention secrète de réfugiés Rohingyas sur une île par des paramilitaires», il lui conseille de s’y rendre avec un collègue. Le 12 janvier, le South China Morning Post tire sa première salve.

Les deux journalistes n’ont pas vu de réfugiés sur l’île de Sai Daeng, mais leurs bateaux, et ont interrogé des gens enrôlés par l’armée thaïlandaise pour participer aux opérations de «rapatriement» des Rohingyas. L’un de ces civils affirme que, le 18 décembre, un groupe de 412 clandestins a été remorqué vers le nord dans les eaux internationales. Coïncidence? 412, c’est aussi le nombre cité par les survivants échoués sur les plages des îles Andaman. Et les dates correspondent. Mais, surtout, le South China Morning Post a parlé au gouverneur de la province, qui a dit que «tous les Rohingyas arrivant le long de cette côte sont remis à la sécurité intérieure. Allez donc en parler au colonel Manat!» lance-t-il.

Le colonel Manat est le chef régional d’une unité de l’armée chargée de la sécurité intérieure. Tous les autres services interrogés, y compris la marine, répondent que les instructions sont de remettre les boat people rohingyas non pas aux services de l’immigration mais à l’armée. Le colonel Manat dément, lui, détenir des Rohingyas. Depuis, chaque jour apporte un nouvel élément, une photo, un témoignage accablant. Tous convergent vers la même hypothèse: l’existence d’un programme secret de l’armée thaïlandaise visant à intercepter les Rohingyas pour les ramener en mer et les y abandonner.

Exécutions sommaires

Un jour, c’est un touriste qui appelle le Morning Post pour raconter une scène observée avec d’autres le 23 décembre sur une île en Thaïlande, scène qu’il a photographiée, où l’on voit des rangées de réfugiés à plat ventre sur le sable, en plein soleil, gardés par des militaires armés de M16. Selon les témoins, ils sont restés là plusieurs heures et recevaient des coups sur la tête s’ils tentaient de bouger.

Un autre, c’est la police indienne qui rend publics les interrogatoires des rescapés des îles Andaman; ceux-là parlent d’exécutions sommaires pour les forcer à reprendre la mer. Ils décrivent comment, après avoir été lâchés au large par l’armée thaïlandaise avec deux sacs de riz cuit et huit litres d’eau pour plus de 400 hommes, la barge a dérivé tandis que ses occupants commençaient à mourir de faim et de soif. Puis comment ils ont plongé en voyant un phare, mais, à bout de forces, n’ont pas pu surnager. Un autre jour, c’est une photo du colonel Manat, qui disait n’avoir rien à voir avec cette affaire, debout sur la plage de Koh Sai Daeng, entouré d’officiers, devant des réfugiés rohingyas accroupis. Si cela ne suffit pas, il y a aussi une vidéo…

Le South China Morning Post affirme que, au total, un millier de Rohingyas ont été délaissés en mer depuis décembre et que la moitié d’entre eux (538 au 18 janvier) sont morts ou disparus. Le journal a remis son dossier, sources comprises, au Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU, qui, le 20 janvier, a demandé à Bangkok de lui donner accès à un groupe de 126 boat people rohingyas récemment interceptés, puis aux autorités indonésiennes de lui donner accès aux 193 détenus sur la base navale de Sabang.

Un responsable militaire thaïlandais a fini par admettre que l’armée finançait un programme visant à «aider» les Rohingyas à repartir vers la Malaisie et l’Indonésie, mais a nié qu’ils soient maltraités ou remis en mer. A Bangkok, le nouveau premier ministre, Abhisit Vejjajiva, a annoncé une enquête et s’est engagé à faire punir les éventuels coupables. Mais il a aussi promis de «renvoyer les immigrants clandestins» et a expliqué la préoccupation de l’armée à l’égard de l’afflux de Rohingyas: «C’est une question de sécurité nationale», a-t-il dit, confirmant la crainte qu’ils n’aillent renforcer les insurgés musulmans au sud de la Thaïlande, où le conflit a fait plus de 3300 morts depuis 2004. C’est aussi dans cette région que, selon Amnesty International, l’armée thaïlandaise a fait un usage systématique de la torture à l’égard des séparatistes musulmans.
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MessageSujet: Re: La Birmanie Meurtrie   Sam Jan 31, 2009 7:56 pm

Citation :
Dans les camps, ils sont nombreux à ne plus afficher d’espoir. Ils ont été ignorés depuis trop longtemps.

no comment !
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Kwitzach

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MessageSujet: Re: La Birmanie Meurtrie   Sam Jan 31, 2009 7:58 pm

C'est bon j'ai retrouvé une vidéo qui illustre l'info dont a parlé Rym...
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sangi

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MessageSujet: Re: La Birmanie Meurtrie   Dim Fév 01, 2009 1:49 am

la folie des hommes .... rien à dire
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MessageSujet: Re: La Birmanie Meurtrie   

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