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 RAYNA RAYKOUM

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Jan 29, 2009 10:33 am

Après la grande marche, les petits souliers

par Kamel Daoud
Rien ne ressemble plus à l'avant-guerre contre Ghaza que l'après guerre vécue partout chez nous, sauf à Ghaza. Les morts le savent, les survivants aussi, le reste, non. L'actualité n'est pas encore, en somme, l'Histoire, mais sournoisement, elle est déjà un souvenir. Nous avons donc marché, quelques-uns, par milliers, se sont fait tabasser, les Moubarak ont réajusté leurs portraits immenses et puis nous nous sommes dispersés avec les mêmes certitudes improductives : « Obama ne pourra rien faire », « les juifs gouvernent le monde », « l'Islam va gagner » - mais pas les musulmans -, « nous sommes tous frères » surtout nos morts, « les régimes nous vendent » lorsque la vérité est qu'ils nous achètent, « la paix est impossible » alors que c'est la guerre qui l'est pour nous, « nous irons tous au Paradis » alors que la réalité est que l'on ne peut même pas aller à Rafah. Mahmoud Darwich l'a bien résumé : « Ils ont dit que la guerre est charges et replis, puis ils se sont tous repliés ! ».

Le constat du sinistre a provoqué une immense réaction, quelques millions de dollars, beaucoup de don de sang et pas une seule constatation utile pour nous rapatrier le centre du monde qui nous a échappé après la chute de Grenade. Où était l'erreur ? Dans l'angle de vue : 1°- Il fallait « marcher » contre le Likoud et les sionistes pas contre les juifs. 2°- Il fallait marcher pour faire changer les choses chez nous, chacun dans le périmètre de son drapeau et pas en Palestine d'abord. 3°- Il fallait demander des comptes et pas des armes. 4°- Il fallait raccourcir les barbes et allonger les heures de travail. 5°- Il fallait relire l'histoire, la Grande, mais à la première personne du singulier et pas à la troisième personne du pluriel : le «Ils » sert trop souvent à dédouaner le « Je ». 6°- Il ne fallait pas seulement regarder El Jazeera mais se regarder les uns les autres et en être fier ou en avoir honte.

7°- Il fallait tout arrêter et cesser de se prendre pour des victimes alors que ce sont les Palestiniens qui le sont. 8°- Il fallait cessez d'accuser les « régimes » d'être faibles et vendus alors que nous sommes presque tous, chacun sous son parapluie, corruptibles et « achetables ». 9°- Il fallait arrêter de demander à Dieu de faire la guerre à notre place ou la paix à la place des Américains. 10°- Il fallait cesser de prendre l'Islam pour un sachet et le rouge à lèvres pour la raison de notre punition collective. 11°- Il fallait plus brûler nos propres ordures ménagères que brûler le drapeau US ou israélien. 12°- Il fallait répondre à ceux qui croient encore que viendra un temps où même les arbres vont dénoncer les juifs, qu'il faut logiquement commencer au moins par reboiser nos pays. 13°- Il fallait nous avouer que nous sommes tous coupables, quelque part, lorsque nous votons, volons, mangeons, cassons avant d'aller tous prier Dieu en se rangeant les uns derrière le dos des autres.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Sam Jan 31, 2009 9:27 am

Belkhadem, le Blackberry de Abdelaziz

par Kamel Daoud
Il a été kidnappé par son cheval». C'est ce qu'on dit d'un mauvais cavalier, traversant en flèche la plaine de son Douar, au dos de sa monture qu'il ne sait pas encore maîtriser. C'est ce qu'on dit aussi de Belkhadem depuis qu'il n'est plus Belkhadem mais un spot publicitaire. Question : que fait cet homme depuis peu ? Personne ne sait au juste, et même les siens. Il est partout dans le pays, annonce Bouteflika en même temps que la pluie, explique le monde en commençant par Abdelaziz.

Il prédit l'annonce de la candidature absolue, le taux de participation, la météo et d'autres choses banales. Un genre d'activité dont on ne sait si cela participe du portefeuille de ministre, de la fonction de « représentant personnel », du chef en second du vieux parti, de l'ex-chef de gouvernement ou simplement de l'oisiveté ou de la promotion des dos d'âne. Et si on doit en parler aujourd'hui, c'est par souci de méthodologie.

Explication : si Bouteflika n'a plus besoin d'être élu pour être encore une fois président, il a quand même besoin d'une campagne rationnelle de rajeunissement. Et Belkhadem offre le cas d'une campagne officielle incroyablement bricolée. Elle a même commencé avec une « commission » d'ex-ministres, tous licenciés par Bouteflika et chargés aujourd'hui... de faire sa promotion. A comprendre sous l'angle de « Peut-on vendre l'image d'un homme qui ne veut plus de votre image dans son gouvernement ? ». Les noms de cette commission de choc laissent pantois même les Bouteflikistes les plus non-négociables apparemment.

Autre exemple : on apprend que un million et 75 mille jeunes Algériens « ont appelé jeudi à Alger le président de la République Abdelaziz Bouteflika à se porter candidat à la prochaine élection présidentielle en accordant leurs signatures sur un « chèque » symbolique ». Ce chèque sans provision aurait été remis symboliquement lors d'un rassemblement organisé par « la Commission nationale de soutien à la candidature du président Bouteflika » à la salle Harcha, à Belkhadem par « les représentants des délégations de jeunes des 48 wilayas en vue de le remettre au président de la République ».

Du coup, tout le monde s'est lâché dans ce monde symbolique : Belkhadem a déclaré que « ces signatures constituent un message à ceux qui affirment que les jeunes ne croient plus en la politique », le ministre de l'Enseignement et de la Formation professionnels, El Hadi Khaldi, a déclaré « je félicite toute action de jeunes visant à contribuer à l'édification de l'Algérie et à la sauvegarde de sa stabilité et de sa sécurité ainsi qu'à son développement », le vice-président de l'APN, Seddik Chihab, représentant du RND, a estimé que cette rencontre « est un net démenti pour tous ceux qui veulent mettre en doute l'attachement des jeunes Algériens à l'esprit de patriotisme », etc. Les citations sont longues parce qu'il ne faut pas les comprendre, mais les subir. Ainsi, et selon la règle connue, lorsqu'on dépasse les limites, il n'y a plus, automatiquement, de bornes mais seulement des applaudissements.

Et cela s'explique : dans une élection par l'absurde, l'absurde ne peut pas gêner. On peut tout dire, tout faire, tout manger. C'est ce qu'on a dit aux Algériens dès le 05 juillet 1962. Entre le Blackberry d'Obama et le Belkhadem de Abdelaziz, il n'y a rien à dire.

Les plus proches de Bouteflika en sont encore à penser selon les clauses populistes des années 70 et on ne peut pas leur en vouloir : le meilleur moyen de rattraper le temps perdu, c'est de l'arrêter. Cette fable ayant au moins un mérite tout à fait banal : elle démontre qu'avec un chèque en blanc, sans provision, on peut tout vendre. De son côté, Abdelaziz, le vrai, a démontré qu'avec un chèque alimenté, on peut tout acheter.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Sam Jan 31, 2009 1:07 pm

"Merci Parodie pour ce copier coller! "soliloqua t-elle ! Wink Wink
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sangor

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Dim Fév 01, 2009 2:46 am

Citation :
"Merci Parodie pour ce copier coller! "soliloqua t-elle !

Apres l'arrêt du programme national de la santé mentale et la grève des psychologues, je pense que ce n'est pas le moment de soliloquer Smile
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Dim Fév 01, 2009 10:12 am

sangor a écrit:
Citation :
"Merci Parodie pour ce copier coller! "soliloqua t-elle !

Apres l'arrêt du programme national de la santé mentale et la grève des psychologues, je pense que ce n'est pas le moment de soliloquer Smile

Bah !!! tout le monde "se" remercie ces jours ci pour ....."les copier coller " geek geek pourquoi pas moi??? lol! lol!

Moué : Crying or Very sad Crying or Very sad refuser le fric de l'ONU juste pour dire que tout va bien mme la marquise...ya de quoi soliloquer ...NON???? ....
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Dim Fév 01, 2009 10:21 am

Le manuel du nouveau révolutionnaire assis

par Kamel Daoud
C'est l'année du Boeuf pour les Chinois en Chine, celle des «lièvres» pour les présidentielles algériennes selon un caricaturiste algérien et c'est l'année des grands gestes pour le reste des Arabes. Explication : depuis peu, une série de gestes nobles, à grandes charges émotionnelles, se succèdent sur la scène internationale pour nous sauver la face et restaurer en nous la dignité, à défaut de victoires. On a eu le jet de chaussures sur Bush par un journaliste irakien, le claquage de porte par l'héritier de la Grande porte Erdogan, l'hésitation domestique de Amr Moussa qui a voulu faire de même avant de comprendre qu'il est payé pour rester assis. La voie est donc ouverte pour ceux qui veulent faire l'histoire par le geste, à défaut de pouvoir la faire par les actes.

Dans la série, une série de propositions pour ceux qui veulent tenter d'entrer dans la postérité mais pas à reculons et avoir droit à l'immense stèle de la chaussure élevée à Tikrit en Irak. 1° - Appeler son fils Bourguiba à Tunis ville et annoncer la naissance dans les journaux. 2° - Prendre un billet d'avion, aller au Caire, convoquer El Jazeera et se raser la moustache devant tous les Arabes pour protester contre la fermeture nazie du check-point de Rafah par l'Egypte. 3° - Brûler son pantalon dans les couloirs du siège de la Ligue arabe pendant le prochain Sommet. 4° - Voter pour son propre dromadaire à Riyad en Arabie Saoudite, un pays où on ne peut pas voter ni son Roi ni le droit au volant pour ses femmes et diffuser l'acte par Internet. 5° - Déclarer avoir la nationalité suisse en Libye même si vous ne l'avez pas et vous ne l'aurez jamais. 6° - Habiter un baril de pétrole vide en plein centre d'Alger, place 1er Mai, pendant trois jours. 7° - Voter pour Hamas ou Obama, à chaque fois que l'on vous appelle pour voter, quelle que soit votre nationalité locale et où que vous soyez. 8° - Manger le Ramadan en public pour provoquer une émeute et un procès qui vous donnera l'occasion de prononcer la fameuse phrase d'un ancêtre « La perte d'El Qods vous indigne moins que mon casse-croûte ? ». 9° - Fonder une association pour le retour des Ottomans au pouvoir puisque Erdogan est revenu. 10° - Porter un hidjab tout en étant un homme et déclarer ne jamais l'enlever jusqu'à la création de l'Etat palestinien mais aussi de tous les autres Etats arabes qui l'entourent et qui doivent être créés eux aussi. 11° - Déclarer par exemple que le calendrier de l'Hégire est suspendu jusqu'à nouvel ordre et en attendant que le temps passe près de chez nous, comme tout le monde. 12° - Fabriquer des galons en plastique et les offrir à ses proches en attendant de réussir un coup d'Etat. 13° - Aller voter mais en glissant un billet de 1.000 DA avec ses propres coordonnées pour être plus concret et ne pas rendre « l'assiette vide » selon nos traditions. 14° - Donner à son cadet le nom d'Erdogan puisque l'aîné s'appelle déjà Hugo selon un confrère. Pour la fille, donnez-lui le nom de Amr Moussa par exemple si vous êtes sexiste ou le prénom de la pluie si vous vivez dans le désert. La liste est ouverte pour tout autre enrichissement.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Lun Fév 02, 2009 9:23 am

«Berriane, c'est où?»

par Kamel Daoud
Qu'est-ce qui se passe à Berriane ? Deux versions : «C'est rien» ou «c'est dramatiquement n'im porte quoi». Le pire est que pour le reste de l'Algérie, cette question est précédée d'une autre, tout aussi tragique : «Où se trouve Berriane ? ». Pourquoi ? Parce que la déconnexion est totale entre le pays et ce morceau du pays. Là, c'est un pays qui essaye de se débrouiller un Président sans passer par son peuple, là-bas c'est un wali qu'on laisse se débrouiller pour isoler le problème. Résultat : on ne sait pas ce qui s'y passe. Réellement. Profondément. Totalement. On sait qu'il y a eu mort d'hommes, violence, clanisme, tapage et matraquage, régression et machette, mais c'est tout. On n'aura rien su de Ghaza s'il n'y avait pas eu El Jazeera. On ne sait rien de Berriane, parce qu'il n'y a pas El Jazeera. Pourtant, si on y réfléchit un peu, il y a tout : tout ce que l'Algérie est en train de se fabriquer comme suicide sous anesthésie : le Moyen-Âge mis à jour. La déconnexion algéro-algérienne entre Berriane et l'Algérie est cependant totale : le problème est d'abord résolu par l'isolement et la mise en quarantaine. Cette ville provoque un malaise à analyser parce qu'elle révèle l'impuissance : celui de pouvoir comprendre, celui de pouvoir. On sait que c'est grave parce qu'il y a ce mélange national entre misères, ethnies, races, religions, rites, vengeances, disqualification des institutions, mosquées, généalogies. On sait aussi que, quelque part, Berianne annonce un scénario national possible, on sait que cela peut être contagieux, on devine que c'est l'exemple d'une régression nationale très possible si on continue à plaider l'interdiction du rouge à lèvres pour provoquer les pluies, mais on reste impuissant puis on reprend la télécommande pour trouver le bon créneau pour sa bonne conscience. Pourtant, Berriane existe. Quelque chose s'y est déclenchée qu'on refuse de voir. On peut y aller et en revenir sans y entrer ni y parvenir. Résultat : on va laisser faire le temps et le wali local. Zerhouni, le ministre de l'Intérieur a lancé sa fatwa minimaliste attendue : « c'est une affaire de Mafia de quartiers » concluant que c'est une banale émeute de commune. Le ton est donc donné : dès que le ministre de l'Intérieur vous dit qu'un problème n'en est pas un, c'est qu'il en est un de très grave. Souvenez-vous du « délinquant » de Béni-Douala des derniers événements en Kabylie. Ce qu'il y faut, c'est peut-être un déplacement massif des médias, des intellectuels, des élites, de l'Etat, du régime et la moitié du peuple pour s'interposer et stopper la régression assassine.

C'est vital, c'est urgent, c'est important et ce n'est pas le cas. Cela ne se passe pas ainsi parce que les élites sont soit francophones, disqualifiées par le populisme, soit populistes, disqualifiées par le manque d'intelligence, soit religieuses populistes et donc, sans impact sur la paix avec propension pour la haine. Cela ne se passe pas ainsi, parce que les Bouteflikistes ont besoin de Bouteflika et pas de Berriane. Cela ne se passe pas ainsi, parce que le reste du peuple ne sait même pas si Berriane existe même s'il va y aboutir dans quelques années.

La déconnexion est absolue. Et c'est comme ceci qu'un pays crève : par morceau et jamais d'un seul coup et entièrement. Cela a commencé à Berriane, mais Berriane a commencé partout en Algérie et ce, depuis quelques décennies déjà.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Fév 03, 2009 9:33 am

Médisances sur un mariage national à blanc

par Kamel Daoud
Car finalement, si vous hésitez, il faut quand même le saluer. Au moins pour sa technique incroyable de séduction par le dos et de rassemblement par le vide. Car finalement, il faut le faire : se faire attendre par l'Algérie plus que l'indépendance et lui tourne le dos mieux que l'Avenir. Le bonhomme ayant réussi une sorte de rancart par l'absurde en déplaçant le coeur de l'événement de sa réélection certaine, vers son consentement qui ne sera même pas murmuré selon les codes de l'Amour. Vous voilà donc, peuple glorieux, suspendu à des lèvres après avoir été suspendu par les pieds par les anciens colons. Vous y êtes ? Bien sûr que oui. Contrairement au reste du monde, vous êtes dans le cas où même votre Président ne veut presque plus de vous, se passe de votre consentement et pousse la cocasserie jusqu'à réserver son «oui» à la dernière seconde de votre curiosité. Va-t-il se présenter oui ou non ? Pas la peine de répondre, car personne n'a besoin de votre réponse. Ainsi, et par une énorme ruse de scène, l'enjeu comique n'est pas celui de votre abstention possible, mais celui de son abstention à lui, encore très officielle. On ne se demande pas si ce peuple va voter ou non, mais si lui va se présenter ou pas. Comme technique d'enchère amoureuse, on ne peut pas trouver mieux pour le moment : le prétendant poussant la technique jusqu'à ne rien dire pendant des mois, pour mieux dire qu'il hésite à vous épouser. Non parce qu'il prend en considération votre volonté, mais seulement la sienne.Il vous épousera lorsqu'il le voudra, même si vous ne le voulez pas et, pour le moment, le plus important n'est pas votre refus, mais son magnanime consentement. Ce n'est pas à vous de dire oui, mais c'est à lui de dire «peut-être». En terme d'approches nuptiales, cela s'apparente à ces manoeuvres économico-familiales entre familles des anciennes bourgeoisies urbaines décaties, très averties sur les coûts, les dots et les rites d'alliances. La mariée est là, elle a le défaut d'être sourde est muette, elle est «inévitable» car il n'y en a pas d'autres, elle est cupide et craint de vieillir avec des vaches en plastique et pas avec ses enfants. Le demandeur est là, il fait semblant de ne rien demander, il pousse l'outrecuidance jusqu'à raccrocher son téléphone à chaque fois qu'on demande son avis et laisse entendre que s'il va le faire, c'est par charité et juste «parce qu'il le faut» et parce qu'il a besoin de «papiers» et qu'elle est la seule à avoir la nationalité algérienne pure. Entre les deux, tout le monde attend. Ou pas. La citerne d'eau, les nombreux moutons, les invités que personne n'a invités, le Père mort de l'épousée, trop heureux qu'on ait donné son nom à un aéroport, sa mère morte et qui ne le sait même pas, ses frères qui sont encore au maquis de Novembre où tous les Algériens sont «frères», le flûtiste légendaire qui a joué de la flûte pour Boumediène, Chadli, Zeroual, Boudiaf, etc. sans jamais s'interrompre, même pas pour reprendre son souffle et qui peut non seulement faire danser les serpents mais les faire voter. Tout est prêt, tout est préparé : on ne se demande même pas ce qui va se passer la nuit de noce. La raison ? Cela s'est passé tellement de fois depuis l'indépendance.»
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mer Fév 04, 2009 9:24 am

La théorie des villes à expulser

par Kamel Daoud
C'est l'une des solutions trouvées pour résoudre la tragédie de Berriane : la contourner. Selon un confrère, une proposition est en cours d'imagination pour faire dévier la Route nationale Une, hors de cette ville qui ne veut plus exister. La route, qui relie le Sud au Nord, lui donne à manger et lui permet de se déplacer hors du vide, a été fermée tellement de fois par les contestataires, que l'idée d'enjamber Berriane s'est imposée d'elle-même et ce, pour les meilleures raisons du monde. Techniquement, il s'agit d'un problème de sécurité alimentaire ; symboliquement, il s'agit d'une trouvaille qui mêle le sourire au génocide avec un cynisme inégalé. Cela va permettre de déconnecter Berriane du reste du pays et, du coup, résoudre le drame local par une négation nationale. Les travaux de cette déviation sont politiquement déjà lancés : d'abord, avec le ministre de l'Intérieur, qui a dit que ce qui se passe à Berriane est une simple dispute entre bandes de quartiers, puis par l'Etat, qui a déjà avalisé la thèse de la manipulation étrangère ou celle des coupures d'eau et, ensuite, par l'opinion qui ne sait même pas où se trouve Berriane ni pourquoi on s'y tape dessus au nom des rites et pas des routes. La Route nationale Une ne passe déjà plus par cette ville depuis quelques mois déjà.

Techniquement, l'idée de la déviation risque de ne pas en rester à ce seul cas de figure. On peut s'imaginer aujourd'hui, qu'à chaque fois qu'un village algérien décide de protester et de couper la route, l'Etat peut lui couper la route sous les pieds, décider d'une déviation et abandonner les émeutiers dans le vide de leur univers où ils vont s'y évaporer par manque de liens avec le reste du cosmos national. A chaque fois qu'une ville décidera de tout casser, on l'expulsera de l'Algérie en la laissant sur place et on l'exilera derrière les dunes ou les montagnes, pour qu'elle s'effondre en elle-même comme une naine blanche - petit soleil en fin de course destinée à être un trou noir dans l'espace de Dieu, pour ceux qui s'intéressent à l'espace et pas seulement au ciel -. On peut même s'imaginer cet avenir de paix sociale par défaut, avec des villages entiers jetés à la poubelle, des routes nationales dont le but n'est pas de relier les villes mais de les isoler et un réseau routier cadencé par des ronds-points, des aires de repos, des ouvrages d'art, des ponts et des stations relais, tournant autour de lui-même, fermé, verrouillé sur le vide et destiné à assurer des déplacements incessants et pas des relations humaines viables. Le but étant de relier uniquement les villes calmes les unes aux autres et de couper les relations avec les pommes de terre pourries pour qu'elles ne contaminent pas le reste du cageot. Un avenir de mise en quarantaine punitive et de connexions utilitaires. Techniquement, là aussi, et selon l'ordre de l'échec de développement, les villes déconnectées finiront soit par se dissoudre, soit par être plus nombreuses que les villes connectées, s'organiser, creuser des sentiers clandestins et des tunnels ghazaouites, élire une nouvelle capitale, choisir un autre gouvernement et libérer le reste de l'Algérie. Est-ce possible ? Très peu : d'abord parce qu'il y faut des leaders, ensuite l'envie de vivre ensemble et, enfin, parce que le goudron est un dérivé du pétrole qui reste la propriété de l'Etat actuel.

On peut libérer un pays avec les ânes de la ligne Morice, mais pas le développer avec les mêmes animaux. Ce n'est pas la route qui fait la force de l'Etat mais le pipeline. Au Nigeria, certains l'ont déjà compris.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Fév 05, 2009 10:07 am

L'inconcevable encanaillement de l'Occident officiel

par Kamel Daoud
Trois fausses anecdotes : d'abord la «couverture» médiatique de la guerre contre Ghaza avec effet de loupe sur les éternuements à Sdérot et effet de gommage sur les cadavres des Palestiniens; puis la réduction de la compétence universelle de la justice espagnole pour ne pas avoir à juger des crimes de guerres israéliens, trop incommodants lorsqu'il ne s'agit pas du Zaïre et, enfin, la réaction ridicule au lancement d'un satellite « made in » par l'Iran, qualifié de menace sur la sécurité internationale.

Pour les trois, on peut parler de scandale, de justice à deux mesures et, enfin, de comique sans rires. Cela ne suffit pourtant pas. La vraie conclusion est que l'Occident s'encanaille vraiment, absolument, et ne prend même pas le soin de garder sa réputation d'intelligence redoutable contre les vendeurs indigènes de perles et de vanille. On croyait cette « géographie » souveraine de l'humanité soucieuse des apparences morales de ses arnaques, il n'en est rien. Il y a quelque chose de sinistre aujourd'hui, dans l'Occident : c'est sa grossièreté. Ce paradis à code barre semble ne même plus prendre soin de sauver son mythe fondateur, sa vitrine de dépositaire de l'humaniste et sa réputation morale, même biaisée par ses nombreuses guerres de prédations et ses colonialismes alimentaires. Du siècle des lumières, peut-on dire, et jusqu'à Sartre pour aboutir à la façon de traiter l'Iran ou de couvrir la guerre contre Ghaza, il y a tout simplement encanaillement et amoralisme. Il n'a même plus le souci de mettre les formes pour soutenir la politique des chars contre la Palestine, la pendaison de Saddam ou le parti pris conte l'Iran, signataire du TNP (traité de non prolifération nucléaire) là où un pays comme l'Inde n'est pas même inquiété alors qu'il n'a pas encore signé ce document. A la fin, au bout d'une surdose de comique sous couvert des résolutions de l'ONU ou de la sécurité internationale, on se retrouve, nous gens du Sud, vraiment seuls. Coincés entre le « Sud » de ceux qui veulent que l'Occident finisse en miette à manger, et cet Occident qui ne garde même plus l'honneur d'avoir inventé la machine à vapeur. On voudrait tant se souvenir de ses livres et de ses mythes, mais faut-il s'y astreindre lorsque l'Occident, lui-même, les traite comme du papier hygiénique ? Comment convaincre les nôtres de la modernité et de son esthétique aujourd'hui, lorsque les porteurs de lumières en Occident ne sont plus que des voleurs d'électricité ?

La conclusion est pompeuse, mais elle est vraie : le monde a changé. On peut s'imaginer, aujourd'hui, le naufrage de Robinson Crusoé, l'homme blanc sur une île et sa domestication de Vendredi, sous une nouvelle version : Robinson refusant de lui apprendre quoique ce soit, volant les 98 cocotiers de l'île en lui laissant deux mètres carrés et les deux palmiers restants, l'accusant de menacer la sécurité de l'île lorsque Vendredi arrive à fabriquer un rabot ou une scie, racontant la robinsonnade en insistant sur les animaux de l'île et pas sur le seul être humain qui la partage avec lui, l'accusant de tenter de le prendre en otage pour demander une rançon, de fabriquer de la poudre noire en enrichissant l'uranium, de lancer des satellites avec des lance-pierres, de porter un pagne ostentatoire... etc. Avec cette infamie finale d'une version écrite de la robinsonnade où le Vendredi a droit à une seule phrase unique le long de cet Ushuaïa. Une seule phrase impossible, comme le banal perroquet de ce mythe bouleversé.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Fév 12, 2009 10:57 am

Les moustaches de la sardine*

par Ali Babès
La sardine algérienne s'est fait faire des moustaches. Oui, la belle sardine, bien effilée, entre gris et bleu terne, mince et ruisselante de cet effluve marin qui vous donne l'eau à la bouche, s'est mise sur son 31 ces dernières semaines. Au kilo, son prix a frôlé les 400 dinars à Alger, les 300 dinars à Oran et dans la plupart des villes côtières. Un niveau jamais atteint par un des démersaux les moins chers de la planète.

A Alger, on ne s'étonne plus de cette extraordinaire progression des prix de la sardine, tant le marché des poissons évolue dans sa propre dimension. Celle de la loi entre l'offre et la demande d'un poisson très difficile à capturer par mauvais temps.

Non, le prix de la sardine est tout simplement une insulte pour les ménages algériens, de surcroît ceux qui consomment à longueur d'année une viande qu'ils ont depuis toujours acheté à bas prix. D'autant que ce poisson a toujours fait partie de la gastronomie des gens de mer, de ceux qui n'ont pas les moyens de s'acheter chaque jour de la viande (blanche ou rouge, peu importe), de ceux qui aiment ce délicieux poisson. Et, si les prix de la viande la moins chère montent en flèche, il y a vraiment de quoi se poser des questions sur cette filière, son fonctionnement, les gens qui tiennent le marché et les services de contrôle des prix. Ben oui, car après la pomme de terre à plus de 20 dinars/kg, l'huile au alentours des 300da, et la baguette de pain à 10 dinars, il y a comme un sentiment que beaucoup d'Algériens se font rouler chaque jour dans la farine. Sinon comment expliquer cette inflation galopante des prix à un moment où les réserves de changes culminent à plus de 140 milliards de dollars. Il y a vraiment anguille sous roche, d'autant que c'est la même flottille qui pêche la sardine, hier comme aujourd'hui, d'El kala à Beni Saf. Après les fruits et légumes, est-il venu le temps de la sardine pour montrer aux Algériens qu'ils doivent s'attendre à des lendemains moroses, à l'ombre d'une crise économique mondiale qui lamine comme un rouleau compresseur toutes les économies, grandes ou petites ?

L'exemple de la sardine qui vend chèrement sa peau illustre parfaitement que le circuit commercial national n'obéit d'abord à aucune règle ou norme, ensuite que l'économie nationale est vraiment entrée dans l'économie de bazar, même si des banques étrangères se sont installées chez nous.

Il n'est pas concevable pour l'Algérien qui voit le prix du baril de pétrole monter malgré la crise économique qu'une baguette de pain revient à 10 dinars, un kg de pomme de terre à 40 da et le sachet de lait à 25 da, lorsque les plus bas salaires oscillent autour de 10.000 dinars.

L'Algérien en est ainsi réduit à voir passer le temps, à le regarder et ne pas le sentir. Et, ainsi des années se sont passées sans que l'on n'y prête attention à cette catastrophe nationale, assommés que nous étions par la langue de bois sur la baisse de l'inflation et l'amélioration de la production agricole, jusqu'à ce qu'on s'aperçoive, comme le dit ce vieux dicton algérois, que �''la sardine est sortie prendre un bain de soleil du côté de Kaa Essor'' (petite plage près du Bastion 23 à Alger). Nous avons parlé de la sardine, l'anchois, lui, a disparu depuis longtemps des étals des mareyeurs !


* Comme daoud est "absent" ces jours ci ... cette chronique plairait surement à kwi!!! Wink Wink Wink
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Dim Fév 15, 2009 8:53 am

L'unique électeur de ce pays a voté !

par Kamel Daoud
Finalement, le bonhomme a voté : il a fini par accepter d'élire les Algériens comme peuple et d'en accepter la présence dans son pays, en quelque sorte. Cela a pris du temps et cela se comprend : ce n'est pas facile de voter un peuple qui ne vous vote pas, ou pas suffisamment ou inutilement ou seulement après un bon repas. Le seul électeur de l'Algérie avait droit à son moment de choix, à la main hésitante au-dessus de l'urne, à la discrétion et à l'isoloir. Il ne faut jamais oublier qu'il avait droit à plusieurs peuples, beaucoup de pays au choix et qu'il pouvait même s'abstenir, rester chez lui, regarder la télévision, qui lui appartient, ou recevoir un ambassadeur néerlandais pour échanger des amabilités. Et s'il ne l'a pas fait, c'est parce qu'il est un bon Algérien finalement. Le seul. Il a fini par choisir entre la grasse matinée et faire l'Histoire, il est sorti, entré dans une grande salle où vous y étiez malgré vous, et il a voté : « je choisis les Algériens ». Il aurait pu choisir les Emiratis ou les Suisses, mais il ne l'a pas fait. Etant le seul électeur dans ce pays, il vous a élu pour que vous l'élisiez. Et il faut l'en remercier. Car si on résume un peu la situation, ce n'est pas si évident de voter les Algériens : d'abord, lui il est jeune, toujours, durablement et constitutionnellement, là où vous êtes vieux, chancelant mais tenace, nourri au botox et à l'hymne révolutionnaire. Ensuite, il est seul, pauvre et brillant ou, au moins débrouillard, là où vous avez de nombreux frères, des milliers de comités et 145 milliards de dollars à partager. Ensuite, il a des idées, peut marcher sur les eaux, fabriquer du pain avec ses mains ou avec rien du tout, et aime vivre, là où vous avez fait la guerre mais n'arrivez pas à comprendre qu'on cesse de vous dire merci, vous ne pardonnez pas le temps qui passe sans vous applaudir. Ensuite, vous n'arrêtez pas d'échouer comme des baleines ménopausées alors que lui n'arrête pas de renaître, de se reproduire et d'aimer, et d'être aimé pour son présent et pas pour son passé. A la fin, il faut que vous vous estimiez comblé, miraculé et élu, parce qu'il a fini par voter pour vous, même si vous êtes le seul peuple de l'endroit, le candidat unique car par défaut, l'inévitable gagnant avant même que les autres perdent. La question de l'abstention possible est donc tranchée : le seul électeur réel a voté et il a daigné choisir les Algériens comme candidats uniques.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Fév 17, 2009 11:28 am

«Les voix du diable»

par Kamel Daoud
Tout le monde le sait: il y a Bouteflika et il y a le Bouteflikisme. Le premier se voit à la télé quand il le veut. Le second est un courant fort qui se ressent aujourd'hui un peu partout. Tout le monde sait que Bouteflika a légèrement besoin des Bouteflikistes, s'en amuse, les manipule, les consomme ou les fait courir sur sa paume. Tout le monde sait aussi que les Bouteflikistes ont absolument besoin de lui, ne peuvent pas s'en passer, le boivent quand il les mange et ne l'avalent pas quand il les mâche. Question de fond: qui sont les Bouteflikistes ? D'abord ils sont un effet domino crescendo. Explication: plus ils sont loin de la périphérie du candidat unique, plus ils sont dans le besoin de fournir un zèle plus féroce pour se maintenir dans la chaîne alimentaire.

Si Bouteflika éternue et se mouche avec la main gauche à Alger, à Aïn Nulle part, le maire expliquera que ceux qui n'éternuent pas et ne se mouchent pas de la main gauche sont des opposants. Plus loin, c'est-à-dire plus profond dans le pays, le comité de soutien de Aïn Jerrican organisera un rassemblement d'éternuements avec distribution de mouchoirs et séance « main gauche » dans les écoles et les administrations. Encore plus loin, à Aïn NASA dans le désert, les mains droites sont amputées et les mouchoirs fournis par des notables. Encore plus loin, à Aïn « ci-gît », là où la terre s'interrompt et là où le ciel ne veut même pas commencer, les éternuements sont comptabilisés comme des voix avant même le début des élections.

Seconde question: pourquoi les Bouteflikistes sont-ils plus zélés que le concerné lui-même ? Première thèse: l'effet de nécessité alimentaire, car Bouteflika donne à manger malgré lui, a de l'argent même s'il dit que ce n'est pas le sien, donne des postes au premier qui a une chaise. S'il disparaît dans la foule, une partie de la foule sera obligée de s'asseoir par terre comme à l'époque des Ottomans. Seconde thèse: par effet de peur. Si Bouteflika n'est pas élu, cela signifie l'inconnu, donc la perte de l'immunité alimentaire, donc l'instabilité, donc changement de règne animalier. L'élection de Bouteflika est une question de survie. Moins pour lui que pour les siens et la vaste population de ses arrière-petits-fils collatéraux.

Dernière thèse: il s'agit d'un mal psychanalytique lié à l'histoire nationale, comme l'oedipe l'est à la révolution. Il y a des peuples qui ne peuvent pas chasser absolument et définitivement le colon et se l'invente quand il part et prend sa valise. Il y a finalement chez les Bouteflikistes une violence dans l'enthousiasme et l'unanimisme qui font vraiment peur quand on s'y attarde. Individuellement, chaque Algérien est l'auteur d'un procès national permanent de l'indépendance et de la post-indépendance. Certains, pris en groupe, produisent cependant un état d'esprit étonnant qui n'hésite devant rien, verse dans l'anathème le plus grossier et convoque les archaïsmes les plus outrageants. Rapporté par le journal d'hier, un nouveau slogan ravageur dans la bouche d'un ministre: ceux qui ne votent pas sont « les voix du diable ». Comprendre: ceux qui votent sont automatiquement les voix de Bouteflika.

Entre ce dernier, déjà premier, et le diable, antique acteur que personne n'a vu mais que tout le monde dit ressentir comme un mauvais conseiller à la privatisation, il n'y a rien. Pas d'autres candidats, ni alternatives, ni opposants. Le FIS l'avait dit il y a presque vingt ans: il y a le Coran, et il y a le blabla. C'est-à-dire la chariaâ ou l'hérésie. Aujourd'hui, on le répète: ceux qui ne sont pas pour Bouteflika, sont contre l'Algérie. Pour certains, il n'y a pas de différence de produits entre campagne électorale et campagne de dératisation. Dans quelques mois on aura donc ce résultat mathématiquement impossible: une victoire déduite d'une somme d'échecs collectifs.

Dernière question: comment libérer un pays des siens, sans le brûler ou le quitter ou y creuser un trou ?
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mer Fév 18, 2009 10:36 am

«L'Algérie n'a pas de prix, les Algériens si»

par Kamel Daoud
A l'échelle horizontale, c'est-à-dire entre le travail, le mur ou la cuisine, c'est une bonne nouvelle des milliers d'Algériens licenciés, sans travail ou sans salaire dans des entreprises en faillite seront payés rubis sur l'ongle dans quelques jours. Même le dos-d'âne de votre ruelle pourra vous expliquer qu'il s'agit d'une mesure incitative préélectorale. Comme les sursis fiscaux, les augmentations de pensions, les largesses des budgets de wilaya. Reste cependant l'échelle verticale : celle de l'Histoire. Celle qui offre à voir le chemin parcouru, en culbute, pour un peuple, entre son statut de guerrier amoureux de la liberté jusqu'à refuser la main et le pied de tous les colons du Maghreb et son sort alimentaire d'aujourd'hui. Un peuple que la France n'a pas pu soumettre, mais que Bouteflika peut acheter en le vendant et le tondre en lui parlant à l'oreille. Faut-il cependant en vouloir au prétendant du moment ? Que non ! Tout le monde sait que lorsqu'on a beaucoup d'argent, on peut tout acheter : et lorsqu'on arrive à acheter des députés et des sénateurs, qu'est-ce qui empêche d'acheter le reste du peuple, les opposants, les exilés, les retraités, les travailleurs et les partis politiques ? Et là où le Président vénézuélien, Hugo Chavez, a préféré passer par un référendum pour son 3e mandat, le nôtre a choisi de passer par son portefeuille et cela fonctionne à merveille. On n'y voit même plus l'outrance et le devoir de bonne manière en maquillant l'achat des voix. Cela se fait aujourd'hui directement : je paye, tu votes pour moi. Les Algériens ont trop faim, sont trop pressés, trop cupides ou trop paniqués par l'Avenir pour se contenter de la viande hallal du salaire ou de la dignité qui ne se mange plus. L'Etat paye et les clients sont faciles.

Finalement, on s'est légèrement trompés : on a été nombreux à croire qu'un régime politique unipersonnel avait besoin de crédibilité pour pouvoir se présenter comme légitime, des décennies après la fin de la guerre. Ou «la fin du terrorisme et le début du rien du tout», selon l'heureuse formule d'un confrère. On a été quelques-uns à soliloquer sur la maigreur des lièvres, l'absence de candidatures alternatives aux présidentielles, le refus de Zeroual ou la difficulté de trouver des candidats qui ne fassent pas rire. Depuis quelques jours cependant, tout est clair : ce régime n'a même pas besoin de crédit. Il pourra, sous les yeux de tous, se présenter lui-même à l'urne, voter pour sa personne et déclarer que les élections ont été propres et la participation plus parfaite que dans l'amour, sans hésiter, ni se sentir ridicule, ni reculer devant l'acte contre nature. La grosse vérité est que, véritablement, ce régime est autonome. C'est tout juste s'il a besoin d'adresser la parole à ses peuplades ou de leur expliquer ce qu'il leur fait dans l'obscurité. La RADP autonome est déjà au-delà du périmètre de l'outrecuidance et a prouvé qu'elle peut survivre à tout et cela lui donne ce droit de faire ce qu'elle veut sans besoin de recourir à la manipulation des apparences. Demain, le pays va voter, sans vous, pour «Lui» puisque dans une salle vide, personne ne peut physiquement élever la voix. Et aujourd'hui, la mécanique de la RADP ne se soucie même pas de sauver l'eau des visages de ses figurants possibles ou de nourrir un faux suspense pour éviter le sarcasme à ses seconds rôles. On est même presque arrivé à une sorte de mise en scène d'un bras d'honneur géant contre tous ceux qui pensent le contraire. Du point de vue des effets spéciaux, le pays est même très loin du sitcom Benflis-Bouteflika du dernier round, ou de la succulente démission préventive des élections de 1999. On est déjà dans le consentement mutuel entre un cadavre violé et un violeur qui regarde toute la ronde dans les yeux en laissant entendre que la concernée ne s'est pas plainte. Il suffit de payer. «Je suis un chat !», a crié un jeune Algérien torturé durant les événements d'octobre 88 pour échapper à la matraque. «Nous sommes vos souris», diront beaucoup, aujourd'hui, pour le salaire d'un seul député.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Fév 19, 2009 9:41 am

L'Algérien qui veut coudre ses lèvres pour garder sa voix

par Kamel Daoud
«... tu sais, moi je voudrais bien ne plus parler de politique ni de Bouteflika, ses frères, ses petits-fils et ses produits dérivés. Chaque fois que j'en parle, c'est comme si j'avalais une « sortie-de-bain » sec, et je ressens la nausée. Je voudrais bien parler à mon fils de ses arrière-petits-fils qu'il va fabriquer s'il rencontre l'amour, ou rencontrer un ami et partager avec lui mon visage ou regarder des arbres consolider la terre, mais je n'y arrive pas. Lorsque le matin je sors de chez moi, la première chose que je vois c'est une route mal faite avec un dos d'âne fait par des ânes et c'est déjà de la politique. Je m'explique : si la route est mal faite, c'est parce que l'entreprise qui a été choisie pour le faire l'a été par des gens qui ne sont mes élus. Et si ces gens ne sont pas mes élus, c'est parce qu'ils ont été désignés par des gens qui se sont désignés eux-mêmes indépendamment de mes choix.

A la fin, c'est parce que Bouteflika a été choisi par les « siens » avant de l'être par moi et mes semblables, qu'il peut se permettre de désigner qui il veut. Des gens qui font ce qu'ils veulent et donc des trous et des dos d'âne là où ils veulent. Les partis politiques ne me représentent pas, ni les députés, ni les sénateurs, ni les maires. Que me reste-t-il ? Le trou et le dos d'âne sur ma route. A la fin, je ne peux pas ne pas parler de Bouteflika et de la politique. C'est un ami qui me l'a raconté : sur un tronçon de l'autoroute Est-Ouest, vers Alger, une aire de repos. Avec quoi ? Avec un banc et le portrait de Bouteflika. « Où est le repos ? » m'a dit mon ami. « Dans la tombe », lui répondent les ancêtres, la bouche fermée par le sable et les racines. Tout est lié à la politique. Sauf moi, mes enfants, ma femme, mes voisins et mes soucis.

A la fin, on se trompe un peu : on croit que la « politique » c'est les partis, la fraude, les élections ou l'ENTV. Ce n'est pas vrai : la politique c'est la route, les trottoirs, le guichet de la mairie, le facteur qui ne veut plus monter les marches et se fatiguer, le policier à la chemise trop sale pour représenter un pays indépendant, l'accusé de réception qui ne vient pas, le chéquier qui met des années et les appels d'offres propres. Les politiques n'en parlent pas et ne parlent que de Bouteflika. Bouteflika parle du destin et de l'Algérie. Mais personne ne parle de la qualité du goudron et de l'hygiène des serveurs dans les cafés et du devoir de se laver les mains avant de manger. Il n'y a que moi qui en parle, mais je n'ai pas de parti, ni de chefs, ni de télévisions, ni d'autres moyens de communication que le soupir. Alors je reste seul avec mon drapeau, le tiers de l'Indépendance encore valable, du mauvais goudron en guise d'avenir et cette habitude nationale de chercher l'Algérie là où il y a le moins d'Algériens possible. C'est ce qui me reste de la politique lorsqu'elle a presque tout mangé...»
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Sam Fév 21, 2009 9:06 am

Des présidentielles pluridisciplinaires, pas pluralistes

par Kamel Daoud
A la fin, le casting a été réussi malgré la grève des acteurs : on a une femme (Louiza), un scientifique (Bonatiro), une bonne musique de fond (Touati) et un Président à vie (Bouteflika). Louiza c'est pour prouver qu'on est moderne, Bonatiro c'est pour dire qu'on peut prévoir l'avenir, Touati c'est pour laisser entendre qu'on tient au passé et Bouteflika c'est pour affirmer que tout le reste c'est inutile. La formule est bonne car elle n'est pas politique mais quasiment familiale. Les prochaines présidentielles n'impliquent plus des partis et des opposants, mais des personnages.

Elles ne sont pas concurrentes, mais consanguines. Les candidats ne vont pas y raconter que Bouteflika est mauvais, ou qu'ils vont faire mieux, mais convaincre la foule qu'ils vont faire autre chose. Elles ne supposent pas la tension mais la passion. A la télé, Hanoun disait « son excellence » de Bouteflika alors qu'il est supposé être son concurrent, non son prétendant.

Historiquement, on a en même temps les quatre âges de l'humanité qui mange. 1° - L'âge du chamane avec Bonatiro : il a prévu les séismes mais par la crise internationale. 2° - L'âge matriarcale avec Hanoune : elle ne prévoit pas les séismes mais a prévu la crise internationale. 3° - L'âge de la cueillette avec Touati : il n'a prévu ni la crise, ni les séismes, mais seulement la fin du FLN, vingt après la mort clinique du FLN, le départ de la France quarante ans après le départ de la France. 4° - L'âge qui ne prend pas d'âge, avec Bouteflika : il ne prévoit ni les séismes, ni les crises, ni le passé, ni l'avenir, seulement sa biographie. Il a été président quand il le fallait, ministre au bon moment, au maquis quand cela était de mode, est né à la frontière qu'il fallait et ne mourra que quand il le faudra. La conclusion ? Un curieux effet: les prochaines présidentielles ne sont pas pluralistes mais... pluridisciplinaires.

En 99 elles étaient pluralistes, en 2004, elles étaient binaires, en 2009 elles seront fantastiques
. On y retrouve Boutelika qui ne veut pas lâcher le temps, Touati qui veut le remonter, Louiza qui veut épouser le temps et Bonatiro qui veut le prévoir. Que veut le temps ? Ce que veulent les algériens : passer en douce du jour à son lendemain. Que vont faire les 16 autres candidats aux candidatures et que les algériens ne connaissant pas encore ? Mourir à la fin. Cela se passe toujours ainsi dans les salles de cinéma : les héros rejouent dans d'autres films, les personnages secondaires meurent en tombant du cheval, les spectateurs payent, rêvent puis prennent le bus. Hanoune, Bouteflika, Bonatiro, Touati : l'un va gagner, les autres, au pire, ne vont perdre que leur temps.

L'équipe est donc presque parfaite: un astrolabe, une femme, un lecteur DVD de la révolution algérienne permanente et un Messali numérique plus chanceux que Bourguiba. Le génome est décodé. C'est celui d'une perdrix qui se trouvait sur le tracé de la balle du 1er novembre.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Lun Fév 23, 2009 9:57 am

La peur, un contrat national»

par Kamel Daoud
Quel est le lien fondamental entre les Algériens? Poétiquement c'est la terre, le quartier, la mère, l'histoire, le drapeau et le non-sens entre deux décolonisations. Réellement, c'est «la peur» explique un brillant économiste à Oran. «En Algérie, tout le monde a peur de tout le monde et cela n'aide pas à fonder ce consensus producteur de la richesse, de la stabilité et de la communauté des intérêts». Explication mâchée: le dirigeant a peur du dirigé car il y voit la foule, la «masse», l'émeute, la désobéissance civile, le «vote incorrect», la menace de déstabilisation ou tout simplement la jacquerie. Le dirigé a, tout autant, peur du dirigeant: il y voit le «haggar», le corrompu, la violence légalisée, la spoliation, le détournement et la menace de la matraque, de la mort, de l'écrasement. Le riche algérien a aussi peur des pauvres algériens: il y voit la possibilité de se faire délester à un feu rouge, le louvoiement vicieux, le déferlement sur ses propriétés, la possibilité de se faire agresser et la violence du regard envieux qui lui reproche l'enrichissement toujours perçu comme illégal dans un pays trop fraîchement libre pour admettre la notion de classes sociales et de propriété légitime. A son tour, le dirigeant a peur de l'homme riche qui peut le «doubler», s'en passer, l'acheter ou le vendre. Le riche a peur du dirigeant car il y perçoit la menace de la «nationalisation», de la dépossession, du fisc, de la bureaucratie et la menace permanente de la prédation et du parasitage de ses efforts. Partant, le conducteur a peur du piéton qui peut le ralentir sciemment ou lui casser une vitre et, à l'inverse, le piéton a peur du chauffeur de la 4X4 qui peut l'écraser, lui passer dessus, avec les pneus ou seulement avec le regard. L'opposant a peur de l'administrateur qui a peur de l'opposant qui peut mettre en jeu son pain. Sur le même registre, tout le monde sait que la femme algérienne a peur de l'homme algérien et vice versa depuis toujours. Le vieux a peur des jeunes qui mangent la chair humaine et le jeune a trop peur des vieux qui sont, à ses yeux, trop rusés et très égoïstes. L'ancien Moudjahid a peur des nouvelles générations qui n'ont de respect que pour le DVD et les enfants ont peur des adultes au point de les agresser ou de les nier pour mieux s'en défendre. Le policier a peur du «civil» qui peut lui voler son arme et le «civil» a peur de la casquette qui peut lui tirer dessus. Les Algériens ont peur des animaux qui ont peur des Algériens, eux aussi... etc.

Le contrat de la peur est donc général, national et forme le lien paradoxal du peuple uni par défaut. «Tant que la peur est là, aucune avancée n'est possible», avait expliqué l'économiste oranais. C'est-à-dire pas de consensus, de consentement et de partage des intérêts et des dividendes sur un contrat de sécurité globale «entre toutes les classes sociales et leurs représentants». Personne ne fait confiance à personne et ce depuis toujours. Une anecdote racontée au chroniqueur sur les réunions des «libérateurs» au temps de la guerre de Libération dans les maquis: «nous y venions tous en djellaba et nous y prenions part, autour des tables, avec une main tenant la tasse de thé et l'autre, sous la djellaba, le doigt sur la gâchette». C'est donc peut-être parti de là. Le problème, c'est qu'avec le départ du colon, cela ne s'est pas arrêté.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Sam Juin 20, 2009 10:21 am

Raïna Raïkoum :

Moustaches Prénatales

par Kamel Daoud
Trois partis, trois monstruosités génétiques. D'abord le FLN, parti né avant l'histoire pour faire croire qu'elle est née après lui. Un parti né avant l'Algérie et qui mourra après, en dernier, quant il n'y aura plus rien à dire, même entre deux poteaux électriques voisins.

Ensuite, le RND,
parti né avec des moustaches, selon un slogan qu'il n'aime pas. Il vivra tant que ne vivra pas l'Algérie. Son drame mystérieux est de prendre de l'âge tout en perdant des moustaches. A vingt ans, il sera chauve.

A trente, imberbe. A quarante, il sera lisse comme un traître. A cinquante ans, il n'aura même plus de cils. Il sera là pour longtemps, non pas qu'il ait de l'avenir, mais parce qu'on n'arrivera jamais à s'en débarrasser légitimement. C'est un enfant bizarre que son père regardera avec tristesse, effroi, tendresse coupable et envie de lui dire que ce n'est pas lui son père, mais que sa mère s'appelle «les circonstances».

C'est ensuite que vient le troisième parti. Car le troisième parti de l'Alliance n'est pas le MSP, mort avec Nahnah et que Soltani essaie de regonfler avec ses joues. Le 3e parti, c'est celui virtuel de Saïd Bouteflika. On le reconnaît selon son slogan : un parti qui a des moustaches avant même de naître. Des enfants avant le mariage. Un mariage avant la puberté. On ne sait pas comment il s'appelle, mais certains se sentent appelés déjà. On ne connaît pas son sigle, mais certains l'ont déjà sur le front. On ne sait rien de lui, mais cela ne gêne personne. Et même si le concerné va démentir la rumeur, le parti est là. C'est un effet placebo : dès qu'on croit qu'une pilule de farine guérit le rhume, elle le fera. Le parti va se créer par un effet de vide insupportable pour la nature. C'est une conséquence logique du monarchisme ambiant. Un jour ou l'autre, il sera là, sous une forme ou une autre, peu importe, toujours avec ses moustaches prénatales.

Car ce parti est NECESSAIRE. Il va être imposé, s'imposer de lui-même et s'imposer par un effet de foule. Sous un nom ou sous un autre. On murmure déjà ça est là que si l'idée a été faussement abandonnée, c'est pour mieux s'offrir la carcasse du FLN en pleine quête de paternité. Un Bouteflika SG du parti dans lequel un autre Bouteflika est Président d'honneur ? Oui. C'est le dernier scénario en mode de computation. Rien de mieux pour gérer le parti des «frères» qu'un frère pour de vrai, dit-on. Et dans tous les cas, on retombera sur le même parti encastré dans un autre appareil. Le peuple mangera alors de la farine, en croyant que c'est du paracétamol.

C'est ça le propre d'un parti à la curieuse trinité chrétienne : il est en même temps trois, tout en étant un seul, né de lui-même mais à chaque fois avec une réincarnation assistée et dirigée, émanant et transcendant, unique et triple. Heureux et Saïd.


http://www.lequotidien-oran.com/?news=5122754
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Lun Juin 22, 2009 6:05 pm

Première étape : les couleurs

par Kamel Daoud
A un certain moment, nous n'en avions plus ou seulement dans sa version canadienne et espagnole. Ou si peu. Il appartenait à l'ENTV, à Bouteflika qui l'avait à ses côtés quand il parlait à son peuple imaginaire, on le suspendait aux devantures de « leurs » édifices et des institutions désignées, Benbouzid a été obligé de l'imposer de force presque dans les écoles, on le voyait au dos des blousons des jeunes immigrés algériens, et on se cachait derrière pour déposer des gerbes de fleurs mortes sur des martyrs très morts, mais nous, nous n'avions pas. Ou à peine. Nous n'avions plus de couleurs et nous maraudions gris dans une jungle de papiers froissés. D'ailleurs, dès qu'on en portait un, un peu, quelque part, on se voyait déjà un peu complice de la rapine générale et associés à la fourberie nationaliste.

Pour certains, le plus urgent presque était de dire qu'on ne le connaissait pas, surtout dans les aéroports occidentaux, et de changer de couleurs pour qu'on n'en retrouve pas la couleur sur nos peaux en transit. Les scouts ont tenté un moment de nous imposer un exemplaire par maison, mais ils n'ont pas réussi. La femme de Messali l'a cousu, Messali l'a imaginé, ses enfants idéologiques l'ont volé, des gens sont morts pour lui, d'autres l'ont mangé et d'autres encore l'ont donné à leurs enfants et pas aux nôtres. C'est quoi ? Vous l'avez devinez sans effort: le drapeau national. Il a suffi de deux matchs de football pour que les Algériens se réconcilient avec leur emblème et l'arrachent des mains de ses preneurs d'otage pour faire leurs cigognes de joie.

Dans le jeu de confusion féroce entre le mal et l'herbe verte, le régime a fait en sorte qu'il y soit associé au point où les Algériens en avaient presque honte. Aujourd'hui donc, ce n'est plus le cas. Nous avons déjà un drapeau en attendant d'avoir un pays. Les Algériens n'associent plus leur emblème à leurs voleurs, pour le moment. On peut être nationaliste sans être larbin ni dans un comité de soutien. On peut être heureux sans avoir bourré des urnes ni avoir servi de semelles à un décret. A la fin, c'est la plus grosse conclusion qui s'impose: le drapeau continuera à être pris en otage par le régime, mais l'emblème est en train d'être follement recousu par les Algériens. Celui du régime est en berne, mou, un peu affaissé, en arrière-plan de leurs discours et réduit à des pin's. Le notre est géant, plus grand, a des ailes, s'échange sous forme de tee-shirts, de parasols, de banderoles et de klaxons. Ce n'est rien encore, mais on aime se dire que c'est le début de quelque chose. Première étape: les couleurs. Un jour, nous aurons le reste, nous ou nos enfants. Sans armes et seulement en jouant peut-être.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Juin 23, 2009 8:19 pm

La guerre de la balle assise

par Kamel Daoud
Petite curiosité médiatique lue hier dans les journaux : les enfants de chouhada, l'une des ailes de cette famille, va organiser un sit-in devant l'ambassade de France le 5 juillet prochain. Le but étant d'obtenir les excuses de ce pays pour sa colonisation abusive. Première interrogation banale: ce sit-in sera-t-il autorisé ou matraqué ? Si on l'autorise, on va s'engager dans une sorte d'épopée ridicule qui va à contresens de la curieuse relation dite algéro-française, des échanges d'avions et de lettres de recommandation. Si on le matraque, on va à l'encontre du capital social de l'entreprise de légitimité par le 1er Novembre, ciment idéologique de la famille gouvernante en règle générale et son dernier fard pour cacher l'usure. Seconde interrogation: peut-on arracher à la France, assis (les excuses), ce qu'on a obtenu debout (l'indépendance par la guerre de libération) ? Troisième curiosité malsaine: la CNEC fera-t-elle foule si elle demande des excuses en même temps que des visas (garantie d'affluence majeure) ou si elle demande uniquement des excuses ? Autres questions subsidiaires: pourquoi la CNEC n'a rien demandé sauf le pain et un statut plus alimentaire, depuis l'Indépendance et jusqu'à il y a quelques années ? Peut-on laisser l'histoire entre les mains des enfants ? Doit-on attendre des excuses lorsqu'on est faible et dépendant, assis sur un peuple percé, ou fort et indépendant, debout sur un sol ferme et équitable ? Continuons dans le même registre gênant: le personnel de l'ambassade de France va-t-il en sourire comme un pied-noir bonhomme ou s'en alarmer en relisant le texte des accords d'Evian ? Va-t-il faire bon dos en attendant que cela passe comme l'indépendance brève, s'offusquer mollement d'être pris pour cible dans un jeu de cinéma local ou offrir deux ponts et trois écoles pour clore le dossier momentanément ? Dira-t-il que cela commence à bien faire ou murmurer, comme beaucoup de chômeurs et d'appelés algériens mal récompensés, pourquoi on pardonne aux ex du GIA tueurs d'enfants et pas à eux ? Doit-on envoyer les enfants de la CNEC en Libye pour stage de performance dans la longue entreprise des demandes d'excuses ou les envoyer à La Mecque pour excuses auprès d'Allah ? D'ailleurs, qui sont les plus nombreux: les enfants de chadid, toutes échelles confondues, ou les enfants du régime qui vivotent comme des bulles heureuses entre les deux rives ? Quand des enfants de chouhada s'attaquent à la France sous prétexte d'anniversaire, visent-ils à devenir des martyrs comme leurs pères ou des anciens moudjahids comme leurs voisins, ou des Algériens comme nous tous ? D'ailleurs, faut-il se moquer de cette entreprise ou préciser que l'on se moque seulement de ses commerçants ? Faut-il préciser que l'histoire algérienne a été tellement utilisée comme un âne que lorsqu'elle se met à rugir, on l'entend d'abord braire ? Un pays peut-il demander des excuses lorsqu'il ne possède plus qu'une bouche ?

Que peut, enfin, un bras mou contre un bras d'honneur ?
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Lun Sep 14, 2009 8:15 pm

Raïna Raïkoum :

La galaxie des faux «Abou Horeïra» par satellite

par Kamel Daoud
On en n'a jamais vu autant depuis le tournage d'Errissala ou le premier jour des Abassides : des milliers et des milliers. Et sur tout le registre de la sainteté ou de la névrose : des hystériques, des rancuniers, des sereins, des démodés, des jeunes retournés par l'au-delà, des rêveurs, des fourbes commerçant de la langue... etc. La nouvelle vague des prêcheurs cathodique, des Da'îa, est un raz de marée médiatique dans le monde arabe. Il suffit d'appuyer sur un bouton pour voir débarquer dans son propre foyer un distributeur de fatwa à la marchandise incontrôlable. L'Algérie étant un pays importateur de tout, on y importe aussi les fatwas et les courants forts religieux comme tout le monde le sait. Dans le tas, même notre GSPC est une filiale de sous-traitance de la Qaïda, mais passons.

L'essentiel est ailleurs en effet. Peuplades à la religiosité en mode ascendante et sans élites de filtrage, les Algériens se retrouvent être consommateurs de tout : des courants religieux non «nationaux» et jusqu'aux avis religieux risibles, chants religieux égyptiens, maladies de psychés inquiètes et fascismes qui déblatèrent sur n'importe quoi à partir de frustrations intimes.

L'effet est assez bizarre à la fin : par le satellite, on assiste à la naissance d'une nouvelle orthodoxie de nivellement confessionnel et du corpus religieux en règle générale. Sunnites, chiites ou autres se mêlent dans un nouveau discours en boucle pour mieux convertir les sociétés. Et si, à une certaine époque, on «servait» le discours de prêche dans les règles de la prudence quant aux sources des hadiths et traditions, aujourd'hui, la concurrence pousse à la surenchère : on y est au stade de la course au hadith même le plus douteux dans un corpus en attente d'une véritable révolution d'analyse hypercritique. Et dans le tas, on peut y décoder autant l'appel politique que des absurdités sur la sexualité des femmes, le langage des fourmis ou le portrait de plus en plus sublimé du Prophète et de son époque. Le tableau clinique d'une vraie pathologie d'époque est à lire sur le visage de certains prêcheurs et on s'y surprend à se demander comment ces peuplades vont marcher un jour sur la lune s'ils continuent à se diffuser des images de méduses avec des fonds de musique new-âge et des calligraphies de versets pour se doper la foi et l'émotion ?

L'esthétique de la nouvelle orthodoxie cathodique est une discipline en soi. On y retrouve le kitsch, le ridicule, le violent, le rétrograde et l'absurde présenté au nom de «Abou Horeïra a entendu le Prophète dire que...». On y écoute ce genre de discours de bonne parole où l'on explique aux Arabes, pendant qu'ils se font coloniser par les colons et les ordures ménagères, que le Professeur Lawrence Ben Lawrence a été ébahi par la justesse du verset X, prouvant que les fourmis parlent trois langues. «La fourmi était intelligente ?», interroge le petit barbu en extase devant «une imminence» locale sur la chaîne Y. «Oui, si on relit ce qu'elle a dit. Même un enseignant de langues aujourd'hui ne parlerait pas avec autant d'éloquence. Elle maîtrise dix figures de style !», explique avec emphase le Cheikh en cravate. «- Ô merveilleuse fourmi !!!!!», s'extasie l'animateur presque au bord des larmes au-dessus d'un barbichette talk-show. «Ceci est un défi pour les matérialistes qui ne croient pas à l'au-delà. Que peuvent dire les incroyants ?»...etc. Et c'est chaque jour, chaque heure, depuis des siècles. Autrefois, de bouche à oreille et, aujourd'hui, par satellite. Par où la fuite ?


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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Sep 15, 2009 2:07 pm

Réveillez-vous !

par Kamel Daoud
Sommes-nous encore un pays laïc ? «Non» répondent les esprits les plus avertis. Ou ceux les plus honnêtes. La séparation de la mosquée et de l'Etat n'a jamais été un processus historique chez nous, tout juste une sorte de division des tâches. Tout les «Etats» du Moyen-Âge du Maghreb central ont été religieux et ont été vaincus parce qu'ils étaient religieux. On ne changera donc pas de méthode après l'indépendance et surtout après la fausse mort du FIS. Aujourd'hui, ce mariage, entre ce qui reste de l'Etat et ce qui se renforce comme courants politiques religieux, est presque consommé. L'Algérie n'est plus un état laïc depuis des années. Cette confusion des «rôles», entre la croyance et la loi, traverse aujourd'hui les corps constitués, les centres de décisions et les institutions et même les armées et les forces de sécurité, de plus en plus noyautées par ce populisme religieux. Un jour elles risquent d'être commandées plus par la fatwa que par le grade.

Il ne faut pas donc en accuser seulement quelques juges auteurs de quelques verdicts sévères et invraisemblables pour punir des convertis ou des «mangeurs du Ramadan».

En termes plus sophistiqués, c'est le syndrome de Stockholm, version pakistanisation : l'islamisation de l'Etat n'a pas été le fait d'un coup d'Etat politique mais d'un long glissement des opinions et de l'idéologie nationaliste vers le religieux. En combattant trop le terrorisme, on a fini par garder «la barbe» et se convertir à ses avis et pas à ses chefs. C'est le propre du coup d'Etat passif. Cela se passe dans quelques pays musulmans et encore plus chez nous. Pour les plus pessimistes, l'avenir n'est pas souriant : la tendance va s'accentuer, se nourrir d'elle-même et finir par obtenir par la gravité ce qu'elle n'a pas obtenu pas les armes ou les urnes.

Nous sommes déjà dans un califat sans Calife en quelque sorte et il ne faut pas s'en étonner : si même le président de la République rêve de construire la plus grande mosquée d'Afrique et pas le plus grand pays, que dire du reste du peuple et de ses élites ? Cette perte de frontière entre la «mosquée» et l'Etat s'est paradoxalement accentuée après la décennie 90, durant laquelle on a presque cru, facture de cette guerre oblige, à une séparation dans le sang entre les deux idéologies. Il n'en fut rien. Nous sommes plus barbus mentalement et plus voilés qu'avant la naissance politique de Benhadj et Abassi. Le pire est que cette islamisation erronée de la société se fait au détriment du reste de ses urgences. Aujourd'hui, ni dans les espaces publics, ni ceux médiatiques ni dans les bancs des institutions de l'Etat, on n'ose élever la voix contre le remplacement du PIB et de la fameuse «productivité» de Boumediene, par les ablutions et les mosquées de quartier plus nombreuses que les PME/PMI. Les derniers laïcs se font discrets et n'osent plus répéter cette évidence : ce pays ne se relèvera jamais tant qu'il ne réforme pas sa pratique de la religion et fonde un contrat de respect des libertés et des séparations de la foi, de Bonatiro, de l'Etat, de la chaîne Iqraa et de l'avenir. Tout le monde se réfugie dans la bigoterie, y compris le Pouvoir et ses derniers actionnaires. C'est pire qu'un usage manipulé du religieux et des conservateurs : il y a, au sommet de ce pays, une réelle mode de mysticisme folklorique et de religiosité low-cost. Tout le monde s'y met, les «élus» et les galonnés.



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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mer Sep 16, 2009 12:05 pm

Deux solutions pour ce peuple

par Kamel Daoud
Le peuple étant convaincu que entre lui et le système Bouteflika, l'un des deux est bien mort, tous se posent cette question de fond : qu'est-ce qui sauvera ce pays, mis à part Dieu ? Deux réponses, selon les caractères. La première théorie veut que l'Algérie soit un pays qui se porte mieux lorsqu'il n'existe pas. Comprendre : lorsqu'il est colonisé. C'est pendant qu'il se fait violer que le pays a un peuple, peut compter sur lui, le mener à la guerre et à la victoire, le voir venir debout comme un seul homme. Colonisée, l'Algérie est héroïque, splendide dans la peine, souffrante et lyrique, unie et solide. La conclusion est que pour retrouver l'honneur et la nation, il faut attendre une nouvelle colonisation et sa conséquence, une nouvelle décolonisation qui ébahira le monde. L'autre argument de cette théorie est que les Algériens ne peuvent espérer des élites dirigeantes cultivées ou la discipline des piétons et des troupeaux que lorsqu'ils se font coloniser. La misère et la force nous éduquent, selon cette thèse, mieux que la loi et l'école gratuite. Les périodes entre deux colonisations sont les plus mauvaises pour ce pays et sa biographie, et les plus douloureuses au toucher entre deux indépendances. Attendons donc le nouveau colon qui nous punira de n'avoir pas su mériter l'indépendance et nous donnera l'occasion de mériter des galons en le combattant. C'et la théorie « Sid Fredj/Aurès ».

La seconde solution est dite celle du dictateur illuminant. Messali en a été l'ébauche émotionnelle et Boumediene l'incarnation militaire. Selon cette thèse, pour que le pays se relève, il faut un homme fort. Vraiment. Pas une grande gueule, ni un doux démocrate, ni un général inquiété par ses pairs, ni un mannequin recruté pour recevoir les Présidents occidentaux en visite. Cet homme fort serait à la fois militaire, civil, du DRS, de l'ANP, du peuple, d'en bas, d'en haut, de l'ouest et de l'est. Il prendra le pouvoir par les cheveux et le peuple par les oreilles. Il dictera ses règles, écrasera toute opposition sans passer par le palais de Justice. Il fermera le pays pour trois ans de ménage à coup de bâton et de gâchette, surveillera le moindre cageot de citron, dégalonnera ceux qui l'ont nommé pour avoir de l'air et les remplacera par des fenêtres pour mieux surveiller tout le monde. Fort, il mettra à son service des hommes forts qui utiliseront la force pas pour manger mais pour que les Algériens apprennent à se laver les mains, n'agressent pas les femmes seules après 20 heures, traversent aux passages cloutés, ne volent pas énormément et refassent les trottoirs avec du ciment et pas avec de la salive. Cet homme est, en effet, selon une psychologie post-coloniale, espéré par tous, même par les démocrates. Il n'aura ni ministres, ni concurrents : seulement des téléphones, son regard dur, un nationalisme ombrageux mais intelligent, des cadavres en exemple et une vision claire de ses propriétés. Pour les Algériens, c'est simple : quand cet homme est là, tout le monde est discipliné ; quand cet homme n'est pas encore né, tout le monde fait ce qu'il veut.

Deux solutions, pas trois, pour sauver l'Algérie des Algériens.

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Sep 22, 2009 6:28 pm

«Collecte pour la construction d'une église en Algérie»

par Kamel Daoud
Il y a quelque chose de peu honnête dans la perception que l'on se fait «chez nous», dans la planète d'Allah, des crispations officielles et communautaires face à des questions comme le voile ou la Burqua en Occident. L'Occident s'en ressent menacé et nous, nous y ressentons les rejets, les stigmatisations et même les racismes et le choc des civilisations ou simplement l'animosité contre notre «religion universelle». Une seule mosquée «interdite» ou une marche de la droite danoise contre un lieu de prière en projet suffisent, chez nous, pour mettre en croix les Occidentaux et crier au scandale des libertés sélectives et des rejets des différences. Et, pourtant, il suffit d'inverser un peu les situations pour réaliser que nous faisons pire en matière de discriminations confessionnelles. Où, en Algérie, peut-on indiquer du doigt un chantier d'église autorisé ? Qu'avons-nous trouvé à dire ou à faire lorsque la chasse aux évangélistes s'est transformée en piteuse chasse aux convertis et aux chrétiens en règle générale ? Depuis quand une religieuse chrétienne peut se promener chez nous en toute liberté, travailler avec la tenue de sa confession, célébrer ses rites autrement que dans la clandestinité et afficher ses croyances autrement sur le mode de la discrétion absolue ? Depuis quand tolérons-nous un élu ou un officiel ou un haut cadre qui ait choisi une autre confession que l'Islam ? En quoi sommes-nous plus tolérants que les autres ? Avons-nous jamais eu ce courage de donner aux autres religions la représentativité que nous demandons au profit des communautés musulmanes dans les pays de l'Occident ? Que se passera-t-il le jour ou un pays européen, par exemple, votera une loi semblable à celle de Belaïz sur la réglementation des pratiques religieuses autre que l'Islam, véritable dispositif d'intolérance ? Car, dans le tas de ce qui fait l'actualité misérable des «luttes religieuses» et des tensions communautaires, il y a un distinguo urgent à faire entre islamophobie et réactions légitimes. «Eux», ils sont chez eux et on ne les verra pas obliger un musulman à fêter leur Noël ou leur baptême. Les «nôtres» sont chez eux et c'est à eux de donner l'exemple haut de la tolérance avant de la demander chez les autres. Et là où nous n'avons même pas réussi à fonder la liberté, la laïcité politique et le respect de l'autre, il ne faut pas les demander à des peuples étrangers qui veulent sauver le contrat de leur vie républicaine. Le prétexte du droit de la victime à la réparation et de l'immigré au respect ne doit pas cacher le reste. La cause religieuse a, ici aussi, envahi et pollué les revendications communautaires ou d'intégrations des immigrés et sert à gonfler les arguments xénophobes et islamistes de ceux qui prêchent encore la conquête universelle. Ici et «là-bas» les extrémismes ont réussi à masquer les enjeux de liberté à préserver là où ils existent et à instaurer là où on les a hypothéqués. Quand pourrons-nous lire cette fausse info de «collecte de fonds pour la construction d'une église ou d'un temple tibétain en Algérie» sans que cela fasse scandale, alors que nous estimons être dans notre droit de construire des mosquées là où nous posons le pied ?

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mer Sep 23, 2009 10:32 am

Citation :

Un nouveau «wifehouses power» à Alger

par Kamel Daoud
Après l'intense angoisse alimentaire induite par le jeûne, le pays revient au pays, avec des aigreurs à l'estomac. On se retrouve tous ensemble: le peuple assis, le Président de la RADP qui regarde par la fenêtre son destin dans les cieux, des rumeurs courantes, le même geignement national sur les prix, la rente et les réformes. Rien de neuf à commenter. D'où ce pas sur une analyse de l'un des aspects du «Pouvoir» en Algérie: le wife power. Le Pouvoir des épouses. Pas les femmes algériennes créées à partir d'une côte d'homme, selon la version créationniste locale, mais les femmes du «Pouvoir». Le lobby des épouses de l'Etat. Explication: il y a quelques années, un haut cadre dans une wilaya avait été muté discrètement par un wali, parce que l'épouse de ce cadre avait fait métier de restituer les permis de conduire confisqués aux femmes des chauffeurs sanctionnés. Les transactions se faisaient dans les bains maures ou les salons de coiffure entre autres et sous couvert de la discrétion que l'on devine. C'était un circuit sans faille, impossible à pénétrer, efficace et sans trace. L'anecdote étant vraie, elle permet de remonter vers un niveau plus supérieur. Aujourd'hui, à Alger, il est de notoriété publique, selon les plus fins observateurs (ou les victimes qui l'ont compris très vite), les femmes de certains ministres détiennent la moitié du ministère de leurs époux. «Je t'ai nommé ministre toi, pas ton épouse» aurait lancé, agacé, le grand patron de la RADP à l'un de ses ministres lors d'un conseil. La raison ? L'évidence: il est plus efficace d'envoyer sa femme solliciter la femme d'un ministre pour un dossier, un appel d'offres, un marché ou une protection, que de voir l'ami le plus intime de ce ministre ou très haut cadre de la nation. Certaines de ces épouses tiennent «portes ouvertes» sur toute l'année, d'autres gèrent des paliers entiers de la rente sectorielle, d'autres enfin deviennent plus efficaces que leurs maris, raconte-t-on. Le tout sous le couvert du tabou politique le plus tenace aujourd'hui et qui veut que l'on peut «descendre» et enterrer un haut cadre mais qu'on ne touche pas à sa femme. On se souvient que le tabou pèse tellement lourd qu'on l'a utilisé une seule fois, à l'époque du coup d'Etat indirect contre les hommes de Zeroual, à l'époque de Betchine et de Adami. Ce fut la seule fois où une «campagne de déstabilisation» a usé de journaux pour citer directement des épouses pour mieux abattre les cadres ciblés.

Aujourd'hui donc, le wifehouses power est du domaine public. Presque tous y recourent, expliquera-t-on au chroniqueur. Certains l'ont si bien compris qu'ils ont fait de leurs enfants des chargés de mission de tendresse auprès de la mère défunte du grand patron, mais bon, ne jugeons pas les actes par les apparences, suggère la prudence. L'essentiel est à voir dans ce glissement du Pouvoir vers les mains d'une frange supposée être passive et peu encline à la prise de décision. Un seul fait à retenir: l'expression «cabinet noir» ou «salon» prend désormais un sens plus large que celui que l'on croit. On est donc loin de cette époque où pour récupérer un document ou faire actionner une «intervention», on rendait visite au père du haut cadre dans son village d'origine, sachant ce devoir d'obéissance que tout père garde sur son fils, même devenu ministre.

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Nb: kamel daoud a omis une chose ...ce ne sont pas les épouses ( pas que celles des ministres voyons !!!)qui règlent le mieux "certains problèmes.".......Que nenni !!! Twisted Evil Twisted Evil ce sont les maitresses!!! et même les copines des maitresses ou les copains des maitresses
Twisted Evil Twisted Evil Twisted Evil geek geek
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