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 RAYNA RAYKOUM

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Juil 08, 2008 10:03 am

widedangel a écrit:
Meme en vacances tu es plus matinale que moi Parodie Embarassed Embarassed

Question d'habitude ma belle ! et puis c'est le moment le plus tranquille de la journée dans mon quartier et .......hihihihihi chez moi tout le monde doooort
ps: samahna mr Kamel Daoud Embarassed Embarassed
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widedangel

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Juil 08, 2008 10:10 am

Pause-Café
Vox Populi : Un drapeau pour chaque foyer

Un drapeau pour chaque foyer pour tester le nationalisme des Algériens est une absurdité. Les Algériens veulent de quoi subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.
Comment parler du nationalisme dans un pays où les fonctionnaires, les étudiants fuient le pays avec des canoës et des barques ?
Comment parler de nationalisme alors que les billets de 200 DA (la monnaie fait partie de la souveraineté de l'Etat en plus du drapeau et l'hymne national) sont chiffonnés ?
Comment parler du nationalisme et assister au défilé militaire français le 14 juillet ?
Trop de questions qui me brûlent les lèvres, mais je suis étudiant : je n'ai pas assez d'argent puisque j'écris ce texte au cyber !
Noredine (Tizi-Ouzou)


le soir d´algerie 08-07-2008
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widedangel

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Juil 08, 2008 10:15 am

Parodie a écrit:
widedangel a écrit:
Meme en vacances tu es plus matinale que moi Parodie Embarassed Embarassed

Question d'habitude ma belle ! et puis c'est le moment le plus tranquille de la journée dans mon quartier et .......hihihihihi chez moi tout le monde doooort
ps: samahna mr Kamel Daoud Embarassed Embarassed

pk samahna mr kamel daoud Laughing Laughing fermacha
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Juil 08, 2008 10:29 am

widedangel a écrit:
Parodie a écrit:
widedangel a écrit:
Meme en vacances tu es plus matinale que moi Parodie Embarassed Embarassed

Question d'habitude ma belle ! et puis c'est le moment le plus tranquille de la journée dans mon quartier et .......hihihihihi chez moi tout le monde doooort
ps: samahna mr Kamel Daoud Embarassed Embarassed

pk samahna mr kamel daoud Laughing Laughing fermacha

Isamahna car on pollue ma chére ! on pollue!!!!
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ych

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Juil 08, 2008 2:46 pm

Citation :
Comment parler de nationalisme alors que les billets de 200 DA (la monnaie fait partie de la souveraineté de l'Etat en plus du drapeau et l'hymne national) sont chiffonnés ?


honte à " l'état " qui permet à des chiffons pareils de circuler sous son nom
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Juil 08, 2008 6:29 pm

ych a écrit:
Citation :
Comment parler de nationalisme alors que les billets de 200 DA (la monnaie fait partie de la souveraineté de l'Etat en plus du drapeau et l'hymne national) sont chiffonnés ?


honte à " l'état " qui permet à des chiffons pareils de circuler sous son nom

de quel etat parlez vous? y'a t'il un etat dans ce pays? makayen walou
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mer Juil 09, 2008 9:06 am

«Qui ne triche pas, n'est pas nôtre»

par Kamel Daoud
Petit phénomène de corruption vécu à Oran par certains : quelques promoteurs immobiliers véreux ont trouvé la bonne formule pour prendre leur part dans la crise du logement et mordre au cœur de la pastèque. Désignés pour des chantiers LSP dans les nouveaux quartiers de la ville, par exemple pour un quota de 300 logements, certains en construisent vite 200 et laissent en chantier la centaine restante. Pourquoi ? Pour attendre que le lotissement triple de valeur et ensuite entamer les finitions. Par la suite, le nouvel immeuble est vendu toujours dans le cadre du LSP à près de 2 millions de DA, mais le souscripteur, complice lui aussi de la «bonne affaire», paye 1 million de DA en plus, sous la table. L'acquéreur comme le promoteur sont tous les deux d'accord que le nouveau logement ne vaut pas les 2 millions de DA de départ, mais deux fois plus. Tout le monde est content à la fin et personne ne peut parler de corruption ou de détournement: le nouveau propriétaire est resté dans la fourchette du prix de l'immobilier actuellement et le promoteur a fait plus que du social et moins que de l'illégal. La preuve que la loi reste un instrument grossier face à la corruption chirurgicale. Celle-ci est invisible, on ne peut pas la prouver mais tout le monde vit la rouille nationale de ce phénomène. Ceux qui se font racketter pour un paquet de Marlboro au port à leur retour au pays, sous le slogan «Bienvenue au pays» ou les autres. Le chroniqueur se souvient même de cette arnaque opérée dans une wilaya de l'Ouest par des agriculteurs qui se souviennent trop de l'âge d'or où les fruits poussaient sous les ordres de Boumediène et pas sous la pioche et la pluie. Pour bénéficier de l'aide de l'Etat en agriculture pour le forage des puits, rien de plus simple: il a suffi à certains de creuser dix mètres dans le sol et de remplir le fond avec une citerne d'eau. L'inspecteur des services concernés chargé de constater les oeuvres y jetait alors une pierre et rédigeait son PV de réception au «plouf !» sonore du fond trompeur. L'argent encaissé, le puits redevenait le trou qu'il était, comme la poche de l'Etat et le nationalisme de son pétrole. Il suffisait pourtant de creuser un peu plus pourtant pour découvrir de l'eau et finir par être riche plus qu'avec un chèque volé. Pourquoi certains Algériens y sont-ils allergiques ? A cause du pétrole dit la sociologie des bains maures. C'est vrai, mais pas uniquement. En 1962, le pays a été plongé dans une course folle vers les derniers plats chauds des colons en débandade, les derniers meubles, les villas vides et les casques oubliés. Le butin s'est tari certes, mais il en resta cet instinct qui donne du frémissement et de la salivation à l'Algérien face au bien public. En Algérie, un homme idiot n'est pas idiot parce qu'il n'a pas de cerveau, mais parce qu'il n'a pas su profiter et prendre sa part et demie, même s'il ne s'agit que d'une datte en plein Sahel. Un Algérien intelligent est un Algérien débrouillard et un Algérien inutile est un Algérien qui écoute les «plouf» au fond de Hassi Messaoud.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Juil 10, 2008 10:03 am

"Tahete li wahda mene essab'ha " wallou Mr Kamel daoud el youm!!!! Sad Sad Sad
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widedangel

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Juil 10, 2008 11:39 am

La Mauritanie va bien

par Ahmed Saïfi Benziane

L'actuel président mauritanien affirme réellement sa volonté d'être un quatre-quarts de président sans l'avoir annoncé publiquement. Dans un pays plus grand qu'un territoire pour une population qu'on pourrait installer dans un café maure chinois, et une côte où se bousculent de vrais pêcheurs venus de partout, on vient d'assister à l'affirmation de ce que devrait être un Etat.

L'après-Val, dont l'Histoire retiendra le courage et l'honnêteté politique, paraît avoir bien utilisé les bons ressorts de la démocratie. Ceux qui consistent à défendre la pluralité tant qu'elle ne touche pas à la stabilité des institutions et qui renvoient l'armée à ses véritables missions de défense du pays. Pour un pays pauvre à en mourir, né d'un découpage franco-mauresque et dont la société ressemble à une mosaïque ethnique et linguistique, il paraît d'emblée difficile de tenir au garde-à-vous un général qui représente la seule force nationale a priori. Connaissant le rôle des généraux dans les pays pauvres et leur capacité à ne laisser aucun gouvernant s'afficher comme un quatre-quarts de gouvernant, il y a quand même un risque.

Mais en Mauritanie, il y a Val, devenu malgré lui le garant des écuries tant politiques que militaires. L'homme est venu au pouvoir pour en repartir, après avoir balayé devant la porte de la présidence. Juste le temps de balayer, ce qui lui a valu le respect de la communauté internationale qu'il conserve comme un bien sacré au cas où.

L'actuel président, se sentant fort de la réputation de son prédécesseur, agit en conséquence et va jusqu'à annoncer le départ de ce qui ressemble à notre Assemblée nationale dans la forme: dissolution dans le cadre de la constitution.

Cela fait jaser l'opposition, cela donne de la matière au débat et enrichit la presse mauritanienne libérée des contraintes réductrices. Voilà comment on gouverne en Mauritanie en 2008. Qui l'aurait cru il y a encore quelques années ?

Cela appelle à l'analyse de la situation selon laquelle lorsqu'une société se détourne de son destin national et finit par pervertir ses institutions et son peuple, le changement, ou plutôt le sauvetage ne peut venir que d'en haut. D'en haut, les choses sont plus visibles, les moyens sont disponibles et la volonté se transforme plus rapidement en actes. Dont acte.

Quel est donc aujourd'hui le pays arabe ou même africain qui peut prétendre à de tels changements sans que l'armée ou les groupes d'intérêts financiers n'y mettent le nez ? Rare. Même le Sénégal, qui a annoncé quelques espoirs à l'arrivée de Wade, est tombé dans le jeu du despotisme et du culte de la personnalité. La Mauritanie, dont nombreux étaient ceux qui s'amusaient de son suivisme et de sa pauvreté, est en passe de devenir un exemple à suivre parce qu'elle le vaut bien.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Sam Juil 12, 2008 9:26 am

Ce pourquoi ce peuple a le teint jaune

par Kamel Daoud
Deux grandes lois en Algérie : la loi du bras le plus fort et la loi du bras le plus long. Une anecdote vécue dans une poste algérienne par le chroniqueur. Pour ouvrir un compte CCP, on explique au guichet qu'il faut des documents et des formulaires et un délai. Lequel ? C'est selon le tarif. Par la voie normale, cela vous prend deux mois ou plus. « Si vous connaissez quelqu'un, cela prendra quinze jours ». C'est cela la loi du bras le plus long.

Ce n'est la faute ni du ministre, ni de son discours de modernisation à puce. C'est quelque chose que l'on pratique du sommet de l'Etat à ses chaussettes et pas seulement dans les postes algériennes. Une voie sèche et une voie humide, comme pour les alchimistes. Cela se pratique partout dans le pays, ses entreprises et ses administrations, et cela est intégré par la psyché de l'Algérien comme une procédure naturelle, normalisée et tout à fait logique. Vous pouvez payer une facture, obtenir un document, une fiche de paie, un remboursement de médicament, une information, un sourire ou du ciel bleu par la voie longue ou par la voie courte. En attendant que cela se fasse ou en aidant le temps à ne pas prendre trop son temps.

Le long de votre vie, vous vous endettez ainsi par une sorte de retrait à découvert dans la « banque des services » auprès de gens qui vont à leur tour vous réclamer un service à rendre à leur tour. Ainsi, la totalité des services rendus par des Algériens à d'autres Algériens dépasse la dette interne, explique le teint jaune des Algériens et leur neurasthénie légendaire. Car à force de chercher à chaque détour une « connaissance », vous vous avilissez, vous vous aplatissez, vous participez à la grosse félonie nationale sans le vouloir et vous devenez « comme eux ». Le recours à la voie courte, et tous les Algériens le savent, vous enlève de votre dignité et vous rappelle trop cruellement votre dépendance et votre aliénation.

Après la sollicitation d'un service, on se sent toujours un peu diminué
, veule, proche d'une sorte de saleté intime et redevable d'une manière tellement imprécise qu'elle ouvre droit à toutes les exagérations de la part de votre « connaissance ». Et au plus profond de l'archéologie du drame de ce pays, c'est ce sentiment qui explique la mauvaise foi nationale et le désir de partance collective.

Que fuient certains Algériens ? Cet univers de « services » rendus ou à rendre pour vivre dans d'autres systèmes plus normalisés, où l'on fréquente un ministre ou un wali sans le regarder comme une corde ou un levier, et où on peut retirer un extrait de naissance sans embrasser la peau huileuse d'un bonhomme qui vous regarde comme on regarde une mouche de trop près.

La « voie » courte du bras le plus long explique beaucoup de choses dans ce pays: d'abord le teint de son peuple, comme dit plus haut, mais aussi les haines réciproques, l'indignité et la colère. Cela donne des moments dans la vie d'une personne où l'on se promène tête baissée, les bras inutiles et la silhouette écrasée contre les murs, pour échapper au poids immense de cette dette contractée auprès de tous pour pouvoir vivre. Vivre ? Peut-être même pas. Seulement ne pas crever dans les salles d'attente.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Dim Juil 13, 2008 8:28 am

A peuple assis, des élus courbés

par Kamel Daoud
C'est une conséquence logique : plus l'Etat revient vers l'économie administrée, les prix soutenus, les offices et les soutiens alimentaires, moins vous avez droit d'élire des gens, de les choisir ou même d'en avoir besoin. C'est ainsi: celui qui décide des prix et des plats, décide de la mode de gouvernance. D'où ce mouvement lent, clandestin, caché et sournois qui se dessine depuis quelques mois, sinon plus, dans le pays: une augmentation du nombre et des pouvoirs des «Désignés» et un isolement et une exclusion, au balai, des «élus». Ces derniers, selon ce qu'on a affirme au chroniqueur, ne participent plus aux ventilations des terrains dans le cadre du CALPIREF, ni ne font partie des commissions qui «montent» à Alger pour arracher les budgets et avaliser les projets. Tout se passe, désormais, entre l'Etat et lui-même, sans élus, ni contrepoids, ni sollicitation d'avis. Voir un wali prendre la place des élus, sur un plateau télé, pour parler d'une wilaya qui lui appartient entre deux mouvements d'humeur à la Présidence, ne choque plus personne. Aujourd'hui, l'Etat a de l'argent, de la légitimité et des amitiés internationales: il peut donc se passer de la Société civile, des associations et des cheptels de notables locaux pour se donner de l'image. Dernier épisode de cette purge institutionnelle, le nouveau découpage territorial promis: avec 90 wilayas, il y a donc 90 walis -et certains se bousculent déjà aux portes nous dit-on- qui vont écraser quelques communes et donc leurs élus et leurs maires.

Ces derniers, tout juste investis des apparences de l'autorité entre deux coups de téléphone du chef de daïra, vont devoir s'effacer, encore plus, dans les dernières communes importantes qui vont être promues wilayas. On est donc passé du voeu de Bouteflika, durant son premier mandat, de dissoudre les daïras pour augmenter le pouvoir des élus, à la multiplication des wilayas pour réduire les élus à des burnous climatisés.

Pourquoi? La raison est là, sous les yeux: si vous êtes incapables de produire la nourriture qu'il vous faut, et que c'est votre Etat qui vous nourrit au baril, il est tout à fait logique de voir l'Etat prendre tous les pouvoirs et voir vos élus redevenir des cerfs-volants enturbannés. C'est ainsi: presque toutes les communes algériennes dépendent de l'argent d'Alger qui dépend de l'argent de Sonatrach et avec une telle mécanique, on ne peut pas fabriquer de la démocratie, tout juste des réseaux et des intestins. Bien sûr, il y a toujours l'idée qu'on ne peut pas donner ce pays à des élus qui sont élus par un peuple qui ne sait pas élire. Un vieil argument hérité des années 90 et que l'on reconduit un peu trop vite aujourd'hui. L'argument a servi à dégommer le Fis, il sert aujourd'hui à justifier le retour de l'auto-colonisation.
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forzi

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Lun Juil 14, 2008 11:07 am



Raïna Raïkoum du 14.07.2008:

L'insuline algérienne face à la «maladie» algérienne

On peut être Président de la RADP et ne rien pouvoir changer. Pourquoi ? Peut-être parce qu'on n'est pas Président mais seulement gérant, seulement régent. Debout au beau milieu d'une sorte d'enfer dantesque à plusieurs cercles : le cercle d'un peuple qui ne comprend rien, le second cercle d'officiers ottomans qui ne veulent rien comprendre et, enfin, un dernier cercle de tuteurs et surveillants occidentaux qui ont tout compris et même un vrai dernier cercle de Portes Sublimes en Occident, faiseurs de Deys et de leurs mutations. Il y a quelques années, en 2006, tout le monde aurait dû se souvenir de la « sortie » colérique et presque amère de Bouteflika contre ceux qui veulent couler Saïdal avant sa naissance. Un projet qui a rencontré tellement de faux-barrages que c'en est devenu risible, dira à demi-mot le Président de la RADP. « Il y a eu deux tentatives de sabotage » dira-t-il, avant d'ajouter, « Je connais tous les méandres et la responsabilité des personnes dans le fait que nous n'ayons pas abouti. Je veux que la fabrication de l'insuline soit à 100% algérienne ». C'était donc du pur officiel, de la « révélation » directe sur l'existence des extra-terrestres qui pompent et l'arrangent comme une alimentation générale sur leur route vers l'Afrique plus profonde et la preuve que le Président de la RADP n'y pouvait rien de plus que de dénoncer la chose à l'ENTV comme tout citoyen non iodé du pays profond. Des années plus tard, l'insuline de Saïdal en est au même point.

Dans un article publié depuis Jijel, on y apprend que les malades dénoncent que cette insuline-là, « nationale » et produite « in », n'est pas remboursable par la CNAS. Le pays, étant un néo-comptoir à pétrole, comme le furent les Indes pour les épices, il s'agit de ne jamais encourager la production nationale au détriment de la production importée. L'insuline importée, pouvant coûter jusqu'à 5.000 DA, elle n'en est pas moins remboursable. Celle de l'Algérie, coûtant le un cinquième, sera « excommuniée » de la nomenclature nationale par décision écrite et sur des prétextes de vignette non-conforme à la Joconde de Da vinci. On apprendra même, de sources éparses, que la « nôtre » n'est même pas encore homologuée par notre Etat à nous. Que peuvent y faire les insulinodépendants de Jijel ? Rien. Tout autant que Bouteflika qui ne peut que dénoncer, s'emporter puis revenir à El-Mouradia réfléchir sur comment on peut être le Pouvoir sans pouvoir en faire quelque chose de plus que le subir ou en rêver ou le manipuler. Cela se passe ainsi pour la pomme de terre, l'insuline, les aiguilles à coudre, les voitures...etc. L'Algérie, ayant trop de pétrole pour être libre, les Algériens important tellement de choses qu'ils y ont perdu leur brève indépendance et ils ont enfanté tellement de corsaires que personne ne sait plus pêcher la sardine sans dynamite.

« On en est même arrivé à placer des ministres rien que pour gérer et assurer les mains mises des multinationales et accélérer les dépossessions indirectes », expliquera au chroniqueur un taoïste embusqué. Est-ce vrai ? L'itinéraire de certains ministres le laisse penser. Les malades de Jijel le prouvent.


Kamel Daoud .
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widedangel

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Juil 15, 2008 10:17 am

Trop tard pour avoir un pays à soi

par Kamel Daoud

La question traverse chaque Algérien comme un fleuve incapable d'être tranquille : l'Algérie est-elle réparable? Y aura-t-il un moment de son histoire où le pays va, enfin, devenir un pays et pas seulement un pays par défaut? Et là, les Algériens ont chacun une réponse qui vaut ce que vaut la suivante.

Pour certains, l'Algérie sera réparable à partir du moment exact de la mort du dernier Algérien qui aura participé à la guerre de Libération et qui aura vécu assez longtemps, par la suite, pour la vider de son sens. Le lit de mort de ce bonhomme sera le lit d'accouchement de la vraie Algérie.

Le mal du pays venant d'une génération, la solution ne peut être que biologique, celle de la péremption. Il faut donc attendre, ce que certains ne peuvent pas faire pour raison de durée de vie trop courte: harraga, exilés légaux, mystiques internes, chiites dandy, opposants fiévreux.

Pour d'autres, l'Algérie n'est pas réparable par la biologie mais par le coup d'Etat. L'explication étant que même morte et enterrée, la génération qui a mangé ce pays vivant, va se perpétuer par des mécanismes de reproduction connus: sexuel ou mental ou par croisement entre «familles» au Pouvoir. L'enfant d'un requin ne pouvant être qu'un requin et pas une cigogne, il ne faut pas attendre que le temps fasse la femme de ménage mais s'y prendre soi-même. Comment? Personne ne sait. Certains cassent ce qu'ils peuvent, d'autres critiquent dans les cafés indigènes et les derniers exportent gratuitement leur scepticisme aux voisins comme aux lointains. Une sorte de population philosophique qui aime la révolution, mais aime encore plus la regarder puis en manger les fruits secs. D'où ce discours des opposants algériens, tous autant nobles, mais incapables de faire quelques jours de prison pour l'Algérie ou de recevoir quelques coups de matraque à sa place. Pour les derniers, enfin, l'Algérie n'est pas réparable: le mal est profond comme les puits de pétrole. Et plus on creuse, plus on en trouve. Que faut-il faire? «Rien ou seulement soupirer en essayant d'analyser les faits».

Exportant du pétrole uniquement et important tout ce qu'elle mange, voit, boit, touche, monte et porte, l'Algérie est absolument dépendante.

Le peuple est surveillé par des gérants indigènes qui sont surveillés par des fournisseurs occidentaux violents et stricts, capables de bombarder les usines locales et de tuer le premier qui invente une meilleure manière de produire de la pomme de terre ou d'assassiner le premier qui fabrique de l'insuline gratuite. Capables même de payer la moitié de ce peuple pour qu'elle tire sur l'autre moitié. Aucun moyen d'être indépendants donc ou de réparer l'Algérie de l'intérieur. Les fournisseurs étrangers sont capables de tuer les gérants locaux qui sont capables de tuer la moitié du peuple pour que rien ne change.

D'où le constat: l'Algérie est irréparable. Comme certains pays en voie de dissolution. Dans le cadre de la globalisation, il y a de ces géographies qui vont retourner, peu à peu, au statut de comptoirs commerciaux, jerricans régionaux ou simple parc de fixation pour populations inutiles. Un terrible devenir qui guette les gens comme nous, assis sur une terre comme celle-ci, ruminant une mauvaise herbe comme ce qui précède.
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djamal



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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Juil 15, 2008 12:01 pm

Et les solutions ou la solution M. Daoud?
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Abdallah

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Juil 15, 2008 12:14 pm

djamal a écrit:
Et les solutions ou la solution M. Daoud?

Et pourquoi ça se serait à Kamel Daoud ou a Chawki amari de trouver des solutions ? ce n'est pas ce qu'on leur demande non ? Ce ne sont que de simples billetistes, observateurs sans concessions de l'actualité, rien d'autre. Par contre, il y d'autres personnes qui sont payés pour trouver des solutions, mais cela est une autre histoire
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widedangel

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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Sam Juil 19, 2008 11:58 am

Poudre noire et tourisme gazier des Allemands ou de leurs voisins


par Kamel Daoud



Pour bien comprendre, il faut s'imaginer un peu l'actualité
nationale d'une île créée sous la forme d'une pirogue fixe, produisant
uniquement de la vanille et des tambours et sur laquelle débarquent parfois des
hommes blancs pour discuter prix, livraison et récoltes, tout en parlant
culture, rapprochement, dialogue et coopération. La fable risible étant le seul
moyen de rendre visible cette comédie facétieuse qui a tendance à devenir un
protocole d'idiots entre indigènes semi-nus, forts
d'un drapeau et d'un puits, accueillant au rivage les Merkel
et les Sarkozy, venus négocier le prix des récoltes gazières ou vendre de la
poudre noire, tout en discutaillant, pour les oreilles du peuple serti de
fausses perles, de quelques échanges de danseurs, de tambours et de quelques
verroteries offertes gratuitement dans le cadre du
rapprochement des peuples sans rapprochement de leurs géographies.


Quelques jours seulement après le couscous gaulois de l'UPM, c'est donc les Allemands qui débarquent chez nous et
pour des raisons, les mêmes, d'approvisionnement en gaz à motiver encore plus
et pour discuter de ce que nous sommes pour eux: des réservoirs énergétiques à
secouer ou à triturer comme on le faisait autrefois des arbres à caoutchouc et
des indigènes trop nus pour demander plus que des aiguilles à coudre et des
fusils de chasse.


Cela fait partie de l'histoire de l'humanité, des rapports
entre ses géographies déséquilibrées mais il devient gênant d'avoir à consommer
encore une fois, des siècles après les fins des nouvelles terres, les ravages
du scorbut exporté vers les tribus à convertir et à exploiter, et après tant de
livres écrits sur la péremption des époques de Magellan, ce genre de discours
qui nous vient des Allemands aujourd'hui ou de leurs cousins hier. Arrêtons de
parler de dialogues et de coopérations par échanges de danseuses de ventre
contre des rétroviseurs en plastique, alors qu'il s'agit de cet essentiel qui
est sous les yeux: l'énergie, son gaz, son pétrole et les armes pour les
surveiller tous.


Arrêtons de caresser les plumes des chefs indiens, et
arrêtons, chez nous, de nous croire porteurs d'une culture rare, d'une
politique universelle ou d'une importance mythique capable de nous attirer
l'intérêt de leurs collectionneurs de vision du monde, alors que nous ne sommes
qu'un petit peuple accroché à un jerricane convoité, situé, comme une pompe à
essence hollywoodienne, sur une longue route déserte animée par des buissons et
des conflits de tribus.


Il y a loin entre être traversé, en son milieu d'âme, par
le Nil ou l'Euphrate et être traversé par un pipe-line. Les premiers ont
produit des pyramides et Bagdad, le second pas plus que des barils et quelques
régimes politiques secs que les chefs blancs viennent nommer et renommer à tour
de rôle.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Dim Juil 20, 2008 11:16 am

Le coup de téléphone remplace le coup de sabre


par Kamel Daoud


Voici
résumé, dans son essentiel, le fonctionnement de l'Algérie depuis quelques mois
: « Lorsque j'allume la télé, l'Algérie existe. Elle dure une demi-heure, entre
huit heures et huit heures et demi. Lorsque j'éteins
la télé, l'Algérie n'est plus là ». L'anecdote est vraie et a été récoltée
auprès d'un taxieur par un collègue. Il y a des
moments, cependant, où même l'ENTV n'arrive pas à
filmer l'Etat algérien pour son compte-rendu journalier et ce, pour défaut
d'activité. Que dire en effet lorsque le Président ne parle plus à son peuple, nomme
et renvoie ses Chefs de gouvernement avec son téléphone ? Comment confectionner
un journal télévisé sans pouvoir dire que le tiers des ministres est en
vacances, l'autre tiers en déménagement annoncé et le dernier en attente de
mutations ? Comment peupler l'ENTV lorsque le
Président de la RADP
ne parle qu'à lui-même ou seulement aux Présidents
étrangers et lorsque l'essentiel de la vie politique et de déchiffrer ce qu'il
veut vraiment ? Que faire lorsque dans un pays le pouvoir est à l'ouest, le
pétrole au sud, les meilleurs commerçants à l'est et le vide est au centre ? Le
peuple a besoin d'une histoire valable à mâcher en regardant les dunes et les
poteaux et c'est cette histoire qui commence à manquer justement et au plus
haut niveau de l'Etat, c'est-à-dire au niveau de cette fenêtre souveraine, dont
une face ouvre sur le ciel et l'autre sur le 3ème mandat, qui est assez grande
pour laisser passer un avion mais tellement étroite qu'elle empêche la lumière
d'entrer et d'éclairer l'avenir. Que veut l'Algérie aujourd'hui ? Elle ne le
sait pas, ni elle, ni son ENTV. Cette ignorance crasse et nationale est même
partagée dans les bureaux les plus officiels. L'explication étant que lorsque
le Pouvoir est concentré en un seul endroit, tout le reste du peuple n'est plus
que portiers et factotums. Et si, dans le tas, on a géré des procès, des
banques, des scandales et des maîtresses par téléphone, pourquoi faut-il
reprocher au Président de la RADP
d'avoir changé la tête de son gouvernement entre deux coup de fil, en vingt
minutes, entre deux heures après midi, deux jours après le départ du Premier
ministre français ? Tout le monde sait, en fin de compte, que les entreprises
de téléphonie est ce qui prospère le plus dans ce pays. Une blague racontée au
chroniqueur : un étranger plus deux Algériens qui se parlent au téléphone est
la définition exacte des IDE, investissements directs étrangers. Les choses
sont sérieuses lorsqu'il s'agit d'un Président de plus en plus étranger avec
deux Algériens interchangeables à qui il parle par téléphone. Là, on est dans
l'oisiveté directe, entre nationaux.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Lun Juil 21, 2008 12:23 pm

Dérives sur le Nil intime

par Kamel Daoud

La grande question de la RADP qui roule: que savent faire les Algériens mis à part vendre du pétrole et s'acheter les uns les autres? Car si l'échec national est un drame très national, tout le monde sait aussi que le succès est néfaste pour les Algériens: il ne leur sied pas et leur disperse les os dans les conversations jalouses et la rancune intraduisible.

Que fait un homme d'affaires algérien lorsqu'il réussit ses affaires? Il construit une villa avec des locaux en rez-de-chaussée, achète une nouvelle femme et «ouvre» des KMS pour ses enfants qui n'ont rien appris comme métier, pas même celui de leur père. Preuve par l'évidence que nous ne sommes pas la Corée du Sud et que la petite PME algérienne se résout par un pèlerinage à La Mecque pour laver les os des dérives de la chair au lieu de transmuer en une multinationale.

Autre question: que fait un Algérien lorsqu'il prend le Pouvoir? Il le garde, puis le met sous son bras, puis ferme sa porte, réunit sa famille, sa mère et ses frères et décide de ne plus jamais ouvrir la bouche de peur qu'on ne lui vole le morceau de pain. La prise de Pouvoir en Algérie finit toujours par une démission, un licenciement, une mort ou par la contemplation des aquariums ou le décompte des ennemis. Cela ne sert pas à développer le pays pour qu'il puisse marcher sur la lune mais à développer le pouvoir pour ramener la lune sous ses propres pieds. Autre question encore une fois: que fait un Algérien lorsqu'il construit une usine ou lance une récolte? Il se fait avoir. Soit par l'Etat qui coupe l'électricité ou par les vers néfastes qui coupent les racines. Les producteurs de tomates à l'Est en savent quelque chose. Un Algérien qui construit, aujourd'hui, une usine peut la garder pour la prendre en photo. Après avoir importé les machines, les boulons, les vis et les modèles à tisser, il reste encore à trouver des Algériens qui savent faire quelque chose dans un pays dont le seul mérite, après des siècles de colonisation, est d'avoir chassé les derniers venus, au lieu d'attendre qu'ils s'usent. Les fournisseurs étrangers en profitent, là aussi, pour consentir des rabais sur les machines mais des surfacturations sur les ressources humaines et les encadreurs. Les maigres patrons algériens en savent un bout, dans un pays dont les trois quarts sont du Sahara et le un quart restant un désert. Que faire alors? Chacun sa solution. Le Père de famille sans héritiers dignes de lui, se retourne vers Dieu ou sa nouvelle femme. Le dictateur se tourne vers les étrangers et sa mère. L'agriculteur bloque la route et menace de suicider ses récoltes. Le patron de la petite entreprise se tourne vers ses fournisseurs ou vers les banques et vendeurs de ferraille. L'Etat se tourne, enfin, vers les Chinois ou les Portugais pour partager la surfacturation, assurer les délais et remplacer le peuple par des ouvriers. Que feront les Algériens pendant ce temps-là? Rien. Il y a, dans ce pays, des wilayas où il fait tellement chaud et où le soleil est si proche des cheveux que la vie peut y avoir le coefficient d'une Omra. «Cela mérite déjà un salaire», pensent certains. Pourquoi pas? Après l'indépendance, on peut tout demander à l'indépendance.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mar Juil 22, 2008 2:21 pm

Le scientifique et le vol à la tire

par Ali Babès

Les cybercriminels sont là, prêts à commettre leurs forfaits en Algérie. Avec le développement des nouvelles technologies, l'Internet est devenu un passage obligé pour un genre particulier de criminels pour ratiboiser non pas les citoyens, mais les institutions financières et les banques dans les pays développés. Cartes magnétiques décodées, accès aux réseaux sécurisés, transfert électronique de fortes sommes d'argent et tutti quanti font partie des crimes célèbres de ce nouveau genre de bandits du Web. La police algérienne, bien évidemment, se prépare à ce nouveau genre de criminalité, d'autant que le banditisme dans le pays est en train d'évoluer vers de nouveaux créneaux. Selon le directeur de la Sûreté nationale, M. Tounsi, près de 70 % des succès dans les enquêtes policières sont obtenus grâce au perfectionnement des méthodes et des techniques de la police scientifique. Toujours selon le DGSN, la police scientifique algérienne permet actuellement d'avoir des «preuves légales et scientifiques pour confondre un criminel sans même essayer de le brutaliser ou de le menacer». Avec le passage presque sans transition du socialisme au capitalisme, avec le penchant pour notre commerce d'aller vers le système de «bazar», il est clair que le banditisme aura également évolué vers d'autres types de délits, de crimes et de méfaits. Et c'est le patron de la police algérienne qui l'affirme: cette modernisation est d'autant plus nécessaire que de nouveaux types de crimes commencent à faire leur apparition dans la société. En réalité, dans les grandes villes du pays, les vols à la tire, les «délestages» de ménagères ou de vieux retraités ou les agressions d'automobilistes sont devenus monnaie courante, au point que certaines artères à Alger, Oran ou Annaba et Constantine sont soigneusement évitées par les citoyens. Car devenues des coupe-gorge. Là, pas besoin de moyens modernes ni scientifiques pour assurer la quiétude de riverains de grandes artères commerciales, mais d'une présence bien dissuasive des hommes en bleu pour les petits chapardeurs, qui deviendront grands si rien n'est fait pour quadriller les zones potentielles du grand banditisme urbain. Et, dans ce registre, il y a lieu de mentionner que le vol de voitures qui a augmenté au point de devenir proprement inquiétant. Et au même rythme que l'achat de voitures neuves. Moderniser la police nationale, c'est bien, la rendre efficace à 100 %, c'est encore mieux. Et tout le monde applaudira.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Juil 24, 2008 11:56 am

Un renard US pour une histoire algérienne

par Kamel Daoud

La tentation est terrible d'y voir un clin d'oeil du cosmos, fripon divin, au peuple algérien. Jugez-en : une sorte de renard, une « mouffette » plus précisément selon les spécialistes, a été découvert dans un conteneur de pièces détachées à destination d'entreprises étrangères au sud algérien. L'animal, chargé de transmettre un message subliminal, a survécu pendant les trente jours de la traversée entre son pays d'origine, les Etats-unis, de Huston dit-on, et jusqu'à Mostaganem, en Algérie, en Afrique, derrière la création. Le faux renard sera donc, selon notre correspondant, traité selon les droits de l'homme imposés par l'Occident, bien reçu, fouillé, examiné par un vétérinaire et transféré vers un zoo. L'histoire se suffit donc à elle-même et n'a pas besoin de commentaires. Tout Algérien peut écrire la suite de la chronique, tout seul, dans sa tête et en riant jaune de lui-même. Car si certains persistent à montrer que Dieu peut écrire son nom sur le dos des poissons, faut-il s'étonner de voir la biographie du tiers-monde résumée dans la harga d'un seul renard ? Et c'est là que la tentation devient irrésistible : on peut être nationaliste intime, fier de sa terre mais sans en faire une médaille en plastique, soucieux de ne pas blesser les gens même s'ils sont morts depuis leur indépendance, on ne peut s'empêcher de voir dans cette histoire, une histoire comique et cosmogonique. Ce genre de comique où le cosmos résume parfois son rire secret pour alléger le poids qu'il a sur les épaules de ses habitants et dont certaines religions font cas à desseins de psychologie des profondeurs. Car, immanquablement, on se remet à penser à ce parallèle désastreux pour notre image, entre l'histoire de ce renard et l'histoire de nos harraga. Immanquablement on se met à répéter, que là où les hommes valides fuient vers l'Occident pour y vivre, les animaux immigrent vers nos pays pour s'y confondre. Inévitablement, on se met à pérorer que le renard a eu droit en Algérie à ce que les harraga ont parfois droit, ou en rêvent, en Occident : un vétérinaire, un peu de respect, un bon accueil et un zoo en attendant l'éclaircissement de la situation administrative. On pourra résister autant que l'on peut, ce faux renard aurait fait la joie d'un De la Fontaine de la droite française, travaillant au journal « le Figaro » et auteur de quelques livres sur les invasions barbares. On pourra éviter autant que faire se peut la conclusion, mais il se trouve que ce renard Us a été mieux traité que les animaux locaux du parc d'El Kala et sans aller jusqu'à s'insulter en parlant du reste de l'humanité locale. Il s'agit d'une sorte de signe malicieux sur les grands mouvements migratoires qui vont redessiner le monde : les animaux vers le sud, l'humanité vers le nord, les noyés au milieu. Pourquoi ? Parce que c'est selon. Toute peur de faire dans le cliché ne pouvant repousser cette conclusion plate : où peut vivre un bon faux renard ? La réponse est évidente. Ceci pour le ricanement. Pour le reste, il suffit d'approfondir la méditation : le plus tragique dans cette histoire qui participe de l'accident ou de l'exportation frauduleuse d'un animal dans un conteneur de pièces détachées, c'est qu'elle provoque automatiquement une seule interprétation féroce, une seule lecture impitoyable de son propre réel qui n'attend que ce genre de gratuité pour y fonder les raisons de son amertume, de son désespoir. Si on voit déjà une moquerie impersonnelle dans l'histoire d'un renard bien accueilli chez nous, venu au pays caché dans les caisses d'un navire, c'est que déjà tout se moque de nous et que nous ne valons presque plus rien au yeux de nos reflets dans les miroirs de l'époque. Au point de se voir résumé dans le cas d'un seul renard.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Jeu Juil 24, 2008 11:57 am

L'absolue tristesse des TV arabes

par Kamel Daoud

Comme autrefois sur les bas-reliefs des temples et des civilisations mortes, aujourd'hui, c'est en regardant les télévisions de certains pays arabes que l'on peut déchiffrer la tristesse du sort de leurs peuples. En Algérie, en Syrie ou en Libye ou le Yémen, etc., il suffit d'allumer la télé pour éteindre la joie. L'oisiveté, qui est la mère adoptive de la télécommande aujourd'hui, vous fait déboucher parfois sur ces affreuses chaînes satellitaires que certains pays arabes financent pour vendre leur image et démontrer que leur terre existe, ou du moins qu'elle insiste. La qualité d'image est y triste comme une vidéo spirite de l'au-delà et des vies après les morts, les présentateurs y sont coincés à la gorge, le peuple y a l'air d'être un indicateur ou un délateur anonyme et les dirigeants y sont bavards ou vaniteux comme des paons.

La déréliction y est si énorme que l'on se demande comment on peut la supporter de l'intérieur de ces pays avant de se souvenir que l'on y vit soi-même, à zapper pour alléger le cosmos local et en électrifier les zones sombres de l'avenir. Pour le reste, cela se ressemble où que l'on aille: les TV satellitaires arabes pauvres font dans le même menu et avec le même décor, drapeaux géants, images d'inaugurations historiques, vieux martyrs tombés en poussière et portrait en pied du dictateur du moment. On y vend quelques folklores décharnés en guise de cultures, un président ou un roi accomplissant le tour du propriétaire, entouré par un peuple qui y a l'air d'être l'invité de trop et que l'on appelle à témoigner qu'il mange bien et que la construction des trottoirs avance bien vers la conquête de la lune.

On y sent le poids de la censure, celle des «services» et celle des combines entre producteurs et unique client, la télévision nationale. On y retrouve une sorte d'Islam pâle comme un fonctionnaire néo-socialiste, chargé de souder le front du peuple au sol le plus proche et d'expliquer la création en doublant avec une voix grave en off, quelques documentaires sur les fonds marins et les formations du foetus. Parfois on y retrouve de vieux films tellement rediffusés que les spectateurs peuvent y jouer dedans et des reportages sur des activités culturelles et des fêtes nationales tellement ennuyeuses et ridicules que l'on en a honte. D'autrefois, on y diffuse quelques monstruosités politiques, chargées de violer la tête par les oreilles et de convaincre tout le monde que le pays local est le centre du monde convoité par les Américains, courtisé par les Français et défendu par une armée locale alourdie de médailles en fer blanc comme il se doit.

Un exemple: la Libye. En zappant, le chroniqueur tomba par hasard sur une énième conférence du Roi Kadhafi expliquant, avec sa légendaire voix morne et marmonnante, à un parterre de blondes étonnantes et de jeunes blancs studieux, l'avenir du monde et ce que lui va en faire. Il s'agissait d'une conférence sur l'impact du «Livre vert» sur l'Ukraine et les invités étaient des jeunes Ukrainiens venus voir d'où vient la lumière du monde et qui a inventé l'éclairage des âmes. De quoi demander l'asile au ventre de sa propre mère. Et c'est avec ce genre de télévisions que l'on essaye de garder les enfants de son peuple, que l'on va crier en haut des montagnes les magnificences de ses mandats et que l'on veut prouver à l'Occident que nous avons une âme, contrairement aux indiens qu'ils ont exterminés et alcoolisés. Selon les légendes spirites, une âme défunte se reconnaît parce faite qu'elle n'a pas d'images et qu'on ne peut pas la prendre en photo. Pauvres peuples arabes des pays arabes pauvres et féroces ! Il ne leur reste que les danseuses libanaises, inaccessibles... pour rallumer les vies.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Sam Juil 26, 2008 5:07 pm



Raïna Raïkoum du 26.07.2008:

Les Suisses vont savoir ce qu'est être arabe sans pouvoir

Vue de loin, de vraiment loin, il s'agit d'une histoire banale et tribale : un homme puissant et riche réagit très mal à l'arrestation de son fils chez une autre tribu plus riche et plus puissante. Il entre en colère, menace et passe aux actes pour laver l'affront et sauver la face. Cela peut s'expliquer par l'amour, le sentiment filial, la solidarité. Mais là où cela ne s'explique pas ou seulement par le ridicule, c'est quand on y utilise tout un peuple, les moyens de l'Etat et la scène internationale pour des démonstrations de force et des chamailleries de paliers d'immeubles. L'épisode Kadhafi-Hannibal-La Suisse est passé, en trois jours seulement, du banal au sidéral. Pour punir les Suisses qui ont le malheur d'être blancs et occidentaux, sans être puissants et américains, Kadhafi a coupé le pétrole, pris en otage quelques Suisses hommes d'affaires, refoulé le reste, interdit les navires et peut même revenir à ses anciennes manières à l'époque de sa délinquance internationale. Tout cela pourquoi ? Parce que son fils et la femme de son fils ont été arrêtés par la police suisse pour une histoire de violences sur domestiques. On sait les Suisses poliment racistes parfois, diplomatiquement xénophobes parfois, avec une police qui peut avoir la main lourde ou le geste gratuit, mais de là à impliquer tout un pays et pousser tout un Etat à se conduire comme des supporters de ring, il y a quelque chose d'affreux qui s'offre à voir pour le reste des pays de cet univers. Comme tout bon Père, Kadhafi avait le droit de réagir pour sauver son fils mais ce qui choque et laisse voir à quoi servent les Etats arabes, c'est cet usage de toute une nation aux fins d'un problème familial. Ce qu'il y a de ridicule, c'est ce recours au moyen de la chamaillerie pour faire passer le message : prise d'otages, embargo, promesses de vengeance...etc. Les Suisses, et donc tous les Occidentaux moyens, ont là l'occasion rare de sentir ce que ressent un homme du peuple, un piéton arabe, un policier de circulation ou un chef de brigade, lorsqu'il a le malheur de tomber sur le fils d'un ministre ou d'un chef d'Etat, de lui demander de serrer à droite et de montrer ses papiers. Les Occidentaux ont là une occasion pédagogique de partager avec les peuples du tiers-monde arabe, la facture et les conséquences d'un simple geste de lèse-majesté et de comprendre que si, pour eux, il s'agit de se faire couper les approvisionnements, pour le simple citoyen piéton, de ce côté-ci du réel, il s'agit de se faire couper les jambes, et là on est dans la politesse. La nouvelle crise de Hannibal le fils contre la chocolaterie internationale démontre, on ne peut mieux, ce que sont les Etats pour nos chefs d'Etat et ce qu'est le pouvoir pour ceux qui le possèdent et nous possèdent avec lui. Car les Suisses ne savaient pas, de science certaine, ce que tout arabe sait dès l'âge qu'il faut : le pire dans un régime, ce ne sont pas ses dictateurs mais leurs progénitures, parents, proches et frères. Ceux-là ont l'avantage d'avoir le pouvoir sans avoir de compte à rendre, et de pouvoir punir sans se gêner, de consommer sans payer et de décrocher des marchés sans même sortir de la crèche. Les hommes d'affaires arabes, les petits politiciens de secondes zones et les hommes d'affaires occidentaux peuvent vous en raconter des histoires sur les histoires des fils de dirigeants, leurs caprices, leurs jouets favoris, leurs scandales et leur méchanceté. Dans ces régimes clos et familiaux, les plus intelligents savent que le meilleur moyen d'approcher un leader du moment, c'est de faire rire et sourire ses fils et le meilleur moyen de lui signifier son fin de règne, c'est de s'attaquer justement à ses fils et parents. Et là, si les Suisses partagent rarement leur argent, ils ont au moins la chance de partager avec nous un peu de nos misères d'âmes. Question donc : que vont devenir les Suisses ? Ils seront punis mais resteront en Suisse. Une chance que n'a pas le policier qui arrête le fils d'un ministre pour excès de vitesse meurtrier dans des pays comme les nôtres.


Kamel Daoud .
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Dim Juil 27, 2008 7:41 pm



Raïna Raïkoum du 27.07.2008:

«La solitude est un cercueil de verre»

Si Messali est mort seul, et même avant de l'admettre, il a légué une tradition pour les leaders : le populisme. Une façon de parler au peuple comme s'il existe et de s'adresser à lui comme s'il est le plus important après la terre et le drapeau. Tous les Présidents algériens savent ou ont su, dès le début, qu'ils sont désignés, avant de l'oublier généralement lors de leur 2ème mandat. Là, au sommet de la colline qu'ils prennent pour une montagne, ils se mettent à croire l'artifice le plus puissant de l'histoire politique algérienne : le populisme peut déboucher sur la popularité et, par la suite, sur la preuve que le peuple existe vraiment. De là, le saut est vite fait : les Présidents algériens se mettent à croire que c'est le peuple qui les a vraiment élus, qu'il est puissant et peut faire contrepoids à ceux qui choisissent les Présidents. Généralement, c'est à ce moment exact de myopie que commence le coup d'Etat qui peut être un coup, une caresse, un mouvement du doigt, un attouchement ou un simple hochement de tête. L'essentiel est que, à une époque ou à une autre, les désignés algériens croient vraiment que le peuple existe et se mettent à le chercher et à chercher à le rencontrer. Et c'est là que le spectacle devient pathétique, presque émouvant : un Président désigné, isolé, gigotant dans sa solitude incassable, multipliant les occasions pour provoquer le rendez-vous : sorties sur terrain, rassemblements de maires, discours à la télé, contact discret avec des gens de la terre, nominations de complaisance, messages dans la presse...etc. De vraies stratégies d'amours adolescents, une vraie histoire d'amour entre deux balcons, otages de deux fenêtres. Un moment lourd de sens mais proche du cinéma hindou et de la psychologie du sortilège indépassable car, à chaque fois, il s'agit d'une tromperie. Le Président, étant à chaque fois entouré et pris en otage soit par un peuple de fiction, transporté par bus et payé à 200 DA l'unité, soit poussé à croire que le peuple est dangereux, armé et que c'est une mauvaise fréquentation, soit convaincu que le peuple veut lui vider les poches, lui prendre les réserves de changes et élire un autre « malien » à sa place. A chaque tentative, le Président du moment est camisolé dans des effets de foules colorées, enfermé dans des décors de baroud et de fantasia qui l'empêcheront de chercher le peuple plus loin que les bains de foules. A la fin, que fait le Président du moment ? C'est au choix : il peut croire que le peuple existe vraiment, continuer de le chercher et finir hors de la Présidence. Il peut désespérer et mépriser ce peuple justement parce qu'il n'existe pas et peut vous laisser tomber à peine l'oraison funèbre de Boumediene lue. Il peut réunir les autres élus du peuple, les maires et partager avec eux la tristesse d'être élu par le peuple mais dépendant d'un chef de Daïra. Il peut aussi déclarer que le peuple n'existe pas et se contenter de se faire réélire par les Occidentaux et quelques locaux très puissants. A la fin, il n'y a qu'une seule vérité difficile à admettre : le populisme n'est pas la preuve que le peuple existe. Comme pour certaines femmes, il vaut mieux voyager vers elles que y arriver. Trop de peuple tue le peuple dit un faux proverbe : c'est notre cas : il ne nous reste que le nombre, le ventre et la langue qui fait le tour de la terre.

Un bon Président doit se chercher ailleurs son emploi que chez nous et doit chercher autre chose que de nous rencontrer. Messali l'avait payé très cher à son époque. « Il est des vérités qui peuvent tuer un peuple » a écrit un français. Nous, c'est l'indépendance qui nous tua.



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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Lun Juil 28, 2008 11:29 am

La légitimité par le mea-culpa

par Kamel Daoud

Le 19 juin 1965, le Pouvoir a admis qu'il avait tort dès le 05 juillet 1962. En 79, le Pouvoir a aussi admis qu'il avait tort dès 65. En 1992, le Pouvoir a avoué avoir eu tort dès l'enterrement de 1979. Le cycle continua en 1992, puis 1994 puis en 1999. Aujourd'hui, le Président a dit la même chose face à 1.541 autres présidents comme lui, élus mais dépendant de l'aval des Chefs des daïras. Comme l'exige la désormais longue tradition, Bouteflika a avoué qu'il a eu tort depuis son premier mandat. Le problème est que, contrairement à d'autres qui l'ont précédé à El Mouradia, lui, il a ce malheur d'avoir eu tort deux fois : avec le socialisme et avec le libéralisme. Pour revenir au sujet de la chronique, cependant, il s'agit de faire un constat : le Pouvoir est toujours en retard sur lui-même et en avance sur le pays. Il prend le pouvoir, le malmène, lui fait des enfants puis déclare qu'il a eu tort avant de recommencer. On a ainsi souvent accusé le Pouvoir d'abuser de la légitimité historique et ce n'est pas vrai : la légitimité du mea-culpa est plus forte et plus grande. Il y suffit de dire qu'on a eu tort pour se voir offrir le droit de recommencer. C'est ainsi que les mea-culpa annoncent, chez nous, des bouleversements imaginaires. Dans quelque temps, le patron de la RADP pourra annoncer un autre gouvernement et avoir l'aval psychologique des Algériens. Pourquoi ? Parce que les Algériens aiment et ont de l'affection pour les gens qui avouent leur tort. Un chauffard peut vous « griller » la priorité et vous pousser vers le trottoir, il lui suffit de lever la main et de vous sourire avec un air contrit et écrasé pour vous arracher le pardon magnanime. Les colons français étaient haïs en Algérie par les colonisés, mais aujourd'hui, il suffit de les voir revenir en pèlerinage douloureux pour presque leur demander de rester et de reprendre les terres et les vignes comme si de rien n'était. Fin psychologue, le Pouvoir sait : il avoue son tort et vous revient neuf par la fenêtre. Avant ce moment épiphanique, vous pouvez vous faire matraquer, mis sous embargo par l'ENTV, isolé, empêché de prendre la parole, exclu de toutes les listes imaginables, si vous dites les vérités à votre Pouvoir de tutelle. Pourtant, se sont ces mêmes vérités qu'il va admettre par la suite, comme s'il s'agissait de ses idées propres et de ses trouvailles à lui. On a vécu la même chose avec la « Réconciliation », les réformes, les élections, les privatisations, le désastre des élections contrôlées et la politique du bonheur pour tous par injections massives de crédits et de Chinois, le socialisme et le libéralisme. Aujourd'hui, Bouteflika fait de même : il endosse le Pouvoir, prend de la distance avec les échecs tout en les acceptant, accuse l'Etat d'en face en se mettant dans la position des vis-à-vis, explique aux siens qu'ils ont eu tort mais qu'il s'agit d'une autocritique.

Et comme de tradition, en Algérie, tout le monde va se retrouver à la fois innocent, coupable, non concerné, visé, compris et exonéré. A la fin, comme de tradition, on va s'embrasser et recommencer avec une émotion plus propre. On le fait depuis l'Indépendance et même les massacres des années 90 ont fini par des embrassades et des accolades. En Algérie, le crime est impersonnel, l'Etat est personnel.
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MessageSujet: Re: RAYNA RAYKOUM   Mer Juil 30, 2008 10:32 am

Le souffre-douleur du faux libéralisme algérien

par Kamel Daoud
Temmar, vous connaissez ? Il s'agit du seul ministre algérien qui est sommé de négocier avec la bourgeoisie montante les biens de l'Etat «descendant». En plus clair: vendre des entreprises algériennes qui ne valent rien ou valent beaucoup d'argent, sans se faire accuser de l'avoir fait pour le compte des étrangers (crime d'antinationalisme), de le faire pour les privés (crime de concupiscence) ou de le faire pour rien (crime de gratuité).

Du coup, Temmar se retrouve, à chaque fois, coincé dans la position de l'homme qui doit faire quelque chose, tout en prenant mille précautions pour ne pas la faire. Le pire, c'est que ce portefeuille est placé au beau milieu de deux courants idéologiques algériens très puissants: un libéralisme imposé et professé comme solution, et un retour de l'Etat dans la sphère de l'économie, pénurie et crise mondiale alimentaire obligent.

Si Temmar vend une entreprise, il doit vendre avec, en même temps, la terre qui est en dessous, c'est-à-dire l'assiette foncière que tout le monde convoite, trouver où caser les travailleurs qui n'ont pas travaillé depuis Boumediène ou qui le font pour rien, négocier la souveraineté avec le repreneur étranger, la rumeur avec le repreneur local et le coût pour des usines qui ne valent presque rien face aux Chinois. Si Temmar ne vend pas, il sera maltraité par Bouteflika, accusé par les partenaires étrangers et le FMI, inculpé pour blocage des réformes. S'il vend, on lui demandera d'où viennent les voitures de ses enfants.

Dans tout les cas de figure, il est coupable et encore plus d'être compté parmi les proches du Président de la RADP, enfant de sa région et ministre de ses visions. Peut-on accuser un homme des faiblesses d'un Etat et des échecs de la braderie néo-socialiste ? Oui, cela permet de trouver un coupable, à défaut de trouver une sortie. Temmar étant pour le libéralisme administré ce que Sidi Saïd est pour le front social: officiellement, le patron de l'UGTA doit trouver une solution et défendre les travailleurs; réellement, il est sollicité pour sauver un statu quo et défendre les choix incomplets de l'Etat. Sidi Saïd gère des travailleurs, qui souvent ne savent plus rien faire là où Temmar gère des entreprises qui ne savent plus rien fabriquer, sauf des salaires de misère.

C'est pourquoi Temmar est là pour incarner les impasses économiques de l'Etat et payer pour son manque d'idées. Le cas ne se pose pas par exemple pour le ministre des polices, celui des soldats ou celui du pétrole. Là, l'Etat sait ce qu'il veut. Et c'est pourquoi Temmar paye: d'abord l'échec du socialisme, puis l'échec du libéralisme et l'échec du bouteflikisme. A chaque mea-culpa de l'Etat, l'Etat le cherche dans les premiers rangs pour le démettre ou le remettre sur le dos de l'âne de Djeha.
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RAYNA RAYKOUM
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