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 Chawki Amari

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forzi

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Oct 25, 2008 2:10 pm



POINT ZERO DU 25.10.2008.


La congrégation des assumeurs

Un mot, un seul, qui fait verbe en même temps, sujet et action. « J’assume. » Ce n’est pas un « j’accuse » à la Emile Zola pour pointer du doigt l’ensemble du système mais le contraire, un « j’assume » à la Khalida Toumi, pour masquer des deux mains les méthodes et l’idéologie d’un régime déjà largement condamné par l’histoire. Une acrobatie verbale déguisée en faux courage, en tous points comparable au « j’assume » de Abdelmajid Sidi Saïd, qui avait ainsi réglé l’illégalité d’un transfert d’argent vers Khalifa avec une signature antidatée, pensant ainsi échapper à la justice et à la morale.

Si l’exercice peut être relativement facile pour un virement bancaire douteux, il est par contre beaucoup plus difficile pour l’interdiction d’un livre à l’imprimerie. Car censurer un livre, c’est comme arrêter un opposant, suspendre un journal ou fermer un siège de parti. La question est d’ordre psychanalytique ; comment peut-on, en quelques années, passer du statut d’opposante éclairée à celui de censeur obscur ? Comment peut-on au départ ressembler à M. Benchicou pour finir par ressembler à M. Sidi Saïd, caricature parfaite de l’apparatchik qui vit de son rôle de défenseur latéral droit du régime, grassement rémunéré pour recevoir les sifflets du public à la place de l’entraîneur ?

C’est simple, il suffit d’assumer, de le dire et de retirer tous les miroirs de son appartement. Pourtant, dans cette congrégation des assumeurs, il y a en a un qui déroge à la règle. M. Boukerzaza, porte-parole officiel du régime, a expliqué que le gouvernement n’avait rien à voir avec cette histoire de censure, contredisant le ministre de la culture en se déclarant innocent. Pourquoi ? Parce que lui a plus d’expérience, il sait que quand le président Bouteflika, grand assumeur devant l’Eternel, renverra ces deux ministres chez eux, ils devront assumer leur statut de chômeurs.


Chawki Amari.


Dernière édition par forzi le Dim Nov 23, 2008 1:36 pm, édité 2 fois
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forzi

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Oct 26, 2008 9:45 am



POINT ZERO DU 26.10.2008.


Coefficient rationnel de bonheur

Comme un thermomètre schizophrène, le pétrole monte et descend, inquiète et rassure, joue avec les nerfs des exportateurs et avec les sentiments des importateurs.

Le prix de son baril étant lié directement à la cote de popularité des dirigeants algériens, il y a de quoi froncer les sourcils si la tendance à la baisse se confirmait. Car, un Président n’est populaire dans le pays que lorsque le budget suit, pour construire, aider, calmer, subventionner, promettre, gérer et financer les appétits naturellement de plus en plus grands de la population. Car, selon une logique économique d’une absolue cruauté, quand le pétrole passe en dessous de 10 dollars, les Algériens votent FIS. Quand il est au-dessus de 50, ils votent FLN.

Entre les deux, ils sont entre les deux, ce qui explique l’apparition de courants politiques islamo-nationalistes. Comme le régime garde encore sa nature de père indigne et pervers mais tribal et généreux, quand il a bien dîné, chacun est content de ramasser les restes, même s’il doit faire la vaisselle et les enfants juste après. Le débat sur le pétrole n’a d’ailleurs plus lieu d’être. A une époque, les avis étaient partagés, malédiction pour les uns, en ce sens qu’il pousse à la paresse et reporte sans cesse le décollage économique et l’ouverture politique, don du ciel pour les autres, en ce sens que sans lui, l’Algérie serait comme un homme nu qui dort pour oublier de manger. Aujourd’hui, plus personne ne débat de cette question, tout le monde semble avoir réalisé que les dirigeants ne réussiront pas à faire un pas dans la bonne direction sans carburant. L’Algérie est donc condamnée à voir son coefficient rationnel de bonheur indexé sur le prix du baril entre Londres et New York. Peut-on être heureux sans pétrole ? Non. A moins d’être Tunisien. D’ailleurs, les Algériens ne s’y trompent pas ; ils sont tous d’accord pour détester les Tunisiens.



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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Oct 27, 2008 1:00 pm



POINT ZERO DU 27.10.2008.


Les (très) grands électeurs

Un œil fois 2 fois 6 milliards d’habitants égale 12 milliards. C’est le nombre d’yeux qui vont être braqués cette semaine sur les USA. Et pour cause, la première puissance mondiale va élire son dirigeant le plus puissant. Entre Obama et McCain, deux descendants de vieux continents, l’un d’Afrique et l’autre d’Europe, l’enjeu est important pour le 4 novembre prochain, même si comme tout le monde le dit, cela ne va rien changer pour nous, petit pays pétrolier qui a très peu de prise sur sa propre histoire. Mais comme tout le monde dit aussi que c’est l’Amérique qui nomme le Président algérien, c’est une très bonne raison s’il en fallait une pour suivre ce scrutin.

De quoi s’agit-il ? D’un suspense, d’une question en suspens : qui va gagner ? Si en Algérie, le suspense consiste à savoir quel jour la réforme de la Constitution va avoir lieu, il n’y a plus de questions en suspens après. Ni celle de savoir si les députés et les sénateurs vont voter oui, ni celle de savoir si le président Bouteflika va se présenter ni s’il va gagner. On le voit bien, ce n’est pas le même film. Sauf qu’aux USA, le système électoral de grands électeurs, choisis par les citoyens, qui vont élire le Président n’a pas l’air d’un système égalitaire.

Si l’Algérie a toujours été fière de son suffrage universel, système de vote où chaque Algérien(ne) a le droit de voter directement pour son Président, chaque voix ayant la même valeur, tout le monde sait pourtant que l’élection présidentielle algérienne est régie par un système équivalent de grands électeurs. Ce ne sont pas les citoyens qui élisent leur chef mais un collège de grands électeurs, militaires, services secrets, réseaux économiques, parrains et, à une moindre échelle, chefs de partis politiques dominants. Alors, l’Algérie c’est un peu l’Amérique. Vrai ou faux ? Faux, un Noir n’a aucune chance d’être président en Algérie.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Oct 28, 2008 2:40 am



POINT ZERO DU 28.10.2008.


Deux ou trois mots

Un chimiste d’El Hadjar amateur de littérature l’avait expliqué ainsi : « Les phrases sont dangereuses parce qu’elles sont composées de mots à la base et que certains d’entre eux provoquent des explosions quand ils sont mis ensemble. » Le Sila (Salon du livre d’Alger) s’est ouvert hier et a déjà fait des victimes : une interdiction, celle du livre de Mohamed Benchicou, un limogeage, celui d’un autre écrivain, Amine Zaoui, directeur de la Bibliothèque nationale, et une déception, celle de Yasmina Khadra, encore un écrivain, qui serait sur le point de quitter la direction du Centre culturel algérien à Paris.

En 2008 donc, soit six siècles après l’invention de l’imprimerie et un an avant l’élection présidentielle, le régime a encore peur des mots. Il préfère les chiffres comme 3e mandat, 100 milliards de dollars de réserves de change ou 1 million de logements. Il n’y a qu’à regarder l’ENTV couper régulièrement le son lors de ses couvertures visuelles d’activités nationales pour comprendre que le régime, sourd, muet et aveugle de naissance, n’aime pas le bruit constitué et les mots qu’il ne contrôle pas.

Qu’est-ce qu’une « phrase assassine » ? Des lettres, signes graphiques représentant des sons, dont la combinaison donne des mots et dont l’agencement fait des phrases. Exemple : « … et Khalida Toumi esprit de la culture, qui a bien besoin d’une femme d’ouverture comme elle », peut donner avec les mêmes mots : « … comme la Khalida Toumi, une femme qui, elle, a bien besoin de culture et d’ouverture d’esprit. »

La chimie est une science neutre de la même façon qu’en arabe « iqra’ » donne « ’arqi » en mettant les lettres à l’envers, le premier faisant référence à la médecine, le second à son contraire, la charlatanerie. Quand le Salon du livre fermera ses portes, il faudra penser à suspendre le livre de la Constitution. De toute façon, personne ne la lit.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Oct 29, 2008 3:00 pm



POINT ZERO DU 29.10.2008.


Deux ou trois mots (2)

Retour au Sila pour la deuxième journée du Salon du livre d’Alger. Dans la catégorie « expulsions et suspensions », de nouvelles nominations avec le très attendu Boualem Sansal pour son livre Le village de l’Allemand et la révélation de l’année dans la catégorie « jeunes expulsés » avec Salim Bachi pour son livre Tuons-les tous . Ces livres ayant été interdits au salon, restent dans la catégorie « tendance », une production massive de livres traitant de l’Islam et dérivés comme à l’accoutumée et enfin, dans la catégorie « faut-il écrire quand on a rien à dire ? », quelques livres dont le nom des auteurs n’a pas été retenu. Quand à Amine Zaoui, limogé de son poste de directeur de la Bibliothèque nationale par la Présidence, de nouvelles informations sont tombées et il semble qu’il doit son renvoi à cause d’un auteur encore une fois, le célèbre poète Adonis, venu récemment à Alger en tant qu’invité de la BN.

Ne cachant ni ses mots ni ses sentiments, le vieux poète de 70 ans a gardé intacte sa ferveur et avec sa franchise, il a fustigé aussi bien l’islamisme, si loin de Dieu, que les autocrates arabes, si loin de la démocratie. La Présidence n’a pas aimé et on la comprend, résultat Adonis est rentré chez lui et Zaoui aussi, non sans avoir tenté de disculper M. Bouteflika, responsable de la sanction, avec un très mou « on a menti au Président ». Dernière sortie enfin, sans surprise mais très attendue, l’arrivée du président Bouteflika en personne, la veille, un ciseau à la main, ce qui a fait très peur aux éditeurs qui pensaient devoir subir de nouvelles coupures de livres. En fait non, c’était pour couper le ruban d’inauguration du salon. Le Président a visité des stands, parcouru quelques « quatrième de couverture » et en a profité pour apporter un démenti à lui-même. Non, il n’a pas dit que les sciences humaines ne servaient à rien. Pour ce que cela change.



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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Nov 02, 2008 3:40 pm



POINT ZERO DU 01.11.2008.


Trois fois rien

Il en a entièrement le droit, puisque l’article 176 de la Constitution permet un changement de la Constitution par voie parlementaire. D’ailleurs, il faudrait peut-être penser à prévoir un autre article qui permettrait de changer l’article qui permet de changer la Constitution. Mais bref, il en a le droit et le problème n’est pas là, mais dans l’éthique. Abdelaziz Bouteflika, homme du sérail, nommé en 1999 par le système et reconduit par le même système sur la base des domaines partagés et réservés, a donc décidé d’être président pendant 15 ans au minimum.

Soit plus que Boumediène (13 ans) et plus que Chadli (13 ans), ce qui est bien révélateur d’une nature revancharde que tout le monde lui reconnaît. Dans un pays où les dirigeants n’ont plus le sens des valeurs morales et ne songent plus à donner l’exemple, le fait de briguer une présidence à vie n’est plus considéré comme de la mégalomanie autocratique. Que reste-t-il alors à la société pour garder l’espoir d’un pays juste ? Les antennes paraboliques, où à travers la fenêtre de la télévision on peut encore voir les pays qui avancent avec des mœurs politiques autrement plus responsables et des pratiques démocratiques où l’alternance n’est pas un vague concept, mais bien le fondement du pouvoir partagé.

Une fois la télévision éteinte, pour beaucoup d’Algériens et Algériennes demeurera ce sentiment de fatigue. Personne n’aura eu la force de s’attarder sur cette contradiction : si le président Bouteflika veut rester président « à cause du choix du peuple », pourquoi ne passe-t-il pas par un référendum populaire ? Personne non plus n’aura la force de s’attarder sur le bilan, auquel s’accrochent tous les défenseurs de la reconduction. Oui, d’accord, on a construit trois hôpitaux, deux cités et un début d’autoroute. Mais qui dit que cheb Mami, avec les mêmes ressources financières, n’aurait pas fait la même chose ?


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Nov 02, 2008 3:42 pm



POINT ZERO DU 02.11.2008.


Et si…

Quelques rêves, ramassés ici et là, entre des débris de déception et des restes avariés de désillusion. Et si ? Et si le changement de la Constitution n’incluait pas un troisième mandat ? Et si le Président lui-même, avec un troisième mandat théoriquement légal, ne briguait pas la présidence en 2009 ? Et si tout ça n’était qu’un jeu et qu’au dernier moment, il ne s’agissait pas de troisième mandat, mais bien d’un simple rééquilibre de la Constitution ? Car le Président n’a rien dit, ni sur le troisième mandat ni sur son intention d’en briguer un, le régime excellant dans l’art du cryptage, tout est possible.

Alors, le temps de quelque temps, on s’est mis à rêver de quelques rêves, passer à d’autres mondes, à imaginer un nouveau Président, jeune comme Obama, moderne comme Yayi Boni, le président du Bénin, démocrate comme Manmohan Singh de l’Inde, honnête comme Stephen Joseph Harper du Canada et populaire comme Hugo Chavez. Un homme d’une nouvelle génération qui croit aux libertés comme seuls moteurs de l’histoire, aux libertés comme seules à même d’arrimer les Algériens à l’Algérie, qui croit à l’alternance, à la réelle liberté d’entreprise, à la transparence, à des rapports d’intelligence entre lui et son peuple et non à des rapports de force.

Qui croit que seul, il ne fera rien, qui s’entourera de gens honnêtes et compétents, comprend qu’il faut frapper la corruption par le haut de l’échelle, sait que l’islamisme est une voie sans issue et l’autoritarisme, la meilleure façon de masquer les problèmes sans les régler. Un nouveau Président pour un nouveau pays, comme celui rêvé en Novembre 1954. Le temps d’un rêve seulement.

5 ans, ce n’est rien peut-être à l’échelle d’un pays, mais c’est beaucoup à l’échelle d’une vie. Le rêve peut évidemment se transformer en cauchemar. Souvent, il suffit de changer de position dans son lit. Pour ceux qui en ont un.


Chawki Amari.
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Nov 04, 2008 9:21 am

El watan /04/11/2008.

Du haut de ces 14 siècles…


Ce triste fait divers s’est déroulé dans la Kabylie profonde, la semaine dernière. En proie au désespoir, un homme s’est suicidé en se jetant du haut du minaret de la mosquée du village. Après la profonde tristesse qui s’est emparée de la communauté et le douloureux enterrement qui a suivi, [b]les lectures de cet événement ont été diverses quant au choix de l’arme du crime, une mosquée. La première de ces lectures vient du courant démocrate, qui a expliqué le geste de ce malheureux comme un choix conscient, celui de se jeter de la mosquée pour dénoncer l’islamisme ambiant comme insupportable pression sur la société et fondement de l’alliance conservatrice avec le régime.

La deuxième lecture est venue des courants nationalistes, qui ont fièrement expliqué qu’en ces temps de 1er novembre, le malheureux a sacrifié sa vie pour rappeler aux jeunes générations le sacrifice des aînés de la libération tombés au champ d’honneur.Si une stèle serait déjà en construction d’après ces mêmes milieux, ils n’ont pas réussi à expliquer le choix de la mosquée et nous ont renvoyés vers le porte-parole du gouvernement, qui aurait par la suite déclaré qu’il n’avait aucun commentaire à faire.

La troisième explication est issue des milieux islamistes, qui ont tenu à préciser que les Kabyles, partie de la civilisation berbère, n’ont rien construit de très haut depuis les milliers d’années qu’ils sont là et ont dû attendre la civilisation arabe pour prendre un peu de hauteur. En tout état de cause, les trois courants politiques, ceux-là mêmes, qui représentent l’échiquier algérien, ont des explications différentes pour les mêmes événements et aucune d’elle ne ramènera le pauvre malheureux chez lui. Dernière question, qu’il faudrait plutôt adresser au ministère des Affaires religieuses, comment est-il monté sans que l’imam le voie ? Ce dernier était-il à son poste de travail ce jour-là ?


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Ps: j'ai pas su la faire façon fewzi .! Wink Wink
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Nov 05, 2008 9:26 am

La syntaxe au secours du régime


Chacun étant sous anxiolytiques, personne n’a ri au communiqué de la Présidence qui vient d’expliquer la non-limitation des mandats présidentiels par un argument très chimique, celui « de consacrer pleinement le droit souverain du peuple à choisir librement ses dirigeants ». On l’a bien compris, le peuple n’est pas ici une instance électorale ou le détenteur de la légitimité, mais une abstraction qu’il s’agit de convoquer virtuellement pour répondre à une question qu’il ne s’est pas posée et qu’on ne lui a d’ailleurs pas posée. Car selon la syntaxe présidentielle, le peuple a le droit de « choisir librement ses dirigeants » mais pas celui d’amender par référendum le changement de Constitution qui va permettre aux dirigeants de se choisir (librement) eux-mêmes.

Et de la même façon que ce peuple, invention syntaxique pour la circonstance, va subir la nouvelle Constitution, il va subir encore un Président qui n’a pas été choisi par lui mais pour lui, puisqu’en 1999, très peu d’Algériens savaient qui était Bouteflika, largué par un bombardier fatigué de l’armée au-dessus de la Présidence. Le peuple va donc rester ce qu’il était aux tout débuts du système, une lettre morte, un alibi du crime, un saint absent et improbable que l’on convoque lorsqu’on a mal au dos. En tout cas, absolument pas le fondement de la représentativité mais de la démocratie telle que se la présente la Présidence, une fausse bonne idée qu’il faut effacer par abus répété de langage. Le « peuple souverain » va-t-il répondre à cette fausse sollicitation ? Oui, par sa syntaxe à lui. Abstention ou émeutes, manifestations, exil, suicide ou terrorisme, bref, par toute la panoplie qu’il s’est octroyée pour parler. En tout cas, il va répondre avec le même mépris qu’a eu pour lui ce communiqué de la Présidence, et « librement choisir » son attitude face à ce nouveau viol. En serrant les dents, les poings ou autre chose.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Nov 15, 2008 9:08 am

Cinq ans de solitude
15/11/2008


En 2014 donc, Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, et Noureddine Yazid Zerhouni, 77 ans, tous deux nés au Maroc, seront encore aux commandes de l’Algérie, si tout va bien. S’il leur arrivait quelque chose en revanche, de nouvelles complications apparaîtraient tant le système est fermé et le changement d’une seule pièce bousculant l’ensemble du dispositif, même s’il s’agit surtout dans ce cas de pièces de musée. Comment en est-on arrivés là ? Il suffit de remonter le temps, seul véritable ennemi des Algériens. Pendant la guerre de Libération, les combattants de l’indépendance n’étaient pas nombreux et devaient souvent se battre contre leurs compatriotes anesthésiés et craintifs, le turban sur la tête étant censé les protéger de l’histoire. Pendant le coup de force de l’été 1962, les opposants à la mainmise de l’armée des frontières n’étaient pas non plus nombreux et avaient d’ailleurs perdu la bataille devant le consensus populaire.

Quand Houari Boumediène et, sous son aile, le même Abdelaziz Bouteflika avaient entrepris d’instaurer un état policier, ils n’étaient qu’une poignée à soutenir qu’il ne servait à rien de mettre les opposants en prison, alors que l’Algérie ne produisait déjà plus rien et importait même des prisons. Quand les émeutes d’Octobre avaient éclaté, la majorité des Algériens a (re)voté pour Chadli Bendjedid quelques jours après. Quand le terrorisme est apparu, ils n’étaient qu’une poignée à se défendre et quand les parlementaires n’ont enregistré que quelques voix contre au changement de la Constitution, ils sont restés dans l’air du temps. Les Algériens subissent l’histoire en attendant leur mort personnelle. Les Algériens subissent l’événement pendant que leurs dirigeants leur cachent l’agenda. Ahmed Ouyahia l’a bien rappelé, avec un sourire malicieux : « L’opposition ne prendra jamais le pouvoir. » Cinq ans de solitude nous attendent. On n’a jamais été aussi seuls.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Nov 16, 2008 9:58 am

La mer reconnaîtra les siens


Mercredi dernier, pendant que les honorables parlementaires votaient, le ventre plein, pour l’éternelle reconduction, un autre drame se jouait ; le soir même, 15 harraga étaient arrêtés en pleine mer pour délit de fuite. Jusque-là, l’histoire n’a rien de surprenant ni de la part de l’Assemblée habituée à recevoir les pires humiliations ni de celle de la mer, habituée à recevoir des milliers de déçus des systèmes politiques. A la lecture de la fiche de renseignements des 15 harraga présentés par les garde-côtes de Ghazaouet, on s’aperçoit que 9 d’entre eux ne sont pas Algériens mais Afghans. Des Afghans harraga en Algérie ? Si les Algériens sont connus depuis longtemps pour partir, à toutes les époques, par n’importe quel moyen et pour n’importe quelle raison, on connaissait les Afghans pour une autre spécialité, celle de quitter leur pays afin de renforcer le front de la guerre en Algérie.

Que s’est-il passé pour que des Afghans soient arrêtés au large de l’Algérie pour être déférés devant le parquet d’Oran comme de vulgaires harraga ? Rien. Les Algériens ont tellement pris l’habitude de l’exil marin qu’ils ont ouvert de nouvelles voies à tout le monde et même les candidats de lointains pays passent par ici pour aller ailleurs, confirmant la remarque d’un poissonnier national : « Il y a beaucoup plus de harraga au large des côtes algériennes que de crevettes ou de rougets. » Ce qui explique le prix affolant des poissons et crustacés, d’une part, et le peu de valeur accordé à la vie humaine en Algérie d’autre part. Pendant donc que les parlementaires dînaient au bord de la mer pour fêter la victoire de l’immobilisme sur le changement, 9 Afghans tentaient de partir d’Algérie en clandestins. Le constat est révélateur. Depuis le jour de la réforme de la Constitution qui permet au président Bouteflika de rester président à vie, même les Afghans quittent l’Algérie
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Nov 18, 2008 10:51 am

Le mépris, tome III


Dans la façon dont les députés dépensent leurs 30 millions au club situé au-dessous de l’hôtel Safir, il y a du mépris. Dans celle aussi de se moquer de l’univers en présentant une présidence à vie comme une avancée ou simplement dans celle d’expliquer au peuple que tout va bien depuis 10 ans mais que ça ira mieux dans 5 ans. On ne demande pas aux gouvernants de l’élégance, de reconnaître leurs erreurs avec humilité par exemple. L’élégance à table consiste à ne pas demander à se resservir d’un plat une troisième fois, même si l’on a faim. A refuser de finir ses jours sur un fauteuil doré au XXIe siècle et à laisser la place aux autres, même si l’on a peur de finir comme Chadli, cloîtré en bord de mer et attaché à un jet-ski sur écoute. A l’inverse, le mépris est une valeur partagée par tous les dirigeants algériens, à l’image des responsables d’Alger qui expliquent qu’il y a trop de circulation parce qu’il y a trop de voitures.

Impliquant que ce n’est pas à eux de trouver des solutions mais qu’il faille plutôt que les Algérois abandonnent leurs voitures pour aller se bousculer dans les bus, attraper des taxis introuvables ou attendre debout le métro pendant 5 ans en envoyant ses enfants à l’école par e-mail, en fichier attaché. Le mépris est une vieille constante, sauf que cette fois-ci, c’est le président qui va être lui-même objet de mépris. Quand les dirigeants du monde vont le rencontrer, ils vont traiter avec lui pour d’évidents dividendes économiques, pour écouler leurs marchandises ou obtenir des contrats. Mais, derrière le sourire conventionnel, il y aura du mépris, comme pour tous ces dictateurs arabes et africains qui n’ont compris qu’une seule chose en 3000 ans de civilisation, rester au pouvoir. Quand l’homme blanc va parler au féodal nord-africain, il pensera que ce dernier est naturellement incapable d’évolution. Et cette fois, il aura raison.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Nov 19, 2008 9:58 am

Comme de la laine sur le dos


Cette affaire peut apparaître comme un détail pour tous ceux qui ont consciemment choisi de préférer un kilo de viande à un gramme d’esprit. Mais c’est pourtant essentiel dans la construction civilisationnelle. Hier, 4 jeunes Algérois ont été relaxés ou condamnés à de la prison avec sursis au tribunal de Hussein Dey pour avoir été attrapés en train de fumer des cigarettes pendant le Ramadhan dernier. Ils ont quand même passé deux mois de prison préventive par la faute d’un procureur zélé. Mais bref, l’histoire n’est pas là puisque aujourd’hui, l’espace de débat économique et politique étant fermé, il s’agit de revendiquer des libertés et pour tout le monde. La liberté de dire non, celle de se promener en short ou en qamis...

La liberté, ce gros mot
que personne n’ose plus utiliser aujourd’hui, ce terme qui est encore et toujours absent des discours présidentiels. Il ne faut pas se tromper, les 4 Algérois qui ont fait deux mois de prison n’ont pas été incarcérés dans le cadre de la lutte contre le tabagisme mais bien pour « atteinte aux valeurs islamiques », telle qu’inscrite dans le code pénal institué par le même Ouyahia, Premier ministre, alors ministre de la Justice. Doit-on rappeler au procureur, au Premier ministre et au Président les 5 piliers de l’Islam et leur hiérarchie, avec en tête la chahada, puis la salat puis bien après le Ramadhan ? Si la justice se réclamait de l’Islam, elle devrait logiquement mettre en prison tous ceux qui ne récitent pas la chahada puis tous ceux qui ne font pas la prière. Ce n’est pas le cas, pour l’instant, mais pourquoi chercher de la cohérence là où il n’a jamais été question d’y en avoir ? La société, ce troupeau de moutons carnivores gouverné par un berger malade, n’a d’avenir qu’à l’abattoir. De la laine ? Même pas, puisque l’Algérie importe aussi la laine.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Nov 22, 2008 3:00 pm



POINT ZERO DU 22.11.2008.


Une décenie sans couleur

Pas d’indignation, il ne sert à rien d’attendre l’équipe Bouteflika sur le terrain des libertés, ce n’est pas sa fonction. Il y a quelques jours, un libraire a été arrêté par la police et 4 jeunes sortaient de deux mois de détention préventive pour avoir osé fumer pendant le ramadhan, un livre, une cigarette, tels sont les délits d’aujourd’hui et la ministre de la culture peut bien assumer la totale absurdité de l’arrestation d’un libraire, tout le monde sait que l’Algérie n’avance pas dans le bon sens. Mais c’est sur le terrain économique qu’il faut juger l’équipe au pouvoir depuis 10 ans, car c’est là où elle possède ses seuls arguments de maintien. En dehors de l’avis favorable du FMI qui cherche désespérément de la croissance partout pour maintenir la machine mondiale, prenons 3 points. La réforme bancaire, promise depuis des décennies, n’a toujours pas vu le jour et l’Algérie est classée parmi les dernières du monde dans ce domaine. Le pays est toujours dépendant à 99% du pétrole, unique facteur de croissance. Le dinar est toujours la monnaie la plus faible du Maghreb et un Algérien doit dépenser 120 DA pour un misérable euro. C’est-à-dire que rien n’a changé depuis 10 ans. C’est même pire, vous donnez 100 milliards de dollars à la Tunisie ou au Maroc, ils se verront. Donnez-les à l’Algérie, ils seront engloutis dans les réseaux constitués sans contrepartie. A quoi peut bien alors servir un régime qui n’offre pas de libertés à son peuple pour le développement civilisationnel et ne l’équipe pas non plus d’une économie digne de ce nom ? A rien, mais qui a dit que ce régime devait servir à quelque chose ? Le président est un enfant des années 1930 et son premier ministre un enfant des services, le premier satisfait une ambition personnelle et le second les équilibres du système. Lisez en fumant, écrivez en chiquant, criez en hurlant, voilà ce qu’il vous reste à faire.

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Nov 23, 2008 4:39 am



POINT ZERO DU 23.11.2008.


Le point de bascule

C’est une théorie de Malcolm Gladwell, qui s’est attaché à ces changements mineurs qui peuvent provoquer de véritables bouleversements. Comment faire une grande différence avec de très petites choses ; comment, avec de l’imagination et un levier, initier un mouvement qui fera boule de neige et changera tout. Comment des individus, qu’il appelle « connecteurs », peuvent propager une idée à partir de rien et contaminer l’entourage, créant une mode vestimentaire ou une révolution politique, un courant culturel ou un bouleversement historique. Faisant appel à l’épidémiologie, la psychologie, la sociologie et la dynamique des groupes, Gladwell applique toutes ces sciences à une large gamme de comportements sociaux. A l’inverse, pour l’Algérie qui vient d’atteindre un nouveau point de non-bascule, il est intéressant de voir comment, et en de nombreuses occasions – 1962, 1965, 1979, les années 1990, 1999 et 2008 – elle a failli devenir « quelqu’un de bien » et comment elle rate à chaque fois le petit coup de pouce qui créerait l’épidémie et ferait tout basculer pour devenir un pays moderne, libre et prospère. A cause d’hommes (petits) qui ne prennent pas les (petites) décisions au bon moment, le point de bascule est toujours repoussé et le pays replonge dans une phase atonique, plate et sans futur. Pourquoi les pays arabes et africains restent-ils pour la plupart des dictatures automatiques qui tournent en boucle ? Ce n’est pas une fatalité culturelle ou génétique, c’est simplement que les « connecteurs » sont sous surveillance constante et que tout est fait pour que le moindre petit changement soit étouffé dans l’œuf sans pouvoir se propager. A coup sûr, le régime algérien a dû lire Gladwell ou, du moins, un résumé concocté par les services. La seule épidémie qui se propage régulièrement est la typhoïde. Ce qui n’a évidemment rien à voir avec l’histoire. Ou alors celle des virus.

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Nov 24, 2008 8:00 am



POINT ZERO DU 24.11.2008.


Y a-t-il une vie après le pétrole ?

Déprimés, humiliés, boitant après cet abus de position dominante, de plus en plus d’Algériens souhaitent ouvertement une chute des prix du pétrole. La logique se tient ; s’il n’y avait pas l’argent du pétrole, le régime n’aurait pas pu augmenter les salaires des députés à 300 000 DA, afin qu’ils votent des deux mains pour la reconduction. S’il n’y avait pas d’argent, toute la clientèle du régime serait allée chercher ailleurs de quoi nourrir ses nombreux enfants et maîtresses et les soutiens tomberaient d’eux-mêmes.

S’il n’y avait pas d’argent et comme il ne travaille pas, le régime aurait été obligé d’ouvrir des soupapes et d’inventer un autre mode de gestion pour se maintenir, basé sur une démocratie participative et le partage de la responsabilité politique. S’il n’y avait pas d’argent, le régime n’aurait pas pu offrir des milliers de crédits non remboursables aux prédateurs économiques qui évoluent dans le système et assurent sa stabilité. Ce n’est pas le cas. L’Algérie dort toujours parce qu’elle est encore allongée sur un confortable matelas de réserves financières et la plupart de celles qui partagent le grand lit doré ne sont pas là pour leur compétence, mais pour leur disposition d’esprit et de corps.

Cet argent qui sert surtout à acheter des silences, des compromissions et des cadeaux pour les plus méritantes d’entre les danseuses est là juste sous les draps de soie. Cas de figure, le prix du pétrole tombe, le régime tombe. Comment se relever après ? Faire le contraire exact de ce que fait le régime depuis des décennies, car il le fait avec de l’argent. Faire son contraire ne devrait donc pas solliciter de ressources financières. Reste un point, comment faire chuter le prix du pétrole ? Il suffit de répandre la rumeur qu’il est empoisonné et que tout habitant de la planète qui en consomme deviendra un Algérien. De quoi faire effrayer toute l’humanité.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Nov 25, 2008 7:30 am



POINT ZERO DU 25.11.2008.


Le sillon unique du tourne-disque

Il y a 9 ans, Abdelkader El Eulmi était directeur de l’ENTV, puis il fut remercié pour être rappelé il y a quelques jours au poste de directeur de l’ENTV. Il y a 13 ans, Ahmed Ouyahia était chef de gouvernement, puis il fut remercié pour être rappelé au poste de chef de gouvernement. Il y a 45 ans, soit presque un demi-siècle, Abdelaziz Bouteflika était ministre des Affaires étrangères, puis il fut remercié et traîné en justice par la Cour des comptes pour être rappelé au poste de Président. A partir de là, même un enfant constaterait qu’il y a quelque chose d’anormal dans la gestion du personnel politique. Pourquoi mettre dehors quelqu’un pour le rappeler des années plus tard ? Et puis surtout, pourquoi prendre les mêmes quand on sait qu’à chaque heure qui passe, un(e) Algérien(ne) arrive à maturité ?

Dans ces boucles artificielles créées par l’immobilisme et le refus de l’ouverture, il faut rappeler que la première Constitution a été adoptée en 1963 à la suite d’un coup de force dans un cinéma de Bab El Oued. La dernière, celle de 2008, a été adoptée au Club des Pins à la suite d’un autre coup de force. Quand on a un peu de respect pour sa société, il est déplacé de faire adopter une loi aussi fondamentale dans un cinéma, encore moins au Club des Pins, patrie barricadée des apparatchiks, zone privée grillagée avec l’argent public et objet de toutes les rancœurs populaires. Là aussi dans la vision d’un enfant, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Le conflit de générations est au cœur du problème et, pour tout ce personnel politique qui a connu le tourne-disque et le 33 tours, quelle peut être son attitude aujourd’hui face à un lecteur MP4 à mémoire flash et connectique USB 2.0 ? De la nostalgie. Dans un disque vinyle, le sillon est unique. Il tourne et tourne toujours dans le même sens. Et rien ne sert à dire à tous ces gens que le son est de mauvaise qualité.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Nov 26, 2008 3:39 am

POINT ZERO DU 26.11.2008.

Lu pour vous


Qu’est-ce qui se cache derrière ce sigle ISBN, terme barbare qui fait peur à tout le monde, aux libraires et aux écrivains, aux éditeurs et aux imprimeurs, à la ministre de la Culture et à Amine Zaoui ? Rien ou presque, c’est un numéro d’enregistrement destiné à référencer un livre dans les millions qui sortent chaque jour. Ce n’est pas un numéro d’autorisation ni un agrément de publication, c’est comme un code-barres, un chiffre abstrait que l’on retrouve dans un coin d’un livre et qui sert à l’identifier entre du fromage râpé et un sachet d’olives. D’ailleurs, on peut obtenir son numéro ISBN par internet dans un cybercafé, pas la peine de passer par la Bibliothèque nationale, chargée par l’organisme international ISBN de référencer les livres dans la jungle des mots. Et alors ? Alors rien, simplement qu’un nouveau pas vient d’être franchi dans le contrôle de la pensée par le ministère de la Culture, qui exige désormais de l’éditeur ou de l’auteur un résumé du livre et une fiche de l’auteur, avec à terme peut-être un certificat de résidence et une douzaine de photos. Une fois le manuscrit déposé, une commission de fonctionnaires va décider s’il est autorisé à être imprimé, ce qui ne s’est jamais vu, même en Albanie. Et alors ? Rien encore, mais l’éditeur va attendre des mois ou des années, et il suffira de mettre des gros mots comme Benchicou ou Ben Brik, corruption ou général pour être interdit d’imprimer avec son propre argent. Les décideurs ont toujours décidé ce que les Algériens doivent regarder, l’ENTV, ce qu’ils doivent lire comme journaux, par les très difficiles agréments à obtenir, mais ils viennent de décider de lire à votre place les livres qui sont publiés. Comment entrer dans le cerveau des Algériens ? Par la porte principale, disent les nouveaux maîtres du pays, par l’estomac, ce qui expliquerait que les meilleures ventes de livres concernent les recettes de cuisine. A partir d’aujourd’hui, le ministère de la Culture a décidé de tout lire. Ce n’est pas bien, puisque on aura moins de livres. C’est très bien d’un autre côté, ils vont être obligés de lire des livres.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Nov 29, 2008 2:30 am



POINT ZERO DU 29.11.2008.




Les gros marchés de gros



Jeudi dernier, il y a deux jours, a eu lieu à Alger, à l’hôtel Safir précisément, le premier congrès de l’Union générale des marchés de gros de fruits et légumes, la très peu connue UGMGFL. Jusque-là, aucun problème, il ne s’agit que d’un congrès, même si des fruits et légumes en congrès à l’hôtel Safir, ex-Aletti, paraît un peu déplacé. Mais bref, on voit bien des marchés de moutons sur les grandes artères des grandes villes. Sauf que dans le fax transmis aux rédactions des journaux pour cet extraordinaire congrès, il y avait cette référence, « sous le haut patronage du président de la République », comme un sceau de noblesse ou de soutien officiel du royaume.

On connaissait la propension de la Présidence à se mêler de tout, du wali au simple agent d’APC, de la direction de l’APS ou de l’ENTV aux bibliothèques nationales et agences locales. Mais pourquoi une union des marchés de gros des fruits et légumes a-t-elle besoin d’un patronage présidentiel et pourquoi la Présidence a-t-elle donné son accord pour patronner un congrès de fruits et légumes ? Deux explications ont été proposées par les proposeurs d’explications ; d’abord, le marché des fruits et légumes est en forte hausse ces derniers temps et peut-être que la Présidence veut s’impliquer dans la régulation des prix, étant entendu qu’un Algérien qui ne mange pas ses courgettes ne peut pas voter dans le bon sens. Sauf que le congrès a dû être préparé bien avant la hausse des marchés, cette explication ne fonctionne pas. L’autre est beaucoup plus simple. En ces temps préélectoraux, il s’agit d’être partout, avec le FLN, le RND et le MSP, avec les militaires et les islamistes, les cordonniers et les bouchers, les unions générales et les organisations de masse. La présidentielle est un marché de gros. Il n’y a qu’à voir l’ENTV, version El Eulmi ou HHC, pour comprendre qu’on ne fait pas dans le détail.



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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Nov 30, 2008 2:46 pm



POINT ZERO DU 30.11.2008.


Descente de police dans le web

Qu’est-ce qui se cache derrière ce nouveau dispositif de lutte contre la cybercriminalité, annoncée comme une grande guerre contre des ennemis invisibles cachés partout ? Y a-t-il de la cybercriminalité en Algérie ? A-t-on hacké des banques, piraté des administrations, détourné de l’argent ? Non. Y a-t-il des pirates informatiques qui s’infiltrent dans les réseaux officiels ? Non plus, le seul fait d’armes des hackers nationaux est de flasher des démos et de pirater des films.

Alors pourquoi tant de bruit ? Tout comme les innombrables barrages installés à Alger et qui n’ont pas arrêté un seul terroriste, il semble que derrière cette lutte annoncée contre la cybercriminalité, se cache autre chose. Pour les barrages, c’est le désordre moral et non le terrorisme qui est ciblé, il s’agit surtout d’arrêter les jeunes fumeurs de cannabis et les buveurs d’alcool, de sermonner les jeunes filles sans foulard, de vérifier s’il n’y a pas d’insignes divins sous les tapis de sol et d’effacer les vignettes « F » qui font référence à la France, bref, d’islamiser la société automobile.

Vu la nature liberticide du régime, il y a tout lieu de croire que cette lutte contre la cybercriminalité cache l’intention de contrôler le web, surveiller les forums, scier les blogs,les journaux électroniques et tous ces espaces de liberté qui se répandent en échappant au contrôle de la centrale. Finalement, le seul exemple qu’a donné le ministre de l’Intérieur en matière de cybercriminalité est ce tract saisi à Berriane, appelant au nettoyage ethnique des Mozabites. Il a été récupéré d’un ordinateur, d’où il a été tapé pour être diffusé.

Ce n’est pas de la cybercriminalité mais de la criminalité tout court, l’internet n’étant pas en cause. Réprimer le web ? Possible. Ils sont capables de couper les lignes d’un taxiphone juste parce que Droudkel y a passé un coup de téléphone à sa papiche.



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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Déc 01, 2008 3:15 am



POINT ZERO DU 01.12.2008.


Généreux généraux

L’Algérie a souvent mélangé les genres. Comme aujourd’hui, où un Président civil et républicain gouverne un pays islamiste en se comportant comme un général. Au moment où des personnalités appellent un général, Liamine Zeroual, à diriger l’Algérie qui s’enfonce dans le népotisme, oubliant qu’ils avaient fait eux-mêmes campagne pour le destituer en s’appuyant sur ses liens avec un autre général, Mohamed Betchine, accusé de corruption généralisée. D’ailleurs, si les militaires voulaient vraiment destituer l’actuel Président, ils pourraient organiser une campagne similaire en braquant les projecteurs sur les nombreuses affaires qu’engrange un proche du Président. Mais les militaires veulent un Président civil, même s’ils n’ont pas destitué l’ancien général-président qui a préféré démissionner en laissant les généraux surpris, obligés de repêcher un civil pour la présidentielle devant le peu de candidats du sérail à piloter.

Dans cet imbroglio où même le colonel Chadli explique après coup comment il n’a pas instauré un régime parlementaire, qui veut quoi ? Tout le monde veut de l’argent, des 4X4 et des F4, s’associer à la distribution de la rente, ce que le Président a bien compris en jetant l’argent public dans les réseaux entonnoirs. Que deviennent les généraux ? Liamine Zeroual est à Batna où il lit les appels à sa candidature entre deux parties de cartes. Mohamed Betchine est à Constantine où il n’a jamais été inculpé. Mohamed Lamari et Khaled Nezzar sont à la retraite, à Alger, où ils se plaignent d’être les généraux les plus pauvres de la planète. Quel Président pour l’Algérie ? Un général, un civil, un caporal, un jeune gareur de parking ou un quadragénaire noir ? Plutôt un Président pharmacien ou médecin, répondent ceux qui ont compris que l’Algérie est malade. Sauf que Ferhat Abbas était pharmacien, civil et premier président du GPRA. On connaît la suite.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Déc 02, 2008 9:40 am



POINT ZERO DU 02.12.2008.


1er Mai 2099, tout va bien

L’Algérie tournant résolument le dos au futur, reste à composer avec le passé. Entre le colonel Chadli Bendjedid et le général Liamine Zeroual, quel est le meilleur pour le pays ? Les deux ont eu leur Constitution, les deux sont de l’Est, les deux ont truqué des élections et les deux sont des grand-pères de 70 ans. Le premier symbolise l’ouverture démocratique, le second la lutte contre le terrorisme. Le premier a créé le FIS, en lui offrant l’agrément pour activer, le second a créé le RND, en lui offrant toutes les structures de l’Etat pour régner.

Y a-t-il photo ? C’est bien sûr un piège puisque aucun des deux ne va se présenter contre le candidat unique et surtout parce que les Algériens n’ont jamais choisi leur président, tout comme les enfants n’ont pas choisi leurs parents. 48 comités de soutien à la candidature de Abdelaziz Bouteflika ont déjà été créés et agréés dans toutes les wilayas du pays. Quand on sait que pour monter une association locale de soutien aux amateurs de mayonnaise et dérivés, il faut des mois d’attente et des tonnes de papiers, on comprend que tout est déjà réglé.

La mariée est prête, même non consentante, la fête est prise en charge par les grossistes en alimentation et les musiciens répètent déjà dans la cuisine. Reste le marié. D’après un quotidien algérien d’extrême-droite, le Président expliquera au peuple qu’il ne se représentera pas en avril 2009. Achö ?! Tout ça pour rien ? Et l’ENTV et ses bombardements massifs ?! Et l’accord de l’alliance des trois associés de la Sarl « Akl taqil » ?! Et les danseuses prépayées, la salle louée et les cartons d’invitation imprimés sur les rotatives de l’armée ? ! Quel est le piège ? C’est de faire croire qu’il y a débat. Ce qui est déjà un débat. Mais un piège. En avril 2009, faites comme tout le monde, pensez à mai. Au 1er Mai 2099. En plus, ce sera un jour férié, on ne travaillera pas.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Déc 03, 2008 2:00 am



POINT ZERO DU 03.12.2008.


Les allers et retours de Ammi Flexy

On l’appelle Ammi Flexy bien qu’il ait 64 ans. On l’appelle ainsi parce qu’il n’aime pas les abonnements et les contrats, préférant payer juste ce dont il a besoin. A l’indépendance, Ammi Flexy a 18 ans. Dès 1963, il comprend que la prise de pouvoir de l’armée des frontières ne va pas mener le pays bien loin et part en Espagne où il travaille comme plombier jusqu’en 1965.

Le coup d’Etat ayant eu lieu et Ben Bella déposé, il pense qu’une nouvelle ère va s’ouvrir. Ammi Flexy rentre mais repart en 1966, le temps de comprendre que Boumediène n’est qu’un dictateur comme les autres. Ammi Flexy s’installe en Pologne où il travaille comme plâtrier et ne revient en Algérie qu’en 1974, lors du débat sur la charte nationale, croyant que sa parole et celle des autres Algériens va enfin être entendue. Ammi Flexy repart en 1975, dès qu’il comprend que le régime n’a pas l’intention de changer et trouve un travail de maçon en Mauritanie.

Il ne revient qu’en 1979, lorsque le conducator à moustache épaisse meurt pour laisser la place à un colonel d’ouverture. Ammi Flexy repart au début des années 1980, en pleine campagne d’assainissement, et trouve un emploi d’électricien en Finlande. Il ne revient qu’après les émeutes d’octobre 1988, croyant que le pays va enfin changer de sens. Ammi Flexy repart en 1992, lorsque le FIS gagne les élections législatives, et travaille comme réparateur TV au Kenya. Il ne revient qu’en 1999, lorsque Bouteflika accède au pouvoir. Il repart en 2005, dès qu’il constate que malgré les discours sur la croissance économique, le dinar ne vaut toujours rien à l’échelle maghrébine, encore moins à l’échelle mondiale. Ammi Flexy est revenu en 2007 et est reparti le jour où les députés ont voté massivement pour la présidence à vie. Le seul qui ait gagné quelque chose avec Ammi Flexy est Air Algérie. Mais la compagnie ne lui a même pas offert une carte de fidélité...


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Déc 06, 2008 4:50 am



POINT ZERO DU 06.12.2008.



La révolution… mais sur FaceBook

Fragmentés et isolés, déçus par les organisations et les partis, les leaders et les rassembleurs, par la capacité de la vie réelle à créer les facteurs de changement et les éléments naturels de la discorde, les Algérien(ne)s sont nombreux à se retrouver sur les réseaux électroniques. On peut comprendre, la liberté de rassemblement et de manifestation étant liée à la loi du bâton et à l’humeur de Yazid Zerhouni, quoi de plus normal que d’essayer d’être nombreux et seul, avec un PC et une connexion internet ? Les espaces de rencontre étant aussi peu nombreux qu’un magasin ouvert le vendredi à 13h et la constitution de groupes de plus de trois personnes étant soumise à l’accord du général de région, pourquoi ne pas utiliser les espaces virtuels pour protester ? C’est ainsi que sur FaceBook, pour ne citer que le plus populaire des réseaux d’échange, on trouve de tout, des militants et des amis, des pervers et des menteurs, des citoyens et de charmantes filles, bref, à peu près tout ce qu’il y a dans la vraie vie.

On y trouve aussi des pétitions comme dans la vie, la vraie, et surtout des appels à former des groupes comme « Non au troisième mandat », « Contre la médiocrité et pour la poésie », ou le délicieux « Vous aussi vous voulez adopter une jeune Suédoise de 20 ans ? » La limite de ce genre de structure est liée à sa nature : où peut bien aller un appel à protester contre la dictature qui s’installe ? Nulle part, il suffit d’un délestage de Sonelgaz pour que tout s’arrête. L’Occident, qui a inventé FaceBook, a d’abord fini de bâtir une démocratie participative avant de se trouver une nouvelle raison d’être dans les réseaux électroniques. L’Algérie a commencé par la fin et on attend toujours le début. Mais peut-être. Et si chaque groupe sur FaceBook kidnappait un député ? Difficile, les députés ne sont pas sur FaceBook. Ils sont en vacances.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Déc 07, 2008 8:30 am



POINT ZERO DU 07.12.2008.


Si j’étais un mouton

Ce n’est pas le cas, juste une hypothèse d’école, encore que les moutons ne vont pas à l’école et que les hommes la fréquentent de moins en moins. Mais si j’étais un mouton, je n’irais nulle part, je resterais ignorant des choses de la vie parce qu’un mouton n’a pas à savoir comment se construit une nation. Si j’étais un mouton, je ne contesterais pas les choix des dirigeants et je resterais dans mon coin à me lamenter sur le sort de l’histoire en attendant patiemment l’herbe subventionnée qui arrive du Canada par bateaux. Si j’étais un mouton, je ferais comme les moutons.

Si j’étais un mouton, j’appellerais mon gardien à se représenter comme gardien et de la même façon que j’ai voté pour lui, je voterais pour lui. Si j’étais un mouton, je ne demanderais pas aux décideurs comment font-ils pour choisir un gardien, je leur ferais simplement confiance parce que eux, contrairement aux moutons, savent comment l’univers fonctionne. Si j’étais un mouton, j’expliquerais à ma brebis qu’elle doit être encore plus docile que moi et que même si je lui donne des coups de pied, c’est parce que tout le monde m’en donne. Si j’étais un mouton, j’expliquerais à mes agneaux que quand ils grandiront, ils devront faire comme moi, c’est-à-dire rien. Si j’étais un mouton, j’attendrais calmement que le premier venu m’égorge pour lui pardonner après. Si j’étais un mouton, je donnerais toute ma laine afin que les maîtresses des dirigeants n’aient pas froid la nuit. Si j’étais un mouton, j’offrirais toute ma viande aux députés afin qu’ils organisent un méchoui et toute ma tête afin qu’ils jouent ensuite au handball avec. Si j’étais un mouton, je demanderais des autorisations pour avoir des autorisations. Si j’étais un mouton, je ne ferais pas de bruit et jamais de scandale. Heureusement, je ne suis pas un mouton. C’est pour cette raison que demain, j’achète un mouton.



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