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 RAYNA RAYKOUM

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widedangel

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mer Mai 28, 2008 10:52 am

Entre la prière et le pétrole, le vide taoïste

par Kamel Daoud
A l'entrée est d'Oran, tout le monde peut les voir et en faire le tour malgré soi à cause de l'énorme rond-point du coin: les deux plus grands temples de l'idéologie de la RADP post-indépendante. Il s'agit de la mosquée d'Ibn Badis, fleuron en carcasse persistante de la religion d'Etat, de l'équilibrisme régional (Université Emir à l'est et Ben Badis à l'ouest) et du siège de Sonatrach, notre mère à tous au pays du Père assassiné et du parricide fondateur. Les deux édifices sont énormes, géants, imposants et incontournables : en tant qu'édifices ou en tant qu'idées et archétypes. La mosquée, qui a mis des années à approcher de ses finitions ultimes, avale les milliards et les milliards que produit juste à coté le siège de la société-mère de la nation. Entre les deux, le peuple. En voiture, à pied, en babouches, avec un chapelet ou en désordre. Il attend de Sonatrach, le paradis sur terre et de la mosquée, le paradis de l'au-delà. D'où son inutilité, sa gratuité et son histoire de vacance imposée depuis le départ du colon. En tant que civilisation, ce peuple ne peut pas aller plus loin que cette terrible parenthèse : la métaphysique lui est fermée par fetwa et l'effort lui est étranger par recette de forage. L'Algérie, se résumant à cet espace cru qui s'étend entre la super mosquée et la super société. Un vide fascinant où le chroniqueur ne peut s'empêcher de s'abîmer chaque matin qu'il passe par le coin. Coincé entre les deux temples, le pays ne peut donc aller plus loin et se contente de faire le pendule. Il y a même une logique de vases inversés entre les deux espaces : Les gens qui ne sont pas employés par Sonatrach sont versés dans le vase de la mosquée Ben badis. Sonatrach finance, la mosquée console. Sonatrach creuse, « Ben Badis » explique. Sonatrach emploie, « Ben Badis » recrute. Il y a même des moments de solstice absurde où les deux se rejoignent abusivement offrant l'image d'une RADP qui vend du pétrole en priant Dieu et chasse les chrétiens en lançant des appels d'offres de forage. Des moments dangereux où pétrole et ablutions s'associent pour produire une sorte de peuplade assistée, à l'économie végétarienne, violente et rentière. Croyant que Dieu donne le pétrole pour nous éviter l'effort du Travail et s'emportant lorsque le baril n'est pas distribué au peuple sous sa forme préférée de viande hachée, la peuplade fait son histoire en creusant dans les deux jardins. Cela vous donne des moments terribles, maladifs, dangereux et qui vous donnent des effets secondaires connus : un procès contre une femme convertie coupable de lire une bible dans un bus, le périple tragique d'un chrétien présumé mort mais empêché d'être enterré dans son village par les gens de son village et un lâcher de barbares à Oran à la suite d'un match avec, au bilan, non seulement de la casse mais surtout le vol de la semoule et des biens. C'est ce que voulait dire le chroniqueur depuis le début : le message est dans le vide. Celui entre la Mosquée qui a coûté des milliards et l'entreprise qui les produit.

Le terrible vide que les adeptes du Taoïsme nous invitent tous à méditer. Le terrible néant qui fait toute la beauté d'un vase de porcelaine et toute son utilité et que vous pouvez voir à l'est d'Oran, coincé entre une mosquée plus grande que le pays et une entreprise plus grande que son économie réelle.
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Parodie

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Mai 29, 2008 9:37 am

Raïna Raïkoum :

Pouvoir sans pouvoirs face à la génération des années 90

par Kamel Daoud
Il faut arrêter d'abord de penser que le peuple algérien est un peuple homogène, uni, doué de la même taille, de la même pointure et portant les mêmes traits clonés. L'illusion égalitariste nous a presque fait oublié le réel : c'est-à-dire, la notion de société de classes avec, d'un côté, la canaille, de l'autre, la racaille et entre les deux, des strates de peuples selon leurs avoirs et leurs pouvoirs. Ensuite, il faut arrêter de nier l'encanaillement en politique et la racaille dans les actes de vandalisme. Saluer des émeutes comme un acte citoyen, l'expression d'une « mal-vie » ou le palliatif des partis politiques « assis », est une myopie qui a assez durée. Lorsqu'on s'attaque aux personnes et aux biens, on n'est pas un révolté, un contestataire ou un porteur de contradiction et d'expression, mais un voleur, un casseur et une racaille. Ensuite, il faut arrêter de collectionner, de loin, à partir des salons ou des rédactions, les explications sociologiques et économiques. Certes, le pays va mal et est mal partagé, mais tout le monde sait que le saccage est une chose et son « habillage » par le discours en est une autre. Traités comme des victimes absolument excusables, les casseurs ont fini par perfectionner tout un discours plaintif qui trouve ses consommateurs un peu partout : c'est la mal-vie, le chômage, l'argent du pétrole, « L'Etat ne nous donne rien »... etc. Tout le monde sait que les Algériens, et souvent les plus jeunes, n'aiment pas travailler, tout autant que ceux qui les gouvernent. L'algerian dream se résume à la voiture avec toit ouvrant annexée à un KMS, dès les 18 ans. Ensuite, il faut arrêter d'attendre de l'Etat qui n'existe plus (A Oran, on aura tout vu et entendu sauf les élus et leur wali qui préfère l'audimat de l'émission « Forum de l'ENTV », à la dure réalité) la protection de ses biens et de ses proches et investir ce pays comme un pays et pas comme un campement provisoire : un geste à saluer, celui de ces Oranais défendant leurs quartiers et leur mairie du coin contre les casseurs. Ensuite, il faut cesser de croire que ce pays peut retrouver le calme et la stabilité uniquement par l'usage des concessions, des matches « vendus », des reculades devant les foules pour obtenir les faveurs électorales et de la distribution de la rente. Le premier devoir d'un Etat c'est de protéger les biens et les personnes, avant de prendre la parole ou jeter l'argent par ses propres fenêtres. Ensuite, il faut admettre que nous nous sommes tous piégés en fabriquant un énorme pays où il ne fait pas bon de vivre : conservateurs jusqu'à l'explosion génésique, frustrés, libidineux clandestins, puristes avec les siens et licencieux avec les femmes des autres, corrompus mais amateurs des mosquées de proximité, islamistes mais rêvant tous du Danemark féminin, donneurs de leçons mais tous démissionnaires... etc. Ensuite ? Ensuite rien. C'est lorsqu'on aura réglé le rapport de forces, admis que ce peuple se retrouve pris en otage entre un système et ses produits plébéiens les plus incontrôlables, que l'on pourra discutailler du reste : manipulation ou pas, match à refaire ou pas, 3ème mandat ou pas, provocation ou pas, mal-vie ou pas, défaut de vue prospective ou pas, manque d'intelligence ou pas... etc. L'Algérie n'a pas plus d'Etat depuis deux décennies au moins : aujourd'hui, plus grave encore, nous n'avons même plus un bon Pouvoir. Pour la conclusion, tout le monde aura remarqué que les casseurs étaient des jeunes d'à peine 15 ans parfois. C'est dire l'exact âge de la facture des années 90. Une génération contemporaine de la fin de l'Etat, de la guerre mesquine, de la rapine et des butins
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pititchi

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Mai 29, 2008 2:57 pm

Citation :
Saluer des émeutes comme un acte citoyen, l'expression d'une « mal-vie » ou le palliatif des partis politiques « assis », est une myopie qui a assez durée. Lorsqu'on s'attaque aux personnes et aux biens, on n'est pas un révolté, un contestataire ou un porteur de contradiction et d'expression, mais un voleur, un casseur et une racaille.
vraiment bien dit Mr Kamel Daoud
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widedangel

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Mai 29, 2008 3:16 pm

oui...tres bien dit
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RyMantys

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Mai 29, 2008 5:36 pm

On ne peut pas considérer ces émeutes comme un acte révolutionnaire ou contestataire, c'est évident, mais elles sont l'expression d'un malaise social. Avant de condamner ces jeunes, l'état doit se demander ce qu'il a fait pour (contre?) eux. Si leurs énergies étaient correctement canalisées, ils seraient des êtres productifs au lieu de vulgaires casseurs.
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widedangel

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Mai 29, 2008 7:13 pm

je crois pas qu´on doit tout excuser a cause du malaise social, si c´est le cas ces 'jeunes' se trompent apparemment de cible...casser des poteaux electriques ne changera pas les choses...et les poteaux eux n´ont rien fait...le malaise est ailleurs...et la solution tout autre.
c´est mon avis
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pititchi

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Mai 29, 2008 10:30 pm

malaise social ? peut on excuser l'inexcusable je croix que c'est des voyoux qui n'ont aucun niveau inteectuel (je mettrais ma main au feu qu'il n y a pas d'univiersitaire en chomage au sein de ces emeutiers)pour la plus part, issue de famille nobreuses habitant des cartiers populaire ou de bidon ville crée lors de la decinie noir, des drogué des voleurs des agresseurs des criminels la racaille quoi (même si j'aime pas utiliser ce mot pour decrire un etre humain).
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widedangel

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Sam Mai 31, 2008 11:51 am

La Réconciliation a «marché» pour les adultes pas pour leurs enfants

par Kamel Daoud
Elle est donc là, la génération de ceux qui sont nés durant les années 90. Contemporains du vide de l'Etat et de sa rétraction vers les casernes, du délitement du sens moral d'une nation, de la perte du sens de la vie collective et de sa valeur, il s'agit de ces enfants d'à peine 15 ans, que l'on a vus à Oran, encagoulés, masqués, armés de matraques et de pierres, s'en prenant aux symboles de la société d'allaitement supposée société de consommation et aux biens d'autrui dans le cadre de la stratégie du butin et du vol. La facture est grosse et on la paye un peu tous, d'une manière ou d'une autre car, dans le gros aveuglement concocté de notre époque, on a cru que l'on pouvait clore la décennie avec un référendum, une réconciliation entre survivants et en payant les plus récalcitrants. C'est donc faux, tout faux : pendant la décennie 90, les Algériens ne se sont pas contentés de s'entre-tuer ou de fuir et de se massacrer : ils ont fait des enfants qui sont venus au monde alors que le monde national prenait ses espadrilles ou des faucilles pour se défendre.

Enfants d'une époque, ces enfants-là en possèdent donc le pied bot, le faciès grillé, l'âme douloureuse et geignarde, l'habitude de la rapine et le langage de la force et de la destruction. Ils sont nés à l'époque ou l'Etat de Boumediene a fini dans la caricature de la garde communale et des milices indépendantes et ont grandi entre la fin des dernières institutions et le début de la loi « du bras ». Les enfants d'une guerre n'étant jamais des enfants mais des douilles ou des dérives, il ne faut pas s'étonner, aujourd'hui, de les voir nous revenir sous la forme d'une monstruosité, la nôtre, et nous traiter tous comme des adversités, qu'on soit en uniforme, civils, passants ou simples vendeurs d'épices. Tout autant que l'époque, ils sont la conséquence du paradoxe national et peuvent tout à la fois être dealers, kamikazes, harraga, matraqueurs, policiers, rentiers délateurs, vagabonds calcinés par le dur soleil, petits barbus des petits chemins, porteurs de cabas ou amateurs de colle à inhaler pour coller comme des insectes, et le plus longtemps possible, au plafond céleste.

Pour les enfants des années 90, rien n'a donc été fait, ni narration assumée de l'histoire sale de cette époque, ni prise en charge pour leur reconstruire un univers habitable, ni rien qui puisse ressembler à une guérison. On peut toujours traficoter une réconciliation entre adultes, mais tout le monde sait que les enfants sont perspicaces, devinent le mensonge et savent le contourner. Résultat ? Une génération d'aveugles qui marchent sur les cadavres en leur vidant les poches et s'en va creuser sa place en coupant les routes avec des pneus qui ne mènent nulle part.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Dim Juin 01, 2008 11:17 am

Ecoutez-les


par Ahmed Saïfi Benziane


Refuser l'échec, voilà un nouveau comportement social qui se traduit par des colères au bord de l'hécatombe. Jusque-là ressentie individuellement à travers l'inaccessibilité à certaines formes de réussite sociale, la manifestation de l'échec est devenue une source de conflits avec lesquels il faudra maintenant compter.

Comment l'Etat s'y est préparé au-delà de la répression ? La réponse est dans la rue pour qui sait y voir clair et se déplacer de ville incendiée en ville incendiée. L'exemple d'Oran n'a rien de particulier dans ce mouvement d'ensemble d'une violence longtemps cachée par les cours des hydrocarbures et la langue de bois. Les causes sont différentes d'une émeute à l'autre, mais dès qu'elles sont mises dans une même matrice, elles révèlent un état de pourrissement où le laisser-aller dans la gestion des deniers publics se place en première position. Une équipe de football reléguée en division inférieure par-ci, un procès intenté à un représentant d'association par-là, et, en toile de fond, une misère culturelle qui fait le lit des affrontements entre deux catégories de jeunes, les uns en tenue bleue et les autres à la recherche d'un idéal, d'une reconnaissance ou tout simplement exprimant une haine de l'Etat devenue un trait de caractère quasi général.

Le gagnant dans l'affaire ? L'Algérie perd à chaque coup et les libertés se réduisent de plus en plus pour justifier un état d'urgence qui n'a plus cours et qu'on gagnerait à lever pour laisser les colères se transformer en débats publics. Les partis politiques, le mouvement associatif y compris sportif, les agents de l'Etat, sont tous interpellés pour anticiper leurs visions au lieu de se complaire dans ce sommeil profond dénudé de rêves. On ne peut plus restreindre la vision de l'avenir en un seul point focal, la Présidence de la République, et se satisfaire de quelques inquiétudes maladroitement exprimées par le Gouvernement. Jusqu'à présent, la recette n'a rien donné, bien que les caisses du pays connaissent une embellie jamais égalée. On ne peut plus continuer à colmater les brèches en livrant des explications différentes à chaque émeute et trouver des solutions épisodiques à chaque situation.

Pour l'Etat, l'Etat a raison et les émeutiers ont tort. Pour ces derniers, c'est l'Etat qui est la cause de tout. Pour la raison, la relation gouvernant/gouverné est rompue, le contrat n'a plus aucune valeur et il doit être révisé. L'urgence est là, car une représentation nationale ou locale qui continue à se cacher derrière des suffrages loufoques et qui impose au reste les lois du pays ne sert plus qu'à faire tapisserie, pour offrir une image de démocratie dont il faudra bien faire le bilan un jour. Nos rues semblent menacées, nos biens aussi et tout ne tient qu'à un fil déjà assez fragile.

Les enfants de l'Algérie ont besoin qu'on les écoute et savoir ce qu'ils veulent réellement. Peut-être peu de choses en réalité, juste qu'ils soient écoutés. Que leurs échecs soient traduits en programme où la parole remplacera les bombes lacrymogènes et que l'émeute ne soit plus qu'un mauvais souvenir.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Lun Juin 02, 2008 9:39 am

Honnête, pas honnête

par Mohamed Salah Boureni

A quoi reconnaît-on, aujourd'hui, un honnête homme en Algérie ? Certains vous diront que c'est quelqu'un qui habite un F3 et qui roule dans une voiture de moins de 3 ans.

D'autres, par contre, trouveront qu'un honnête homme, c'est quelqu'un qui ne s'y connaît pas en débrouillardise, ou qui n'a jamais su saisir les opportunités qui se sont offertes à lui.

On vous dira aussi que c'est quelqu'un qui n'a rien su faire avec ses diplômes supérieurs ou encore que c'est quelqu'un qui a étudié l'astrophysique et qui est toujours là après sa sortie de l'université à contempler les étoiles en attendant une étoile filante pour faire le voeu qui lui permettra d'avoir une villa et une voiture de luxe. Ce qu'on ne vous dira jamais, c'est que l'honnête homme c'est celui qui gagne sa vie tout en respectant la morale et la loi.

Cependant, ils sont nombreux qui jurent sur ce qu'ils ont de plus cher, autant dire sur leur fortune, qu'ils sont respectueux de la morale et des lois du pays.

Peut-on vraiment remettre en cause leur bonne foi quand on sait, qu'aujourd'hui, la définition de l'honnêteté est tellement élastique qu'elle arrive à absoudre les actes répréhensibles.

Tenez par exemple, un industriel, qui a permis à une centaine de chômeurs de subvenir aux besoins de leurs familles, peut-il se considérer comme malhonnête s'il vient à travestir son chiffre d'affaires pour payer moins d'impôts ? Que non, il restera un honnête homme même si, de surcroît, il fait travailler au noir la moitié de ses employés. Après tout, il n'a « volé personne », il a, tout simplement, trouvé le moyen d'empêcher la « houkouma » de lui prendre son argent. Cet industriel sera toujours honnête même s'il vient à graisser la patte d'un président de commission pour obtenir un marché ou encore à faire passer les barrières douanières à une marchandise en trichant sur la qualité ou la quantité. Il a tout simplement été plus malin que les autres. Voilà entre autres, comment dans notre pays on s'enrichit vite et bien tout en étant en phase avec sa conscience. Autrement dit, trouver les meilleurs moyens de ne pas se faire prendre son argent par l'Etat qu'il soit représenté par la douane, les impôts ou la sécurité sociale. Ce n'est pas pour autant qu'il se sentira moins musulman que les autres. Et personne, à part les agents de l'Etat chargés du contrôle, ne viendra lui reprocher quoi que ce soit. Il faut bien le dire, chez nous, avoir le sens des affaires, c'est d'abord savoir dépenser le moins d'argent en impôts et taxes, c'est-à-dire connaître tous les stratagèmes de la fraude fiscale. Avoir le sens des affaires, c'est ensuite savoir comment, par exemple, décrocher un marché, en agissant dans les coulisses des commissions à coups de liasses de billets de banque, enfin avoir le sens des affaires et ce n'est pas tout, c'est savoir rogner sur les coûts du projet, pour dépenser moins et gagner le plus possible, même s'il faut, pour un entrepreneur par exemple, subtiliser quelques kilogrammes de chaque sac de ciment destiné aux fondations d'un bâtimen
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Juin 03, 2008 9:54 am

Du sens des prédations urbaines

par Ali Babès

Les prédateurs ont visité El Bahia. Ce qui s'est passé à Oran la semaine dernière est quelque chose d'absolument inadmissible. Ahurissant ! Beaucoup par les effets sociaux d'une fronde sociale mal exprimée que par les causes invoquées çà et là pour justifier l'injustifiable. Le vol, la rapine et les destructions ne sont pas l'apanage des Algériens en général. La ville d'Oran a vécu l'enfer.

Le football, ce mal par qui le scandale arrive dans les temps modernes actuels, peut-il être, maintenant que les choses sont rentrées dans l'ordre, désigné comme le fauteur de trouble ? Assurément non, car les ingrédients de cet éclatement subit et violent de la colère de jeunes supporters dopés au football ne saurait en aucune manière justifier les graves débordements que la ville a connus, que les paisibles citoyens, comme vous et moi, avions endurés. Que dire alors des propriétaires de magasins purement et simplement dévalisés. Les images vidéo qui passent en boucle sur un site Web sur le pillage, la mise à sac d'un magasin d'articles de sport, ainsi que les affrontements entre les policiers et les jeunes ne peuvent également être classifiés et catalogués dans le registre des émeutes, car il y a une grande différence entre une manifestation de protestation contre la rétrogradation d'un club et les actes de vandalisme qui s'y sont greffés ensuite, achevant de conférer à l'événement les contours inquiétants d'une crise sociale dont les ramifications, sinon les causes réelles, sont à rechercher dans d'autres sphères que celle du football. Car il est évident que la «casse» a été diantrement bien organisée.

Le propos, entre nous, n'est pas de vouloir chercher «l'aiguille dans la botte de foin», mais de dire que les responsabilités de ce qui s'est passé sont partagées. A commencer par les éducateurs sportifs qui auraient dû intervenir au début et pendant les événements pour calmer les esprits, gérer sereinement la situation. Et, pourquoi s'acharner, même aujourd'hui, à tenter de gagner un match quand c'est tout le championnat national qui est à revoir. Les questionnements, tel un leitmotiv, reviennent: d'où est venu ce comportement de casseur, de destructeur ? Et, maintenant que la colère s'est apaisée, on se rend compte que El Bahia a perdu encore un peu plus de son prestige, qu'elle a servi des desseins inavoués et qu'elle continue à subir des prédations inutiles, mais barbares. Jusqu'à quand ?
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mer Juin 04, 2008 10:45 am

Trop de richesse nuit

par Mohamed Salah Boureni

C'est curieux, malgré la baisse des prix des viandes, les Algériens ne se bousculent pas chez le boucher. Ils ont appris, dit-on, à se méfier de tout, si les maquignons ont décidé de brader leur cheptel, c'est qu'il y a sûrement arnaque. La sécheresse n'explique pas tout, vous dira la ménagère qui scrute un quartier de viande sous toutes ses coutures en espérant trouver ce qui pourrait justifier sa méfiance. Allez lui expliquer que, faute de pâturages, les éleveurs du Sud et des Hauts Plateaux sont montés un peu plus au Nord, pour nourrir leurs bêtes et qu'ils sont obligés de se séparer d'une partie de leur troupeau, pour pouvoir dépenser suffisamment pour garder le reste. De toute façon, elle ne vous croira pas et vous dira qu'elle l'a déjà achetée la veille et a trouvé comme un arrière-goût... Au fait combien sont les Algériens qui profitent de cette baisse et qui achètent chaque jour de la viande ? Ils ne sont pas nombreux n'est-ce pas ? Entre nous, est-ce que c'est vraiment cette méfiance qui explique la frilosité des citoyens face à une baisse sans précédent des prix de la viande ? On vous le dit, c'est une histoire à dormir debout. On voit mal l'Algérien, qui ne mange la viande que dans les grandes occasions, faire la fine bouche et chercher les poux dans la tête du malheureux boucher. Il faut bien avouer qu'il n'a pas les moyens de cette ambition encore moins celle de manger la viande tous les jours, fût-elle à 400 dinars le kilogramme. Si on regarde bien cette fameuse baisse qui aura fait que le prix de la viande frôle les 400 dinars, on remarque qu'elle n'est significative que par rapport aux prix habituels de 700 et 800 dinars et surtout pas par rapport aux bourses modestes. On a été tellement habitués à voir les prix toujours grimper que c'est la fête quand il arrive qu'ils baissent. D'autant mieux que ce n'est pas les prix de n'importe quel produit qui ont baissé. C'est ceux de la viande s'il vous plaît ! Sauf que cela n'arrange que les citoyens qui ont le porte-monnaie toujours plein. Pensez-vous, voir un smicard manger la viande tous les jours ! C'est en tout cas pas pour aujourd'hui. Faites le calcul. Acheter un kilogramme de viande quotidiennement, c'est exactement laisser une facture de 12.000 dinars à la fin du mois chez le boucher du coin.

Et dire qu'on annonce à grosses manchettes dans les journaux que la viande est désormais à la portée des petites bourses. 400 dinars, c'est tout l'argent que gagne notre smicard après une journée de labeur. Pour se permettre ce luxe de surcroît conjoncturel, il sera obligé de faire des heures supplémentaires. Du moins avant que les prix ne prennent encore une fois l'ascenseur. Aux dernières nouvelles, le gouvernement a interdit l'importation de la viande ovine, pour permettre aux prix de grimper. Paraît-il, il veut éviter aux petites bourses de tomber malades pour avoir consommé trop de viande. Peut-être que trop de richesse nuit.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Juin 05, 2008 1:34 pm

La faim

par Ahmed Saïfi Benziane

La question n’est plus de savoir qui a faim, ni qui sera affamé dans l’avenir, mais plutôt de savoir qui atteindra le premier le stade de la folie à force de n’avoir rien à manger, tel ce personnage, écrivain de son état, décrit par le romancier norvégien Knut Hamsun.

La folie est déjà dans les rues africaines, asiatiques et latino-américaines; et si l’Europe s’affole, c’est tout simplement dû aux armées de clandestins qui sillonnent les rues des villes européennes, pourchassées par les leurs à travers routes et mers d’abord, par les polices du monde libre pour avoir envahi un terrain qui ne supporte ni leurs odeurs ni leurs couleurs, ensuite. Un terrain blanc comme neige.

Le sommet mondial de Rome sur la flambée des prix des produits alimentaires n’est donc ni plus ni moins qu’une séance de compte-rendu des gouvernants des pauvres concernant les mesures prises pour aider le Nord à rester propre et ses rues calmes. Le Sud restera cette poubelle ouverte sous le soleil, ce cimetière pour corps perdus à la recherche des miettes auxquelles ses gouvernants l’ont condamné. Ni les études sur la pauvreté, ni les sommets de la terre, ni les objectifs fixés aux horizons qui s’éloignent chaque fois un peu plus, n’ont réussi à suspendre la souffrance. Bien sûr que les arguments ne manquent pas pour expliquer l’inexplicable, l’évident. La sécheresse, la couche d’ozone, l’environnement et tous les artifices des discours protocolairement prononcés dans les espaces luxueux, occupent l’essentiel de l’argumentaire.

L’inexplicable et le tu, c’est précisément le système libéral perverti par la recherche de plus de profit, au profit de certains, toujours les mêmes; au détriment des autres, désespérés, toujours les mêmes. Le profit continue à balayer toutes les religions, tous les actes. La mondialisation a un prix, celui de la faim.

Quel est l’avis des institutions financières internationales ? Laisser faire et le marché détient suffisamment de ressorts pour s’équilibrer. Le drame, c’est qu’il continue à se déséquilibrer entre un dollar insolent et un prix du pétrole qui ne profite qu’aux classes dirigeantes. Le reste du monde crève littéralement de faim, sans refuge apparent que celui de l’émeute, de la révolte, de jets de pierres sur les symboles de l’Etat et des institutions forts de leurs machines répressives.

La FAO ? Un organisme condamné au supplice de Sisyphe par la grâce des multinationales et de leurs protecteurs aussi bien au nord qu’au sud. Au nord, elles ont la mainmise sur les campagnes électorales, au sud elles achètent tout simplement les hommes au pourvoir, immuables. Lorsque la faim aura laissé quelques fantômes sillonnant les brousses du sud, les maladies se chargeront de les anéantir. Les gouvernants, eux, auront pris leurs devants pour rester vivants et jouer le seul rôle qui leur restera: croque-morts.

A Rome, on préfère parler de quelques sacs de riz et laisser l’espoir d’une mort certaine à un horizon qui devient de plus en plus visible.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Sam Juin 07, 2008 11:59 am

Un combat de chats noirs dans un tunnel, la nuit!

par El-Houari Dilmi

Parce qu'il a commis la grave boulette de confondre entre le nom de son arrière-douar profond et celui où ne vivent jamais que les peaux blanches, Chalachou a été condamné à arbitrer avec un sifflet muet dans la bouche, un combat de chats noirs dans un tunnel, la nuit. Mais devant ce challenge quasi-inhumain, Chalachou a d'abord été soumis à «déflorer» le mystère d'une devinette pas comme les autres. L'énigme à percer était celle de trouver la solution pour un cul-de-jatte mort de soif, perdu en plein désert avec pour seul compagnon un aveugle. Le premier étant doté d'une paire d'yeux mais amputé des deux jambes et le second exactement, à l'inverse du premier; le défi était de trouver la solution pour arriver au point d'eau le plus proche. Seul, face à l'épreuve de sa vie, Chalachou s'aventure dans des réponses si ineptes qu'il est encore condamné à marcher sur la neige sans laisser de traces. Laissant des stigmates grandes comme des soucoupes sur une poudreuse traîtresse, Chalachou écope d'une autre peine: se faire élire maire de son village sans jamais piéger une seule urne. Retrouvé dans un bulletin caché sous sa langue, Chalachou est conduit dans une fosse où il doit arracher un genou des crocs acérés d'un fauve affamé. N'ayant pas plus de talent qu'une pantoufle n'a de talon, Chalachou est puni à manger dix fois dans le même râtelier que les rats d'égouts. Mais dans un accès de lucidité, Chalachou se souvint que le cul-de-jatte pourrait peut-être se faire porter sur les épaules de son ami non-voyant pour aller ensemble étancher leur soif, à la source du point d'eau le plus proche.

Rudement corrigé par ses maîtres sans galons, Chalachou se rappelle volontiers qu'un non-voyant ne pourrait marcher seul dans l'immensité désertique avec un cul-de-jatte sur son dos sans courir droit vers l'abîme. Dans un dernier râle de désespoir, Chalachou jette sa langue au chat et menace de se faire hara-kiri si son chat préféré perdrait le combat. Mais à l'intérieur du tunnel, par une nuit ténébreuse, les deux matous se livrent à un combat si féroce qu'ils moururent, tous les deux, la main dans la main.

A l'arbitre éploré, l'on fera décerner une médaille trouée avec écrit dessus, en lettres rouge sang: «ne pas regarder dans la même direction, c'est se tromper de chemin et de sens premier de la vie».
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Dim Juin 08, 2008 12:39 pm



Raïna Raïkoum du 08.06.2008:


L'Amérique en noir ou blanc


Barack Obama a réussi son premier test et s'apprête au spectacle suivant, celui de la course vers la Maison-Blanche. Pour un Noir, c'est une première.

En Amérique, tout est spectacle et la politique n'échappe pas aux mises en scène où se mêlent émotions, moments forts, jeux du corps et de l'esprit, couleurs, sons et lumières, cascades dangereuses, illusions. Le spectacle est certes beau à voir, il exprime la sollicitation de l'électeur par tous les moyens de séduction. La politique est séduction là-bas. Mais là-bas, pour séduire, il faut exprimer son soutien à Israël, sa condamnation de l'Iran et la promesse que les GI's partis guerroyer chez les Arabes rentreront bientôt à la maison. Bientôt ? Sur cette question, tout le monde est d'accord, démocrates comme républicains, Obama comme Hillary, Noir comme Blanc. Une même politique étrangère basée sur cette mission divine de combattre pour la paix même s'il faut faire la guerre. La guerre fait partie des engagements envers les vendeurs d'armes et le lobby juif, qui commandent la vraie politique en restant dans les coulisses, là où tout se décide, où les rôles sont distribués, où les contrats sont signés.

Le fait qu'Obama soit Noir de père musulman et de mère blanche ne changera rien à la suite des évènements et sa déclaration d'intention envers l'Etat hébreu et son supposé ennemi, l'Iran, deviennent le thème favori des candidats étatsuniens. Tous. Les places boursières bougent au moindre mot, à la moindre phrase, démontrant ainsi que les cours sont surtout une question politique.

Ainsi vit l'Amérique, construite sur les valeurs de liberté et de libre-échange et le monde entier devra attendre ses sentences pour connaître sa part d'oxygène répartie selon ce que chacun peut rapporter. « Money is money » et celui qui ne rapporte rien n'aura droit qu'au sourire diplomatique que les gouvernants arabes traduisent en amitié, parce qu'ils n'ont jamais su sentir dans le dollar l'odeur confisquée de leur pétrole. Le nez arabe ne sert plus qu'à se moucher ou, dans le meilleur des cas, à renifler. Les Arabes servent à louer leurs sous-sols et à garder les lieux en état de production, en s'armant contre leurs populations. Seulement, le pétrole sert, comme le souligne Obama, à financer le terrorisme et les revenus qui en découlent doivent être mis sous surveillance jusqu'à maturité. Il rassure que Jérusalem restera israélienne. La suite est claire pour ceux des Palestiniens qui croient encore au père Noël.

Les banques américaines se frottent les mains et se lancent dans les calculs des bénéfices qu'elles tireront d'une telle déclaration, à chaque fois que l'un ou l'autre des candidats déroule le menu de sa future présidence. Elles comparent les résultats et financent selon le taux de rentabilité le plus intéressant. La présidence est une question de taux de rentabilité bancaire. L'argent n'a pas d'odeur.

Aux USA, il n'a même pas de couleur et les analystes voient déjà dans le couple Obama-Clinton une révolution. Un président paternellement noir, maternellement blanc et une vice-présidente trop blanche pour un second rôle. La Maison-Blanche restera blanche entre noir et blanc.


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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Lun Juin 09, 2008 10:21 am

Trabendo, sport national

par Ali Babès

La 41ème Foire internationale d'Alger (FIA) sera officiellement inaugurée par le chef de l'Etat, lundi, sur la baie d'Alger, pas très loin de l'oued El-Harrach. Cette foire, vitrine du commerce national et international est, depuis des années, le lieu où s'échangent et se nouent des contrats commerciaux et industriels censés faire décoller l'économie nationale. Or, depuis que cette foire existe, jamais l'Algérie n'a réussi à dépasser le seuil des 2,5% d'exportations hors hydrocarbures. Jamais. Il y a, il faut en convenir, un problème, car l'Algérie tire ses recettes en devises presque exclusivement de ses exportations d'hydrocarbures. Autant dire que le commerce extérieur, dans le sens des �''expéditions'' vers l'étranger est en panne. Et cela ne date pas d'hier. Donc, entre nous, pourquoi une Foire commerciale internationale, avec plein d'exposants étrangers, si le pays n'arrive pas à placer, sur le marché extérieur, ses propres produits industriels, artisanaux ou agricoles? Là, il faut se poser une question, sans démagogie : avons-nous une production, peu importe sa nature, qui mérite d'être vendue sur les marchés extérieurs ? Si oui, pourquoi elle ne l'est pas, et dans le cas contraire, pourquoi alors tout ce cirque quand on sait que beaucoup de pays arabes et voisins ne veulent de nos produits, notre chère production nationale, que lorsqu'ils leur sont vendus par le biais du trabendo. Car, il faut bien voir les choses comme elles sont: nous consommons et nous ne vendons pas. Le sport national reste le trabendo, et l'essentiel des devises tirées du pétrole est utilisé pour la facture alimentaire, les voitures et les produits de luxe. Et, dans cette logique alimentaire, le simple consommateur, le citoyen comme vous et moi, est la cible et en même temps la victime de cette diabolique logique commerciale. Tu prends, ou tu ne prends pas, c'est comme ça, mon frère. Car si les choses dans le secteur des biens de consommation et des produits agricoles, dont les prix grimpent sans descendre depuis une dizaine d'années, jusqu'à accepter maintenant d'acheter la sardine à 200 DA le kg, allaient bien, pourquoi tant de manifestations économiques qui ont perdu tout intérêt... économique. Car le fond du problème est là : malgré toutes les politiques commerciales, l'ouverture du marché national, les Algériens sont harcelés, depuis des années, par une nouvelle invasion généralisée de l'inflation des prix, de la patate à 40 DA/kg à la carotte à 25 DA/kg. Au même moment, le niveau des salaires, calculé sur la parité du dinar face aux principales devises, est devenu tellement ridicule qu'il est vraiment aberrant de parler d'augmentations des salaires dans un système économique à l'asphyxie. Alors, quand le couffin pèse plus que le dixième du salaire de plus de 40% d'Algériens, quel sens donner à une Foire commerciale de plus ? A moins d'obliger les Algériens à consommer la philosophie du Voyeurisme commercial.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Juin 10, 2008 2:35 pm

Prédations

par Ali Babès

L'Algérien doit recevoir la médaille de l'homme le plus patient de la planète. Bien que réputé très nerveux, colérique, le citoyen algérien ne mérite pourtant pas de tels qualificatifs discourtois. Pourquoi? C'est simple: devant une administration des plus fermées, vivant pratiquement en autarcie, l'Algérien arrive à supporter les mille et un sévices psychologiques pour arriver, enfin, à déposer son dossier. Peu importe si c'est pour un permis de conduire, un permis de construire, une demande de logement ou le renouvellement de son passeport. Dans tous les cas de figure, il arrivera à vaincre la ténacité et les arcanes administratives et autres réglementations extra-bureaucratiques pour déposer son dossier et recevoir en retour le fameux «jeton».

Dans les administrations algériennes, chefs-lieux de wilayas, de daïras ou les mairies, la lutte est épique, la guerre sans pitié: à la rigueur toute inhumaine de l'administration, le citoyen algérien arrive, oui, arrive à nager et à s'en sortir pour avoir, quelques mois ou quelques semaines après, son document, de voyage ou pour son confort personnel.

Et, là, entre nous, nous sommes amenés à nous poser cette question simple: pourquoi a-t-on l'impression d'être affreusement dominés, humiliés devant des guichets froids et impersonnels, de n'être que des moins que rien devant un simple préposé de guichet d'une administration anonyme, chargé d'établir une simple fiche ou un certificat pour vivre dignement? Pourquoi, après ses heures (légales) de travail, le quidam derrière son guichet redevient un simple citoyen, pestant contre la hausse des prix de l'huile de table, et cherchant des entrées dans tel ou tel ministère, quand, lui à son poste, mène la vie dure à de simples Algériens comme lui?

En fait, c'est cela notre drame: on gueule trop, on rouspète, mais on ne travaille pas assez. Pourquoi les documents administratifs de citoyens tardent-ils à être signés au niveau des wilayas ou des collectivités locales, retardant des projets et compromettant des carrières professionnelles, quand les responsables du secteur s'échinent à démontrer le contraire? Pourquoi on investit des milliards de dinars dans le développement local lorsque les routes qu'empruntent les citoyens sont toujours mal tenues, non goudronnées, notamment dans certains quartiers oubliés de certaines villes, alors que les artères principales de ces mêmes villes sont «belles et propres».

L'Algérien simple arrive les souliers pleins de boue à son lieu de travail, pile à l'heure, alors que les responsables ont les souliers flambant neufs, bien astiqués. Ont-ils un secret? C'est comme ce roman d'Ernest Hemingway: En avoir ou Pas.

L'Algérie de tous les jours vit à ce rythme: une frange domine l'autre, une autre cannibalise l'autre, et le tout baigne dans un état de prédation avancé où le citoyen sert de proie. Le reste, ce ne sont que des discours pour la galerie.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mer Juin 11, 2008 12:17 pm

Crise de logement ou de mentalité

par Ali Babès
En Algérie, il n'y a plus de crise du logement, selon les chiffres officiels présentés hier par le ministre de l'Habitat lui-même, dans un colloque. A en croire M. Nouredine Moussa, cette crise du logement est résorbée, puisque à fin 2007, le parc national de logements comptait 6,4 millions de logements. Le ministère de l'Habitat est affirmatif: en 1966, il y avait, en Algérie, 2 millions de logements seulement avec une part de 160.000 logements collectifs, soit 7,8%. En 1998, le parc national a atteint 5 millions de logements (soit 3 millions de logements supplémentaires) avec une part de 800.000 logements sociaux (16,68%). Et, toujours selon les chiffres officiels qui font bomber quelques torses ici et là, à fin 2007, le parc national de logements était de 6,4 millions d'unités dont 1,5 million de logements collectifs. Des chiffres et des chiffres. L'Etat consacre 20 milliards de dinars pour le secteur de l'habitat. Entre nous, ces chiffres ne reflètent que ce que les pouvoirs publics veulent qu'ils reflètent : une amère réalité. Car pourquoi jongler avec des chiffres quand la réalité est tout autre. Ben ! oui, la crise du logement n'a jamais été aussi préoccupante que ces dernières années, alors que la crise urbaine est autrement plus inquiétante, avec son lot de manifestations et d'éruptions sociales. Les statistiques ne sont pas, dans ce cas de figure, celui d'un bien très précieux que beaucoup d'Algériens ne possèdent pas, très significatifs quand ils ne sont pas apposés à d'autres données sociologiques. Car si en 1966, il n'y avait que 2 millions de logements, il n'y avait également que moins de dix millions d'Algériens, n'est-ce pas ? En 1998, il y avait également quelque 25 millions d'Algériens ou un peu plus, en 2007 un peu plus de 30 millions d'habitants. Alors, pourquoi donner les chiffres de logements sans les comparer avec le nombre d'habitants dans un pays où la crise du logement est née dès les années 70 parce que le pouvoir, à l'époque, avait mis la charrue devant les boeufs en optant pour un certain système socio-économique, au détriment du confort d'un peuple sorti meurtri de 130 années de colonialisme. Et aujourd'hui que nous sommes entre Algériens, que nous pouvons enfin tirer un trait sur le passé colonial et ses misérables conséquences socio-culturelles, voilà qu'on vient dire qu'il n'y a plus (ou presque) de crise de logements, quand dans le 1er pays économiquement et militairement le plus puissant, les Etats-Unis, la crise du logement n'a jamais été vaincue. Les loyers de simples F2 dans les villes sont hors de prix, les gens louent des appartements minables jusqu'à 100 km de leur lieu de travail, et certains veulent faire croire le contraire. Au fait, quel est le nombre de ces logements entamés et jamais réalisés dans plusieurs wilayas du pays avec l'argent du contribuable, des chantiers à l'abandon, ainsi que ceux attribués et jamais occupés ? Car à parler de chiffres, n'est-il pas souhaitable de parler de ces dizaines de milliers de logements vides ? En donner le chiffre soulagerait plus d'un Algérien.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Sam Juin 14, 2008 2:14 pm



Raïna Raïkoum du 15.06.2008:


Intelligence et pomme de terre



Bientôt, il y aura un autre Haut Conseil. Ce sera celui de l'Intelligence économique. Ce conseil auquel fait référence le ministre de l'Industrie et des Investissements doit, si jamais il verrait le jour, être placé sous la plus haute autorité du pays, sinon du chef du gouvernement. Ainsi donc, plus d'un demi-siècle après les Japonais, les Français, les Russes ou les Bataves, un responsable algérien se rappelle, soudain, que le développement économique d'une Nation ne peut se réaliser sans la protection des organes vitaux de cette économie que l'on veut protéger des prédations extérieures.

Nous savons que le Japon a fait des bonds de géant au sortir de la Seconde Guerre mondiale en espionnant, croquis par croquis, l'économie américaine et ses moindres soubresauts. Nous savons, également, que les Russes et les Américains se livrent toujours, par delà les souvenirs de la guerre froide, une guerre, sans merci, sur le terrain de l'espionnage industriel et informatique. Les Français ont été «pincés», à plusieurs reprises, dans la Silicon valley, en Californie, en train d'espionner l'évolution informatique aux Etats-Unis. Donc, tout ce beau monde, au-delà des courtoisies et des ronds de jambe, s'espionne à qui mieux mieux.

Mais, tout ce petit monde de l'intelligence économique évolue dans une dimension à part: celle des services secrets, de l'espionnage et des intrigues pour qu'un pays puisse avoir la dernière invention qui va révolutionner le marché.

C'est de bonne guerre, et puis il n'y a ni morts, ni exécution, juste des échanges de prisonniers entre gens civilisés et courtois. Eux, ils en ont. De l'argent, des inventions, de la matière grise, du football, de la technique et du matériel en veux-tu, en voilà.

Nous, qu'est-ce que nous avons, à part notre salive et notre «Nif», bien écorné par l'inflation des prix. Avons-nous une réelle industrie qui puisse intéresser les «espions» nippons, les James Bond anglais ou les «Koplan» américains?

Allons, nous n'avons même pas le chiffre réel des désinvestissements dans le secteur agricole ou industriel, que pourrons-nous, dès lors, offrir de comestible à ces «hommes de l'ombre»? Par contre, si nous avons besoin de «fourrer notre nez» là où il ne faut pas, quelque part sur cette planète, il nous semble vraiment maladroit d'aller le claironner sur tous les toits. N'est-ce pas? Mais, en fait, entre nous, pourquoi penser maintenant à l'Intelligence économique? Que peut-elle nous valoir de plus que ce que l'on a? Sa valeur ajoutée serait appréciable lorsqu'on aura un vrai complexe industriel qui tournera vers les exportations, avec des investissements à plusieurs milliards de dollars et des produits compétitifs sur le marché international. A moins de nous replonger dans l'atmosphère des années 70 et de la guerre froide avec son lot de chimères pavloviennes et d'espoirs perdus, l'économie algérienne actuelle, avec moins de 200 millions de dollars de produits exportés (principalement de la Deglet Nour) aurait mérité un diagnostic à froid, comme une mécanique grippée, et non le passage à une vitesse qu'elle ne peut assumer.

L'Intelligence économique quand le couffin de la ménagère vaut presque le double qu'une carte réseau ou une carte Modem pour un ordinateur? Allons donc!




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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Lun Juin 16, 2008 12:40 pm



Raïna Raïkoum du 16.06.2008:


Assainissement pour tous



Si l'Etat s'est enfin rendu compte que les 81.000 associations agréées par lui n'ont pas joué le rôle d'anti-émeutes qu'il leur attribuait, c'est que l'agrément ne le prévoyait pas et qu'à l'avenir toute naissance d'une association, version algérienne, devra s'accompagner d'une dotation en tenues bleues, vertes, ou léopard à défaut d'ordinateurs et de locaux. Il suffit de tomber d'accord sur le concept et de le faire admettre durablement. Au moins jusqu'à la prochaine réunion à Paris au sujet du projet méditerranéen de Sarkozy, où il sera question, entre autres, des modes de gouvernance et du rôle que doivent jouer ce que l'on appelle là-bas les ONG. Non gouvernementales par essence, et contrepoids dans l'équilibre des institutions qui sont, quant à elles, le véritable lieu par où l'assainissement doit commencer. «Nettoyer c'est bien, ne pas salir c'est mieux», dit l'adage. On se souvient encore de cet après-Octobre 88 où, pour faire passer à la démocratie ses premiers tests de grossesse, l'Etat souverain de l'époque avait autorisé pas moins de 60 partis politiques qui se sont avérés n'être que les tentacules d'un grand parti unique. Unique en son genre, cette particularité de la démocratie à l'algérienne nous a coûté 10 années de noire pénombre et une grisaille qui perdure dans la logique vestimentaire, y compris des gouvernants et dans la variété de carpettes sous le bras. Elle a pris entre-temps de l'âge et s'est transformée en commerces florissants lors des campagnes de sous-location électorale. Des fortunes se sont faites sur les routes parsemées de dos-d'âne, ce qui explique le recours aux dispositions prises concernant la révision du dysfonctionnement des partis politiques. Tardivement d'ailleurs et au moment où d'autres partis finissent par renoncer à leurs demandes d'agrément pour cause de fermeture de la boutique étatique. Aujourd'hui que l'on s'aperçoit des «dérives» du mouvement associatif quant à son implication aux côtés de l'Etat contre les émeutiers, que peut-on faire ? Premièrement, lui couper les vivres du Trésor public. Pourra-t-on le faire aussi pour les associations religieuses sans levée de boucliers et sans risque d'émeutes même manipulées au moment où il faut faire oublier quelques incendies ? Deuxièmement retirer les agréments aux associations qui ne présentent pas de bilan. Où est alors le bilan de l'Etat ? Troisièmement, mettre sous contrôle médical toutes les associations en faisant appel aux spécialistes de l'infiltration, à l'argent qui joueront le rôle de services de nettoiement. Ça ne marche pas car on a déjà essayé la recette. Solution ultime, transformer les associations en organisation de masses comme au bon vieux temps et les placer sous tutelle du parti politique le plus expérimenté en la question. Seule problème: l'assainissement n'a aucune garantie et il n'est pas sûr que les émeutes s'arrêtent.





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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Juin 17, 2008 11:01 am

Le barbeau et l'eau

par Ali Babès

Disons-le tout de suite: nous ne sommes pas contre la protection de la nature. Ni pour la mort de milliers de poissons, aussi «barbeaux» soient-ils. Non. Le propos ici est de signaler cette action salutaire, qui mérite d'être relevée et qui s'est passée à Tiaret. La direction de l'Hydraulique de cette ville a ainsi procédé au transfert de 2 millions de m3 d'eau à partir du barrage de Dahmouni vers celui de Bougara, dans la wilaya de Tissemsilt. L'objectif de cette opération, qui a exploité le lit d'un oued pour le transfert de 4 millions de m3 d'eau, est de sauver de la mort par asphyxie des milliers de poissons du barrage de Bougara. L'action, en elle-même est, répétons-le, encourageante pour la protection de notre environnement. Encourageante n'était-ce le fait qu'ailleurs, dans ces deux wilayas, et ailleurs dans le pays, des Algériens sont quotidiennement et directement confrontés au problème du manque d'eau. Pire, dans certaines régions du pays, le manque d'eau est devenu un casse-tête quotidien pour des villages entiers du pays profond. Certes, des efforts considérables ont été faits dans les grandes agglomérations pour solutionner ce problème d'eau. Il faut en convenir. Mais, là, entre nous, aller au secours de milliers de poissons menacés de mort est quelque chose d'inconnu jusque-là en Algérie. Quand on voit des oueds défigurés par des millions de litres d'eaux usées, des déversements de produits toxiques, sulfureux, acidulés, des bords de mer mangés par les rejets domestiques, ce qui s'est passé à Tiaret interpelle tous les Algériens. Pourquoi ? Pour débattre s'il faut sauver des milliers de poissons d'un barrage envasé, ou sauver de la soif des centaines de milliers de villages de ce pays où les questions d'écologie ou de protection de la nature ne sont abordées que dans les manuels, ou des projets toujours mal ficelés, et en tous les cas jamais appliqués. Sinon comment expliquer l'invasion du littoral marin par les rejets domestiques charriés par des oueds non protégés, la chasse aux espèces protégées, le laxisme des autorités locales et les responsables de l'environnement devant les nombreuses prédations dont sont victimes les forêts, les oueds, le littoral ou même les grandes villes ?

L'opération transfert des eaux d'un barrage vers un autre en Algérie s'est déjà effectuée, mais jamais pour protéger la faune aquatique endémique d'un plan d'eau. Avec les premières chaleurs qui s'annoncent, il est plus que souhaité que les services chargés de la distribution de l'eau chez nous fassent un effort pour que les poissons de Tissemsilt ou de Béchar, peu importe la région, ne manquent pas d'eau. Pour la boisson, la douche quotidienne et la piscine.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mer Juin 18, 2008 10:52 am

Les brésiliennes arrivent

par Ahmed Saïfi Benziane

En matière de viandes, les Algériens vont se mettre et s'en remettre aux brésiliennes. Pourquoi ce choix ? Leurs vaches ne sont pas atteintes de folie, contrairement aux européennes et leurs boeufs seraient verts, selon les étiquetages qualitatifs des catégories agroalimentaires. Le vert étant notre couleur favorite symbolisant notre drapeau et notre Paradis, il n'y a donc aucune allergie visuelle possible en dehors des daltoniens qui sont considérés chez nous comme une minorité. A vérifier. Bien que les minorités chez nous soient toujours source de problèmes, il suffira de les mettre sous contrôle médical sérieux ou de les doter de traducteurs assermentés pour éviter toute interprétation malsaine qui les pousserait ainsi à voir rouge là où il faut voir vert. Du fait que nous avons goûté à toutes les viandes du monde par incapacité à conduire les troupeaux, nous n'aurons donc aucune difficulté à comparer la viande brésilienne avec l'australienne, la néo-zélandaise ou même argentine. Dans un pays qui dispose d'un cheptel de plus de 18 millions d'ovins, et seulement un peu moins de 200.000 bovins tous sexes confondus, nous avons intérêt à épuiser les stocks des autres, particulièrement à une époque où la sonnette d'alarme est tirée à propos de la raréfaction des produits alimentaires. Par la même occasion, notre population asine officielle, qui avoisine les 200.000 têtes, et notre population mulassière, qui tourne officiellement autour de 50.000, auront la vie longue. Il reste que les dromadaires appelés dans leur propre pays les chameaux par mauvaise traduction des Français, qui n'ont jamais rien compris à nos animaux locaux, ces dromadaires donc risquent de disparaître de l'espace saharien du fait que les Sahraouis préfèrent la viande cameline à toutes les autres, y compris la vache brésilienne. Nous disposons de près de 160.000 dromadaires dont on peut maintenant se passer pour le transport de marchandises auquel ils étaient destinés auparavant mais que nous devons conserver par souci écologique. Auparavant, il n'y avait pas de camions donc pas de trafic dans tous les sens des points cardinaux et les caprins procuraient viande, lait et peau. Non, franchement, ceux qui font la stratégie alimentaire de l'Algérie sont forts. Les Brésiliens aussi. D'ailleurs, ils se font représenter (les Brésiliens) pour ce genre de commerce par un Secrétaire de la Défense, de l'Agriculture et de l'Elevage. C'est dire que le secteur est important et Lulla a gardé quelques airs de syndicalisme pour avoir organisé son gouvernement ainsi. Et pour profiter de l'expérience brésilienne à fond, on devrait peut-être s'inspirer de leur gouvernance pour rattacher la sécurité alimentaire de notre pays à la sécurité nationale si ce n'est pas déjà fait. Enfin, au département qui en a la charge. Cette vision devrait nous amener à offrir au moins une vache brésilienne par an à chaque Algérien et laisser les moutons, les dromadaires et les caprins le temps de tester la viande. Si cela demande une grande organisation de l'Etat et de la famille trop compliquée pour nous, alors prenons le taureau par les cornes et osons une expérience intéressante pour une fois. Appelons les Brésiliens au secours de nos vaches comme nous avons appelé les Chinois au secours de notre bâtiment et cogitons aux autres domaines à secourir.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Juin 19, 2008 10:54 am

Question de chiffres

par Ali Babès

Les chiffres du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 donnent le tournis. Et provoquent quelques interrogations. Selon ces chiffres, nous sommes à peu près 35 millions d'habitants à nous chamailler, ou à nous rouler les pouces dans notre vaste et beau pays. Une progression de près de 6 millions d'habitants par rapport au dernier décompte de 1998. Selon les chiffres de cette opération cyclique qui se fait chaque dix années depuis 1966, le taux de natalité des Algériens est en baisse, avec 1,72 PC seulement. Mais, pourquoi serait-il en baisse ce foutu taux de natalité puisque nous avons augmenté en dix ans de 6 millions d'habitants ? Beaucoup de points d'ombre entourent les résultats de ce RGPH, notamment ce chiffre énigmatique de 1,5 million de logements sans occupants. Les résultats ne précisent pas si ces logements sont vides, ou si leurs propriétaires ou leurs occupants étaient absents lors du passage des agents recenseurs. Le mystère de ces maisons hantées est entier. Et puis, à partir de là, que peut-on dire sinon que soit nous avons au moins 3 millions de personnes qui n'ont pas été prises en compte dans ce décompte 2008 de la population algérienne sur la base de deux personnes par logement. Et donc nous sommes réellement 38 millions d'Algériens au lieu de 35. Soit il existe bel et bien dans notre pays plus de 1,5 million de logements avec leurs propriétaires mais inoccupés. Auquel cas, la question de la crise du logement prend une autre tournure. Une autre configuration. Un peu plus loin, nous avons également cet autre énigmatique chiffre sur le nombre réel de la population d'Alger. A un certain moment, au milieu des années 90, on nous avait dit que les Algérois étaient au nombre de plus de trois millions. En 2008, on nous dit que toute la population de la wilaya d'Alger compte moins de trois millions d'habitants, exactement 2.947.446 habitants. Ce n'est pas que nous sommes pour le gonflement des chiffres, mais le doute est permis. A côté d'Alger, une des daïras de la wilaya de Blida, celle de Ouled Yaich, pour ne pas la citer, comptait plus de 400.000 habitants il y a de cela cinq ans. Est-ce à dire qu'à Ouled Yaïch, un chef de daïra gère une population presque identique à celle de la plus grande wilaya du pays de par le nombre de ses habitants ? Tous les sociologues le savent : les statistiques, cela montre tout, mais cache l'essentiel. Donc, si on revient à nos chiffres, disons tout simplement que certaines vérités sont parfois utiles à cacher. Et d'autres à révéler. Comme ce chiffre de 30 % pour la population urbaine dans les années 60-70, et de 70 % pour la population rurale. En 2008, la tendance s'est inversée, et il y a plus de monde en ville qu'en milieu rural. Là où les «branchés» et les «plein de Flouss» préfèrent s'installer. Mais, les campagnes se vident. Pourquoi ? That is the question, Sir.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Sam Juin 21, 2008 12:05 pm

Nous savons combien nous sommes


par Ahmed Saïfi Benziane


Maintenant
que nous savons combien nous sommes, il est peut-être temps de savoir
ce que nous sommes. Si le décompte démographique nous situe à plus de
34 millions, il aurait néanmoins révélé que notre état civil fonctionne
bien et que les chiffres qui étaient communiqués aux décideurs par les
communes n'étaient pas totalement faux. Selon les décideurs. Finalement
nous ne sommes pas si nombreux que ça et beaucoup de choses vont
devenir inexplicables par les seuls chiffres. Voilà donc une opération
réussie qui permettra à l'avenir de mieux faire et planifier nos
besoins. Alors passons aux choses sérieuses, comme l'avait annoncé un
journaliste du temps de l'ex-RTA, une fois terminée la page
présidentielle du vingt heures. Ce qui n'apparaît pas officiellement
dans le recensement, c'est que l'Algérien est berbère, musulman, noir,
blanc, entre les deux, et depuis quelque temps même chrétien, laïc,
partisan, grand, petit, aimant son pays au point de partir mourir
ailleurs pour éviter de l'alourdir. Les Allemands, eux, sont allemands
et ça leur suffit amplement pour être développés. Et si l'Algérien n'a
pas d'animaux de compagnie, c'est qu'il n'a pas le temps de s'ennuyer.
Ce qui n'apparaît pas est donc de l'ordre du qualitatif. L'Algérien,
pour le bonheur des décideurs, ne fait plus autant d'enfants qu'avant.
Non pas qu'il se soit stérilisé, ni qu'il ne sache plus en faire, mais,
semble-t-il, parce que le niveau de vie se serait amélioré. Nous
serions aussi plus «rurbains» que citadins étant entendu que les
campagnards auraient envahi les villes depuis peu du fait, paraît-il,
que la vie y est meilleure et non parce que nous avons traversé une
dizaine d'années noires qui seraient mieux qualifiées de rouges, compte
tenu du sang qui a coulé. Au lieu de transformer le rural, la ville
aurait été transformée par lui et il faudra plus de temps pour
l'adaptation. Mais laissons aux démographes et sociologues le temps de
commenter les chiffres et revenons aux communes qui viennent de marquer
des points contre les détracteurs de l'ordre public qui n'y verraient
là que de simples sources de détournement de deniers aussi publics,
qu'un jardin abandonné du même nom. D'après les décideurs. Les communes
donc ont bien fonctionné au point où pour les encourager, les
présidents d'APC ont été placés en formation résidentielle espérant en
faire des maires. Dans la foulée on aurait pu placer les chefs de daïra
en formation pour en faire des sous-préfets et les walis pour en faire
des préfets. D'ailleurs, là où il y a des maires, des sous-préfets et
des préfets on arrive à ces fonctions, une fois formés académiquement
et politiquement; la formation étant à la charge du candidat au poste
et non à celle du contribuable lorsqu'il y en a. Mais bon, on peut
apprendre à tout âge et en tout temps. Si du point de vue de la
communication verticale les pouvoirs publics sont satisfaits des
communes, du point de vue de ceux qui se considèrent comme citoyens,
l'extrait de naissance continue à coûter cher en patronymie déformée
car personne ne sait plus écrire un nom de famille sans commettre
d'erreur généalogique grave. Et puisque personne ne sait plus écrire,
comment peut-on faire confiance à un recensement, qui commence
précisément par le remplissage de fiches ? Si c'est juste pour nous
compter, les pouvoirs publics auraient dû faire l'appel à une
mobilisation générale pour une raison ou pour une autre et vérifier
combien d'Algériens sont partants pour répondre à l'appel sans faire de
bruit. Le comptage serait alors plus simple et moins fastidieux
puisqu'il ne concernerait qu'une poignée. Selon les citoyens. Une
méthode comme une autre pour savoir comment nous sommes.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Sam Juin 21, 2008 12:33 pm

Citation :
Nous savons combien nous sommes


mais hélas nous ne savons pas encore qui nous sommes
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   

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