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 Chawki Amari

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widedangel

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Jeu Mai 08, 2008 4:19 pm

Citation :
Abdallah à écrit : Tiens, ça serait bien de crééer un sujet avec les chroniques de Kamel
Daoud. Du coup, le forum regroupera les deux meilleurs chroniqueurs (ou
billetiste) de la presse francophone

je croyais que Kamel Daoud écrivait au quotidien d´oran, mais à sa place j´ai trouvé un autre journaliste !!?? est-ce qu´il y écrit encore? sinon ou est son billet? je me ferai un plaisir de le publier chaque jour sur le forum lol! lol!
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forzi

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Mai 10, 2008 3:00 pm


POINT ZERO DU 10.05.2008

Hadj Moussa et Moussa Hadj, walis éternels

Les citoyens de Chlef ont commis une erreur régionale. En demandant le départ du wali, ils n’ont pas précisé qu’ils n’en voulaient nulle part. Résultat, le Président les a écoutés et a fait partir le wali de Chlef mais pour le placer wali à Annaba, ce qui est une promotion, Annaba étant beaucoup plus jolie, agréable, maritime et féminine que Chlef. C’est finalement le wali de Annaba qui a tout perdu puisqu’il cède sa place, « appelé à d’autres fonctions », ce qui dans le langage officiel signifie une préretraite. Récapitulatif donc de ce nouvel épisode du grand feuilleton « l’Etat algérien gère l’Algérie » : le wali de Chlef utilise la justice pour mettre au pas un responsable d’association qui s’indigne que des gens vivent encore dans des préfabriqués bourrés d’amiante depuis 28 ans. Les citoyens de Chlef se mettent en colère et cassent tout. Le Président nomme le wali de Chlef à la tête de la wilaya de Annaba, à l’autre bout du pays, là où il y a très peu de Chelfis. Le dorénavant ex-wali de Annaba peut en vouloir aux gens de Chlef, il n’a rien fait et ce sont eux qui l’ont chassé de là où il était. Dans ce jeu pervers de la gestion par sens giratoire, on permute les walis sans les changer. Avantage au centre dans ce cas, le nouveau wali de Annaba n’a pas à répondre de ses responsabilités à Chlef. En attendant la réaction des citoyens de Annaba, il est bon de savoir qu’en Algérie les walis sont cooptés par de puissants réseaux dont le centre de gravité n’est pas forcément à la présidence. Dans ce contexte, la palme d’or revient certainement au secrétaire général de la wilaya de Chlef qui, récompensé pour son travail, devient wali de Tindouf. Qui gagne quoi dans cette affaire ? L’Etat, le régime, les Chelfis, les Annabis ou le corps très décrié des walis d’Algérie ? C’est encore l’inertie qui a gagné. On ne change pas une équipe qui perd.

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forzi

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Mai 11, 2008 11:45 am


POINT ZERO DU 11.05.2008


Le recensement au Club des Pins

Le recensement de la population commence à souffrir de problèmes. Non pas parce que la population a des problèmes ou qu’elle souffre, ce qui serait logique, mais parce que plusieurs problèmes seraient apparus. D’abord les logements inoccupés, qui ont atteint un chiffre effarant impossible à avouer pour un Etat qui promet des logements pour tous, ce qui aurait conduit les autorités à les déclarer comme des logements où le résident n’est simplement pas là, parti faire des courses. Ensuite, il y aurait beaucoup d’aléatoire et d’approximation dans le recensement, avec un comptage à la volée et plus d’estimation que de recensement sur la nature, le nombre et la situation. De fait, l’Algérie compte peut-être 100 millions de personnes ou 10, et ce recensement, imprécis, ne règlerait pas l’ambition du régime, à savoir combien de sujets habitent dans son royaume. Il y a pourtant un autre problème, plus sensible. On voit très mal un jeune recenseur, envoyé par l’APC de Staouéli, aller frapper aux portes des villas du Club des Pins – commune de Staouéli – pour demander combien sont-ils dedans, ce qu’ils font dans la vie et comment sont-ils arrivés là. D’abord, pour entrer au Club des Pins, c’est comme tenter de pénétrer dans une base américaine de la Nasa. Il faut éviter les barrages, les snipers en faction, être signalé par un résident, déposer une tonne de papiers et attendre que le gendarme armé suspicieux vous délivre le fameux badge de visiteur. Ensuite, le problème du jeune recenseur de Staouéli serait d’affronter les puissances du régime de face. Il n’y a pas que des ministres ou de hauts fonctionnaires au Club des Pins. Il y a une foule de gens qui y habitent depuis des années alors qu’ils n’ont rien à y faire. Recensement ? Oui, mais on aimerait bien savoir qui habite au Club des Pins, quelle est leur fonction et sur quels critères ont-ils été admis.

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Mai 12, 2008 2:05 pm


POINT ZERO DU 12.05.2008

La stratégie des trottoirs

Selon un récent rapport américain, le GSPC est classé 35e sur les 42 organisations terroristes recensées dans le monde. C’est-à-dire que même dans ce domaine où les Algériens brillent généralement, l’Algérie est mal classée. Ce n’est hélas pas le seul secteur d’activité où le pays n’est pas bien vu. L’Algérie est 104e dans le classement des indicateurs de développement humain, elle était à la 106e place en 2000, ne gagnant que deux places en deux mandats, malgré l’envolée des prix du pétrole. Selon une autre étude sur la gouvernance dans le monde (2005), l’Algérie demeure en deçà de la moyenne mondiale avec 8 points et est classée 134e dans le classement des économies les plus libres du monde. Transparency International s’inquiète de la corruption et classe l’Algérie à la 99e place sur 180 pays. Reste la Banque mondiale, qui donne une 125e place sur un ensemble de 178 pays étudiés sur le plan du climat des affaires. Et pour être bref, le revenu annuel moyen par tête d’habitant est autour de 3000 dollars aujourd’hui, depuis la remontée des cours du brut, mais il ne fait, finalement, que dépasser légèrement son niveau de 1987. Que se passe-t-il ? Rien justement. Même au centre, Alger, classée dernière parmi les villes où il fait bon vivre, tout va mal. Qu’est-ce qui empêche le wali d’Alger d’embaucher tous ces jeunes chômeurs et de leur faire nettoyer la ville, planter des jardins et repeindre les murs ? Ça crée de l’emploi et ça embellit la ville. Il y a de l’argent mais y a-t-il quelqu’un qui ait envie de faire quelque chose ? A première vue, non. Les walis de toute l’Algérie sont connus pour leur propension à refaire les trottoirs, souvent d’ailleurs parce qu’un beau-frère possède une entreprise. Pourquoi les trottoirs et pas le reste ? Simple, c’est pour faire marcher les citoyens en leur donnant l’impression qu’ils avancent.

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Mai 14, 2008 2:11 pm


POINT ZERO DU 14.05.2008

Algérie-OMC, match à rejouer

La diabolisation du privé est une histoire très ancienne ; à l’époque déjà où Boumediène gérait l’Algérie d’une main de tracteur soviétique en écrasant toutes les singularités sur son passage, le privé était l’allié du diable, voire le diable, au mieux l’ami des sionistes. Le temps est passé mais le problème est resté le même, le privé, non étatique, pose problème. A travers les formalités interminables pour obtenir un registre du commerce et activer, à travers l’interdiction non formelle mais réelle d’ouvrir une banque ou une compagnie d’aviation, pis encore une télévision ou une radio privées, reste encore la constante de l’espace économique géré par l’Etat. Pourtant, en ne comptant pas l’affaire Khalifa, joint-venture privé-public, les plus gros détournements d’argent restent l’apanage d’hommes du domaine public et des entreprises nationales, le privé ne représentant qu’une part infime de la distorsion. D’ailleurs, le résultat est là : l’Algérie est riche et officiellement résolument libéraliste, mais il n’y a pas un seul homme d’affaires algérien digne de ce nom, tout juste deux ou trois apparatchiks avec un pied ou un bras dans les compromis politiques du régime, servant de prête-nom, ou au mieux d’alibi économique. Tant que l’Etat, ou plus précisément ses services de sécurité continueront à gérer l’ensemble des activités privées et personnelles des Algériens, aucun développement économique n’est envisageable. Il faut des mois pour ouvrir un commerce et des années pour avoir un agrément d’association, des décennies pour obtenir l’autorisation d’activer pour un parti politique, des siècles pour avoir l’agrément d’un journal privé. Pourquoi ? Parce que l’Algérie est encore une démocratie populaire, centraliste et dirigiste. L’Algérie peut-elle être libéraliste ? A la base, oui. Dans la mentalité du régime, absolument pas.

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Mai 17, 2008 2:12 am


POINT ZERO DU 17.05.2008


L’envol raté du tracteur

On peut beaucoup lui reprocher. De refuser des bouées de sauvetage à un peuple en pleine fuite maritime ou d’ergoter sur la nature des cordes de pendu à une société au bord du suicide. En tant qu’enfants joyeux de l’indépendance, produits organiques du rêve égalitariste et libertaire, on peut. Mais on ne peut pas reprocher à l’Etat algérien de ne pas dépenser de l’argent. Des milliards investis dans l’agriculture et la culture, dans les structures et infrastructures, routes et autoroutes. L’Etat subventionne le pain à hauteur de milliards, donne de l’argent aux pauvres, aux sinistrés, aux repentis et même aux maîtresses de dirigeants. Et vient de décider de donner un minimum aux jeunes chômeurs diplômés. Pourquoi alors le pays n’a-t-il pas réussi là où beaucoup de pays, avec la même injection d’argent, aurait talonné les nations développées ? Parce qu’il y a un moment où il faut commencer à réaliser que l’incompétence fait plus de mal que la corruption. L’argent est mal placé, dans de mauvaises mains et aucune vision ne soutient l’effort financier. La gestion par chèque possède ses limites, là où l’encaisseur devient n’importe qui, là où avec un sac poubelle et une vieille carte d’identité, il vient pomper de la ressource. Il suffit d’ailleurs de faire une évaluation des compétences pour comprendre qu’on ne peut pas avancer avec des gens qui reculent à chaque brise, s’arrêtent à chaque bruit et n’ont de projet que celui de ne pas en avoir. Il suffit de regarder un directeur central de ministère ou un responsable de caisse de développement pour réaliser que l’Algérie ne va pas décoller, personne n’ayant jamais vu un tracteur flotter dans les airs. Pourquoi l’Algérie s’entoure-t-elle de tant d’incompétences alors qu’il y a tant de compétences ? Prenez un schéma de montage. Tournez-le, en lui mettant la tête en bas. Ça donne à peu près l’Algérie.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Mai 18, 2008 2:35 pm


POINT ZERO DU 18.05.2008

Intox et paradoxe

Un projet de loi déposé à l’assemblée, cela n’arrive pas tous les jours, les députés algériens se contentant généralement d’aller au travail comme on va à l’école, c’est-à-dire écouter le professeur parler, poser quelques questions et oublier de faire ses devoirs. Que ce soit un parti islamiste, le MSP, qui demande la dépénalisation du délit de presse, c’est un paradoxe de plus. Ses adversaires, et particulièrement le RND, grand parti démocrate, a accusé le parti islamiste de faire « dans la vente concomitante », le MSP ayant aussi demandé dans la même proposition l’annulation de l’autorisation du ministère des Affaires religieuses pour les imams qui prêchent dans les mosquées. Peut-être. Mais pourquoi le RND n’a-t-il jamais pensé à déposer un projet de loi sans vente concomitante, en demandant simplement la dépénalisation du délit de presse ? Le RND, très moderne, a ensuite expliqué que les imams non contrôlés prêcheront l’islamisme dur. Est-ce vraiment vrai ? Ne voit-on pas chaque vendredi les imams officiels agréés par le ministère, hurler et crier, s’envoler dans des prêches enflammés et radicaux, accusant les femmes en jeans de causer les séismes, les non-pratiquants d’induire les sécheresses et les chrétiens les épidémies ? Les paradoxes sont encore là, c’est le wali d’Alger, républicain, qui a ordonné la fermeture de 78 bars à Bab El Oued, là où le FIS des années 1980, maître du quartier, ne l’a pas fait. C’est encore le gouvernement algérien, républicain, qui a fermé 2000 points de vente d’alcool sur le territoire national. Résultat de cet islamisme sans islamistes ? Les gens vont boire dans les parkings, les oueds, les bas-fonds et les bas-côtés des routes. Quant aux imams non agréés, ils vont prêcher dans les maquis. Restent les journalistes. Un jour peut-être, dans ce pays du paradoxe, ils feront les deux en même temps, en alternance.


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forzi

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Mai 19, 2008 11:34 am


POINT ZERO DU 19.05.2008

Quelle heure est-il en 2050 ?

Le dernier chiffre futuriste vient de tomber sur les téléscripteurs : le pétrole algérien, qualité Sahara blend, très prisé dans les milieux des drogués à l’énergie, en a encore pour 42 ans. Selon ces estimations, 1200 milliards de barils de pétrole restent à pomper avant l’épuisement des ressources et le retour de l’Algérie à un stade normal, c’est-à-dire un pays qui doit se mettre au travail en retroussant les manches qu’elle a sous-traitées aux Chinois. Donc si l’Algérie n’envahit pas le Tchad ou la Mauritanie, ne fore pas en mer ou dans la tête de ses citoyens, en 2050 il n’y aura plus rien. Plus de chèques ouverts pour les apparatchiks, plus de crédits non remboursables pour les généraux, plus de commissions généreuses pour des marchés spécieux, plus de subventions pour les fidèles, plus de bourses à l’étranger pour les enfants de ministres, de largesses pour les clientèles politiques et de primes de rendement pour les cercles d’applaudisseurs. A quoi correspondent 42 ans finalement ? 42 ans équivalent à près de 9 mandats présidentiels. Donc, « ouhda tassiâa ? » 42 ans, c’est l’âge d’un homme mur, qui a eu le temps de faire des enfants, de les voir un peu grandir et d’avoir imaginé leur destin. 42 ans, c’est 4 décennies noires, rouges ou bleues, veuillez choisir la couleur de votre appartement. 42 ans, ce n’est même pas 10 plans de relance économique, c’est moins qu’un demi-siècle, c’est un peu plus que la moitié de l’âge d’un dirigeant algérien et 7 fois l’âge d’aller à l’école. 42 ans, c’est demain. Si on réfléchit maintenant, on monte une commission dans 1 an. Le temps d’en coopter les membres, deux ans sont passés. Puis il faudra voter un budget, un an de plus. Construire un siège pour que les spin doctors se sentent à l’aise, une trémie pour qu’ils s’y rendent, puis une étude globale, deux ans. Quelle heure est-il ? Quoi ? Déjà 2050 ?


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joséfine

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Mai 20, 2008 12:12 am

42ans ? 2050?? Mazaaaaaal. Very Happy
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forzi

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Mai 20, 2008 2:48 pm


POINT ZERO DU 20.05.2008

Le puits et son couvercle

On parle beaucoup de corruption ces derniers temps, la cause étant un rapport de l’association algérienne de lutte contre la corruption, affiliée à l’impitoyable Transparency International. Ce rapport explique en gros ce que tout le monde sait déjà, à savoir que la corruption est affaire d’Etat, à travers les budgets livrés aux wilayas et aux diverses caisses de dépôt qui gèrent l’argent public. Ce rapport suscite évidemment des réactions opposées, entre celles du genre : « On vous l’avait dit, tous des voleurs » ou à l’inverse, sur le mode nationaliste à moustaches : « Que nous veulent encore ces ONG ? » Pourtant, s’il y avait des rapports internes, émanant d’organisations algériennes ou de services publics algériens, la question ne se poserait pas. Car l’autre question à laquelle le patriotisme version syndrome immunitaire et les allergiques de saison au regard extérieur refusent de répondre, est celle-ci : que sont devenus ces organisations et observatoires divers montés par tous les Présidents algériens successifs pour faire croire qu’ils luttent contre la corruption ? Rien. On dit qu’après avoir été bien payés, après avoir bien mangé, leurs membres s’en sont retournés d’où ils sont venus, sans le sentiment du devoir accompli, mais avec celui d’avoir eu un poste confortable pendant quelque temps, ce qui les a sauvés des tentatives de corruption. La boucle se boucle, le serpent mange sa queue et les subventions qui vont avec. Comme tous les rapports d’ONG internationales, ils ne sont médiatisés que pour la simple raison qu’il n’y en a pas d’autres. La stratégie bien partagée du « laissons le puits avec son couvercle » est toujours de mise, tant que tout le monde se tiendra au sommet par la poche, chacun ayant quelque chose à se reprocher. Le premier qui retirera le couvercle sera le premier à être poussé dans le puits. Et il est très profond.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Mai 24, 2008 11:46 am


POINT ZERO DU 24.05.2008

L’Algérie au XVe siècle

A Berriane, deux communautés religieuses opposées, les ibadites et les malékites, s’affrontent violemment, brûlant voitures et maisons, tuant et pillant chacun de son côté pour la gloire de leur secte. En cagoules et barres de fer, en épées et étendards, ils ont réussi à couper la ville en deux avec une ligne de démarcation, créant un Beyrouth en plein désert. A Tiaret, une femme en pleine taqqiya est arrêtée pour possession de bibles. Déférée devant le parquet comme une délinquante, le procureur Torquemada requiert trois ans de prison sous les yeux du juge de l’Inquisition, pendant que dehors, on prépare les bûchers. Ces incroyables histoires du XXIe siècle se passent en Algérie, pays moderne, électrifié, qui exporte des hydrocarbures, construit des centrales solaires, produit des ingénieurs en physique nucléaire et des démodulateurs numériques. Ces incroyables histoires sont les fruits d’une même vision étriquée de l’histoire, d’un Moyen-Âge qui pointe à chaque minute. Il y a pourtant deux intolérances, celle d’en haut, distillée à travers les discours du ministre des Affaires religieuses qui condamne régulièrement les khaouarijs, à travers la rhétorique permanente des imams officiels qui pourfendent les juifs et les croisés chaque vendredi, à travers les policiers, juges et procureurs qui traquent les chrétiens comme on traque des revendeurs de drogues dures. L’autre intolérance vient d’en bas, celle d’un peuple qui a basculé dans la superstition, la haine et la violence, l’obscurantisme et l’ignorance, la peur des météorites et des sorciers, qui croit aux séismes d’origine humaine, à la rokia et aux prières pour la pluie, pour la semoule et la hausse des prix du baril de pétrole. Après plusieurs décennies d’hésitations, ces deux intolérances se sont rejointes au centre, fabriquant un formidable pays qui nous ferait presque regretter Staline.

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Mai 24, 2008 3:09 pm

Excellent Merci Forzi Smile J'ai adoré le "secte" a propos du Malékisme Wink
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Mai 24, 2008 3:19 pm

Chacun son truc !!! moi c'est barre de fer.... qui me rappelle mes années fac Wink Wink Wink
même si.........j'aime bien secte aussi ...
merci chawki!!!
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Mai 25, 2008 1:05 pm


POINT ZERO DU 25.05.2008

Le labyrinthe désenchanté

C’est normal. A Bab El Oued, ce sont plusieurs ruelles qui passent par la DGSN qui ont été fermées, comme ailleurs on a fermé les accès aux édifices sensibles. Par contre à Hydra, des rues qui mènent à des résidences privées de ministres ont été condamnées. A El Biar, c’est toute une école, jouxtant l’appartement présidentiel, qui a été fermée et les écoliers priés d’aller étudier autre part. A El Mouradia, après la rue qui longeait la présidence, une nouvelle rue vient d’être fermée, pourtant assez loin, vers le boulevard des Martyrs, pour empêcher les gens d’accéder au quartier sans passer par le contrôle. Il faut bien comprendre que le terrorisme n’étant pas vaincu, il s’agit pour les décideurs de ne pas être pris pour cible, principale préoccupation pour eux. Le terrorisme n’ayant pas déposé toutes ses armes, il s’agit surtout pour les responsables d’empêcher qu’il arrive jusqu’à eux. Pourquoi ne fermeraient-ils pas tout Alger, toutes ses rues et ses accès ? C’est ce qu’ils comptent bien faire, les gouvernants n’ayant pas de problèmes de circulation ; quand ils se déplacent, ils sont généralement escortés et la foule est priée, souvent méchamment, de se mettre de côté. A terme, Alger sera divisée en deux, les quartiers populaires d’un côté, livrés à eux-mêmes, à l’image des bidonvilles que l’Etat a décidé de considérer dorénavant comme des villages en y installant des bureaux de poste et des commissariats. De l’autre côté, les quartiers où les décideurs résident seront totalement fermés et les accès contrôlés, à l’exemple du Club des pins. Avec cette image d’un labyrinthe désenchanté, un régime barricadé derrière des tonnes de barrières, habité d’une peur tenace, de la foule, source de tous les dangers. A terme, il faudra peut-être une autorisation de la présidence pour aller voir sa grand-mère malade. Vivement Boughzoul, future capitale.

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Mai 26, 2008 1:30 am


POINT ZERO DU 26.05.2008

Condoleeza et Habiba

Ce sont des femmes toutes les deux, mais l’une est noire, d’origine africaine, l’autre est africaine, d’origine musulmane. La première représente les affaires étrangères de son pays, à travers son poste de secrétaire d’Etat, la seconde les affaires étranges du sien, à travers son arrestation pour possession d’une bible à Tiaret. Les deux sont d’ailleurs chrétiennes, mais protestante tendance sioniste pour la première, catholique tendance crypto-sans smir pour la seconde. La première vient de féliciter l’Algérie pour son rôle de « leader reconnu dans le Maghreb et au-delà » et de « championne de la sécurité régionale et internationale ». La seconde croit aussi à l’Au-delà, mais n’a pas eu le temps de féliciter qui quoi que ce soit, elle était en procès pour atteinte à la sécurité d’Etat, conversion illégale au christianisme, propagation d’épidémie et tentative de guerre bactériologique. La première est américaine et ne connaît pas l’Algérie, elle a juste envoyé un message le 20 mai. L’autre est algérienne et ne connaît pas l’Amérique, elle vit dans son pays depuis sa naissance, mais sait tout le message qu’il y a dans le réquisitoire du procureur de Tiaret qui a demandé trois ans de prison ferme à son encontre. La première a été qualifiée récemment par le célèbre magazine Forbes de la femme la plus puissante du monde. La seconde ne fait pas les magazines mais les unes de journaux algériens et, selon des sources proches, elle serait considérée parmi les femmes les plus faibles de la planète. La première aime les guerres, la seconde préfère la paix. La première aime les hommes forts, la seconde doit commencer sérieusement à détester tous les hommes. La première ne connaît pas la seconde. Au vu de tout cela, y a-t-il un point commun entre Condoleeza et Habiba ? Un seul peut-être. Elles ne souhaiteraient pas vraiment vivre en Algérie.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Mai 27, 2008 1:44 pm


POINT ZERO DU 27.05.2008

La tolérance et ses maisons

Même si le cas est symbolique d’une vision étriquée de la civilisation, d’une récession morale évidente et d’une attitude philosophique particulière par rapport au cosmos, on ne va pas passer l’année sur le cas de Habiba, chrétienne persécutée par l’Algérie des juges, nommés par l’Algérie de Belkhadem, nommé, ou de celle de Bouteflika, nommé par d’autres et qui a nommé les précédents. Sauf que. Un quotidien national, autrefois intelligent, a cru intelligent de faire passer l’histoire de cette convertie condamnée au bûcher sous le couvert d’une ingérence supposée de la France. La ministre française des droits de l’homme, dont le nom m’échappe, s’est dit « choquée » par l’arrestation et le réquisitoire du procureur, et a insisté sur la « tolérance connue des Algériens », devant en final libérer la détenue. Le quotidien, en oubliant de condamner le condamnable, a focalisé sur « l’ennemi extérieur » et rappelé lui aussi cette fameuse « tolérance algérienne ». Le verdict de l’affaire Habiba, qui devrait tomber aujourd’hui, n’est pas si important. Parce qu’au même moment, parce que les faits divers ne viennent jamais par hasard, dans la même ville, à Tiaret, un garçon de 4 ans était victime d’un viol collectif et mourait des suites de ses blessures. La tolérance, puisqu’il s’agit de ça, est laquelle ? Ce serait une fille de 12 ans, d’accord, on peut comprendre, puisqu’il faut repousser sans cesse les limites de la tolérance. Un viol individuel, d’accord. Sur une fille de 10 ans, d’accord encore. Mais un viol collectif sur un garçon de 4 ans, pourquoi ? Faut-il ouvrir les maisons closes, encourager la prostitution et relâcher les mœurs ? Des questions auxquelles le juge de Tiaret, malade, Belkhadem, malade, et Bouteflika, malade lui aussi, mais avec d’autres maladies en plus, ont tout intérêt à répondre. La tolérance ? Il y a des maisons pour ça.

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Mai 28, 2008 4:55 pm


POINT ZERO DU 28.05.2008


La croix et la barrière

Pendant qu’à Oran des supporters déçus brûlaient des pneus et occupaient le centre-ville, quelques kilomètres plus loin, toujours à l’ouest, un procès pour sorcellerie se tenait à Tiaret. Dans la salle d’audience pleine comme une église américaine le dimanche, la justice algérienne annonçait frileusement le report du verdict pour Habiba, la chrétienne la plus célèbre d’Algérie, mais profitait de cette belle journée pour juger 6 autres personnes, accusées d’avoir prié en chrétien dans un appartement privé. Le célèbre procureur, pas du tout impressionné par l’indignation générale provoquée par l’arrestation de Habiba, en a lui aussi profité pour demander 2 ans de prison ferme à l’encontre de chacun des 6 jeunes chrétiens. La foule présente apprenait par l’occasion que le précédent réquisitoire du procureur n’était donc pas une erreur de frappe mais bien une volonté délibérée de punir Jésus, le célèbre prophète Aïssa, d’avoir fait des enfants en Algérie. Amusante coïncidence, la veille, à l’occasion du lancement de la société arabo-coréenne à Séoul, Ahmed Ouyahia, représentant personnel du président Bouteflika, lisait un message de son patron où il expliquait que « l’Algérie milite activement pour la promotion du dialogue des cultures, des civilisations et des religions », phrase intégrale telle que reprise par l’APS. Un gag ? Non, c’est l’Algérie, burlesque, avec un sens du dialogue civilisationnel particulier. Pendant que le président algérien prône les vertus de la tolérance, on dresse des bûchers dans son pays, en son nom. Le sait-il ? Bien sûr. Alors ? Rien, cette nouvelle blague n’étonnera personne et aucun des décideurs algériens ne se dira qu’il y a quelque chose qui cloche, pas même Ahmed Ouyahia, ex-ministre de la Justice. A Séoul pourtant, on est bien informés et on a dû lire la folle aventure des chrétiens d’Algérie. Ils ont dû bien rire.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Mai 31, 2008 1:48 pm


POINT ZERO DU 31.05.2008

Peuple sourd, Etat muet

La situation n’est pas rose, pas même rose foncé. Oran, la deuxième ville du pays, vient de connaître à son tour une émeute, la plus grosse depuis octobre 1988. On peut bien sûr relativiser, ne pas céder à la panique ou à la joie, c’est selon, ne pas chanter la révolution enfin arrivée ou mettre le doigt sur ces jeunes insolents qui se croient tout permis, même de casser leur ville parce que leur club a perdu un match de football. Mais en tout état de cause, cette situation d’une extrême tension, où la moindre goutte peut faire déborder un baril de pétrole trop plein, devrait appeler à des mises au point. Car tant que les émeutes touchaient de petits villages inconnus, on pouvait se dire qu’il n’y avait rien à dire. Mais là, des émeutes partout, même à Oran, des guerres ethniques, des coups d’Etat religieux, du terrorisme, des phrases anticonstitutionnelles émanant du chef du gouvernement et des affaires de corruption récompensées par des postes de wali devraient faire parler. Etrangement, le président de la République reste silencieux, absent, muet, comme non concerné par la situation, lui qui ne s’est pas adressé à son peuple depuis très longtemps. Même le général de la junte birmane, au lendemain d’un mouvement de protestation, aurait fait une déclaration, pour accuser l’impérialisme et l’Amérique ou pour récuser les casseurs, qui se permettent d’incendier une ville à cause d’un ballon qui n’a pas tourné rond. Un seul a parlé, c’est le ministre de l’Intérieur, qui était là pour autre chose et à qui on a par hasard posé la question. Pour toute réponse, il a avoué ne pas comprendre. Pourquoi les Algériens sont violents, alors que pour régler pacifiquement leurs problèmes, ils peuvent demander une audience au wali, lui dont les jours de réception sont de deux jours par an. Il ne comprend pas. Là, c’est sûrement toute l’Algérie qui ne comprend plus.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Juin 01, 2008 12:37 pm


POINT ZERO DU 01.06.2008

Feuille de route

Je suis fatigué. Mais il faut faire quelque chose. Je suis quand même le président, fatigué mais président. Il faut que je fasse croire que je contrôle tout, que je ne cède pas à la paranoïa, que je sais ce qui se passe. Etre sévère, mais ménager les émeutiers d’Oran. Faire attention à la propagation à Alger. Faire croire que j’aime le football et monter toutes les équipes. Signer quelques chèques, ouvrir quelques locaux pour les jeunes. Je suis épuisé. Il faudra que je pense à assécher la Méditerranée, au moins pour que les harraga puissent partir à pied que je n’ai plus tous ces morts sur les bras. Fatigué. Il faut que j’apprenne le kabyle, l’allemand et le chinois. Faire croire que j’ouvre la frontière avec le Maroc mais sans le faire. Epuisé. Donner des gros marchés aux puissants réseaux, faire le gentil avec le DRS, le respectueux avec l’armée et le malin avec mes ministres. Je suis éreinté. Faire semblant de lutter contre la corruption, surveiller Ouyahia, continuer à l’envoyer partout pour ne pas qu’il prenne trop de place ici. Faire attention à Belkhadem qui commence vraiment à se prendre pour Ibn Toumert. Donner quelques os à ronger à Soltani, des crédits non remboursables aux généraux ou à leurs enfants et des puits de pétrole aux Américains. Des terrains à ma famille, des concessions aux terroristes. Je suis fatigué. Mais j’ai toujours voulu être président, alors il faut que je fasse quelque chose. Fermer quelques rues, ouvrir quelques églises, dresser des barrages, assister à quelques conférences de musulmans. Envoyer Zerhouni se soigner, tel ministre se faire voir, permuter quelques walis. J’aimerais bien en nommer un, de temps en temps, voire en mettre un en prison, pour l’exemple. Mais je suis trop fatigué. Je crois que c’est fini. PS : je peux nier tout ce que j’ai écrit, alors ne me collez pas cette feuille de route sur le dos.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Juin 02, 2008 2:00 am


POINT ZERO DU 02.06.2008

La folle aventure du chasseur de papillons

Il est né à Aflou, il y a longtemps, à l’époque où les bergers parlaient le langage des moutons et les moutons comprenaient le fonctionnement des hommes. Sur des Hauts-Plateaux froids et secs, il a grandi sans bruit, n’a pas brillé par un nationalisme particulier ni par un sens aigu des intérêts de la nation. Arrivé au pouvoir par le jeu des cooptations FLN et des réglages de pyramides des clans, l’homme, une fois assuré de sa pérennité relative au pouvoir, s’est mis à chasser. Armé d’un filet emprunté, investi d’un pouvoir octroyé, il a d’abord chassé les FLN récalcitrants, redressant ce qui devait l’être en se soumettant aux puissances du moment. D’un niveau d’instruction minimum, il s’est retrouvé au sommet, utilisant un filet à papillons offert pour son dernier anniversaire. Il a commencé à chasser, l’alcool, les couples illégitimes, les salles des fêtes, les chrétiens, les juifs, les bouddhistes et hindouistes, les chiites et les ibadites, oubliant les corrompus et les privilégiés, feignant de ne pas voir, arborant un étrange accoutrement le vendredi, un costume d’alliance le reste de la semaine et un discours vide toute l’année. En plusieurs années de pouvoir, aucune de ses réformes, lois, phrases ou déclarations n’est restée dans la mémoire collective et ne le restera. A part cette explication, proférée le jour de l’attentat du 11 décembre contre le Palais du gouvernement : « Tout va bien, nous avons coupé le gaz. » Son frère est patron des zaouïas, lui est entre l’archaïsme, l’islamisme et la protohistoire, mais on ne peut pas lui en vouloir puisqu’il a été nommé par un président, à qui on devrait vouloir. Mais lui, le chasseur de papillons, accident de l’histoire et faire-valoir du pouvoir, caricature du régime et sous-traitant des appareils, il chasse et continue de chasser. Un jour, il sera lui aussi chassé de son poste. Sans filet.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Juin 03, 2008 12:47 pm


POINT ZERO DU 03.06.2008

Des mises à jour sont prêtes pour votre ordinateur

Ce n’est pas un problème de flashage de démo. L’écran était noir parce qu’il le voulait bien. Et de l’autre côté, personne n’a cherché des images d’Oran à l’ENTV, ni de Chlef, ni encore d’autres qui évoqueraient les « événements insignifiants » de Berriane. Pour l’ENTV et ceux qui la dirigent, il ne se passe rien en Algérie, à part l’inauguration d’une citerne d’eau à Aïn Nachfa par le ministre des Ressources en eau ou le message d’amitié du président du Kaktchatchewan transmis au président de la RADP parce qu’il survolait son territoire en allant faire du surf dans le Pacifique. L’ENTV n’a pas la mission d’informer, mais par contre sur internet, la nouvelle télévision parallèle, il y avait tout. Toutes les images, sur Daily Motion ou Youtube, sites populaires où les Algériens déposent leurs images prises à l’aide de leurs téléphones portables et où les autres Algériens regardent les images de leur pays que leur télévision refuse de donner. Les autorités ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. Pendant les émeutes, la police se saisissait des téléphones pour voir s’ils ne contenaient pas d’images de la réalité interdite. Autrefois, on fouillait les poches et maintenant ce qu’il y a dans les téléphones. Perdues dans leurs derniers retranchements, les autorités surveillent encore les télex, savent qu’ils ont déjà perdu la guerre de l’image, mais continuent de croire qu’ils contrôlent quelque chose. Sur le mode Corée du Nord, on ne combat pas l’événement mais l’image qui la retransmet. Le ministre de l’Intérieur, jeune branché communications électroniques, internet et jeux vidéos en réseaux, a d’ailleurs été très clair à propos des incidents de Berriane : « Pour nous, le complot de l’étranger ne fait plus l’ombre d’un doute. » La preuve ? Des adresses e-mails étrangères trouvées sur des ordinateurs. Evident. Question, quand est-ce qu’on les débranche ?


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Juin 03, 2008 1:30 pm

[quote="forzi"]
Il est né à Aflou, il y a longtemps, à l’époque où les bergers parlaient le langage des moutons et les moutons comprenaient le fonctionnement des hommes.


A cet époque-là ton papa était un physicien en nucléaire et connaissait le langage de l'atome et l'atome comprenait son fonctionnement. Pour que l'on finisse avec ces attaques ad hominem qui vise à juger les gens sur leurs origines et non pas sur leurs actions. Cela n'est point de professionnalisme à mon avis.
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Juin 04, 2008 12:04 pm


POINT ZERO DU 04.06.2008.


Trois jeunes et un enterrement

La première est harraga, le second hooligan et le troisième kamikaze. Si à l’origine, c’étaient de bons enfants, du moins d’après leurs mères, ils ont, de l’avis personnel de M. Ould Kablia, mal grandi. Désespérés, ils cherchent régulièrement à échapper à leur vie et à leur pays par une voie ou une autre. La première, après avoir essayé d’être milliardaire, difficile, puis Française, trop tard, puis Chrétienne, interdit, a décidé d’être marin clandestin. Naviguant sans compétence, à chaque fois qu’elle part, elle coule. Mais dotée d’un acharnement spectaculaire à rester en vie, elle revient toujours s’échouer sur les côtes algériennes. Le second, hooligan, après avoir sans succès essayé le water-polo, pas d’eau, puis le golf, pas d’herbe, s’est retrouvé supporter de football payé au cachet, c’est-à-dire en psychotropes. Le troisième enfin, kamikaze, après avoir vainement essayé la loterie américaine, la nationalité bulgare et l’émigration au Canada, a été pris en charge par les forces de Darkvador qui l’ont transformé en explosif potentiel, bombe sale à fragmentation. En dehors de cette particularité d’avoir raté leur vie très tôt, à 20 ans, les trois ont ce point commun : ils ont attendu longtemps un mot du Président, un geste du chef du gouvernement, une audience du wali ou un billet d’excuses de leurs parents. Rien. Les trois se sont donc rencontrés un jour par hasard. Pendant que la harraga poussait sa barque pour une nouvelle tentative d’exfiltration, le hooligan tentait de mettre le feu à la mer à cause d’un match de quartier perdu, alors que le troisième, voyant des filles en maillot, actionnait sa bombe qu’il déclenchait à l’aide d’une puce anonyme. L’explosion les a tués tous les trois. Le fossoyeur ayant émigré aux îles Fidji, ils ont été enterrés ensemble dans le même trou. M. Ghlamallah a aussitôt dénoncé la mixité dans les trous.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Juin 07, 2008 5:45 pm


POINT ZERO DU 07.06.2008.

La désescalade du pic des contradictions

La séquence a été longue et pénible, un asthmatique en quête de marathon, train poussif de l’histoire qui roule en même temps qu’il forge ses rails, change régulièrement de direction et fait du poste d’aiguillage son centre des opérations. L’Algérie a été nationaliste multiconfessionnelle puis soviétique option frigo, progressiste à lumière version néon de commissariat, puis libéraliste tendance djelbab, bazariste option OMC et afro-autoritaire version Nepad, elle est passée de phare du Tiers-Monde à bougie tremblotante du Maghreb. Aujourd’hui, le pic de ses contradictions historiques semble avoir été atteint. Un pays riche mais où l’argent est imprimé au dos des affiches électorales. Un pays où la jeunesse rêve du retour en Espagne mais vit sous la coupe de vieux conservateurs à lunettes épaisses, qui rêvent de retour au Hedjaz par la piste du dromadaire à 1000 bosses. Un pays où il y a tout à faire mais où tout est à l’arrêt, où l’émeute est langue nationale et le silence stratégie gouvernementale. Un pays où d’anciens groupes terroristes peuvent fonder des partis mais où le reste du monde est interdit de réunion, de manifestation et d’association. Un pays qui navigue dans les cybercafés pendant que son Etat fonctionne encore aux signaux de fumée. Un pays gouverné par une alliance de trois partis qui représentent tout sauf les aspirations de la classe moyenne, du courant progressiste et de l’essentiel de la jeunesse. Un pays présidé par un vieux militant nationaliste où la majorité est née pendant la victoire de son équipe de football sur l’Allemagne à la Coupe du monde. Ce pic de contradiction atteint, comment en redescendre ? Face Nord ou face Sud ? Se jeter dans le vide ou redescendre sur terre ? Tant que cette question n’est pas résolue au sommet de la décision, les Algériens continueront de chercher à rejoindre l’histoire à la nage.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Juin 08, 2008 12:45 pm


POINT ZERO DU 08.06.2008.

De quoi a-t-on peur ?

Selon les psychologues, la peur est un mécanisme naturel d’autodéfense, une stimulation des neurones qui doit faire face à une situation d’inconnu. Selon les informaticiens, la peur est un virus numérique rémanent à duplication rapide. Selon les biologistes, c’est un organisme pervers qui s’insinue dans tous les corps immunitairement fragiles. Selon les spécialistes politiques, c’est un fonds de commerce, et selon les sociologues, un réflexe conditionné très contagieux, moteur de cohésion avant tout destiné à regrouper le troupeau autour du berger. En ce qui nous concerne, de quoi a peur Bouabdellah Ghlamallah, ministre des Affaires religieuses ? Car il ne se passe pas un jour sans qu’il ne fustige les religions extérieures, ne condamne les chrétiens d’Algérie et n’inquiète toute la population sur une disparition supposée de l’Islam dans le pays. Il y a deux jours encore, il a parlé des groupes chrétiens qui, pour lui, ne sont là que pour « faire de l’opposition politique ». De quoi a-t-il vraiment peur ? On ne sait pas. Mais tout ce dont on peut être sûr, c’est qu’il n’y a religieusement aucune raison d’avoir peur. Ce serait en 1492, en 1830, dans les années 1970 ou même les années 1990, on pourrait comprendre. Mais depuis quelques années, jamais les Algériens n’ont été aussi musulmans, jamais les mosquées n’ont été aussi pleines, jamais on en a autant construit, jamais on a autant invoqué les forces surnaturelles, jamais on a vu autant de hijabs. La politique d’arabisation, couplée à un islamisme autant sponsorisé par l’Etat que soutenu par la société ont fait qu’aujourd’hui l’Algérie est plus musulmane qu’elle ne l’a jamais été dans son histoire. De quoi a donc vraiment peur Bouabdellah Ghlamallah, lui qui contient dans son intitulé deux fois le nom de Dieu ? Selon les analystes financiers, il aurait simplement peur de perdre son salaire.


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