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 Chawki Amari

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RyMantys

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Mar 17, 2008 9:42 pm

Kwitzach a écrit:
Ahhh bravo ! Je suis en train de parcourir ta galerie et j'aime bien ce

Merci!
J'ai un peu honte, me faire de la pub sur le sujet de Chawki Amari... Embarassed
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Oumelkheir

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Mar 17, 2008 10:24 pm

RyMantys a écrit:
Merci!
J'ai un peu honte, me faire de la pub sur le sujet de Chawki Amari... Embarassed
Non, vraiment RyMantis y a pas de quoi, personnellement je suis bien contente, que dis-je? heureuse de faire ta connaissance de plus près, et crois-moi ça vaut le détour cheers
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forzi

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Jeu Mar 20, 2008 6:54 pm


POINT ZERO DU 18.03.2008

Une terre sans papiers pour des papiers sans terre

L’histoire, c’est d’abord de la géographie. L’Algérie, indépendante depuis des décennies, n’a toujours pas défini son territoire. En dehors des problèmes de ratification de frontières, seuls 8% des zones rurales et 1% des zones urbaines sont cadastrées. Ce qui est énorme. C’est-à-dire que plus de 90% du pays n’est pas recensé ni évalué avec précision. Théoriquement, la propriété de personne, aucune APC ne disposant de cartes du foncier. Où est le problème ? Il est très simple. Techniquement, n’importe qui peut s’emparer d’une zone vierge, la clôturer, y planter une plaque avec un nom et revendiquer en être le propriétaire puisque personne n’a de papiers prouvant le contraire, pas même l’Etat. A l’image de l’immeuble-siège d’Air Algérie, qui vient d’être récupéré après une procédure juridique par un ancien ayant droit, parti les pieds (noirs) devant à l’indépendance. Pourquoi ? Parce que simplement, depuis des décennies, la compagnie d’aviation qui occupe l’immeuble de la place Audin n’a jamais pensé à faire établir un acte de propriété à son nom. L’immeuble a donc changé de main. De fait, l’Algérie, non cadastrée, n’appartient pas vraiment à l’Algérie. Un bon cabinet d’avocats de New York peut s’emparer de l’Algérie, en jouant sur l’antériorité et l’absence de papiers prouvant que la terre algérienne appartient à des Algériens ou à l’Etat algérien. C’est bien sûr un cas extrême, mais possible. Si ce flou juridique arrange beaucoup de requins immobiliers qui s’emparent d’immenses terrains pour les revendre, avec quelques complicités dans les structures de l’Etat, le problème touche à l’identité. A qui appartient l’Algérie ? On ne sait pas mais administrativement, pas à l’Algérie. Une fois réglé ce problème, qui mettra des décennies à être résolu, on devra se poser une autre question après : à qui appartiennent les Algérien(ne)s ? Vastes débats.

Chawki Amari.
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forzi

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Ven Mar 21, 2008 1:44 pm


POINT ZERO DU 19.03.2008

Combustion et explosion

D’un côté, une société au bord de l’asphyxie, bouche ouverte, qui cherche de l’oxygène, les poumons et la dignité en maigre. De l’autre, un régime malade aux sourcils froncés, grand alité qui s’accroche nerveusement à son matelas parce que l’argent est dessous, gère par ordinateur la composition de l’atmosphère et contrôle l’air ambiant en le distribuant d’abord à ses amis. La séquence est devenue un classique de cet affrontement : une grève à caractère socioéconomique est déclenchée, le ministre actionne la justice et cette dernière, sans hésitation, décide que la grève est illégale. La suite est histoire de sanctions plus ou moins déployées pour installer la menace, forme préférée pour la gestion des conflits. C’est encore ce qui s’est passé pour la grève des paramédicaux, où le ministre de la Santé est allé se plaindre à son amie la justice, celle-ci ayant approuvé la requête de son ami. Cet échange de bons procédés n’est possible que par la structure mentale des gouvernants qui continuent à assurer que tout va bien et que ce qui ne va pas est en passe d’être réglé par la voie d’interminables réformes. Par-dessus tout, ils détestent que l’on décide à leur place de ce qui ne va pas. Le régime n’aime toujours pas les grévistes, les émeutiers, les syndicalistes, les journalistes, les opposants, les militants et même les chauffeurs de taxi qui répandent mollement la contestation. Le régime n’a jamais reconnu personne d’autre que lui, n’a jamais traité avec ceux qui ne lui ressemblent pas et ne négocie qu’avec lui-même pour sa propre reconduction. Ce n’est pas entièrement vrai. Car finalement, les seuls avec lesquels il a vraiment négocié sont les islamistes radicaux. Pourquoi ? Parce qu’ils sont armés. Est-ce à dire qu’il faut être armé pour se faire entendre ? Attention à la diffamation. C’est le Mouloud, quelques pétards pourraient suffire.

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Mar 22, 2008 2:00 am


POINT ZERO DU 22.03.2008

La fille aux yeux de sable

C’est une histoire que l’on raconte et qui n’est certainement pas arrivée. Une jeune fille, tendre et douce algérienne aux yeux de sable, a eu ce rêve. Une terre généreuse, confortable comme un placenta maternel, grande comme le futur et belle comme une centaine de milliards de dollars. Un espace ouvert et libre où chacun a sa place, où les solutions aux problèmes sont trouvées en commun, la gestion partagée sur des principes de justice, d’égalité et de respect. Où les hommes et les femmes, les Noirs et les Blancs, les lions et les gazelles paissent dans la même savane propre et aux ressources abondantes. Quand elle s’est réveillée, la jeune fille était déjà en partance vers un autre horizon. Elle s’est retrouvée au milieu de lames, sur une barque pleine à craquer de harraga. En fuyant son pays, elle s’est retrouvée avec les gens de son pays qui voulaient aussi fuir leur pays. Dans la grande barque à fond plat qui filait vers le Nord, tout était organisé comme en Algérie. Les plus forts avaient les meilleures places et décidaient du chemin à suivre. Les femmes étaient à l’arrière, têtes baissées et faisaient la cuisine, essentiellement des poissons grillées, puis la vaisselle à la fin du déjeuner, où les hommes se servaient les premiers. Après avoir nettoyé la barque, lavé et étendu le linge, la jeune fille s’est endormie et a fait un autre rêve. Quand elle s’est réveillée, elle était en plein désert, seule et en short. Après avoir vaguement discuté du futur avec un scorpion affamé, un homme vêtu d’une longue robe blanche est arrivé. Il lui a demandé ce qu’elle faisait en short. Elle a répondu qu’elle avait soif. Il lui a demandé si elle était algérienne. Elle a répondu qu’elle voulait partir. L’homme l’a tabassée selon les règles nationales et a tout filmé sur son téléphone portable. La jeune fille est devenue très célèbre dans les téléphones.

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Mar 23, 2008 5:50 pm


POINT ZERO DU 23.03.2008

Objectif objectif

Tout comme la nature et le parc d’El Kala ont horreur des autoroutes, la nature a horreur du vide. Devant le manque d’information et la rétention volontaire de données sérieuses, la rumeur a pris la place de la clarté. Question de la semaine : où en est-on pour l’horizon 2009 ? Aux dernières nouvelles, nulle part, comme si la question n’avait de sens que si l’on ne la posait pas. On parle d’un désaccord avec l’état-major, d’un mandat prolongé à 7 ans, d’une présidence fraternelle avec Saïd Bouteflika et même d’un quatrième mandat. En gros, tout ce à quoi n’a pas répondu le Président lors de l’entretien donné à l’agence Reuters, où il n’a fait qu’effleurer les sujets en présentant l’objet, la forme, supérieur au fond, l’idée. Dans son intervention, le Président a présenté son moteur de gouvernance, l’objectif. Oui mais. Si l’objectif est d’avoir un objectif, quel est-il dans ce cas ? Les défenseurs du Président expliquent que c’est l’application de son programme, à savoir le million de logements, les 200 000 emplois par an et le décollage économique par injection massive de pétrodollars dans les circuits. Les autres, en revanche, affirment que l’objectif du Président est surtout de rester président, son ambition étant son seul moteur. Justement, combien faut-il de temps pour atteindre cet objectif ? C’est le problème de l’Algérie et des pays similaires, pour être président, il faut d’abord être président. Ensuite, c’est très simple, il suffit de vouloir être encore président et gérer les équilibres au sommet en ne touchant à rien. Combien de mandats ? Comme on veut puisque c’est lié à l’espérance de vie. Elle est officiellement de 71,9 pour les hommes en Algérie. Né en 1937, le Président a aujourd’hui 71 ans. Dans quelques mois, il aura 71,9. Et alors ? Alors rien, juste ne pas confondre espérance et espoir, bilan économique et bilan de santé.

Chawki Amari.
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Mar 23, 2008 6:07 pm


Condamnation de Omar Belhouchet et de Chawki Amari

Pétition des étudiants de l’ILE d’Oran

Nous vivons une époque où la liberté d’expression est sujette aux brimades et mutisme quotidiens et où le devoir d’informer subit des gênes et des pressions incessantes.

De tout temps, pouvoir et presse écrite ne font pas bon ménage et ne sont jamais arrivés à cohabiter, le premier contraint et la seconde cherche toujours à divulguer des vérités. La presse écrite n’a-t-elle pas mis à nu le scandale de Watergate après lequel le président américain Nixon fut renversé ? Elle a même révélé et mis au jour des scandales de tout genre. D’ailleurs, tout le monde s’accorde à avouer que la bouffée d’oxygène que procure un journal chaque matin est vitale. Le journal est une culture, sa consultation est un acte de civilisation, le lecteur en est son noyau. De ce fait, comment, mes frères, pouvons-nous faire semblant d’ignorer que tout organe médiatique qui se doit d’exister et d’exercer son rôle dans la transparence, se voit aujourd’hui assister à l’inculpation de ses deux hommes de métier (Belhouchet et Amari d’El Watan) ? La raison de l’inculpation des journalistes est tout simplement la parole. Le droit à la parole qui se voit muselé par ce système juridique. Le verdict prononcé à leur encontre par le tribunal de Jijel est lourd de conséquences et de sens. Qu’ils trouvent ici notre soutien moral et intellectuel. Ainsi, nous, étudiants de l’Institut des langues étrangères, refusons qu’une telle mesure puisse prendre en otage le verbe qui nous souffle sa puissance significative et asphyxie une génération qui n’en finit pas de souffrir. Nous sommes cette génération et nous luttons contre la censure et le mutisme. Tout le monde reconnaît le professionnalisme de ces deux journalistes. Collectif de l’Institut des langues étrangères (ILE) Maraval Ghaouti Benaouda


Liste des étudiants signataires

Ourabeh Chérif, Mouhoub Nadia, Zafour Sid Ahmed, Drief Hadj, Loucif Ahmed, Boudraa Rym, Bouachria Djamel, Bensaïd Smaïl, Gourari Fayçal, Bouaziz Yasmine, Benabbad Aïda, Benaffane Fatiha, Touririne Halima, Boudjahfa Nawel, Laribi Imène, Mechri Sarah, Nedjar Yasmine, Benmia Fayçal, Sahli Nacer, Mekkaoui Soumia, Daoudi H’mida, Bouguedra Khadidja, Achrati Maroua, Lahlali Safia, Bekherraz Zineb, Tamache Zakaria, Senina Djamila, Amar Kaoutar, Ayoub Nassima, Ayache Nesrine, Hendje Med El Amine, Kredda Mustapha Kamel, Ounaï Amina, Ferhane Abdeldjalil, Aït Oudhia Lydia, Benzerrouk Yasmine, Chaoui Kawter, Achour Abdessamed, Tachema Abdelaziz, Kadri Ali, Houcini Ahmed, Slimani Rachida, Safou Latifa, Sofi Zohra, Bekhti Hadjer, Bezzeghoud Sidi Med Kaddour, Tabrit Med Walid, Hafid, Belkhous Meriem, Ouamara Hafida, Laceb Amina, Zellat Sara, Dokhi Samiha, Attar Halima, Bendahou Med, Ghezlaoui Amina, Moulaï Imane et Benyahia Houari.
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Mar 24, 2008 10:33 am


POINT ZERO DU 24.03.2008

La Bible, arme de destruction massive

C’était dans le journal à la page sport ; deux chrétiens ont été arrêtés à un barrage puis ont été mis en garde à vue. Motif : ils possédaient une dizaine d’exemplaires de la Bible dans leur voiture. Pas d’armes de destruction massive, de tracts du GSPC, d’otages autrichiens, d’appel à une grève de syndicat interdit ou de pétition de soutien à des journalistes mais des Bibles, c’est-à-dire des livres qui, en gros, recueillent les paroles de prophètes reconnus aussi par l’Islam. S’il serait plus logique que les barrages attrapent plutôt des terroristes ou que ce soient justement des terroristes qui attrapent des gens en position de chrétienté automobile, on ne peut s’empêcher d’imaginer la situation inverse. Deux Algériens sont arrêtés dans un barrage en Angleterre et sont mis en garde à vue parce qu’ils ont sur eux une dizaine d’exemplaires du Coran. On imagine les conséquences. Manifestations de Nouakchott à Islamabad, brûlage intégral de drapeau, condamnation unanime, la colère de Ghoulamellah, des prêches appelant à boycotter le tweed, une fetwa nucléaire et une intervention de Abou Djorra Soltani demandant la fermeture des frontières terrestres entre l’Algérie et l’Angleterre. Le monde n’est pas juste. Pendant que le Nord s’ouvre, avance et crée, le Sud s’enferme, se replie et devient paranoïaque. Pourtant, le Coran lui-même reconnaît la Bible et d’une manière générale, les gens du livre. Quel est le problème ? Le protestantisme ou le GSPC ? Peut-être le livre, tout simplement. Car selon ce fait divers, la Bible est donc un livre interdit, à plus de 9 exemplaires, soit le tirage moyen d’un éditeur moyen en Algérie. D’ailleurs, un nombre important de livres sont censurés par l’Algérie officielle. Une idée à creuser, censurer les livres qui sont tirés à moins de 10 000 exemplaires. Cela relancera l’édition et poussera les Algériens à lire.

Chawki Amari.
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Mar 25, 2008 11:32 am


POINT ZERO DU 25.03.2008

Mitch et les pieds

Dans la série « vos papiers s’ils vous plaît », un autre fait divers a marqué l’incroyable histoire de la police nationale. Après les deux Algériens arrêtés pour avoir sur eux 10 exemplaires de la Bible, c’est au tour d’un Algérois –appelons-le Mitch pour aller vite – d’être arrêté à un barrage parce qu’il conduisait une Logan. Motif ? Ni état d’ivresse, ce qui est dans ses capacités, ni un défaut de vignette ou de liquide lave-glace, ni encore pour ne pas avoir passé sa voiture au contrôle technique ou ne pas avoir allumé son plafonnier, ce qui ces derniers temps s’apparente à un délit dans certains barrages. Non, la Logan a été arrêtée pour vérifier le tapis de sol. Ne comprenant pas, Mitch s’est vu expliquer que certaines Logan en circulation, possèdent l’inscription « Allah » sous le tapis de sol. Ne comprenant toujours pas dans quelle mesure il serait lié à cette affaire, le policier lui a expliqué que s’il ne retirait pas l’inscription, la voiture allait finir à la fourrière. Est-ce à l’acheteur de la voiture de vérifier sous le tapis, à l’intérieur du carburateur ou au fond du réservoir s’il n’y a pas une inscription cachée ? Est-ce dans les prérogatives de la police de vérifier si les voitures sont conformes aux normes islamiques ? Non bien sûr, mais en attendant la mise au point du constructeur ou que les Algériens construisent des voitures, on peut encore se poser des questions sur les nouvelles fonctions de la police, dont de plus en plus d’éléments prennent l’attitude d’imams, sommant les jeunes filles seules en voiture de porter le voile et donnant des leçons de religiosité aux conducteurs. Que fait la police ? Que fait Ali Tounsi ? On ne sait pas, tout comme on ne sait pas ce qu’a fait Mitch après son étrange histoire de pieds. Aux dernières nouvelles, il aurait acheté un vélo qu’il aurait entièrement démonté avant de le conduire. Sobre.

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Mar 26, 2008 2:11 am


POINT ZERO DU 26.03.2008

L’enfer, mieux que l’enfer

Il s’appelle Ahmed Belbacha et c’est l’un des prisonniers algériens de Guantanamo. Accusé de terrorisme, il vient, après une longue peine, d’être libéré. Jusque-là, aucune surprise, si l’on doit dénoncer les atteintes aux droits de l’Amérique de Bush qui met en prison des gens sans jugement, celle-ci sait aussi reconnaître qu’elle a eu tort, en libérant les détenus dont la culpabilité n’a pas été prouvée, pas même sous la torture. Le problème est que Ahmed Belbacha, aujourd’hui libre de rentrer chez lui, ne veut pas rentrer chez lui. Aux dernières nouvelles, il a pris un avocat américain pour rester à Guantanamo et fait tout pour ne pas être expulsé vers l’Algérie. Le constat est inquiétant : Ahmed préfère la prison et Guantanamo plutôt que la liberté et l’Algérie. Comment interpréter ce geste ? Guantanamo, c’est d’abord Cuba, ensuite l’Amérique, c’est-à-dire loin, très loin de l’Algérie. Guantanamo ne serait donc pas cet affreux bagne du Ku Klux Klan où les prisonniers sont repeints en orange et font leur prière les mains attachées dans le dos. Enfin, malgré les réserves de ses adversaires, la réconciliation aurait des limites, puisque Ahmed n’a pas envie de rentrer chez lui et s’exposer à des poursuites, voire à un accueil musclé. En tout état de cause, un Algérien qui préfère rester en prison plutôt que de rentrer chez lui devrait interpeller tout le monde car il rappelle une vieille blague des années Boumediene : préférez-vous aller à Aïn M’lila avec Fawzi Saïchi dans la malle arrière d’une 404 ou aller en Suède en première classe dans un Boeing 747 avec Sharon Stone ? Comme toute chose possède son contraire, l’inverse de la situation de Ahmed Belbacha existe : quelqu’un qui préférerait rester en prison à Jijel plutôt que d’aller aux Etats-Unis vivre libre. Ce cas, on peut l’affirmer, avec ou sans réforme de la justice algérienne, ne peut exister.

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Mar 29, 2008 2:28 am


POINT ZERO DU 29.03.2008

Quelle était la question ?

Questions orales ». C’est sous cette dénomination que la session de l’APN s’est déroulée jeudi dernier, en marge du travail des véritables acteurs politiques ou d’autres activités plus courues, comme le salon de l’automobile ou la journée du championnat. Si cette rencontre entre les députés élus par les citoyens (en théorie) et les ministres nommés par le Président (en théorie) n’intéresse pas grand monde, à part l’APS, c’est qu’il ne s’y passe pas grand-chose. Question, non orale, comment fabrique-t-on des lois en Algérie, où, de l’avis général, les lois sont mal faites ou trop sévères ? Après avoir réfléchi dans son bureau, entouré d’une pléthore de conseillers, un ministre propose une loi à l’Assemblée. Les députés, quand ils sont là, étudient la proposition puis notent quelques remarques. Le jour dit, on pose les questions, le ministre répond. La suite est connue, les lois sont appliquées après un vote à la quasi unanimité et les députés passent à un autre stade oral, celui du déjeuner. Pour jeudi dernier, selon l’APS, les questions orales ont concerné les secteurs de l’énergie et des mines (2 questions), des transports (3 questions) et de la santé, de la population et de la réforme hospitalière (4 questions). 9 questions en tout, ce qui est très peu par rapport aux masses de chantiers à mettre en place pour que l’Algérie fonctionne comme un pays normal. La question, non orale, est celle-ci : pourquoi, après les tonnes de lois promulguées et les kilomètres de questions orales posées par les députés, l’Algérie n’avance-t-elle toujours pas, au point où même les ministres concernés avouent ne pas avoir de réponses aux problèmes des prix, du chômage ou du logement ? La réponse a l’air simple : parce que les députés ne posent pas de bonnes questions et les ministres n’apportent pas les bonnes réponses. Question orale, c’était quoi la question ?

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Avr 01, 2008 11:09 am


POINT ZERO DU 30.03.2008

Où ne va pas l’Algérie ?

Robert Mugabe, président du Zimbabwe, brigue un 6e mandat. Zine El Abidine, président de la Tunisie, brigue un 5e mandat. El Kaddafi veut placer son fils à sa succession, tout comme Moubarak. Les mauvais exemples de gouvernance en Afrique sont nombreux, même si par ailleurs il y en a de bons. L’Algérie est-elle africaine, arabe ou méditerranéenne ? Quel est le modèle qu’elle a choisi ? On serait tenté de dire aucun. Au jour d’aujourd’hui, l’Algérie est un mélange malhabile d’autocratie africaine féodale teintée d’un nationalisme arabe de type militariste et saupoudrée d’un islamisme replié en origami, servant avant tout à contenter un consensus basé sur le partage de la rente et la flatterie des instincts les moins progressistes. L’Algérie a-t-elle un modèle en tête ? Non. L’Algérie a-t-elle une tête ? Oui, au sommet de la hiérarchie, par la présence d’un pouvoir présidentiel très fort. Pourquoi alors la tête ne se définit-elle pas en annonçant le modèle qu’elle a choisi ? Parce qu’elle n’a pas choisi. Frileuse, l’Algérie a depuis longtemps décidé de ne pas décider. Historiquement, la dernière décision date de 1954, lorsqu’une poignée de militants s’est levée pour reconquérir son pays et en faire une contrée libre, juste, égalitariste et généreuse. La suite, tout le monde la connaît. L’indépendance acquise, il s’est agi ensuite de ne pas faire de choix mais de se regrouper en blocs, d’assassiner les déviants, de torturer les récalcitrants et s’assurer que le pays marche vers un progrès théorique, même en écrasant quelques chats sauvages au passage. Le modèle est pourtant évident ; aux dernières nouvelles, il n’y a pas de harraga vers la Syrie, le Gabon ou le Sri Lanka. Ce n’est donc pas dans cette direction qu’il faut aller. Où ? Prenez un jeune, demandez-lui où il veut aller. Prenez un vieux, demandez-lui pourquoi il a raté sa vie.

Chawki Amari .




POINT ZERO DU 31.03.2008

Que personne ne bouge

Sans surprise au pays des sans miracles, le secrétaire général de l’UGTA va être réélu. Dans son congrès, le président de la République a d’ailleurs apporté son soutien à la centrale syndicale, le Président lui-même briguant un troisième mandat tout comme le leader de l’UGTA briguait lui aussi un troisième mandat. Ces soutiens croisés en faveur de celui qui est déjà en poste appellent une remarque : dans les organisations de masse, dans les fédérations sportives, à la tête des partis politiques, des associations et des syndicats d’immeubles, ce sont les mêmes personnes qui sont réélues un peu partout. En gros, celui qui est y reste, dans un climat général d’autoreconduction, sous les acclamations d’une foule déjà acquise qui applaudit des mêmes mains aux mêmes personnes. Même si ces opérations de réélection se déroulent en théorie dans une ambiance démocratique autour de votes libres et secrets, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas ou fonctionne trop bien. Qu’est-ce qui empêche l’UGTA, l’association des sourds-muets, l’organisation des coiffeurs pour enfants ou l’Algérie de se choisir un nouveau représentant, plus jeune, moins associé au carriérisme et au système ? Simplement parce que personne ne veut que ça change. Ni en haut ni en bas. Pourquoi ? Par fascination pour l’inertie, par peur de perdre ses maigres avantages, parce que chacun, s’il pense que tout ne va pas comme il veut, s’imagine que cela pourrait être pire. Fraîchement réélu à la tête du conseil de l’Ordre des avocats d’Alger pour un troisième mandat, M. Sellini vient d’avouer que « la justice était plus indépendante à l’époque du parti unique ». C’est donc pire aujourd’hui, malgré des élections libres qui ont permis à M. Sellini d’être ce qu’il est. Que faire ? Déstabiliser le système en mettant le nom de Boumediène dans chaque urne.

Amari Chawki .
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Avr 01, 2008 11:13 am


POINT ZERO DU 01.04.2008


Louh et le bois

Tayeb Louh, malgré son nom qui semble indiquer le contraire, ne pratique pas la langue de bois. Invité à s’expliquer lors du congrès de l’UGTA sur la situation socioéconomique, le ministre du Travail a assuré que tout allait bien, que l’inflation et le chômage étaient maîtrisés, que la centrale syndicale était la meilleure possible pour représenter les travailleurs et que les Algériens seront bientôt heureux, s’ils ne le sont pas déjà. Promesse phare annoncée, la création de 2 millions d’emplois d’ici 2009. La date n’est bien sûr pas le fruit du hasard, mais pour réaliser cet objectif, il faut bien comprendre qu’il va falloir créer 5000 emplois par jour à partir de demain, ce qui n’est pas évident. Comment le faire, sachant que de l’aveu même de Tayeb Louh, il n’a été créé que 120 000 emplois depuis 2005, soit en trois ans, soit trois fois la période que le ministre promet d’utiliser pour créer près de 20 fois plus d’emplois ? On peut déjà le promettre, sachant que les mathématiques n’ont rien à voir avec la politique. Mais en attendant la concrétisation de ces nouvelles promesses, des Algériens ont fait d’autres promesses. Lu dans La Dépêche de Kabylie, 8 familles de Lakhdaria promettent de se suicider collectivement si des emplois ne sont pas créés pour leurs enfants, comme promis par l’entreprise qui a utilisé leur terrain. L’emploi est-il à ce point sensible que des familles évoquent le suicide comme solution finale ? Ne peuvent-ils pas attendre 2009 comme tout le monde ? Et bien non. Petit bilan provisoire, il y avait la parabole collective, les taxis collectifs, les mariages collectifs et les viols collectifs. Il y a maintenant les suicides collectifs. L’Algérie avance, groupée, ensemble, collectivement, main dans la main. A terme, si des solutions ne sont pas trouvées, il va bien falloir inventer les cercueils collectifs. En bois bien sûr.

Chawki Amari .
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Avr 02, 2008 2:00 am


POINT ZERO DU 01.04.2008

Eloge de la surdité

2 millions d’Algériens atteints de surdité à diverses échelles. Ce chiffre à 6 zéros, lâché bruyamment par un éminent prothésiste audio, a de quoi faire peur. Car dans le monde, la proportion est en moyenne de 1 sourd pour 1500 habitants environ. 2 millions de sourds en Algérie pour un pays qui va tourner autour de 34 millions au très prochain recensement, donne environ 1 sourd pour 15 habitants, ce qui est énorme, 100 fois plus que le taux moyen dans le monde. Entendons-nous bien, on savait les Algériens un peu plus bavards, moins regardants ou plus voyeuristes que les autres, mais ils sont donc beaucoup plus sourds que les autres. Pourquoi ? Qu’est-ce qui fait que les Algériens sont aussi sourds ? Malmenés par les discours autistes et répétitifs des décideurs, les mauvais chanteurs de raï ou les explosions, de bombes, de bouteilles de gaz ou simplement sociales, les Algériens auraient-ils perdu massivement l’usage de l’oreille ? Font-ils la sourde oreille pour faire croire qu’ils n’entendent rien à la politique, n’écoutent pas les appels à la mobilisation et n’ont pas ouï-dire qu’un troisième mandat n’est pas bon pour la santé d’un pays ? Ou est-ce simplement parce que les dirigeants sont eux-mêmes sourds de naissance et n’écoutent plus leur société depuis des décennies ? En fait, toutes ces questions reviennent à un questionnement central : vaut-il mieux être sourd ou aveugle en Algérie ? Ou encore muet ? Vaut-il mieux ne pas voir où vont ou ne vont pas les 100 milliards de dollars ou ne pas entendre la voix de la raison qui dicte qu’il faut en finir avec ce système ? Ou être muet et ne rien dire, ce qui représente le fantasme absolu des dirigeants ? En gros, quelle est la position ORL la plus efficace ? Je n’ai rien vu, rien entendu, je n’ai donc pas à en parler. C’est évidemment la meilleure façon d’échapper aux accusations de diffamation.

Chawki Amari.
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forzi

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Avr 05, 2008 1:47 am


POINT ZERO DU 05.04.2008

Maâtkas, capitale du kidnapping

Le cours est à combien ? demande un jeune un peu désœuvré, mollement adossé à la gare routière de Tizi Ouzou. 500 millions, répond l’autre, les yeux en l’air, après trois secondes de réflexion. Ils parlent bien sûr du cours de l’enlèvement, c’est-à-dire le prix sur le marché d’un être humain vivant qui oscille depuis quelques années entre 300 millions et 1 milliard, et n’a été touché ni par la dévaluation du dinar ni par la hausse de la semoule et de l’huile. Avant, il y avait la poterie et ce petit village à quelques kilomètres au sud de Tizi Ouzou en tirait sa fierté. Aujourd’hui, il y a toujours de la terre, des mains par centaines et des potiers mais Maâtkas a préféré se spécialiser dans le rapt en devenant la capitale de l’enlèvement, soit l’endroit en Algérie où il y a plus d’enlèvements au kilomètre carré. Pourquoi Maâtkas, ce petit village kabyle au nom imprononçable est devenu en quelques années la ville du rapt alors qu’il est l’un des plus pauvres de la wilaya et que logiquement, les gens n’ont pas les moyens de payer les rançons ? Pourquoi Maâtkas a opté démocratiquement pour le rapt pendant que d’autres villes sont devenus capitale du démo pirate comme Bordj Bou Arréridj, de l’opium comme Adrar ou des bars clandestins comme les Ouadhias ? Ce mystère, que n’a pas encore résolu la police scientifique et le ministère du paranormal, revient découper l’Algérie par spécificités. Pourquoi tue-t-on à Zemmouri et pas à Boumerdès ? Pourquoi se suicide-t-on à Béjaïa et pas à El Kseur ? Pourquoi les gens de Oued Souf passent leur temps à aller en Irak au djihad alors que ceux de Biskra préfèrent ouvrir des taxiphones ? C’est la décentralisation. Pendant qu’à Alger, on compte l’argent et on planifie l’avancement du personnel politique, ailleurs on s’organise et on se spécialise. Bientôt peut-être une capitale du clonage. Où ? A Nedroma bien sûr.

Chawki Amari.
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Avr 06, 2008 1:55 am


POINT ZERO DU 06.04.2008


L’Algérie en 10 jours

Le 1er avril, journée internationale du gag, de la blague et du poisson associé, est passée inaperçue en Algérie, pays où chacun rit mais tout seul chez lui. Le 2 avril, les jeunes émeutiers de Timimoun sont condamnés à des peines s’échelonnant de 6 mois à 3 ans de prison ferme, lors d’un procès que les agences officielles d’information ont qualifié de juste et équitable. Le 3 avril, tout le monde a déjà oublié que Sidi Saïd s’est fait élire sans surprise par tous les appareils d’Etat à la tête de l’UGTA pour un troisième mandat bien mérité. Le 4 avril, un jeune s’immole par le feu au port de Skikda, pour protester. Contre quoi ? L’information n’a pas été donnée et, selon l’ensemble de la presse nationale, le motif est beaucoup moins intéressant que l’acte en lui-même. Le 5 avril, une bombe enfouie au passage d’un convoi explose quelque part, sans que cela intéresse d’autres gens que ceux de la non citée ou les familles des militaires tués. Pour le 6 avril, il est prévu un festival de lancer de soutiens. Le 7 avril, on annonce déjà une rencontre entre gens de bonnes familles pour la reconduction du système. Le 8 avril, on parle d’un symposium sur la création d’emplois pour les enfants de ministres. Pour le 9 avril, la rumeur parle de rétablissement de la torture pour les opposants. Le 10 avril, le président en exercice, A. Bouteflika, fêtera sa réélection en 2004 à la tête de la jeune république algérienne. Selon des sources proches de sources proches, on annonce que le président profitera de l’occasion pour annoncer sa décision au sujet du troisième mandat, sur le mode « le peuple le demande, on ne peut rien lui refuser ». Dès le lendemain, soit le 11, un nouveau cycle de bonheur, de progrès et prospérité pour tous est prévu par la météo. Doit-on y croire ? Doit-on le penser ? Pour le savoir, il faut revenir au premier jour, premier avril.

Chawki Amari.
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Avr 06, 2008 2:16 am

ce personnage me fascinera toujours cheers cheers cheers
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Avr 07, 2008 1:07 am


POINT ZERO DU 07.04.2008

Penser c’est déjà travailler

Comment créer de l’emploi ? C’est la question que tout le monde se pose, à part peut-être le ministère de l’Emploi. Pour répondre à ce qui représente le principal fléau et le cauchemar des Algériens dont découle l’essentiel des autres, le ministère a réfléchi, donc travaillé et a décidé d’une nouvelle politique de l’emploi. Actuellement, elle consiste à fabriquer un million de postes en un an en augmentant de 2000 dinars le salaire des employés, par le biais d’une subvention gouvernementale à l’embauche. Bien, sauf que ce dispositif ne crée pas de l’emploi, mais augmente le pouvoir d’achat de ceux qui travaillent, ce qui n’est pas la même chose. Le ministère avait déjà mis en place des bureaux de main-d’œuvre dans les wilayas, inefficaces, qui dans le meilleur des cas ne fait qu’alourdir le dispositif de recrutement en obligeant les sociétés à passer par eux, et dans le pire, permet à des employés malins de monnayer le service. Créer de l’emploi en payant des administrateurs pour en trouver n’est bien sûr pas une bonne idée, sauf à faire croire que les statistiques augmentent et que le ministère du Travail fait du bon travail, qu’il est donc éligible à un 3e mandat. Pourtant, les recettes sont connues. Pour créer de l’emploi, il faut d’abord alléger les formalités de création d’entreprises, seules à pouvoir fournir du travail. Et les réduire à trois jours comme à Dubai ou à Londres et non 3 mois comme c’est le cas pour une simple épicerie ou un taxiphone d’Algérie. Ensuite, alléger sérieusement les charges patronales pour permettre aux employeurs de recruter plus facilement. Pourquoi le ministre de l’Emploi ne le fait pas alors qu’il est payé 20 fois le salaire minimum ? Le manque d’imagination est l’explication la plus admise, le désintérêt total est celle qui est la plus partagée. Qu’en penser ? D’abord réfléchir. C’est déjà du travail.

Chawki Amari.
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MessageSujet: Edition du 27 octobre 2007 > Dernière   Lun Avr 07, 2008 3:35 am

Des jeunes à l’état de chantier

Dans l’exercice de ses fonctions, le Président s’est réuni avec les walis pour régler les problèmes de la jeunesse. Selon les informations recueillies sur place, ils ont parlé, proposé, ont bien dîné et sont rentrés chez eux. De son côté, le consortium national des émeutiers, harraga, kamikazes et dérivés ne s’est pas réuni et à l’heure où nous mettons sous presse, ils n’ont toujours pas fait de communiqué. Mais on connaît les termes du débat : le Président est vieux, les jeunes le sont moins. Entre les deux, tout comme entre la bureaucratie et la réalité, les problèmes sont connus ; il y a très peu de travail et il suffit de faire un tour dans l’intérieur du pays pour voir les taux effarants de chômage chez les jeunes, véritable drame national. Quand on y ajoute les constantes de la nation, à savoir que les associations, syndicats et salons de coiffure sont sous le contrôle des gouvernants et que par un moralisme souvent induit d’en haut, les activités de loisir et de plaisir sont quasi-inexistantes, la tâche est donc très dure, chantier gigantesque, à la hauteur d’une autoroute Est-Ouest. Il faut pourtant bien avouer que les gouvernants ne sont pas entièrement responsables. Car les jeunes Algériens ne sont pas vraiment des jeunes. Rétrogrades, moralistes et conformistes, la notion de plaisir est très suspecte à leurs yeux, alors que chacun d’entre eux rêve par ailleurs de vivre ailleurs, là où le plaisir est intégré dans la vie quotidienne. Les garçons algériens sont très misogynes et les filles assez soumises. Très loin en somme d’une jeunesse normale qui rêve de s’amuser, de vivre et de s’émanciper des valeurs traditionnelles et familiales. Peut-être donc qu’avant de s’occuper des problèmes de jeunes, il faudrait d’abord les rendre plus jeunes. Pour le futur, car comme on dit, c’est avec les jeunes stupides qu’on fait les vieux imbéciles.

Chawki Amari
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Avr 07, 2008 11:45 am

Terrifiant de justesse ! Nos jeunes (la plupart) sont de vieux cons en puissance et c'en est désespérant :/
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Avr 07, 2008 3:39 pm

très très joli post kazi ! tu m'épates !

ps:Oups j'ai pensé l'espace d'un instant que c'était de toi et que j'ai fini (enfin !!!)par décrypter tes expressions toutes faites que j'avais du mal à comprendre vu mon niveau ou ma génération ! va savoir!
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Avr 07, 2008 9:05 pm

Citation :
le Président est vieux, les jeunes le sont moins

nos jeunes sont trop vieux y a qu'à voir une assemblée générale des enfants de chouhadas ou celle des enfants de moudjahidins
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Avr 08, 2008 2:50 am

[quote="Parodie"Oups j'ai pensé l'espace d'un instant que c'était de toi et que j'ai fini (enfin !!!)par décrypter tes expressions toutes faites que j'avais du mal à comprendre vu mon niveau ou ma génération ! va savoir![/quote]

comment me montrer digne de tant d'indulgence ,ou est la déformation professionnelle ,je ne saurais dire ! mais du coup promis s,je vais trouver un max d'explications toutes faites ,en guise de glossaire bon a se gausser !
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Avr 09, 2008 12:59 am


POINT ZERO DU 08.04.2008

Les creux et la grande vague

Un étranger de passage s’étonnait du nombre impressionnant de barrages permanents, autant à Alger qu’à l’extérieur des villes, dans les villages, montagnes et campagnes, à chaque carrefour et virage. « Vous êtes sûrs que vous êtes réconciliés ? » Oui, puisque M. Azzi, responsable de la communication au sein de la commission d’application des dispositions de la loi portant réconciliation nationale, a expliqué que 2200 terroristes ont été amnistiés et que d’autres dossiers sont en cours, ce qui voudrait dire que les amnisties vont se poursuivre. C’est l’autre volet de la situation sécuritaire qui est plus inquiétant ; il suffit de suivre l’actualité pour noter que le terrorisme sévit (presque) partout et vise (presque) tout le monde. Uniquement ces trois derniers jours, on a pu apprendre qu’un commandant de secteur militaire a été assassiné à Djelfa, deux bombes ont explosé à Zemmouri tandis que deux autres étaient désamorcées à Thenia et une à Constantine, devant un lycée. Un policier était tué à Tigzirt, un militaire tué par une bombe à Lakhdaria et deux bergers égorgés à Sidi Bel Abbès. Cette « extension du domaine de la lutte », si elle ressemble à une fatalité assumée par les pouvoirs publics, prouve que le terrorisme ne vit pas ses derniers instants. Qu’en penser en sachant que tuer deux bergers ou mettre une bombe dans un lycée n’est pas dans les méthodes d’Al Qaïda, mais bien un problème interne. L’Algérie s’est-elle réconciliée avec elle-même ? Il semble que non, pas encore. Il semble que les dirigeants détestent autant leur peuple, que les chauffeurs de taxi détestent tout autant leurs clients et que les islamistes détestent autant le monde entier. Une loi sur la réconciliation bis ? Pourquoi pas. A condition que le plus haineux fasse le premier pas. Pourquoi Droudkel n’épouserait-il pas Biyouna en direct à la télé avec HHC comme imam ?

Chawki Amari.
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Avr 09, 2008 1:06 am


POINT ZERO DU 09.04.2008

Y a-t-il une vie après le bac ?

Un système antifraude révolutionnaire, des mesures de contrôle draconiennes et la présence massive d’observateurs, ce sont les nouvelles dispositions qu’a prises le pays pour assurer un déroulement normal de l’opération. S’agit-il d’une élection nationale, de la réélection de l’actuel président ou d’un référendum pour l’amnistie des voleurs de portables ? Non, il s’agit du baccalauréat 2008 au sujet duquel Boubekeur Benbouzid, inamovible ministre de l’Education, a promis un renforcement des mesures contre la fraude. Un examen propre et honnête, sous surveillance, franc et sincère comme une élection libre au pays du dirigisme, un scrutin non truqué au pays de la perceuse, arme électorale massive. Car il faut le savoir, même au baccalauréat il y a des dépassements, des interférences, de la triche et de la fraude. Les Algériens sont-ils plus malhonnêtes que les autres ? Probablement pas, mais peut-être qu’en Algérie, le baccalauréat est plus important que dans d’autres pays et que donc, tous les moyens sont permis. Peut-être aussi que sans baccalauréat et si l’on n’est pas enfant de moudjahid, fille de général ou fils de ministre, on finit généralement harrag, repêché mort en mer ou embarqué dans une ceinture d’explosifs pour faire le plus de dégâts autour, pour faire payer à tout le monde sa propre impossibilité. Peut-être enfin que le baccalauréat ouvre des portes. Sauf que. Qui a le bac parmi les dirigeants ou à la tête des partis de l’alliance ? Dans les kasmas et les mouhafadhas, à la tête des organisations de masse, au cabinet noir ou dans les associations de soutien au président ? L’Algérie, heureusement, est un pays où le miracle est toujours possible. Si l’on a le bac, on peut devenir chômeur, mais chômeur universitaire. Mais si l’on ne l’a pas, on peut toujours entamer une carrière politique. On peut même finir chef du gouvernement.

Chawki Amari.
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