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 el mouhim ....el moucharaka

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Date d'inscription : 06/01/2008

MessageSujet: el mouhim ....el moucharaka   Lun Mar 03, 2008 4:19 pm

lu sur le quotidien d'oran:(raina raikoum)le 02/03/2008

par Kamel Daoud
A l'époque de Alhane oua Chabab de la vénérable époque socialiste, le syndrome de l'échec intime avait consacré une expression passée dans la langue courante : « Le plus important, c'est la participation ». Sans distance intellectuelle ni capacité d'analyse suffisante, on ne savait pas, dès cette époque rétroactivement bénite, que l'on consacrait ainsi l'usage de la Fiction comme principale activité nationale. Valable pour l'économie, la politique, le chant ou la démocratie (Pour un Américain, lorsqu'on n'en gagne pas, on a perdu, là où, pour l'Algérien, là où on n'a pas gagné, on a participé). Le but du pays étant fixé dès ce moment, comme une sorte de jeu de rôles avec la finalité de « faire comme » plutôt que de faire acte. C'est cet usage collectif de la fiction qui se retrouvera à la suite à la base de la démocratie spécifique, de la perpétuation contre-nature de l'UGTA, des résultats des participations électoraux. Aujourd'hui, on y implique même les générations futures : les élèves de la sixième année sont invités à consacrer la fiction en faisant comme.

Ils vont concourir, se soumettre à l'épreuve, remettre au goût de la presse la question des centres d'examens, des encadreurs et des sujets et finalement passer un examen « vendu » d'avance. Sachant qu'ils sont tous appelés à sortir vainqueurs de l'épreuve qui n'en est pas une, ils seront félicités non pas pour avoir réussi, mais pour avoir réussi la fiction, l'entretien du rôle, la mise en scène du pays sur ses propres planches à la dérive.

Les générations prochaines feront ainsi comme leurs aînés et iront vers le monde en faisant semblant d'y aller. Outre le désastre psychologique de ce court-circuitage des circuits d'initiations fondamentaux des sociétés qui sont vivantes et saines, les écoliers algériens vont faire semblant de passer un examen qui ne sert à rien, finiront faux chômeurs ou salariés pour des emplois fictifs et seront longtemps convaincus que le réel peut être remplacé par une photocopie et que l'essentiel est de participer pas de gagner. Pourquoi ? Parce que le pays est déjà une sorte de doublure de lui-même et de sa réussite, presque depuis son indépendance entamée avec un mensonge fondamental expliquant le teint des Algériens et leur consensus sur la fiction. La fiction est donc partout, tout comme la participation. A quoi ? Pas au pays mais à son semblant. Si on appelle un peuple à voter pour des résultats fixés d'avance, faut-il aujourd'hui, s'étonner de voir des enfants être appelés à un examen, gagné d'avance ? Non. Cela est dans l'ordre maladif des choses. Un président peut inaugurer un faux projet qu'il a inauguré cinq ans plutôt. Une association peut se réclamer d'adhérents fictifs, rien que pour servir de ramasseur de balles pour le régime nourricier. Une ENTV peut filmer et interviewer un peuple qui n'existe pas. Un ancien Moudjahid peut avoir tiré une balle à l'âge où il jouait au ballon dans un village nègre. L'essentiel est de participer à l'image que le pays se fait de lui-même, assis sur un trottoir, le pantalon court, le sourire idiot. Il y a même une philosophie à bâtir sur ce genre de pays où l'essence est dans l'apparence, à contre-courant de deux mille ans de réflexion de l'homme sur sa condition. Les anthropologues allemands ont inventé la participation magique, les gnostiques de tous bords parlent de participation mystique, les communistes ont inventé la participation collectiviste et l'Algérie la participation fictive, ou l'inverse.

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MessageSujet: Re: el mouhim ....el moucharaka   Lun Mar 03, 2008 8:51 pm

Ce qui me fait mal.... c'est que des petits adolescents s'attendaient à passer le premier examen de leur vie (la 6eme ) leurs parents les ont aidé tant bien que mal , leurs enseignants y attachent beaucoup d'importance , les directeurs d'écoles essayaient de choisir pour ces classes les meilleurs maitres ..... Dans beaucoup d'école il y eut déjà un examen blanc durant le premier trimestre pour "mettre dans le bain "ces petites filles et ces petits garçons .....
Quelle réaction ont ces enfants à qui on dit à deux mois d'un examen qu'ils préparent des leur première année qu'il n y a plus de 6eme ? quel repère pour ces enfants ? quel crédibilité aura la maitresse , le directeur à leurs yeux (car à 11ans on ne voit pas vraiment qui peut être le responsable ) à qui s'identifieront ils plus tard ? tiendront ils leurs promesses plus tard ???comment pourront ils se sentir protégés ?
A cet âge où l'on commence à affronter la crise d'adolescence !!! en qui vont ils croire ? à quoi vont ils s'attacher ? ils se contenteront de dire comme toujours : " ah! ces adultes font et disent n'importe quoi!!!!"

Ce qui me fait encore plus mal ....."Les élèves des classes de terminale répètent ces propos à qui les conseillent de travailler pour la réussite "
el mouhim el moucharaka !, et puis le bac se prépare en deux ans chez nous !!!!" ( non sans beaucoup d'ironie car ils ont mieux compris les choses quenous autres adultes .... )
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el mouhim ....el moucharaka
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