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 Ras le bol

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MessageSujet: Ras le bol   Lun Avr 28, 2008 9:01 am

Les sinistrés du séisme de 1980 en colère
Heurts dans la ville de Chlef
Les poursuites engagées contre le président de la coordination des sinistrés du séisme d’octobre 1980 pour ses déclarations sur le dossier du préfabriqué ont été le facteur déclenchant d’un mécontentement généralisé qui a fini par éclater dans la rue.
Chlef. De notre bureau
Le procès intenté contre lui par le wali de Chlef et qui devait se tenir hier a été reporté au 11 mai prochain suite aux événements qui ont secoué la région. Des émeutes ont donc secoué hier toute la ville de Chlef et ses environs, entraînant le saccage de certains édifices publics, tels que l’agence de la BEA, la recette principale de la poste, un laboratoire d’analyses médicales, le siège de la direction régionale d’Algérie Télécom, la gare ferroviaire, les sièges des directions de la formation professionnelle, de l’industrie et des mines, ainsi que le centre de services Djezzy et d’autres banques privées. Les manifestants ont tenté de s’attaquer aussi aux sièges de la wilaya, de la daïra et de l’APC de Chlef, mais ils en ont été empêchés par les forces antiémeute déployées devant ces institutions dès les premières heures de la matinée. De même, les feux de signalisation ont été arrachés et les abribus transformés en barricades. Les troubles se sont étendus par la suite aux cités environnantes et à la commune voisine de Chettia qui est considérée comme l’un des grands bidonvilles de la région. Là aussi, l’on signale des dégâts matériels causés à des structures publiques, et la route nationale reliant Chlef à Tenès, via cette agglomération, est restée bloquée pendant toute la journée d’hier. L’ampleur de la révolte était telle que le centre de Chlef s’est totalement vidé de ses occupants et donnait l’aspect d’une ville morte. Pratiquement toutes les administrations ont fermé leurs portes et les transports publics contraints de rebrousser chemin. Jusqu’en fin d’après-midi, la tension était encore perceptible et l’on craignait une reprise des manifestations. Selon des informations non confirmées, 60 personnes auraient été arrêtées par les services de sécurité. Pour beaucoup, le marasme social, la hogra et la carence manifeste des responsables locaux quant à la prise en charge des préoccupations majeures des citoyens sont venus se greffer au mal aigu que vivent les milliers de sinistrés depuis le violent séisme d’il y a 28 ans. « Non seulement on nous a privés injustement de l’aide financière qui nous était attribuée dans la loi de finances de 2007, pour améliorer l’état de nos constructions, mais en plus on s’est acharné contre les rares voix qui voulaient défendre, par la voie de la sagesse et du dialogue, nos revendications légitimes », nous ont indiqué des pères de famille rencontrés après ces événements. Cette déclaration résume l’avis général des populations qui occupent les 20 000 baraques construites au lendemain de cette catastrophe naturelle. « Comment peut-on annuler tout un dispositif de la loi de finances, approuvé par le Parlement et signé par le président de la République ? », s’interrogent-ils, tout en montrant du doigt le wali de Chlef et les élus locaux qui n’ont pas daigné, d’après eux, se pencher sérieusement sur ce dossier. « Au contraire, ils ont persisté à nous tourner le dos et à gérer cette question sensible et délicate par la manipulation, la ruse, les intimidations et la fuite en avant », ajoutent-ils encore. Mais il n’y a pas que les sinistrés d’El Asnam qui se plaignent de leur sort, les jeunes au chômage sont de plus en plus nombreux à dénoncer la « marginalisation, l’exclusion et l’absence de toute perspective en matière d’embauche ». « Les jeunes sont livrés à eux-mêmes et tous les dispositifs de soutien à l’emploi de cette catégorie de la population ont été déviés de leur objectif principal. De plus, les responsables locaux sont insensibles à notre détresse et ne font rien pour améliorer notre situation », indiquent certains d’entre eux. Il faut savoir que la population occupée à travers la wilaya n’est que de 270 000 personnes, sur un total d’un million d’habitants. On est loin, très loin même du taux de chômage officiel de 12%, d’autant que les investissements créateurs d’emplois se comptent sur les doigts d’une main. Pourtant, la wilaya a bénéficié d’une somme faramineuse au titre des différents plans de développement, soit une manne de 226 milliards de dinars qui, selon les habitants, n’a pas eu l’effet escompté sur leur quotidien et n’est pas utilisée à bon escient. « Voyez l’état des routes, la montée du chômage et des maux sociaux, la saleté qui envahit nos villes, et vous avez une idée sur la situation qui prévaut dans notre région martyre », soulignent en résumé les Chélifiens.
A. Yechkour
(el watan 28/04/2008)
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Lun Avr 28, 2008 9:05 am

le quotidien d'oran (le 28/04/2008)


Des édifices publics incendiés et d'autres saccagés Emeutes à Chlef

par Abbad Miloud Et H.Barti

De violentes émeutes ont éclaté, hier, dans la ville de Chlef où plusieurs édifices publics ont été saccagés, incendiés et pillés. Les actes de violence se sont ensuite propagés à la commune voisine de Chettia.

Les échauffourées entre forces de l'ordre et des centaines de jeunes qui se sont poursuivies jusqu'à une heure tardive de la journée d'hier dans certains quartiers de la commune de Chlef se sont soldées par des dizaines de blessés, de part et d'autre, dont certains ont été admis à l'hôpital dans un état qualifié de «grave» et plusieurs arrestations parmi les émeutiers.

C'est aux alentours du tribunal de Chlef où devait s'ouvrir le procès de M. Yaakoubi, président de l'association des comités de quartiers en préfabriqué - ce dernier est poursuivi pour diffamation à la suite d'une plainte déposée par le wali- , que les troubles ont commencé. Une foule dense s'est rassemblée devant le tribunal pour tenter de suivre le procès, en présence d'un important dispositif sécuritaire. La tension était déjà perceptible mais rien ne présageait à ce moment précis à ce que des heurts aussi violents allaient éclater. En effet, aux environs de 10h30, et d'une manière aussi brutale que subite, des jets de pierres ont commencé à pleuvoir sur les forces de l'ordre. Des dizaines de personnes, principalement des jeunes, ont en effet commencé à lancer des pierres et des projectiles de toutes sortes en direction des policiers en faction devant le tribunal. Une panique s'en est suivie, où des automobilistes roulaient en sens interdit et des passants couraient dans toutes les directions pour fuir les violences.

Les choses ne s'arrêteront pas à ce stade. Les troubles se propageront petit à petit à toute la ville en passant par le centre-ville où les forces de l'ordre riposteront en lançant des bombes lacrymogènes en direction des émeutiers. Plusieurs édifices publics et privés ont été pris à partie. Ce fut le cas du musée régional situé à Haï Arroudj, de la direction régionale d'Algérie Télécom, du siège du cadastre, du nouveau siège de la direction de la formation professionnelle, situé à la cité «Vergère», de la direction régionale de la CNEP, de la faculté de droit et des sciences administratives et de la poste centrale, dont les sièges ont été saccagés à divers degrés de même que la station d'essence située sur la route d'Oran.

D'autres édifices ont subi des dégâts encore plus graves. Ils ont été incendiés à l'instar du nouveau siège de la direction des mines et de l'industrie (DMI), de l'annexe de l'APC située au quartier Bocca Sahnoun, de l'agence BEA et du jardin public et de loisirs de la ville. Même des véhicules privés qui étaient stationnés n'ont pas échappé à la destruction. D'autres édifices ont par ailleurs subi des dégâts d'une moindre gravité, avec des vitres cassées et des portes défoncées.

La commune de Chettia n'a de son côté pas échappé aux violences où des sources concordantes font état de la destruction d'un CEM et d'un lycée. Même les camions de la protection civile ont essuyé des jets de pierres comme en témoignaient les pare-brise casés. Un calme relatif est revenu graduellement au centre-ville, mais dans d'autres quartiers comme Bocca Sahnoun et Zeboudji, les violences ont continué jusqu'à une heure tardive.

Personne parmi les officiels qu'on a pu contacter hier n'était en mesure d'évaluer même approximativement les dégâts occasionnés aux édifices ciblés. A noter enfin que le procès du président de l'association des comités de quartiers en préfabriqué a été reporté pour la deuxième fois à la date du 11 mai prochain.
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widedangel

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MessageSujet: Re: Ras le bol   Lun Avr 28, 2008 11:59 am

merci Parodie d´avoir creer ce post
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Mar Avr 29, 2008 10:12 pm

Deuxième journée d’émeutes à Chlef( el watan le 29/04/2008)
La tension persiste

Edifices publics saccagés et brûlés, vitres cassées et abribus détruits…, la ville de Chlef, où se sont poursuivies hier encore les échauffourées entre des centaines de jeunes et des éléments de la police antiémeute, montre un visage triste. Une atmosphère particulière règne depuis dimanche dans cette ville, principale agglomération de la wilaya.

Surprise par les violentes émeutes de la veille, la population locale a toujours peur. « La scène m’a rappelé les événements d’octobre 1988 », déclare un témoin oculaire ayant assisté aux saccages et à la destruction des édifices publics durant toute la journée de dimanche. Les manifestations se sont poursuivies jusqu’à 22h, avant que tout le monde ne tombe dans les bras de Morphée, laissant place aux éléments de la Protection civile pour nettoyer les rues de la ville de tous les débris et projectiles utilisés par des centaines de jeunes en colère. Alors que tout le monde croyait que la tempête était passée et que la vie avait repris son cours normal, la population a été surprise hier matin par l’éclatement à nouveau des manifestations. Retour sur une deuxième journée mouvementée… Il est presque 8h. Il y a peu de circulation automobile. Des dizaines de personnes vaquent à leurs occupations et rien n’indique que la situation allait dégénérer à nouveau dans la ville. Les policiers dépêchés sur les lieux sont postés à proximité des institutions officielles (sièges de l’APC, de la daïra et de la wilaya). Les émeutes ont repris à 10h30. Rassemblés dans différents coins de la rue principale de la ville, des dizaines de jeunes se sont attaqués aux policiers qui tentaient de les empêcher de s’approcher des institutions publiques. Au jet de pierres des émeutiers, les policiers ripostaient par des gaz lacrymogènes. La situation a duré plusieurs heures. « Nous n’arrêterons pas avant le départ du wali », déclarent des jeunes surchauffés. D’autres échauffourées ont également éclaté dans la ville de Chettia (à une dizaine de kilomètres du chef-lieu de wilaya) qui a été durement touchée par les manifestations de dimanche. Des manifestations qui se sont soldées par l’arrestation de plusieurs dizaines de jeunes (500, selon les responsables de l’association des sinistrés) et 60 selon des sources policières. Le wali de Chlef, Mohamed Ghazi, a parlé de la libération d’une centaine de personnes et du maintien d’un certain nombre en détention.
Zerhouni et la suppression de l’aide financière

Tout le monde ici s’accorde à dire qu’à l’origine de ces événements il y a, en particulier, l’annulation de l’aide financière accordée aux victimes du séisme de 1980 dans le cadre de la loi de finances 2007. En effet, l’article 99 de cette loi accorde aux sinistrés une aide de 1 million de dinars et 1 million de dinars supplémentaire sous forme de crédit avec des taux d’intérêt bonifiés ne dépassant pas 2%. Cette aide a été annulée et la mauvaise surprise a été annoncée aux Chélifiens par le ministre de l’Intérieur, Noureddine Yazid Zerhouni, à l’issue de la visite effectuée dans la wilaya par le président de la République en 2007. « Zehouni a fait exploser une bombe. De quel droit décide-t-il d’annuler l’aide ? », lance Mohamed Yakoubi. Les citoyens de la ville de Chlef et ceux de Chettia, deuxième commune de la wilaya avec 100 000 habitants, ne seront satisfaits que par l’obtention de ladite aide. « Nous ne voulons que l’application de la loi. Pourquoi a-t-on annulé cette aide qui est un droit légitime ? », déclare Ahmed, 60 ans, retraité, que nous avons rencontré devant le siège de la poste de Chettia, brûlé la veille par les manifestants. « Les services de sécurité n’ont déployé aucun effort pour empêcher les émeutiers de saccager cette poste », affirme avec beaucoup de regrets Ouardas Sedik, receveur au niveau de la poste de Chettia. Outre le problème du chômage qui, selon la population locale, est à l’origine de cette colère, les jeunes refusent également de quitter leur habitation préfabriquée. Les autorités ne sont pas en mesure d’accorder à chaque famille un logement. « Nous sommes plus 7 familles à habiter un seul chalet. Si on nous donne un seul logement, comment devrions-nous faire ? », s’interroge Kamel, 40 ans, employé à Sonelgaz. Des milliards de dinars partis en fumée Devant la poursuite des événements, les autorités locales n’arrivent toujours pas à évaluer les dégâts matériels. Ils sont sans nul doute énormes et se chiffreront en milliards de dinars. En plus du siège de la poste, plusieurs autres édifices ont été détruits. Il s’agit notamment du centre de formation professionnelle, du siège de la Banque extérieure d’Algérie, du siège d’Algérie Télécom, du musée de la ville de Chlef…

Madjid Makedhi


Dernière édition par Parodie le Mar Avr 29, 2008 10:17 pm, édité 1 fois
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bizmut

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MessageSujet: Re: Ras le bol   Mar Avr 29, 2008 10:16 pm

Shocked Shocked depuis 28 ans Shocked Shocked

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MessageSujet: Re: Ras le bol   Mar Avr 29, 2008 11:21 pm

Les émeutes continuent à Chlef

par R. N.
Les émeutes qui ont éclaté, dimanche, dans la ville de Chlef se sont poursuivies hier. Si en début de matinée, la situation était normale et les gens vaquaient à leurs occupations, aux environs de dix heures, des affrontements entre des groupes de jeunes et les forces de sécurité ont éclaté, au centre-ville et à Boccâat Sahnoun, pour se propager, ensuite, à d'autres quartiers comme celui de Zebboudj. Les commerces ont aussitôt baissé leurs rideaux.

Au centre-ville, la situation a été maîtrisée aux environs de 12h30, mais à Boccâat Sahnoun, les heurts continuaient jusqu'en début de soirée. Malgré les arrestations opérées, des groupes de jeunes continuaient à jeter des pierres et autres projectiles en direction des gendarmes.

Dans la matinée, l'agence postale et l'ex-Souk El-Fellah appartenant, actuellement, à un privé, et situés à Haï El-Houria ont été saccagés. Il en est de même d'un dépôt de produits pharmaceutiques appartenant, également, à un privé et situé au quartier Ouled Mohamed. Dans ce dernier quartier l'annexe de l'APC a été incendiée. Des hélicoptères de la gendarmerie survolaient, hier, la ville de Chlef à basse altitude.

A signaler que des renforts de services de sécurité ont été dépêchés, au cours de la journée de dimanche, des wilayas d'Alger, Médéa et de Khémis Miliana, notamment. Jusqu'à hier aucun bilan officiel du nombre d'arrestations n'était disponible. Certaines sources avancent, cependant plus d'une centaine d'interpellations, depuis dimanche.

Dans un communiqué daté d'hier, le RCD, rapporte que dans son intervention sur les ondes de la radio locale, le wali de Chlef a déclaré que «ces graves troubles sont le fait d'un parti venu d'ailleurs et qui ne représente que lui-même».

Se sentant vraisemblablement visé, le parti de Saïd Sadi, qui a condamné ces propos et s'en est violemment pris au wali, impute, lui, les émeutes de Chlef au «refus d'exécuter, dans la transparence, une disposition de la loi de finances 2007 octroyant une aide financière aux victimes du séisme d'octobre 1980» et à «la répression opposée à toute vie associative autonome dénonçant l'arbitraire et les détournements de biens publics». Le RCD «exige», enfin, la libération immédiate et sans conditions de tous les citoyens interpellés, la constitution d'une commission d'enquête sur les véritables origines de ces troubles et leur traitement ainsi qu'un audit sur la gestion de la wilaya de Chlef.

Rappelons que les émeutes avaient éclaté, dimanche, à proximité du tribunal de Chlef qui devait abriter le procès de M. Yacoubi, président de l'association des comités de quartiers en préfabriqués (sinistrés du séisme de 1980). M. Yacoubi était poursuivi pour diffamation à la suite d'une plainte du wali de Chlef. Au cours de la journée de dimanche plusieurs édifices publics ont été saccagés, incendiés et pillés.

le quotidien d'Oran le 29/04/2008
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Mer Avr 30, 2008 9:47 am

Edition du 30 avril 2008 > L’Événement( el watan)

Les émeutes se sont poursuivies hier pour la 3e journée consécutive
La population de Chlef ne décolère pas

Alors qu’au niveau du chef-lieu de la wilaya le calme, certes précaire, est de retour, dans la commune de Chettia (10 km au nord de Chlef) les manifestations ont redoublé d’intensité. La ville est transformée en un véritable champ de bataille.

Chlef. De notre envoyé spécial

La wilaya de Chlef ne décolère toujours pas. Les émeutes se sont poursuivies hier encore et pour la troisième journée consécutive. Ni la visite du ministre délégué chargé des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, venu écouter les responsables de différentes associations locales, ni les appels à la raison lancés la veille par le wali et les représentants de l’association des sinistrés du séisme de 1980 n’ont réussi à calmer les esprits. Alors qu’au niveau du chef-lieu de la wilaya le calme, certes précaire, est de retour, dans la commune de Chettia (10 km au nord de Chlef) les manifestations ont redoublé d’intensité. Au moment où nous mettons sous presse, la RN9 menant vers Ténès (50 km au nord de Chlef) est toujours bloquée et les affrontements entre les manifestants et les services de sécurité se poursuivent toujours. La ville est transformée en un véritable champ de bataille. Les jeunes en colère réitèrent leur demande du départ du wali actuel qui, selon eux, « n’a rien fait pour prendre en charge leurs doléances ». « Ce sont ces interventions sur les ondes de la radio locale qui attisent la colère des jeunes », déclare un citoyen qui a requis l’anonymat. Les manifestants de Chettia, qui s’en sont également pris aux rares édifices que compte la commune, réclament la libération de tous les détenus et la satisfaction de la plateforme de revendications élaborée par l’association des sinistrés de 1980. Il s’agit en particulier de la réactivation de l’article 99 de la loi de finances 2007 qui porte sur l’octroi d’une aide financière de 1 million de dinars au profit de toutes les victimes et l’ouverture d’un dialogue sérieux avec les véritables représentants de la population.
Situation tendue

Si à Chettia la situation est explosive, la ville de Chlef est toujours sur le qui-vive. Le dispositif sécuritaire déployé depuis dimanche est toujours maintenu de crainte d’un nouvel embrasement. Devant les sièges de la wilaya, la daïra et au niveau de tous les principaux axes de la ville, des agents de police et de gendarmerie sont déployés pour dissuader les jeunes de reprendre les émeutes. On craint toujours un remake des événements de dimanche et de la veille, où d’autres édifices ont été ciblés. En plus du musée de la ville, les manifestants se sont attaqués, tard dans la soirée de lundi, au siège de la direction régionale nord de Sonelgaz. Ce dernier a été complètement saccagé et incendié. Cinq véhicules de la même direction ont été également brûlés. Située à la sortie nord de la ville de Chlef, cette direction, affirment des citoyens, prend en charge toutes les communes du nord de la wilaya (15 communes). Le climat demeure toujours tendu et la situation risque de dégénérer à nouveau, surtout avec la présentation hier après-midi à la justice des 68 détenus arrêtés dimanche. Selon Daho Ould Kablia, « 95% des personnes arrêtées ont des antécédents judiciaires et ont été appréhendés en état d’ivresse ». « Les personnes prises en flagrant délit de destruction des biens publics seront présentées à la justice », déclare-t-il, en précisant que 25 édifices publics ont été saccagés durant ces événements. On ne sait pas encore quel sort sera réservé à ces détenus. Les déclarations du ministre ne sont pas, en tout cas, venues dans le sens souhaité par les représentants des associations qui, eux, demandent la libération de tous les détenus. Les familles des personnes arrêtées et leurs proches retiennent leur souffle. La population de Chlef aussi…

Madjid Makedhi
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Mer Avr 30, 2008 10:55 am

Mohamed Yakoubi, Président de l’Association des sinistrés de 1980 à Chlef explique les raisons qui ont provoqué l'explosion de la colère populaire.

Des émeutes ont secoué, dimanche, la ville de Chlef avant même le début de votre procès, prévu le même jour. Pourquoi, selon vous, la situation a-telle dégénéré ?

Les agissements des autorités locales et leurs déclarations incendiaires sur les ondes de la radio sont à l’origine de ces manifestations. Leurs décisions constituent une injustice flagrante pour les sinistrés de la wilaya de Chlef. La première décision est l’annulation de l’aide financière destinée aux sinistrés, décidée dans le cadre de la loi de finances 2007. L’annulation de cette aide est intervenue à travers l’article 75 de la loi de finances complémentaire de 2007. Une annulation que les citoyens et l’association dénoncent énergiquement car les sinistrés du séisme qui a secoué Chlef en 1980 n’ont bénéficié d’aucune indemnité. De plus, ils continuent à souffrir dans ces chalets qui ne devraient pas être utilisés au-delà de 10 ans. Ils sont complètement dégradés et l’amiante risque de nous poser d’énormes problèmes de santé. Nous sommes exposés à toutes les maladies. Quand nous avons tenté d’attirer l’attention des autorités sur la gravité de la situation, ces dernières ont fait la sourde oreille. Elles ont fermé tous les canaux d’expression et toutes les portes du dialogue. C’est un véritable autoritarisme. Nous demandons l’application de la première décision (article 99 de la loi de finances 2007), car nous sommes dans des conditions difficiles. Nous n’acceptons pas cette différenciation entre un locataire et un propriétaire. Nous sommes tous des sinistrés et là où il y a une habitation préfabriquée, c’est que la personne qui y habite est sinistrée. Nous ne sommes pas contre la construction d’une nouvelle ville, mais il faut que tout le monde soit logé.

En quelle année avez-vous créé cette association et quand avez-vous posé pour la première fois ce problème ?

Au début, des comités de quartier ont été créés par les autorités en 1986. A cette époque, on a lancé l’opération de la reconstruction de la wilaya de Chlef. Une opération qui a été suspendue pour des raisons que j’ignore. La situation est restée la même jusqu’à l’an 2000 et la venue de l’ancien chef du gouvernement, Ahmed Benbitour à Chlef. Ce dernier avait décidé d’octroyer une aide de 40 millions de centimes aux sinistrés. Une décision qui n’a pas été appliquée. Le wali actuel a créé en 2004 une commission présidée par lui-même pour essayer de trouver une solution au problème des chalets. Mais depuis son installation, cette commission ne s’est jamais réunie. Quand nous avons constaté que les autorités n’ont pas voulu nous associer au travail de la commission, nous avons saisi le président de la République par écrit. Le chef de l’Etat nous a écoutés et a dépêché sur les lieux trois ministres (ceux de l’Intérieur, des Finances et de l’Habitat). Ces derniers nous ont proposé des crédits que nous avons rejetés, car les gens ne peuvent pas rembourser. Nous demandons notre droit à l’indemnisation, car nous n’avons bénéficié même pas d’un mouchoir.

El Watan
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Mer Avr 30, 2008 10:57 am

Coup de colère

Les manifestations de colère citoyenne qui se sont déroulées à Chlef ces derniers jours montrent à l’évidence une absence avérée de canaux de concertation entre pouvoirs locaux et administrés. Ce n’est même plus un événement inédit puisque la même colère a pu s’exprimer dans d’autres localités avec souvent le même effet. Faute d’instances de médiation, il n’y a pas de juste milieu entre le basculement dans la violence et le recours à la répression. Dans les deux cas de figure cela veut dire que le dialogue n’a pas été établi. Par contre, il suffit que les citoyens descendent dans la rue pour que des solutions qui étaient différées, ou pas du tout mises en œuvre, soient ébauchées. C’est ainsi que l’on apprend la constitution d’une commission qui sera chargée du suivi de ce dossier du préfabriqué qui avait nourri le mouvement de protestation à Chlef. Les conclusions de cette commission devraient être remises pour traitement au chef du gouvernement. Pourquoi s’en remettre alors au hasard et non pas à la nécessité ? Si le principe selon lequel gouverner c’est prévoir, c’est celui de conduire les autorités, quel que soit leur rang, à être en interaction avec la société et ses demandes. Sinon, c’est la pression du quotidien qui fera la part des choses pour ne laisser place qu’à des opérations de colmatage. Lorsque les choses se dégradent, il n’est pas surprenant que leur cours devienne incontrôlable avec le danger que cela disqualifie l’action sincère et légitime de ceux qui, dans le tissu associatif, veulent régler loyalement et durablement des problèmes réels. Dans quelle mesure le fait de brûler des édifices d’utilité publique peut-il aider la société civile, à Chlef ou ailleurs, à faire entendre ses doléances qui sont parasitées par l’irruption de la violence ? C’est la vocation de jouer un rôle de médiateur qui est impartie aux associations, et les autorités ne peuvent le comprendre et le conforter que comme tel. Partout dans le pays, il y a des Algériens qui se mobilisent bénévolement pour assister leurs concitoyens en se faisant leur relais auprès des pouvoirs publics. Si cette possibilité de médiation pacifique est empêchée d’une manière ou d’une autre, c’est la logique de confrontation brutale qui prendra le dessus et générera ces émeutes devenues cycliques. C’est bien sûr une injustice que des Algériens ne soient pas décemment logés en 2008. Mais pour le dire, faut-il incendier un dépôt de médicaments certainement utiles à des personnes malades ou engager des négociations sérieuses avec les responsables en charge de l’affectation des logements ? Il ne s’agit pas seulement du cas de Chlef, mais de toutes les villes algériennes, de toute l’Algérie où effectivement des critères d’attribution objectifs et honnêtes doivent prévaloir. C’est de la fuite en avant que d’entretenir cette illusion que le pays peut être construit par des programmes improvisés ou des coups de colère sporadiques.

Amine Lotfi
el watan 30-04-2008
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Jeu Mai 01, 2008 12:14 pm

On dit que pour regler ce ras le bol à chlef on va recevoir les sages !!!

Entendu hier matin durant les infos de la chaîne 3 « les sages vont être reçu par belkhadem !!!Ou je ne sais plus qui !!!!! »
Sommes nous arrivés au point où les députés, les élus, l’administration et toutes les autorités soient absentes à ce point ????? Sommes arrivés au point où on ne fait plus confiance à personne ????Au point ou les gens s’organisent entre eux (et ce n’est nullement une mauvaise chose en fait !!!)Et à propos…. Ces élus ont-ils déjà parlé au nom du peuple ? Ont-ils déjà osé poser les vrais soucis du peuple la haut sur les tables en ébène lustré?
Les sages ? Quels sages ? Sommes nous revenus à l’organisation tribale qui fonctionnait très bien au temps jadis …..Et qui réglait bien des différents jusqu’aux guerres ?
Les sages ? Qui sont ces personnes ???à qui on fait plus confiance qu’à son état, d’aucuns comprendront pourquoi nos enfants se jettent à la mer ! Pourquoi nos enfants se mutilent dans leur virilité …..Ils n’avaient pas besoin de l’écoute d’un psy mais d’un sage qui les aurait écouté , tranquillisé , redonné l’espoir ? si en 2008 on a besoin d’un sage pour régler des problèmes administratifs , économiques et j’en passe …..
Alors ….aux prochaines urnes à nous d’élire nos sages à nous !!!, nous en avons tous un dans notre quartier , notre boulot , notre ville …
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Ven Mai 02, 2008 11:07 am

Pleure ô mon pays bien aimé…

Octobre 2007 :
.Les universités paralysées par la grève

Janvier :
1 / les lycéens sont en colère dans la rue !!!.
2 / Grève générale des fonctionnaires suite à l’appel des syndicats autonomes !

Février :
1 / Violentes émeutes à Timimoun.
2 / Grève des paramédicaux .

Avril :
1 /les profs se font tabasser dans la rue !
2 /Tiaret, Berriane et Gdyel : les émeutes populaires …
3 / Chlef brûle !!!
4 / Les fonctionnaires répondent favorablement aux syndicats autonomes pour un débrayage de trois 3 jours !!

ET………..
Tizi ouzou : « qu’un Algérien en vienne à se larder le corps à coups de couteau pour attirer l’attention. Un geste de désespoir qui constitue à lui seul un baromètre de l’Etat de la jeunesse dans un pays qui exhibe avec arrogance ses milliards de dollars apparemment inutiles » (lematindz.net)

BBA : un jeune s'est fait couper le sexe pour revendiquer ses droits à la vie...

Et durant toute l’année des jeunes se jettent à la mer…pour tenter de réaliser un rêve !!!!

et ......Le suicide chez les jeunes est en constante augmentation !!!(lematindz.net)
et .......quoi d'autre ?????
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Sam Mai 17, 2008 1:49 pm

Algérie-émeutes : Le gouvernement craint un nouveau syndrome Guermah à Berriane

La violence a repris, vendredi tôt dans la matinée, à Berriane et le pire est à redouter. On enregistre, en effet, deux morts, dont un tué par un policier. La bévue effraye déjà les autorités qui redoutent un embrasement de la région. Elles craignent un nouveau syndrome Guermah à Berriane, du nom de cet adolescent tué dans une brigade de gendarmerie en avril 2001, et dont le meurtre avait enflammé alors la Kabylie. Le gouvernement a immédiatement réagi pour justifier l’assassinat. Le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales a réagi immédiatement par un communiqué tendant à justifier le geste du policier. Il parle d’actes de barbarie qui ont provoqué la riposte policière : destruction de biens privés (habitations, commerces et véhicules)", d’agressions été commises par des individus cagoulés, contre les usagers de la route nationale numéro 1" etc… Le communiqué affirme que l’agent de police qui "se sentait en danger a fait usage de son arme, après des tirs de sommation, blessant un citoyen" qui a succombé à ses blessures à l'hôpital. Tout en présentant leurs condoléances à la famille du défunt et à la population de Berriane, les autorités de la wilaya, à leur tête le wali, indiquent que "le policier auteur du tir a été arrêté et une enquête diligente est en cours". Les autorités locales, "soucieuses de préserver l'ordre et le calme", ont appelé la population de Berriane à "faire preuve de sagesse et de sérénité comme elle en a fait montre dans d'autres circonstances", conclut le communiqué. La Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a dépêché vendredi à Berriane (w. Ghardaïa) une équipe d'experts de l'inspection générale de la Sûreté nationale pour enquêter sur le décès d'un citoyen, touché par une balle tiré par un policier lors d'affrontements entre jeunes de cette localité. Par ailleurs, "la DGSN a dépêché immédiatement sur les lieux une équipe d'experts de l'inspection générale de la Sûreté nationale pour déterminer avec exactitude les circonstances ayant entraîné le décès de la victime et situer les responsabilités conformément aux règlements en vigueur", souligne un communiqué de la DGSN. La même source, qui indique que la DGSN "tient à présenter ses sincères condoléances à la famille" du défunt, précise que le policier en question "a été désarmé et placé en garde à vue jusqu'à sa comparution devant la justice".

source le matin édition électronique du 17 Mai 2008
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Mer Mai 21, 2008 10:13 am

Chlef, Berriane et le bakchich

Les révélations sur la corruption coïncident avec les émeutes de Chlef puis de Berriane. Hasard ? Oh, non ! Plutôt un résultat de cause effet : la corruption est signe d’incurie et de mauvaise gestion ; l’incurie engendre la pauvreté et le désespoir.

Qui peut le nier ? Que le vent de l’émeute souffle à nouveau sur les quatre coins de l’Algérie est symptomatique non seulement d’un profond malaise social mais d’un point de non retour. L’émeute et autres manifestations de rue sont comme le signe d'un grand et définitif accablement. Aussi grand que la colère. Immense. Immense et imprévisible.

A la mesure du mépris du pouvoir.

Où allons-nous ?

Ainsi, note un confrère, on croyait pourtant avoir tout vu avec ces jeunes harraga qui se jettent dans l’écume des vagues incertaines dans l’espoir d’échouer quelque part au Nord dans une incroyable mésaventure humaine. Mais le « génie » de nos dirigeants qui ont complaisamment tourné le dos aux souffrances du peuple nous a offert cette image insoutenable d’un jeune Algérien en détresse s’automutilant devant le portail d’une administration. C’était l’autre jour à Tizi Ouzou. Et c’est une première dans la liste noire de la « non-assistance à jeunesse en danger », qu’un Algérien en vienne à se larder le corps à coups de couteau pour attirer l’attention. Un geste de désespoir qui constitue à lui seul un baromètre de l’Etat de la jeunesse dans un pays qui exhibe avec arrogance ses milliards de dollars apparemment inutiles.

Ce n’est certainement pas verser dans l’alarmisme que de noter un désarroi social sans précédent en Algérie.

Le divorce pouvoir-société a pris une tournure dramatique.

Le retour de la protestation sous cette forme violente dénote qu'un pas a été franchi en direction d'une dissidence générale et virulente en face de laquelle le pouvoir n'a pas de réponse. Depuis des mois que les fonctionnaires protestent, personne n’a osé les recevoir. Qu'auraient-ils à leur répondre, car la question est celle-ci : qu'avez-vous fait de l'argent du pétrole ?

Alors, la seule réponse qu'oppose le régime est la force. Les syndicalistes autonomes qui donnent une belle leçon de solidarité et de démocratie sont « accueillis » par la matraque et le gourdin. C’est le tarif syndical pour qui ose défier l’ordre établi. Qu’il soit jeune chômeur, enseignant, médecin ou universitaire, de Chlef, de Berriane, d’Oran, de Timimoun, de Tizi, de Beni Abbès ou d’Alger, le protestataire n’a droit qu’à un traitement : la pression ou la répression. L’Etat qui a vocation à écouter ses citoyens semble avoir perdu sa mission élémentaire. Il n’en n’a plus les ressorts et les moyens.

Le mépris attise la colère.

C’est pour cela que la rue gronde en ce printemps… noir.

L.M.

source le matin edition electronique
le 19 Mai, 2008
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Mer Mai 28, 2008 10:55 am

dans Le Quotidien d´Oran

Des édifices brûlés et saccagés: Oran sur des braises

Oran a vécu hier, pour la seconde journée consécutive, au rythme de violences et de dégradations. Des affrontements, parfois très violents, ont éclaté dans presque l'ensemble des quartiers de la ville.

Au Haï El-Makkari, ex-St Eugène, un CEM, en l'occurrence Dorgham Hnifi, a été incendié par des casseurs.

Cette violence a contraint les parents à se diriger en masse vers les écoles où leurs enfants passaient leurs examens de sixième. Un vrai calvaire pour des parents morts d'inquiétude et largement pénalisés par l'absence totale de transport en commun. Les chefs d'établissement ont décidé, sur instruction des autorités locales, de garder les enfants entre midi et 14h, afin et de leur assurer les repas et leur éviter des risques inutiles.

Au-delà de la déception « sportive » que la relégation du Mouloudia d'Oran peut provoquer chez les amoureux du club, les événements qu'a connus hier, la ville d'Oran, avaient des allures d'une véritable « révolte » dirigée contre tout. Au niveau de certaines grandes artères, notamment au centre-ville, c'était la désolation. Les magasins ont, dès les premières heures de la journée, baissé leurs rideaux de peur d'être pris pour cibles. Cela n'a pas empêché des groupes de personnes parfois encagoulés d'entrer par effraction dans certains locaux, à l'exemple de celles de « Lotto » et de « Nokia », situés tous les deux à la Rue Larbi Ben M'hidi, pour les piller. La grande Poste, située à la Place Maghreb au centre-ville, a également été saccagée dans l'après-midi d'hier. Le cinéma Maghreb, ex-Régent, a lui aussi été ciblé. Les émeutiers ont arraché les sièges de la salle pour les brûler à l'extérieur sur la chaussée.

Des administrations publiques, telles que le siège de l'Algérienne des Eaux et de l'antenne d'ERIAD sise à El-Hamri, ont été les premiers à payer les frais, dès la soirée de lundi à mardi, de cette violence brutale. Ces administrations ont été presque totalement saccagées et pillées par des jeunes et des moins jeunes surexcités. Selon des responsables de l'antenne ERIAD, située à l'avenue des Martyrs à El-Hamri, entre 400 et 500 quintaux de farine ont été volés par des casseurs qui s'en sont pris également à un semi-remorque de l'entreprise et à un véhicule privé propriété d'un des travailleurs qui a été complètement carbonisé après qu'on y ait mis le feu.

Hier, la livraison de farine aux boulangers d'Oran n'a pu être assurée, affirment les mêmes sources, qui n'écartent pas l'éventualité d'une pénurie de pain pour manque de cette matière première.

Par ailleurs, l'agence CNEP du Boulevard Zirout Youcef au Plateau et des banques étrangères, à l'exemple d'ABC à l'Avenue Sidi Chahmi, à Delmonte ou encore Société Générale à l'Avenue Farès El-Houari, dans le quartier de Maraval, ont été également attaquées. Le siège de l'Echo d'Oran, dont le propriétaire est le président actuel du Mouloudia d'Oran, a également été pris pour cible avant-hier soir. Mais, hormis des vitres brisées, on n'a pas enregistré de dégâts importants, grâce à une intervention rapide des forces de l'ordre, qui ont décidé de fixer une patrouille de police à proximité du siège.

Dans le quartier de Plateau, précisément au niveau de la Rue des frères Niati, fait important à être souligné, la population est intervenue pour chasser les casseurs. En effet, des affrontements ont eu lieu entre des habitants appuyés par des policiers en civil, reconnaissables à leurs talkies-walkies en main, et des émeutiers venus du quartier mitoyen de M'dina Djédida pour s'attaquer au siège de la 2ème Sûreté urbaine.

« Ces gens n'ont rien à avoir avec le football ou le sport. Ils n'ont qu'un seul but, c'est casser des édifices et des biens publics et les piller. Défendez vos biens », a hurlé un des habitants à l'adresse de ses jeunes voisins qui ont fini par prendre les devants, munis de pierres et de bâtons, et repousser la vague d'émeutiers.

En dépit de leur nombre important, et des moyens impressionnants dont elles disposaient, notamment des chasse-neige et autres engins antiémeute, les forces de l'ordre ont été considérablement gênées par cet « éparpillement » des zones de tension. Avec le centre-ville et la banlieue Est d'Oran, le quartier populaire d'El-Hamri a été le premier à enregistrer, avant-hier soir, ces scènes de violences. Mais, hier, la violence s'est propagée comme une traînée de poudre, pour atteindre presque la totalité des quartiers de la ville. Des scènes d'une rare violence ont été observées au niveau de la pénétrante de Delmonte, non loin du siège de la station régionale de l'ENTV.

Des groupuscules d'émeutiers éparpillés en plusieurs endroits se relayaient pour arroser les éléments de la brigade antiémeute de projectiles de tout genre. Les policiers ripostaient en lançant des bombes lacrymogènes. Les émeutiers se servaient des publiphones, arrachés la matinée et la veille, pour bloquer la route et empêcher l'avancée des véhicules de police. De temps à autre, on pouvait apercevoir des jeunes émeutiers blessés tomber par terre puis portés par leurs acolytes avant de disparaître dans les rues sinueuses du quartier populaire de Delmonte. Des scènes aussi brutales étaient également constatées au niveau du quartier de Plateau où un débit de boissons alcoolisées a été pris pour cible.

Jusqu'à une heure tardive, la tension était toujours à son comble dans certains quartiers, comme Yaghmoracen.

Au quartier Haï Edhaya, ex-Petit Lac, des casseurs ont mis le feu au siège de la CNEP Immo, alors que celui mitoyen de la CNEP banque a été saccagé et pillé.

Un climat de terreur régnait tout au long de cette journée, qui a coïncidé avec la tenue des examens de sixième pour les élèves du primaire. Une journée que la population oranaise ne risque pas d'oublier de si tôt, même si le pire reste à craindre pour les jours à venir.
Mad Mad Mad Mad Mad Mad Mad Mad Mad Mad Mad Mad
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Mer Mai 28, 2008 5:04 pm

ça fait vraiment peur de lire ça par ce que c'est incompréhensible que la relégation d'un club de foot provoque tous ce chaos et ça rappel (même si je les est pas vécus les événement d'octobre 1988), je croix que c'est plutôt une colère populaire que footbalistique.
enfin bon courage a tous les oranais.
affraid affraid affraid affraid affraid affraid
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ABOU TALHA



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MessageSujet: Re: Ras le bol   Mer Mai 28, 2008 5:29 pm

Moi la seule question ki se pose c est pourqoui a chlef il on attendu un kar de siecle pour senerver?
et pour le reste ben commen ca c pa passer avant ils on mis du temps a comprendre ken algerie malheueusement c peut en cramant tout kon sfai entendre com du tem d francais il a fallu prendre les armes pour etre entendu
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Jeu Mai 29, 2008 1:09 am

Citation :
com du tem d francais il a fallu prendre les armes pour etre entendu


on attend que tu viennes organiser la rebellion hihihi
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Lun Juil 07, 2008 9:45 am

le quotidien d'oran /07/07/2008


Oued Lilli : Décès de l’homme qui s’est immolé

par El-Houari Dilmi
L’homme qui s’est immolé en pleine rue mardi soir est décédé jeudi matin des suites de ses graves blessures à l’hôpital de Tiaret, a-t-on appris de source hospitalière.

En effet, l’homme habitant la localité de Ouled Lilli (lire le Q.O. du 03 juillet) s’était aspergé de gas-oil avant de mettre le feu à son corps sous le regard ahuri des passants. Brûlée au troisième degré, la victime, sans emploi et dans une situation sociale des plus précaires, est morte des suites de ses graves blessures malgré les efforts des médecins pour tenter de lui sauver la vie.
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Lun Juil 07, 2008 12:38 pm

Mad Mad Mad Mad Mad Mad Mad
Allah yerhmou, c´est ahurissant qu´on en soit réduit à cela pour attirer l´attention sur nos problèmes, en même temps des personnes se batissent des empires en plein jour.
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Lun Juil 07, 2008 12:40 pm

Non... rien...
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Lun Juil 07, 2008 6:10 pm

parodie:
Citation :
Décès de l’homme qui s’est immolé


c vrai que c'est ahurissant, horrible, ........mais c pas la premiere fois qu'un homme s asperge de gasoil et se brule.
ca fait peur
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Lun Juil 07, 2008 6:26 pm

antigone 1 a écrit:
parodie:
Citation :
Décès de l’homme qui s’est immolé


c vrai que c'est ahurissant, horrible, ........mais c pas la premiere fois qu'un homme s asperge de gasoil et se brule.
ca fait peur

Mais le gasoil reste quand même le moins cher !!!! Même si c'est le plus polluant Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Lun Juil 07, 2008 6:26 pm

C'est horrible.... déjà que le mazout c'est long a l'allumage....

Désolé svp ne me fouettez pas:/
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Lun Juil 07, 2008 6:30 pm

Kwitzach a écrit:
C'est horrible.... déjà que le mazout c'est long a l'allumage....

Désolé svp ne me fouettez pas:/

Désolé là tu dépasse les bornes, pfffffffffffffffff
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MessageSujet: Re: Ras le bol   Lun Juil 07, 2008 6:33 pm

Ahhhhh le coup bas lol!
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MessageSujet: Re: Ras le bol   

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