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 Chawki Amari

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forzi

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Sep 23, 2008 3:00 pm



POINT ZERO DU 23.09.2008.


Couscous froid

Madame Klouf en a marre, elle se situe spatio-temporellement au bord de l’émeute. Madame Klouf jure qu’elle va se suicider en mer en se pendant à une barque trouée ou en se tirant un poisson bleu dans la tête. Car tous les jours, Madame Klouf prépare le couscous pour la grande fête de la Ouhda thalita, avec viande locale, zbib et semoule d’importation et légumes frais du PNDA.

Tous les jours on lui dit « attends, ce n’est pas encore le moment, tu vas tout gâcher, sois patiente ». Alors, Madame Klouf s’endort sur des images froides de fête faussement joyeuse, de bendir et de tbablas de circonstance, et le lendemain, Madame Klouf réchauffe son couscous. Le soir, ne voyant rien venir, elle s’impatiente et demande, on lui dit encore « non, pas maintenant, faut pas se presser, chaque chose en son temps. » Mais c’est quand ? Madame Klouf n’a pas la notion du temps mais du service. Madame Klouf n’a pas d’illusions mais un programme. Madame Klouf n’a rien à dire mais aimerait bien qu’on lui dise.

Le dernier en date, Ahmed Ouyahia, grand ordonnateur de méchouis, vient d’expliquer qu’incessamment sous peu, plus tôt que prévu, bientôt, très prochainement, la révision de la Constitution va être lancée comme Alsat 3. Oui, mais quand ? Ahmed Ouyahia le sait-il vraiment ou est-il comme le reste de la population, accroché aux humeurs variables de son président, qui change d’avis comme de chef de gouvernement ? Déjà l’ancien, Abdelaziz Belkhadem, le chanteur de medh des maisons de la culture, avait dit bientôt, pas de panique, c’est pour les jours qui viennent. Oui, mais quand ? Madame Klouf le sait, elle qui a passé toute sa vie derrière ses fourneaux à faire à manger pour des hommes et des sales gosses ingrats qui ne pensent qu’à manger sans s’être jamais demandés comment on fait à manger. Madame Klouf le sait très bien, le couscous réchauffé c’est pas bon.


Chawki Amari.
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forzi

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Sep 24, 2008 4:50 am



POINT ZERO DU 24.09.2008.


Dernier virage avant la mort

Trois mille morts sur les routes depuis le début de l’année, le chiffre est assez spectaculaire pour que l’on se penche dessus. Alarmées, les autorités préconisent une modification du code de la route sans référendum, comme s’il s’agissait d’une vulgaire constitution.

Mais tout le monde le sait, les dépassement dangereux, la conduite approximative et le non respect de la ligne continue sont des opérations qui se déroulent souvent devant des policiers ou gendarmes, qui dans la plupart des cas n’interviennent pas sauf s’ils sont expressément là pour ça, dans le cadre une opération de contrôle sur les routes. Ce qui ne règle donc rien.

Car 3000 morts représentent près de 600 bombes du GSPC, 300 intoxications alimentaires ou 3000 suicides. Et il semble bien, même si les psychiatres n’ont pas encore jugé le cas digne d’intérêt, que ce soit une forme de suicide collectif. Comme si les Algériens voulaient en finir rapidement, sans attendre un troisième mandat, un attentat de passage ou une mort par déprime programmée, en maquillant leur suicide pour le faire passer pour un accident de voiture. Ce qui dans un autre registre, rappelle le vieux dicton sétifien qui dit que « celui qui ne meurt pas au volant n’est pas un homme. »

Pourtant, il semble bien que Sétif n’ait rien à voir là-dedans et que ce soit surtout à l’Ouest que l’on recense le maximum de morts sur les routes. C’est précisément entre Mascara, Relizane, Tiaret et Béchar, que sont concentrées le gros des victimes depuis le début de l’année. Pourquoi l’Ouest ? Pour se venger de la taxe sur les véhicules de Ouyahia ? Parce que Cheb Khaled est parti ? Peu probable. Mais en ces temps de retour du régionalisme, il semble que l’Algérie ait adopté une division du travail, le pays se retrouvant segmenté en 3. A l’Ouest on meurt dans une voiture, à l’Est, on meurt en mer. Et au Sud bien sûr, on meurt d’ennui.


Chawki Amari.
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Shan'do

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Sep 24, 2008 3:04 pm

je comprends pas pourquoi sr les deux dernières pages (voir plus) vous vous contentez de poster sa chronique quotidienne s'en prendre le temps d'en discuter entre vous Rolling Eyes


pour ma part je suis un inconditionnel de monsieur Amari, son cynisme est cinglant et ses idées sont très pertinente.

je repasserais par là si vous vous décidez à commenter ses articles

Shan'do king
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dechainé

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Sep 24, 2008 3:13 pm

shan'do c'est normal que ca soit sans debat deja il faut connaitre celui qui les postes le pauvre mis a part copier coller c'est tout ce qu'il sais faire en plus biensur d'etre parfait en insultes.

aussi n'oublies pas tu es sur un forum de la radio algerienne donc il faut suivre le pas sinon tu n'integre pas le club privé et tu sera eternellement nouveau


Dernière édition par dechainé le Mer Sep 24, 2008 3:25 pm, édité 1 fois
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Shan'do

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Sep 24, 2008 3:21 pm

c'est comme sa un peu partout, les nouveaux mettent du temps à s'intégrer.

et puis puisque c'est un INSANE COPIER/COLLER tout s'explique ^_^


ps : pour ta dernière phrase, c'est pas nouvelle mais nouveau, je suis un mec Laughing



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pititchi

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Sep 24, 2008 5:39 pm

Shan'do a écrit:
je comprends pas pourquoi sr les deux dernières pages (voir plus) vous vous contentez de poster sa chronique quotidienne s'en prendre le temps d'en discuter entre vous Rolling Eyes


pour ma part je suis un inconditionnel de monsieur Amari, son cynisme est cinglant et ses idées sont très pertinente.

je repasserais par là si vous vous décidez à commenter ses articles

Shan'do king
ce post est dédié au chroniques de chawki amari et il n'est pas interdit de débattre dessus alors s'il t'a quelque chose a dire on se fera un plaisir d'en debattre.
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forzi

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Sep 27, 2008 2:43 pm



POINT ZERO DU 27.09.2008.


Tous à la lune

Généralement, ce sont les scientifiques et les religieux qui s’opposent sur la création de l’homme, sur le progrès, le cancer ou la cuisine, et bien sûr, à propos de la date de l’Aïd. Mais en Algérie, terre de fitna multidirectionnelle, même les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux. Pour l’association scientifique Sirius, la fin du Ramadhan sera le mercredi 1er octobre. Pour l’association scientifique El Bouraq, ce sera le mardi 29 septembre.

Etrangement, les deux associations affirment se baser sur des calculs astronomiques et pour une fois, les religieux ne se sont pas prononcé, attendant comme chaque mois que quelqu’un de connu possédant un téléphone portable voie lui-même un bout de nouvelle lune. Non, ce sont les scientifiques qui se livrent à une querelle profane sur la fin du mois sacré. S’il est vrai qu’avec un nom comme El Bouraq, on pourrait croire que cette association est plus proche de la théologie que de l’astronomie, mais le mois lunaire reste un véritable casse-tête puisqu’il induit un calendrier qui change chaque année par rapport aux saisons naturelles et crée des décalages permanents entre les pays musulmans.

Avant l’Islam, les Arabes ajoutaient un mois intercalaire tous les 3 ans pour compenser la perte annuelle de 10 jours sur le Soleil, 3x10 jours donnant un mois. Ce mois a été supprimé, rendant le problème complexe et laissant le monde musulman dans une approximation permanente pour prendre rendez-vous avec l’histoire, un jour précis du calendrier. Il y a 50 ans, les Américains sont montés sur la lune pour voir d’eux-mêmes. Aujourd’hui encore, les musulmans continuent à la regarder en se disputant pour savoir dans quel sens il faut la prendre. Choual en octobre ou en septembre ? Qui a raison, Sirius ou El Bouraq ? Hélas, ce sont les Occidentaux encore une fois. Chez eux, la fin du Ramadhan c’est tous les jours.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Sep 28, 2008 10:19 am



POINT ZERO DU 28.09.2008.


15 et une année de solitude

Il a regardé silencieusement l’entourage présent, lui aussi silencieux. Le président a levé les yeux au ciel puis est revenu vers l’assistance. Il a hoché la tête de haut en bas avec un air entendu, sans rien dire, impliquant une mise en route à valeur exécutoire. Le chef du gouvernement a détaillé l’assistance pour tenter, à l’expression du visage, de repérer un traître. Rassuré, il a posé les mains sur la table, sans rien dire. Les patrons des partis de l’alliance ont fait semblant d’hésiter, la main sur le menton, puis ont baissé la tête.

Glissant sans bruit sur un échiquier politique muet, des pions de bois mort ont traîné en silence. Puis le patron de l’Assemblée a regardé l’hémicycle sans rien dire et a ajusté son costume.

Sans un mot, les députés ont levé la main en signe de soumission. Dans une autre enceinte, les sénateurs ont fait la même chose. Le soir, ils ont tous compté leurs économies et sous le regard muet de leurs enfants, ont répondu par un geste d’impuissance sans parole. Au grand méchoui de Sidi El Wali El Kebir où personne n’a parlé, la minute de silence à la mémoire des martyrs a duré 12 secondes. Puis tard le soir, un officier supérieur a bipé deux fois un autre officier et a raccroché. L’autre a compris, a bipé à son tour. Deux fois.

Le lendemain, l’ENTV a diffusé des images sans son, montrant le Président s’entretenant avec l’ambassadeur du Lesotho sans que les téléspectateurs ne puissent entendre ce qu’ils se disaient. Quelque temps plus tard, une foule prépayée s’est silencieusement dirigée vers le bureau de vote aux parois insonorisées. Sans un mot, elle a accompli son devoir électoral. Le reste de la population a observé un silence méditatif puis est retourné à ses occupations. Tard dans la nuit, une émeute, une maison où vivait une vieille femme a explosé. Elle aurait fait des dizaines de morts, mais n’a fait aucun bruit.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Sep 29, 2008 3:15 am



POINT ZERO DU 29.09.2008.


Mais qui est Friedrich Ebert ?

C’est un apprenti allemand, fils de couturier, qui découvre la misère du prolétariat et s’engage syndicalement dans son pays, participe à des grèves, défend le socialisme et les travailleurs pour finir premier Président élu démocratiquement en 1919. En 1924, la fondation Ebert est créée puis interdite par les nazis. Episode 1 : la fondation s’installe à Alger en 2002 alors que M. Sidi Saïd y est depuis des décennies. Episode 2 : Ramadhan 2008, la fondation programme une série de conférences avec des experts algériens sur le thème « L’Algérie de demain : relever les défis pour gagner l’avenir ». Etape 3 : M. Sidi Saïd s’énerve et, à partir du Club des Pins où il milite pour l’activité syndicale des ouvriers, somme la fondation d’arrêter de faire de l’ingérence, choqué que l’on puisse parler d’avenir et, surtout, de défis à relever. Episode 4 : la fondation s’explique. Grande amie de l’Algérie, elle a avec elle des relations de partenariat qui datent de la guerre d’indépendance.

Episode 4 : connaissant les mœurs du système où la phrase d’un officiel a valeur de menace, la fondation prend peur et annule toutes ses conférences. Résultat 1 : le patron des travailleurs a bien travaillé. Il n’y a plus de conférences. Restent un concert de musique pour enfants aveugles, une exposition de vaisselle de la fin du XXe siècle et une rétrospective sur la poterie de Laghouat, des activités que M. Sidi Saïd semble préférer à ce qui touche aux défis à relever, bref, un riche programme culturel pour cette fin de mois de Ramadhan. Résultat 2 : dans cette triste histoire, on a au moins appris qui était ce Friedrich Ebert. Et que la fondation qui porte son nom a soutenu l’Algérie indépendante pendant les années 50. On n’a, par contre, aucune trace de M. Sidi Saïd pendant la Guerre d’indépendance. D’ailleurs, contrairement à celle d’Ebert, sa biographie est introuvable.


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forzi

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Sep 30, 2008 2:33 am



POINT ZERO DU 30.09.2008.


Le temps est un jeu d’enfant
Tout le monde a dû lire ces expressions sorties de la bouche des officiels : « Au plus tard dans la seconde moitié de l’année en cours, la première partie du semestre ou avant la fin du trimestre prochain ». Depuis que les gouvernants ont appris à compter, ils maîtrisent le vocabulaire temporel. Ainsi, et c’est très précis, il ne faut pas confondre pour un chantier « la première ligne du métro sera ouverte avant la fin du prochain semestre » avec « la deuxième tranche du métro sera livrée dans le deuxième trimestre de l’année ». Il ne faut pas non plus confondre « le premier tronçon de l’autoroute sera prêt pour la seconde moitié du troisième trimestre » avec « la jonction des derniers tronçons de l’autoroute sera finalisée avant le milieu de l’année prochaine ».

D’ailleurs, bien malin qui pourrait dire laquelle de ces expressions cryptées définit une échéance plus proche que l’autre. C’est flou mais c’est le but du jeu ; en jouant avec le temps et les mots, on se permet d’entretenir les promesses interminables de chantiers interminables. Du coup, personne ne se rappelle quand est-ce que le métro d’Alger est censé voir le jour, même si tout le monde sait qu’il a 20 ans de retard.

Mais on ne peut accuser les ministres de ne pas tenir leurs promesses, puisqu’ils ont expliqué que « le projet entrera dans sa troisième phase terminale au plus tard avant la réalisation de la première tranche finalisée après le 11e trimestre ».

Les observateurs ont d’ailleurs noté que depuis quelque temps, on ne dit plus « les 200 000 logements seront livrés au premier trimestre 2009 », échéance du deuxième mandat, mais « les foyers seront alimentés à 75% en gaz de ville avant 2013 », ce qui annonce un troisième mandat. Quand est-ce que l’Algérie sera libre et démocratique ? Il faut attendre, l’Algérie n’est pas prête, elle est en phase de rodage de la conjugaison.



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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Oct 04, 2008 2:15 am



POINT ZERO DU 04.10.2008.


Réglage du robinet ou du lavabo ?

Pas d’eau, rien, puis de l’eau. Trop, comme sait en verser l’Algérie sèche, aride et radine, puis généreuse, impétueuse et sans retenue. A l’image de Sonelgaz qui coupe le courant sans rien dire puis le rétablit en survoltant la tension, grillant les appareils et les factures. Pour l’eau, revenue brutalement, ce sont deux morts à Djelfa et 31 à Ghardaïa, dernières victimes d’une longue série de cadavres qui s’empilent sous toutes les formes, accidents de voiture, attentats kamikazes, maladies ou intempéries. Cet été, très chaud, les incendies ont ravagé 25 000 hectares de forêts et maquis, tout en brûlant plusieurs personnes jugées inflammables. A la rentrée, pluvieuse, les eaux ont tué une centaine d’autres Algériens.

Y a-t-il fatalité ? Serait-ce du simple sous-développement chronique ou une régulation naturelle, voire, selon les économistes les moins doués pour l’émotion, un phénomène malthusien qui vise à éliminer les surplus que ne peut nourrir, loger, instruire et soigner l’Algérie ? En tout état de cause, malgré la banalité effrayante des morgues et des cimetières, on ne peut ne pas s’étonner de ces morts quotidiens qui s’étalent dans les journaux. Il est vrai qu’il y a une semaine, une bousculade dans un temple en Inde faisait plus de 100 morts. Mais les Indiens sont un milliard et leurs temples exigus. Et il y a un mystère que les spécialistes du développement n’ont pas percé. Quand l’un, parmi les nombreux cyclones qui passent dans les Caraïbes s’abat sur la région, les Haïtiens meurent par sachets entiers mais pas les Cubains d’à côté, qui ne déplorent à chaque fois aucune victime. Du zéro absolu, non relatif. Ce ne peut être de la fatalité ou le hasard. Les Cubains ont certainement compris quelque chose que les autorités de Djelfa et de Ghardaïa n’ont pas compris. On ne peut régler le robinet à pluie mais on peut réparer le lavabo.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Oct 05, 2008 2:45 pm



POINT ZERO DU 05.10.2008.


Né un 5 octobre

C’est peut-être un jour comme les autres, mais ce n’est pas une nuit ordinaire. C’est un jour de deuil selon les uns, de fête selon les autres, une simple journée portes ouvertes sur les commissariats pour les minimiseurs d’histoires, une journée semblable à celle de l’indépendance pour les maximiseurs. C’est en tout cas un jour de fierté pour ceux qui revendiquent aujourd’hui encore plus d’ouverture, de libertés, de respect et de justice et un jour de honte pour ceux qui ont torturé des enfants en les obligeant à ramper nus sur des tessons de bouteille, avec la carte du FLN dans une main.

Au-delà des discours récurrents sur cette page importante de l’histoire, il y a de la part des gouvernants, y compris de celle du président de la République, une manie, une régularité mécanique, une trop grande constance pour être honnête et une insistance suspecte à qualifier les événements d’Octobre de grosse manipulation et de crise d’adolescence qui a dérapé, qu’il faut relativiser et remettre à sa place, celle d’un non-événement qui ressemble à une colère de stade ou à une grosse faim extériorisée. Octobre n’est peut-être pas aussi spontané, mais a accouché des rares acquis démocratiques que M. Bouteflika, M. Ouyahia ou M. Zerhouni n’ont pas donné et ne donneront jamais.

Et l’on peut comprendre la motivation de tous les gouvernants qui préfèrent fêter la journée de l’arbre ou du patrimoine plutôt que celle d’Octobre, synonyme du jour où ils ont failli partir. Dernièrement, M. Ouyahia a encore qualifié le 5 Octobre 1988 de « complot ». En homme d’Etat, il devrait nous dire qui était partie prenante de ce complot, donner les noms des responsables et surtout expliquer pourquoi la mort de 500 personnes est restée impunie. Nous lui expliquerions alors à notre tour que si un complot peut générer plus de libertés, on ne peut que souhaiter de nouveaux complots.


Chawki Amari.

______________________________________________________

N.B : Il n'ya pas eu de "POINT ZERO" dans l'edition d'El Watan du 06.10.2008 .
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Oct 07, 2008 2:15 am



POINT ZERO DU 07.10.2008.


Fatigué un 7 octobre

Quand le 5 octobre passe, il y a généralement un 6 octobre. Puis un 7 et un 8, selon une implacable logique de calendrier, celle-là même qui empêche les gens honnêtes de s’arrêter, de souffler et de penser, bousculés par d’autres évènements qui sont devant ou derrière, puisque l’année, comme le système, tourne en rond. Les dates sont sèches, n’ont pas de noyau et ont une peau qui glisse, mais sont pourtant les fruits que l’on récolte chaque année, juste avant de les manger. On s’arrête, on a une pensée émue, suivie généralement d’un sentiment de conscience tranquille et d’une reprise de la longue marche. Vers où ? Les amoureux des femmes achètent des fleurs le 8 mars de chaque année, même si celles-ci, les fleurs pas les femmes, commencent à faner dès le 10. Ceux qui préfèrent les enfants s’arrêtent pour la journée des enfants, même si ceux-ci grandissent trop vite.

Les amoureux des libertés mettent des fleurs le 5 octobre, parlent grillage, pince et trous, et puis s’en vont en se donnant rendez-vous pour l’année prochaine parce qu’il ne faut pas s’arrêter. De peur de se faire arrêter. Où se recueillir ? Sur les inondations de Ghardaïa, sur les victimes d’Octobre, les morts de la prochaine bombe ou le cadavre de ce harraga de 10 ans retrouvé récemment à l’Ouest ? Peut-être qu’il y a trop d’événements pour s’arrêter et trop de pétrole pour réfléchir. Alors, une large partie de la population, qui se revendique du nationalisme, ne s’arrête que pour les grandes dates, le 1er Novembre 1954 et le 5 Juillet 1962, en minimisant toutes les luttes syndicales, médiatiques et démocratiques, les voyant comme un luxe de jeune fille qui veut s’acheter de jolies chaussures alors qu’elle n’a même pas de pieds. C’est bien sûr une fausse posture car ce qu’ils essaient surtout de cacher, c’est l’impunité des responsables. Ça, ce n’est vraiment pas patriotique.



Chawki Amari.
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forzi

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Oct 08, 2008 2:00 am



POINT ZERO DU 08.10.2008.


Déçu un 8 octobre

Bien sûr, on aurait voulu. Qu’au moins l’un des dirigeants, un ministre, un sous-secrétaire, un chef de daïra ou un planton de piscine communale, bref, quelqu’un qui représente à quelque échelon l’Etat, parle du 5 octobre. En bien ou en mal, en faux ou en vrai, juste pour en parler, peut-être pour assumer, en tout cas pour montrer qu’un Etat ne peut être absent d’une journée où 500 personnes ont été tuées par ses propres forces, sans l’alibi du terrorisme, de l’islamisme radical, de la situation sécuritaire ou de la main de l’étranger. Même ce régime, autiste et aveugle, gras et cruel, sait que cette journée est historiquement le prélude à l’avènement des rares libertés existantes, et de fait, à l’apparition de ministres non FLN au gouvernement.

L’Etat, ou ses représentants, aurait pu faire semblant de dénoncer la torture, en instaurant une commission d’enquête chargée de retrouver la commission d’enquête disparue installée peu après les évènements. L’Etat aurait même pu se recueillir, 4 secondes, à la mémoire des jeunes algériens qui ont été mitraillés. Mais ce vœu n’a aucune chance d’être exaucé, c’est comme si on demandait à ce que le président de la République présente ses condoléances au peuple de Ghardaïa. Car au fond, ce ne sont même pas des vœux. Dans un cas comme dans l’autre, tout le monde sait à quoi s’attendre.

Les dirigeants, qui disparaissent généralement le 5 octobre pour réapparaître le 6 au soir, savent très bien ce qu’ils font. S’ils pouvaient effacer cette journée, reprendre le multipartisme, les journaux privés et les syndicats libres pour ne laisser que la SM, les mouhafadhas et le quotidien El Moudjahid, ils le feraient. Dans l’impossibilité, ils préfèrent se taire. Mais on peut leur faire confiance ; pour l’imminente révision de la Constitution, ils vont parler, et beaucoup parler. Ça aussi, c’est une forme de torture.



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dechainé

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Oct 08, 2008 1:17 pm

chitta
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Oct 11, 2008 3:00 am



POINT ZERO DU 11.10.2008.


Le gros trou vide

C’est connu, il vaut mieux être l’ami de Mike Tyson plutôt que son ennemi. Mais cette évidente sentence est aussi valable pour le temps, qu’il vaut mieux apprivoiser plutôt que lui tourner le dos. Le président John Kennedy, ami de l’Algérie en son temps, avait annoncé, en 1960, que l’Amérique monterait sur la Lune avant 10 ans. Beaucoup ont ri à cette époque, se demandant comment pouvait-on monter sur la Lune alors qu’elle n’est même pas sur Terre.

C’est pourtant ce qui s’est passé ; en 1969, soit un an avant l’échéance fixée, des Américains posaient leurs gros pieds sur la Lune, laissant le reste de l’humanité scotchée sur la terre. Maîtriser le temps, préparer le futur et se fixer des échéances, est le moteur principal du développement. Pour revenir sur terre en Algérie, un pays qui a encore des problèmes avec la lune, une élection présidentielle est prévue dans quelques mois et personne ne sait si l’actuel président va se représenter.

Cet état de fait, un flou censé gérer les appétits, cette absence volontaire de fixer des échéances, si elle arrange les tenants du statu quo, dérange tous ceux qui achètent un calendrier en début d’année pour organiser leur temps.Conséquence pour le pays, la paralysie. Dans l’expectative, le futur n’existe pas et dans l’attente, on annonce régulièrement l’annonce de l’annonce. Mais même si le Président, en visite à Tlemcen aujourd’hui, annonce ou non sa candidature, le mal aura été déjà fait puisqu’il aura laissé les Algériens sans futur précis ni échéances sur lesquelles caler leur propre vie. Un symbole, la place Kennedy existe à Alger, au centre d’El Biar plus exactement.

Existait plutôt, puisque grâce à l’immense imagination de la wilaya, la place a été trouée pour en faire des magasins, ces derniers étant inoccupés et fermés. La belle place Kennedy est aujourd’hui un gros trou vide. Comme le futur national.


Chawki Amari.
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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Oct 12, 2008 2:30 am



POINT ZERO DU 12.10.2008.


Surprise

Sans surprise puisque c’est la saison, les pluies sont tombées. Sans surprise puisque l’eau peut être dure avec les hommes, ces fortes pluies ont fait de nouvelles victimes. C’est avec beaucoup d’émotion mais sans surprise que les familles des défunts se sont rendues au cimetière accompagner ces nouvelles victimes inscrites sur l’interminable liste de ceux qui sont morts par surprise.

Pas du tout surpris d’ailleurs, les commentateurs ont unanimement relevé les carences des autorités publiques en la matière et sans surprise, les autorités ont invoqué Dieu et la fatalité, tout en versant de l’argent du pétrole sur le compte des victimes de l’eau. Une déclaration sans surprise, celle du wali de Ghardaïa, qui vient d’annoncer que « plus aucune construction dans le lit de l’oued ne sera tolérée ». Mais là aussi, personne n’a été surpris de réaliser qu’il les tolérait donc avant la catastrophe, ce qui a conduit à la catastrophe.

Ce qui, par contre, devait constituer une surprise était que les députés de l’Assemblée, au lieu de se taire et de compter silencieusement leur argent, s’en prennent au gouvernement pour lui demander de surveiller les dépenses publiques afin de stopper le gaspillage des ressources. Mais là non plus, personne n’a été surpris que les députés, qui viennent de voir augmenter leur salaire de façon conséquente, demandent avec autant d’arrogance à ce que le budget de tous les autres soit revu à la baisse.

Ce qui est surprenant par contre, est que le président est à Tlemcen (ce n’est pas une surprise) et que pour son premier discours pré-électoral, l’annonce d’un troisième mandat, tout comme la non-annonce d’un troisième mandat, ne constitue pas une surprise. C’est surprenant parce qu’une surprise est quelque chose d’imprévisible. Peut-on prévoir sans surprise un événement et son contraire en même temps ? Oui, l’Algérie est un pays surprenant.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Lun Oct 13, 2008 4:01 pm



POINT ZERO DU 13.10.2008.


Les virus à transmission mentale

Encore eux. Les députés de l’Assemblée ont souligné, dimanche à Alger, selon la dépêche APS, « la nécessité de prendre des mesures efficaces pour préserver l’économie nationale des conséquences de la crise financière mondiale ».

On pourrait s’amuser à monter cette dépêche à l’envers, ce qui pourrait donner ceci : les économistes nationaux ont souligné la nécessité de préserver les députés des conséquences de la crise financière mondiale. Mais bref. Pendant que Wall Street s’agite, s’inquiète, tire nerveusement sur sa cigarette et aligne cafés et cigarettes, la Algiers Stock Exchange, ainsi dénommée la Bourse d’Alger, située en face du commissariat central d’Alger, regarde ailleurs en comptant les grosses voitures qui passent sur le boulevard Amirouche.

Et pour cause, on n’y a jamais décelé une quelconque activité, l’échange de titres et de devises se faisant dehors, quelques mètres plus haut, dans le souterrain de la place Audin. Mais bref. Un expert économique algérien, aujourd’hui déclassé et exilé, expliquait en son temps que l’Algérie ne peut avoir de crise économique parce qu’il faut déjà qu’elle ait une économie. L’avantage est certain pour le pays, la crise financière ne le touchera pas. Pourtant l’Algérie, nation très indépendante, n’a hélas pas besoin de crise financière pour chuter, car plus fragile que les autres. Sans crise mondiale, il suffit d’un ralentissement de la croissance, d’une baisse de la demande et de nouvelles découvertes de pétrole pour que le prix du baril descende à 30 dollars. Et là, ce sont tous les budgets de fonctionnement qui se retrouvent mis en cause, les projets d’investissement, les importations de biens et d’équipement et, bien sûr, l’arrosage du sérail. Ce qui explique que les gouvernants ont très peur. Mais pour de mauvaises raisons. Comme un ordinateur qui n’est pas connecté à internet et qui a peur des virus.


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Oct 14, 2008 11:00 am



POINT ZERO DU 14.10.2008.


Sortant rentrant

Le secrétaire national sortant de l’UGTA a été réélu pour un nouveau mandat. Le secrétaire général sortant de l’UNPA a été réélu pour un nouveau mandat. Le secrétaire général sortant de l’ONM a été réélu pour un nouveau mandat. Le secrétaire général sortant des scouts musulmans a été réélu pour un nouveau mandat. Et avant-hier, la secrétaire générale sortante de l’UNFA, union des femmes, a été réélue pour un nouveau mandat.

Même chez les femmes, rien ne bouge et tout le monde garde sa place pour bien montrer qu’il n’est pas question de changer quoi que ce soit dans un système qui ne fonctionne pas. Bien sûr, il ne sert à rien de souligner que ces secrétaires généraux réélus ont tous appelé d’une seule voix à la réélection du président sortant de la République puisque c’est dans la logique des choses, du niveau de conjugaison des verbes du premier groupe, je reste, il reste, nous restons. Tous.

Le patron de la télévision et le ministre de l’Education, deux secteurs très critiqués, sont les mêmes depuis plus de 10 ans, et l’actuel chef du gouvernement était déjà chef du gouvernement il y a 13 ans. Cette absence sérieuse de ventilation explique à peu près tout, l’inertie, l’asphyxie, le point mort et l’échec répété du développement. D’ailleurs, on peut même aller plus loin dans ce chapitre. Dans les partis démocrates, les mêmes présidents sont à leur place depuis 20 ans et sont réélus à chaque fois, tout comme dans les associations citoyennes et la plupart des journaux.

Comme le faisait remarquer un brillant médecin légiste d’un hôpital, décédé des suites de ses blessures, l’alternance politique en Algérie se résume à un système bipolaire mortuaire, basé sur la vie et ce qu’il y a après, le changement n’intervenant qu’à la mort du patron en exercice. La conclusion est évidente : si rien ne bouge en haut, comment s’étonner que tout bouge en bas ?


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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Oct 15, 2008 2:15 am



POINT ZERO DU 15.10.2008.


La main et la poche

C’est incontestable, l’équipe au pouvoir sait dépenser l’argent. En infrastructures, en audits, en salaires, en importations de biens d’équipement, en subventions alimentaires, pour indemniser les victimes, réparer les dégâts ou calmer les esprits. Mais elle ne sait pas en gagner. Comme l’a rappelé le Président à Tlemcen, venu inaugurer de nouveaux édifices et donc dépenser encore de l’argent, si le pétrole baisse, c’est la catastrophe. C’est-à-dire que les milliards de dollars dépensés dans le cadre du plan de relance économique n’ont pas servi à grand-chose puisque quelques années après, tout dépend encore des mêmes hydrocarbures découverts dans les années cinquante, le pays s’étant révélé incapable de produire, emballer, étiqueter et exporter autre chose. Pour les économistes algériens, la question s’est posée, après la facture : qu’aurait-on pu faire d’autre avec ces 100 milliards de dollars injectés dans l’économie qui n’ont pas réussi à faire baisser la dépendance au pétrole ? Investir dans des fonds souverains, des bons du Trésor américain, acheter des actions Djezzy, prêter aux pauvres ? Pourquoi, avec 100 milliards de dollars, l’économie ne décolle-t-elle pas, alors qu’avec cette somme, il y a de quoi fabriquer un pays de nouveau, ex nihilo, à partir d’un désert de solitude ? La réponse est quelque part dans le système, dans les hommes qui le gèrent, dans les réseaux qui pillent et dans l’intelligence et l’imagination, produits non importables qui ont tous deux déserté les bancs du régime. Savoir dépenser de l’argent est à la portée de n’importe qui. Savoir en gagner requiert du savoir. Abdelhamid Temmar, qui vient encore de dépenser des milliards dans un nouvel audit pour comprendre pourquoi les entreprises économiques ne fonctionnent pas, devrait un jour nous expliquer pourquoi il dépense autant d’argent pour savoir pourquoi il en dépense autant.

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Sam Oct 18, 2008 1:35 pm



POINT ZERO DU 18.10.2008.


L’exact humain

Avec les nouveaux morts enregistrés suite aux fortes pluies, on ne peut s’empêcher de penser à la phrase lâchée à Tlemcen par le président Bouteflika sur les sciences humaines et les sciences exactes, les secondes étant censées être plus utiles que les premières, reléguées à un luxe pour pays avancés, à l’instar de l’aéronautique ou du saut à l’élastique. Dans le cas de ces morts qui se succèdent avec une inquiétante régularité, où est la part des sciences exactes et des sciences humaines ?

Pour les amateurs des premières, on peut tout prévoir, même l’imprévu, en tous cas la pluie, et on peut tout éviter, pourvu que les réseaux d’alerte soient entretenus et les conseils écoutés, avec exactitude. Un sociologue expliquera qu’en l’état régressif des structures publiques, où le wali est généralement calfeutré dans son bureau à boire de l’eau fraîche pendant que les inconscients, pauvres et sans choix réel, construisent sur le passage de l’eau, toutes les catastrophes sont à prévoir, sauf les démissions de walis, ce qui pour beaucoup ne sont pas des catastrophes.

Pour ces deux catégories, wali et population, on s’en remet après à Dieu. La mort n’est pas une science exacte, mais la science exacte explique que dans les pays développés, une catastrophe n’arrive qu’une fois, tout étant calculé après pour qu’elle n’arrive pas une seconde fois. On ne parle pas ici du troisième mandat mais bien du fait qu’après des dizaines de morts, tout est à faire pour protéger les survivants pour que l’eau ne tue pas.

L’humain étant au centre du dispositif de prévention, restent les autres sciences qui ne sont pas exactes mais pas vraiment non plus sciences humaines. La météorologie, la dialectique et le fatalisme. Et la politique bien sûr, surtout celle qui consiste à visiter en pleurant les cimetières après les catastrophes au lieu de visiter les systèmes d’évacuation des eaux avant les pluies.

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Dim Oct 19, 2008 4:00 am



POINT ZERO DU 19.10.2008.


Un livre, une image

En prévision du Salon du livre, un livre a été interdit, bloqué avant l’envol, à l’imprimerie. Il ne sert à rien ici de faire une prospective sur la prochaine méthode, peut-être saisir directement les arbres qui font le papier qui font les livres. Pas plus qu’il n’est utile de rappeler la bêtise de ces procédures médiévales, méthodes à la Ben Ali de l’avortement au premier mois, et toute l’inconsistance de ce régime qui marche sur les lois en exigeant de tout le monde qu’il les respecte, avec la menace permanente de la prison. Il s’agit de se demander pourquoi organiser un Salon du livre en sachant que s’il y a salon, il y a éditeurs et s’il y a éditeurs, il y a des livres et s’il y a livres, il y aura forcément un déviant qui en profitera pour écrire tout le mal qu’il pense de ceux qui dirigent si mal son pays. De la même façon que lorsque l’on apprend à un enfant à parler, il va forcément dire une bêtise un jour avec la langue qu’on lui a donnée. Dans un autre ordre d’idées, beaucoup ont été étonnés de voir l’organisation officielle d’un festival de bandes dessinées à Alger alors qu’il y a très peu de dessinateurs de bandes dessinées et encore moins de bandes dessinées dans les librairies. Il aurait été beaucoup plus intéressant de faire un festival dédié à tous ces dessinateurs de presse et caricaturistes de journaux que les Algériens apprécient tous les jours et que même les étrangers respectent pour leur talent et leur courage. Mais bien sûr, un dessinateur de presse pose problème au régime en ce sens qu’il ne se contente pas de dessiner des bidons d’huile et des files d’attente. Avec tout le respect que l’on doit aux bédéistes, ils sont en Algérie aux dessinateurs de presse ce qu’est le coloriage d’enfant à l’impressionnisme. Avec tout le respect que l’on doit à la ministre de la Culture, elle est à la culture ce qu’est le mouhafedh aux sciences politiques.

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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Oct 21, 2008 3:12 pm



POINT ZERO DU 20.10.2008.


La dernière leçon



Cette triste histoire s’est passée à Mostaganem. Un étudiant tue son professeur de 20 coups de couteau. Qu’a-t-il appris de la mort de son enseignant ? Si on tue son professeur, est-ce une dernière leçon ou un raccourci scientifique ? Quand un professeur meurt à l’université, est-ce un accident du travail ou l’échec du système scolaire ? Si à 20 ans, on peut donner 20 coups de couteau, à 30 ans, soit l’âge moyen des dirigeants du maquis, combien peut-on en donner ? Et à 60 ans, soit l’âge moyen des décideurs, combien de mauvais coups peut-on donner ? Et à 70 ans, soit l’espérance de vie d’un Algérien, quel bilan tirer de sa mort dans un pays qui aligne les décès violents comme un cancre aligne de mauvaises notes ? Car ce meurtre a été commis parce que l’étudiant contestait sa mauvaise note. Comment peut-on tuer pour si peu ? 20 coups de couteau comme le symbole d’un 20 sur 20 qui n’a pas pu être atteint ? Bien sûr, on peut expliquer. Grandir dans la haine, manger du sang contaminé, être adulte dans un climat de banalisation de la violence où le terroriste est devenu héros, puis seigneur de guerre pour finir réhabilité comme un vétéran du Vietnam laisse un arrière-goût mortuaire dans la société. Mais ce sordide fait divers n’en n’est pas un puisque c’est la première fois qu’un étudiant assassine son professeur en Algérie et ce cas, de par le célèbre mimétisme dont a toujours fait preuve la nation, est appelé à se reproduire. Et là, on peut encore revenir une dernière fois au Président non bachelier de cette nation sanglante qui affirmait que les sciences exactes sont préférables aux sciences humaines, alors que ce meurtre n’est pas explicable pas les sciences exactes, mais par les sciences humaines. Dernière chose avant d’aller pleurer : le pauvre professeur était mathématicien. En mourant, il a dû se dire qu’il y a des équations qu’on ne peut résoudre.



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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mar Oct 21, 2008 3:14 pm



POINT ZERO DU 21.10.2008.


La crise, vue à l’envers


Vue d’Algérie, même avec un œil aussi paranoïaque et envieux que celui en vigueur dans le pays, on a du mal à voir les effets de la crise financière. L’un après l’autre, chaque responsable tente de (se) rassurer en jurant que son secteur ne sera pas touché, le dernier en date étant Amar Ghoul, qui a bien expliqué que la crise financière n’affectera pas l’autoroute Est-Ouest, que celle-ci ne raccourcira pas et qu’aucun virage ne sera supprimé du projet. Pour les autres domaines, qu’en sait-on au fond ? On sait juste que cheb Mami ne sera pas affecté par la crise et que sa condamnation risque d’être confirmée. On croit savoir aussi que la crise financière ne touchera pas le scandale des faux moudjahidine puisque ceux-ci sont en croissance stable et ne sont pas indexés sur le Dow Jones.

Pour le vrai-faux commanditaire de l’assassinat de Ali Mecili non plus, il semble que la crise financière n’aura aucune influence sur l’instruction et même son homonyme ne sera pas affecté, selon des sources bancaires. Aucune conséquence non plus sur les députés, dont le salaire ne va pas être touché. Autre point qui semble être partagé par les analystes, la crise financière ne touchera pas le troisième mandat puisque, selon les milieux financiers, la Présidence a réussi à mettre de côté assez d’argent pour acheter les cercles les plus hostiles à la reconduction. Même chose pour le MSP qui continuera à se diviser en deux, même dans le cas d’une remontée des cours des valeurs. On dit même dans certains milieux de spécialistes bancaires, mais c’est une information à prendre avec beaucoup de précaution, qu’il n’y aura pas de conséquences financières de la crise financière internationale sur la crise financière en Algérie. Parce que de même qu’il ne faut pas confondre un puits de pétrole avec un tissu économique, on ne doit pas confondre une tirelire avec un portefeuille d’actions.



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MessageSujet: Re: Chawki Amari   Mer Oct 22, 2008 11:25 am



POINT ZERO DU 22.10.2008.



Le patriotisme et la leçon

Y a-t-il plus grand drame pour un moudjahid qui a combattu pour l’indépendance de son pays que de se retrouver dans le même bureau et avec le même titre que celui qui a travaillé pour l’armée coloniale ? Non. Mais à force de parler de crise économique, de crise financière, de crise du logement ou de crise des subprimes, on oublie le fond, cette crise des valeurs, virus informatique rémanent qui détruit de l’intérieur toutes les initiatives. Dernièrement, une partie de la famille révolutionnaire s’en est violemment pris au RCD qui, lui, s’en est pris à une partie de la famille révolutionnaire. Comme dans toutes les histoires de famille, quand ça va mal, ce sont les enfants qui payent. Dans ce cas, c’est toute une jeunesse qui ne se retrouve plus dans le discours nationaliste, se suicide toutes les douze heures, selon les derniers chiffres et embarque en mer chaque nuit. Ce n’est pourtant un secret pour personne que les faux moudjahidine sont presque aussi nombreux que les faux t-shirts Lacoste, de même que chacun sait pertinemment que de hauts responsables algériens, parfois à des postes clés, ont fait la guerre, mais de l’autre côté. Où est alors le problème ? Nulle part. Tout le monde aura remarqué qu’en temps d’élections, d’intronisations et de rassemblements de tribus, les groupes se resserrent et attaquent les positions du voisinage. La famille révolutionnaire le sait peut-être, le véritable patriotisme consiste à dire la vérité quand ça va mal. Question : comment démasquer les faux quand les vrais ne veulent pas les dénoncer ? Scénario : appeler la France pour qu’elle revienne, refasse démarrer l’économie, l’exportation d’oranges et la construction de beaux immeubles en ville. Puis faire une nouvelle guerre d’indépendance. Les faux moudjahidine se reconnaîtront facilement dans la population, ce sont ceux qui ont le dos courbé et sourient tout le temps.


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